Epica (+ Powerwolf + Beyond The Black) au Zénith, Paris (04.02.2017)

Annoncé il y a quasiment un an ce concert d’Epica au Zénith de Paris était un immense défi à remplir et pourtant c’est chose faite puisque le plus gros concert en salle de l’histoire de la formation néerlandaise était sold-out. Chapeau bas ! Il faut aussi avouer que l’ajout de Powerwolf à l’affiche pour cette tournée quasiment en co-headliner aura bien aidé à la tâche au vu de la renommée croissante des Allemands en France. Retour sur une soirée riche en musique, en pyrotechnies et autres effets scéniques.

 

BEYOND THE BLACK


C’est à Beyond The Black, un autre combo en provenance d’Allemagne à qui incombe la tâche d’ouvrir la soirée. On vous avait parlé du groupe il y a presque deux ans à la sortie de leur tout premier opus Songs of Love and Death et bien depuis tout a changé ou presque puisque de cette époque ne subsiste plus que Jennifer Haben (chant). Les cinq musiciens se sont fait la malle à la sortie de Lost in Forever dans le courant de 2016 et ont donc du être remplacés pour assurer la suite de l’histoire du groupe.


C’est avec un set très court de seulement vingt-cing minutes que Beyond The Black va tout faire pour conquérir le public parisien et cela va s’annoncer très difficile d’entrée au vu du son absolument catastrophique. Il n’y a aucune puissance, il est difficile d’entendre Jennifer Haben, impossible d’entendre Chris Hermsdörfer qui s’occupe des parties de grunts, etc. C’est un problème récurrent au Zénith de Paris et il serait grand temps de faire quelque chose à ce propos, des travaux par exemple ?

Le metal symphonique de Beyond The Black ne révolutionne rien mais on y retrouve des éléments sur lesquels construire pour le futur notamment en terme de mélodies et de refrains (« Lost In Forever » ou « Hallelujah ») même si les influences sont parfois encore trop présentes – on pensera notamment à Within Temptation sur « Running to the Edge ». En tout cas les membres prennent du plaisir sur scène et chacun joue de son instrument avec justesse. 


On espère revoir Beyond The Black rapidement dans une configuration plus minimaliste afin de pouvoir avoir plus que cinq titres. Le potentiel est présent, à voir ce que nous réserve le futur.

Setlist:
Lost in Forever
Hallelujah
Drowning in Darkness
Shine and Shade
Running to the Edge


POWERWOLF


C’est maintenant autour d’une autre formation allemande de prendre possession sur la scène du Zénith du Paris, Powerwolf bénéficie du statut de quasi co-headliner sur la tournée puisqu’ils joueront soixante quinze minutes ce soir et que par exemple ils étaient tête d’affiche sur les dates allemandes. Le quintet nous offre toute sa scénographie avec de la pyrotechnie sur le front de scène, une imposante structure de backdrops qui couvrent toute la scène et une scène surélevée composée de deux claviers identiques permettant à Falk Maria Schlegel de se promener d’un bout à l’autre quand il n’est pas occupé à haranguer la foule.


C’est avec le titre éponyme de son dernier album, Blessed & Possessed, que Powerwolf entame son set et on remarque tout de suite le nombre important de fans présents dans la salle car les refrains sont scandés à pleins poumons et la fosse est active. Il faut dire que le combo a pris une véritable ampleur sur la scène metal ces dernières années faisant du groupe un quasi incontournable maintenant grâce à une imagerie soignée, une musique qui si elle ne révolutionne rien est efficace et des prestations scéniques de haut vol. Ce sera d’ailleurs le cas ce soir et même les non-fans de Powerwolf ne pourront nier que les Allemands savent faire le show et malgré la forte redondance de la musique, on se surprend à connaître facilement les refrains et autres gimmicks.


Powerwolf va offrir à son public un véritable medley de sa carrière, des titres les plus récents de Blessed & Possessed aux classiques du début en passant par les incontournables comme « Sanctified With Dynamite » et « We Drink Your Blood » dont le refrain sera repris en choeur par ce Zénith plein à craquer.

Contrairement à Beyond The Black, le son est de bien meilleure qualité nous permettant de profiter des capacités vocales d’Attila Dorn qui est en grande forme ce soir. Le frontman jouera avec le public à de nombreuses reprises, bien aidé par Falk Maria Schlegel, et ses élocutions en français ont eut pour effet de terminer de conquérir le public. C’est agréable de voir un artiste étranger prendre le temps d’apprendre quelques mots dans notre langue (de la même façon que le fera Simone Simons).


C’est une prestation intéressante et qui permet aisément de comprendre l’attrait du groupe auprès du public que nous aura offert Powerwolf même si ce n’est pas ma tasse de thé.

Setlist:
Blessed & Possessed
Army of the Night
Amen & Attack
Coleus Sanctus
In the Name of God (Deus Vult)
Sacred & Wild
Armata Strigoi
Dead Boys Don’t Cry
Let There Be Night
Resurrection by Erection
Werewolves of Armenia
Sanctified With Dynamite
We Drink Your Blood
Lupus Dei

 

EPICA
 

Deux ans après l’Olympia puis un passage la même année au Hellfest, Epica est de retour en France pour un concert exceptionnel dans un Zénith de Paris sold-out. 6000 personnes présentes pour les Néerlandais, c’est du jamais vu dans notre contrée mais aussi pour le groupe. Que ce concert soit le plus gros (en salle) de la carrière du groupe et que celui-ci se déroule chez nous est un bon signe pour la scène metal en général.
 


Avec un nouvel opus – The Holographic Principle – dans sa besace (qui nous avait fait forte impression en prenant à merveille la suite de The Quantum Enigma que ce soit sur le plan musical ainsi que sur le plan du thème et des textes), on était en droit de s’attendre à une mise en scène spécifique sur cette tournée. Et bien notre voeu aura été exaucé puisque le backdrop, l’habillage de la scène servant pour Ariën van Weesenbeek (batterie) et Coen Janssen (claviers) et les triangles éclairés par des LED pour nous rappeler la technologie des hologrammes sont présents sur scènes. L’effet visuel est plus que réussi et quand on y ajoute la pyrotechnie et les artifices, on se retrouve avec un show visuel complet qui complémente à merveille la musique du combo.

Après un « Eidola » sur bande, c’est avec la doublette « Edge of the Blade » – « A Phantasmic Parade » que Epica prend possession de la scène du Zénith et le public en prend déjà plein les mirettes grâce à une pyrotechnie sur le front de scène qui n’est pas sans rappeler celle utilisée par Nightwish sur la tournée Endless Forms Most Beautiful. Le son est un petit peu moins bon que pour Powerwolf et il faudra attendre deux-trois titres avant que la voix angélique de Simone Simons nous parviennent de manière quasi parfaite aux oreilles.


Comme prévu, The Holograpic Principle sera très majoritairement représenté sur la setlist avec huit titres sur les quinze joués ne laissant au final que peu de place aux autres mais pour être très honnête avec vous (et cela n’engage que moi), peu m’importe les titres joués par Epica sur scène, la satisfaction sera toujours la même. Hormis Requiem for the Indifferent, un album d’Epica s’écoute de A à Z dans l’ordre défini par le groupe et s’apprécie de cette manière. C’est le même principe pour les concerts et jamais, au contraire de beaucoup de groupes, une déception s’installerait si un titre x ne faisait pas parti de la setlist.

Hormis l’aspect visuel et musical, un des attraits d’Epica sur scène est la complicité entre les différents membres. On verra par exemple Simone Simons (chant) aller jouer avec chacun des musiciens en posant sa tête sur leurs épaules ou monter sur la deuxième scène pour tendre le micro à Coen Janssen (claviers) pour lui permettre de lancer un immense grown. On a pu apercevoir ce dernier se balader d’un bout à l’autre de la scène sur son clavier à roues, taquiner ses compères ou encore jouer les accords de Rob van der Loo sur la basse de ce dernier, Isaac Delahaye (guitare) lâcher sa guitare pour aller jouer trois notes des claviers, etc. Il n’y a rien de plus agréable pour passer un très bon concert et avoir une meilleure vision d’un groupe que de les voir s’amuser et c’est très souvent le cas dans le metal symphonique (qu’il s’agisse de Nightwish ou des champions toute catégorie, Delain).


Hormis les morceaux de The Holographic Principle, peu de surprise sur la setlist avec des grands classiques comme « Sensorium », « The Obsessive Devotion », « Sancta Terra » et bien entendu « Consign To Oblivion » et ses dix minutes pour terminer la soirée. On notera juste la présence de « Storm the Sorrow », titre de Requiem for the Indifferent qui passe plutôt bien l’épreuve du live.

Ce concert d’Epica aura passé à une vitesse folle et malgré un temps de jeu de quasiment une heure et quarante cinq minutes, on aurait bien pris un peu rab. Malheureusement il est quasiment 23h30 quand le concert s’achève et on sait combien il est quasi impossible de jouer au delà de cette heure à Paris. Les Néerlandais seront au Download Festival France la journée du samedi sur la Mainstage 1 et c’est avec plaisir que nous irons prendre notre dose de metal symphonique lors du festival parisien.


On a pu remarquer dans le pit-photo la présence de plusieurs caméras qui ont filmé tout le concert ce qui peut nous faire espérer la sortie soit d’un clip avec des images live ou alors une vidéo post-tournée. En tout cas avec trois musiciens descendus dans ce pit-photo pour terminer « Beyond The Matrix » et au vu de l’importance de ce concert, on peut espérer que Paris soit fortement mis en avant.
 

Setlist:

Eidola
Edge of the Blade
A Phantasmic Parade
Sensorium
Universal Death Squad
Divide and Conquer
Storm the Sorrow
The Essence of Silence
The Obsessive Devotion
Ascension – Dream State Armageddon
Dancing in a Hurricane
Unchain Utopia
Once Upon a Nightmare

Encore:
Sancta Terra
Beyond the Matrix
Consign to Oblivion

Crédit photo: Julie Warnier.
Utilisation interdite sans accord du photographe.



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