Entretien avec Lawrence Taylor de While She Sleeps

Alors que le groupe de metalcore While She Sleeps est en pleine promotion de son nouvel album You Are We qui sortira le 21 avril prochain, nous avons eu l’opportunité de discuter un peu avec Lawrence Taylor (chant). Il nous en dit un peu plus sur ce nouvel opus, financé exclusivement par les fans, et évoque entre autre le futur du groupe.

Salut Lawrence, comment vas-tu aujourd’hui?

Ca va plutôt bien ! J’ai pas mal bu hier, mais je vais mieux! (rires)

Avec While She Sleeps, vous allez sortir votre album You are we en total autonomie. Pourquoi avoir pris cette décision?  

On a toujours aimé les choses genre «do it yourself», donc on s’est dit pourquoi pas. En fait, ce qui est cool avec cet album, c’est son coté un peu spécial. On a évidemment essayé de le faire du mieux qu’on pouvait, avec ce qu’on avait. D’ailleurs, on a enregistré dans notre propre studio, qu’on a construit nous-mêmes en un an environ. Je pense que d’une certaine manière, on a eu moins de pression. Mais ça restera quand même une super expérience pour le groupe et c’est ça qui compte!

Les fans peuvent donner de l’argent jusqu’au mois d’avril. Comment se passe la campagne actuellement?

Jusqu’à maintenant, elle se déroule très bien! Les fans ont déjà dépassé l’objectif. Pour être honnête, on ne pensait pas qu’on récolterait autant de fonds. Du coup, quand l’album sortira, ce sera un peu bizarre puisque les fans pourront toujours donner ! On ne savait pas du tout à quoi s’attendre quand on a lancé le projet et on a été agréablement surpris !

Peux-tu nous en dire plus concernant le processus d’enregistrement?

C’était assez difficile au début car je sortais de chirurgie pour ma voix, donc ça a pris beaucoup de temps. Mais je me suis donné à fond, comme les autres membres du groupe. On a parcouru le monde entier et on est allé dans plusieurs endroits différents. On est également allé en Chine et c’était vraiment un truc de fou ! C’était très marrant. On s’est vraiment dépassé pendant la phase d’enregistrement. Pour faire simple, on s’est tous beaucoup impliqué. Il y a eu des hauts et des bas, comme pour tout le monde, mais au final, on est content du résultat.
 

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Avec la participation des fans, est-ce que cela change quelque chose concernant vos compositions, ou vous avez pris la liberté de faire ce qui vous plaisait?  

Oui un peu! On a toujours fait ce qu’on voulait avec While She Sleeps, on a toujours eu énormément de liberté. Dans cet album, il y a quand même pas mal de sing along, parce qu’on chantait souvent avec les gars en studio! Notre but premier, ça a toujours été de faire la meilleure musique possible, même si ça représente beaucoup de travail. Donc d’une certaine manière, on veut que nos chansons plaisent à nos fans, oui. En tout cas, on a vraiment passé de super moments!

La chanson de You Are We dont tu es le plus fier?

Pour être honnête, "You Are We" est une de mes préférées! Je pense que c’est une chanson qui tient la route, avec un message fort. Elle contient tout ce qu’on a toujours voulu faire en tant que groupe avec While She Sleeps. C’est aussi la chanson pour laquelle on s’est le plus investi. Elle représente un peu le reste de l’album. Je sais que le single est déjà sorti mais je promets qu’il y a d’autres morceaux aussi cool que celui-là! (rires)

Dans la chanson «You Are We», on peut entendre des parties en chant clair. Est-ce que ça se retrouve dans le reste de l’album?

En effet ! Ce qu’on a voulu, c’est surtout essayer de nouvelles choses. Je dirais que dans ce nouvel album, il y a beaucoup plus de chant que d’habitude. Mat chante un peu plus aussi, on a essayé d’incorporer plus de choeurs. C’est aussi plus mélodique, à mon avis. On a voulu rendre les parties heavy un peu plus joyeuses. Peut-être que c’est un nouveau style pour nous.

 

Dans une interview, vous dites que le Brexit a été une grosse influence pour cet album. Quels autres thèmes abordez-vous dans les paroles?

Avec ce qu’il se passe actuellement dans le monde entier, c’est difficile pour nous de passer à côté. C’est terrible alors on donne notre opinion personnelle. On voit aussi ce qu’il se dit dans la presse et les médias en général, c’est pas toujours tout rose malheureusement. C’est donc une évidence pour nous de parler de l’actualité. Plus généralement, les chansons de While She Sleeps parlent d’unité, du fait de se comprendre les uns les autres. On parle souvent de compassion aussi. En fait, on ne veut pas que les gens se sentent seuls, et c’est ce qu’on essaie de faire pendant nos tournées. On ne veut pas que quelqu’un se fasse frapper pendant nos concerts, on ne veut pas qu’une personne reparte avec la mâchoire cassée. Tout ce qu’on veut, c’est que tout le monde prenne du plaisir et chante avec nous.

Est-ce que d’autres groupes vous ont influencés pour cet album?

C’est assez difficile à dire puisqu’on a chacun des influences différentes. Le truc, c’est qu’on veut que While She Sleeps ne ressemble à aucun autre groupe! Du coup, on essaie vraiment d’avoir notre propre style et de ne pas se dire « on veut faire la même musique que tel ou tel groupe ». Mais je pense que tous les groupes qu’on écoute nous influencent inconsciemment.

Tu es dans le groupe depuis 2009. Qu’as-tu appris avec While She Sleeps?

While She Sleeps m’a appris énormément de leçons de vie je dirais. Avant d’être dans le groupe, j’étais une personne assez négative et je voyais toujours le mauvais coté des choses. C’était hyper facile pour moi de détester tout et n’importe quoi. Avec les gars de WSS et l’expérience qu’ils avaient, je suis devenu plus patient et optimiste. Mais je pense qu’une des principales choses qu’ils m’ont apprise, c’est d’être moi-même et d’apprécier la vie en général, ce qui peut parfois s’avérer difficile pour certaines personnes. Ils m’ont aussi appris que je pouvais aimer ce que je voulais, et que personne ne pouvait me l’interdire. Avant, j’étais le genre de mec qui aimait «ce genre de musique et c’est tout», peut-être parce que j’avais honte d’admettre que j’aimais autre chose ! Mais la meilleure manière d’avoir une bonne vie, c’est vraiment d’être soi-même.
 

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Quelles-sont vos ambitions pour le futur? 

Être en tête d’affiche de gros festivals n’est jamais en dehors de la liste! Mais pour moi, ce n’est pas ce qui me préoccupe le plus ! Je suis content d’être dans un groupe qui ne peut que progresser. Je pense que mon ambition principale, c’est juste d’écrire des nouvelles chansons et d’être dans le groupe le plus longtemps possible. J’adorerais être là, assis chez moi avec ma guitare acoustique à 70 ans et penser à tout ce qu’on a accompli avec While She Sleeps. Donc ouais, mon but c’est continuer à créer et profiter de mon groupe. Mais c’est sur que si ce nouvel album nous permet de jouer sur les Grandes Scènes de festivals, ce serait super cool !

A côté de While She Sleeps, tu organises Festivile (un festival à Sheffield) et des concerts. Tu ne te reposes donc jamais?  

Cette idée m’est venue il y a quelques années, quand j’étais affalé sur le canapé et je m’ennuyais vraiment. Je me suis dit «Tiens, si tu faisais quelque chose d’utile pour occuper ton temps libre?». Du coup, j’ai commencé à organiser des concerts dans ma ville natale, à Sheffield. Le but était bien sur de promouvoir les groupes locaux, mais aussi de faire venir des groupes qui ne viennent jamais dans des petites villes. Personnellement, avec While She Sleeps, on joue dans des endroits comme Doncaster donc il y a surtout des gens issus de grandes villes. Je voulais que les habitants de chez moi puissent avoir la chance de voir des groupes eux aussi. J’aime beaucoup regarder des gens profiter d’un concert. L’année dernière, j’ai réussi à faire venir Frank Carter & The Rattlesnakes, Everytime I Die, Trash Talk etc. Donc pour moi, il s’agit juste de faire venir des groupes dans ma ville et voir les gens profiter!

Vous ne venez pas beaucoup en France, mais quand vous êtes venus, avez-vous vu une différence entre le public français et celui d’Angleterre? 

Je pense qu’on est super chanceux d’avoir des fans, déjà. Et je trouve que la plupart d’entre eux, que ce soit de n’importe quel pays, ont la même mentalité. Et franchement, je trouve ça magnifique. A chaque fois qu’on rencontre des fans, ils sont gentils et n’ont jamais eu de propos déplacés, c’est vraiment génial. La seule différence que vois avec les français, c’est juste que vous être français ! (rires) En tous cas, j’ai remarqué que vous étiez vraiment solidaires. D’ailleurs, je remercie toutes les personnes qui viennent discuter avec nous avant ou après les concerts, on espère pouvoir vous rencontrer le plus longtemps possible.

Merci pour ton temps Lawrence !

Merci à toi, c’était vraiment sympa! 

Interview: Florentine Pautet

 

You Are We, sortie le 21 avril 2017
 



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