Sticky Boys – Calling The Devil

Troisième album des Français de Sticky Boys, Calling The Devil est un peu la « personnification » d’un fantasme éminemment immonde. Celui qui mettrait en scène le tournage d’un boulard dirigé par Wattie Buchan et produit par Fat Mike, avec pour acteurs principaux un Dexter Holland totalement désemparé face à la « puissance » d’un Lemmy Kilmister. Pour ceux qui n’auraient aucune imagination: Calling The Devil est une tuerie punk rock bourrée de clins d’œil et véhiculant un sentiment d’euphorie devenu bien trop rare.

Et de trois donc pour l’excellente formation made in France qu’est Sticky Boys, les joyeux lurons qui s’étaient particulièrement démarqués (révélés, en fait) grâce à une vraie/fausse caméra cachée destinée à une campagne publicitaire pour la SNCF en 2010. Depuis, deux très sympathiques albums ont vu le jour et le trio s’était même payé le luxe d’ouvrir le tout premier concert de la Mainstage 1 lors du Hellfest 2015.

Paru en 2014, Make Art assurait logiquement le rôle d’un deuxième album, celui de confirmer. On retrouvait donc dans cette galette tout ce qui avait constitué la révélation Sticky Boys deux années avant : un putain de bon rock’n’roll aux influences diverses et assumées telles qu’Airbourne, AC/DC et autres Guns N’ Roses pour un résultat à l’efficacité monstrueuse. Présentes quoi qu’un peu timides, les sonorités punk californien apportaient un petit quelque chose rendant l’ensemble encore plus entraînant sans jamais tomber dans la niaiserie.

Et c’est sous le signe de l’évolution que ce Calling the Devil est à placer. Une évolution palpable dès l’entame de l’album avec « Better Days ». D’entrée, on note une certaine « baritonisation » de la voix du guitariste/chanteur Alex Kourelis, timbre désormais proche de celle du défunt Lemmy Kilmister. Idée confirmée avec l’hommage même pas déguisé  « Tough Machine » qui aurait largement pu figurer sur une production de Motörhead. Même constat sur la totalement rock’n’roll « The Lonely Tree ».

Mais Calling The Devil c’est aussi ce côté punk californien, beaucoup plus développé que par le passé cette fois, que l’on note sur d’excellentes compositions telles que « Good Morning Sunshine » ; « She Won’T Let Me In » ou encore la déjanté « The Dog is Going Out ». Face à cette déferlante d’énergie et de testostérone, les deux ballades « An Afternoon in the Park » (dont le final pourrait bien faire pâlir un Metallica) et « Drifing Alone » paraîtraient presque ubuesques. Et pourtant la mayonnaise prend à merveille.  Synthétisant tout ce que cet album a de meilleur, « Calling The Devil » s’affiche tout bonnement comme la meilleure piste de cette galette et il y a gros à parier qu’elle trouvera une place de choix dans les futurs concerts à venir. Car oui, il faut le rappeler, Sticky Boys est incontestablement un groupe de scène.

Disposant d’une grosse production, cet album offre un son massif parfaitement adapté à la musique du combo et la rythmique assurée par la paire JB Chesnot (basse) et Tom Bullot (batterie) est très bien mise en avant.

Calling The Devil est donc bel et bien une réussite totale. Les Sticky Boys se verront malheureusement reprocher un certain manque de personnalité par les mous de la cervelle (et c’est d’ailleurs pour faire plaisir à ces derniers que l’on s’abstient de mettre ici la note ultime). Quant à ceux dotés d’un minimum de matière grise, ils apprécieront et reconnaîtront une œuvre complète, maîtrisée, grisante et jouissive. Un putain d’album de rock’n’roll, en somme.

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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