Metallica au Stade de France (12.05.2012)

Metallica noircit le Stade De France
 

C’est le 12 mai que le groupe de metal le plus célèbre donna son plus gros concert français. 75 000 spectateurs sont venus se masser au Stade de France pour assister à la tournée anniversaire du Black Album, le plus gros succès des thrashers de San Fransisco. Un concert évènement, pour les fans comme pour le groupe, qui s’est donné pour rassasier le public massif. Pour commencer la fête, un plateau atypique pour un stade : Le groupe de death metal français Gojira, et le groupe de  garage rock anglo-américain The Kills.

Gojira

Les metalleux prodiges du sud de la France entrent en scène sur les coups de 19h, alors que le soleil tape encore sur les tignasses plus ou moins garnies des fans de Metallica. Cela n’empêche pas à Gojira de jouer sa musique massive et étouffante, en interprétant leurs morceaux sans accroc. Peu habitués aux stades, les musiciens sont pourtant à l’aise et arrivent à occuper aisément l’espace scénique.

De l’autre côté des barrières, le public apprécie le show, malgré le genre qui peut en rebuter plus d’un. Certains headbangueurs se font remarquer, pendant que d’autres tendent l’oreille et écoutent religieusement les six compos que le groupe prendra le temps de présenter. Si les quatre bayonnais laissent la part belle à From Mars To Sirius, qui occupe la moitié du set, ils n’oublient néanmoins pas de présenter au public un nouveau titre, "L’enfant Sauvage", qui figurera sur leur prochain album.

Devant la masse de spectateurs auxquels il est confronté, le frontman Joe Duplantier ne se dégonfle pas et s’y adresse naturellement, en les remerciant chaleureusement, et en n’oubliant pas de préciser que leurs loges ne sont autres que les vestiaires de l’équipe de France de Football.

Gojira Stade de France

Une date importante pour Gojira, qui montre que ses relations avec Metallica sont toujours aussi cordiales.

Setlist :

Oroborus
The Heaviest Matter of the Universe
Backbone
Flying Whales
L'Enfant Sauvage
Vacuity

The Kills

Après la déferlante death metal "made in France", c’est au tour du duo anglo-américain The Kills de présenter leur musique devant un public bien plus hostile. En effet, le groupe se fera huer dès son arrivée sur scène, et durant l’ensemble des 40 minutes de leur set. A ces attaques, les musiciens resteront de marbre, et finiront leur set sur le titre "Fuck The People", qui a permis à la chanteuse  Alison Mosshart de lever le majeur contre le public.

Le groupe souffre d’une faible compatibilité avec les fans de Metallica, habitués à un metal puissant et rageur. Sur scène, la formation se fait avec une guitare et quatre percussionnistes, parfois agrémentés d’une seconde guitare ou d’un clavier, tenus par la chanteuse. Le groupe offre des sonorités inhabituelles, avec une guitare très chargée en effets plus incongrus les uns que les autres.

The Kills n’est pas non plus servi par le son, qui donne un rendu imprécis par la guitare. De plus, des problèmes de réglages les forceront à arrêter la chanson "Pull A U" pendant l’intro, pour la recommencer quelques instants plus tard. Un problème rare pour un groupe qui a déjà quatre albums à son actif, dont le dernier, Blood Pressures, sorti en avril dernier est bien mis en avant.

The Kills

Complètement décalé de l’esprit de Metallica, le duo n’a pas su trouver son public, malgré l’opportunité précieuse qu’offrait une date devant une foule aussi fournie.

Setlist :

No Wow
Future Starts Slow
Heart Is a Beating Drum
Kissy Kissy
Pull A U
Black Balloon
Pots and Pans
Fuck the People

METALLICA

C’est maintenant au tour des quatre thrashers de la bay area d’entrer en scène pour donner le plus gros concert français de leur histoire. Devant un Stade de France plein à craquer rien que pour eux, les musiciens restent bouche bée, et le frontman James Hetfield ne se montre pas avare en remerciements.

L’attraction principale vers ce concert évènement est évidemment l’anniversaire de leur plus gros succès commercial, le Black Album. Le groupe tient sa promesse de le jouer en intégralité, mais se permet une fantaisie, en interprétant les morceaux dans l’ordre inverse du disque. De ce fait, après le petit film d’introduction qui montre des images du groupe en studio, le groupe interprète "The Struggle Within", pour finir une heure plus tard sur le fédérateur "Enter Sandman", comme à son habitude depuis plusieurs années. A côté de ces titres, le groupe jouera des éternels classiques tels que "One" ou "Seek & Destroy", ainsi qu’une nouveauté de leur dernier EP Beyond Magnetic, "To Hell And Back".

Metallica James Hetfield Robert Trujillo

Anniversaire oblige, Metallica a décidé de mettre les bouchées doubles pour satisfaire ses fans en reprenant certains éléments de la tournée de l’époque. Les plus acharnés ont ainsi pu se retrouver dans le "Snakepit", une structure à l’intérieur de la scène, qui permet à quelques 150 fans de voir leurs idoles d’encore plus près. Cependant, le reste de la fosse n’est pas oublié, et les trois membres mobiles profiteront de l’avancée de la scène pour venir chauffer le plus de monde possible, et aussi montrer leur aisance presque dérangeante sur les grandes scènes.

Le public n’en finit pas de montrer sa ferveur, en s’époumonant sur le refrain de "Master Of Puppets", participant à la séquence émotion de "My Friend of Misery" en reprenant la mélodie du pont, constellant les gradins de briquets allumés pour la ballade "Nothing Else Matters" et jubilant de plus belle pendant le bouquet final de "Seek & Destroy" et son habituel lâcher de ballons. Si l’impression de communion entre fans n’est pas aussi forte que lors de dates dans les salles aux capacités moins importantes, le noyau dur des adorateurs du groupe ne se débine pas, et fait vibrer le Stade de plus belle.

Kirk Hammet Metallica

Côté son, l'arène montre une fois de plus qu’elle n’est pas un paradis pour mélomanes. Les saturations se font parfois entendre, et la balance met en avant la basse du mastodonte Robert Trujilo, au détriment du soliste Kirk Hammet, qui fait moins entendre ses pains. Le batteur Lars Ulrich se montre toujours à la peine quand il s’agit de jouer de la double-pédale, et un titre comme "Battery" se retrouve affaibli. Quand au meneur de jeu James Hetfield,  son habilité à la rythmique ne faiblit pas, et les riffs de "Hit The Lights" et "Sad But True" sont toujours un bonheur à écouter. Sa signature vocale reste intacte, et ce même malgré l’utilisation de prompteurs pour les paroles.

Bénéficiant d’une mise en scène simple mais intelligente, avec des effets pyrotechniques utilisés sans excès et des effets de lumières intéressants, surtout pendant "One", Metallica montre une fois de plus qu’il est chez lui sur scène. Le public français montre également qu’il est capable de répondre présent à un anniversaire majeur dans le monde du metal, en remplissant un stade de 75 000 personnes. Un concert historique pour Metallica, qu’il n’aura pas manqué de marquer d’une pierre… noire.

Metallica Lars Ulrich

Setlist :

The Ecstasy of Gold (Intro)
Hit the Lights
Master of Puppets
No Remorse
For Whom the Bell Tolls
Hell and Back
The Struggle Within
My Friend of Misery
The God That Failed
Of Wolf and Man
Nothing Else Matters
Through the Never
Don't Tread on Me
Wherever I May Roam
The Unforgiven
Holier Than Thou
Sad But True
Enter Sandman

Rappel :

Battery
One
Seek & Destroy

Un grand merci à Grégory Tran pour les photos live.

 



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