Svart Crown – Abreaction

On avait quitté Svart Crown avec des couleurs plus froides sur Profane leur précédent album enregistré à Nancy, ville aux températures plus rafraichissantes que celle de Nice afin de les retrouver en 2017 dans une ambiance plus chaude, plus épaisse et plus gluante avec Abreaction, album au relent chamanique… Sortez la poupée Voodoo et commencez à la transpercer avant qu’elle ne saigne !

Pour planter le décor de l’album, il est logique de commencer par « Golden Sacrament » : morceau lent, gorgé d’ambiances chamaniques à l’image de la pochette réalisée par Stefan Thanneur qui avait déjà travaillé sur Profane.

D’emblée on est rapidement impressionné par la production de Francis Caste : à savoir un gros son, dans un climat lourd annonçant un orage proche sur un joli mid-tempo, puis une marche lente vers l’autel des sacrifices avant que les riffs et la batterie nous entraînent dans une belle accélération.

Svart Crown


Pour sa part « Carcosa » est intéressant : plus agressif, plus rapide avec toujours cette chape de riffs qui vous écrase et qui n’est pas sans nous évoquer, non pas par sa structure, mais par l’ambiance un certain Deathspell Omega. Une déstructuration des riffs étourdissants ajouté à cela une voix bien grave prête à tout ravager (sur « Transsubstantiation » le chant vous prend aussi à la gorge). On retrouve cette vibration avec « Upon This Intimate Madness » doté de déstructurations « riffiennes » et ses sonorités aigues donnant le tempo.

En revanche « The Pact: To The Devil His Due » est plus death se rapprochant d’un Gojira où la voix gutturale de JB se délecte dans une structure musicale plus complexe adossée à un break lourd et visqueux gorgé de vibrations malsaines. Plus tard « Emphatic Illusion » utilisera à peu près le même schéma.

Avec Abreaction c’est un voyage intérieur auquel on nous propose de participer : on découvre une spiritualité, celle de JB, qui arrive à nous faire voyager sur les chemins sinueux de ses neurones comme avec « Khimba Rites ». Ici pas de route rectiligne, on marche à découvert sur des chemins sinueux et marécageux d’un mid-tempo très spirituel suivi d’un break profond. On sent cette volonté des musiciens de vouloir nous faire partager une « croyance interne », une vision… grâce à des sonorités ressemblant même parfois à celles d’un cithare jouant à la limite du faux pour nous envouter.

« Orgasmic Spiritual Ecstasy » n’est pas un # de youporn c’est de la méditation bande de pervers que vous êtes ! La batterie s’en donne à cœur joie jouant entre mid-tempo contrebalancé par des accélérations et des rythmiques parfois tribales. Quant à « Lwas » il nous fait plutôt penser à un passage initiatique…

« Nganda » offre une nouvelle couleur au groupe, plus heavy metal dans l’approche des guitares, restant tout de même hypnotisant avant que les âmes malveillantes ne survolent l’assemblée rassemblée autour d’un feu sacré.

L’album est d’une complexité rare. Svart Crown n’en donne pas les clés aux premiers venus pour y rentrer facilement. Il est à vous d’en débusquer les codes afin d’ouvrir cette boite de pandore et d’en apprécier chaque recoin.

 

Lionel / Born 666

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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