Sabaton – Carolus Rex

Carolus Rex : Entre ambition et stagnation
 

Le groupe de Falun n’en finit pas de sortir les albums à tour de bras. Sans cesse grandissant, le groupe espère atteindre le statut royal en sortant Carolus Rex, un concept album sur l’Histoire suédoise. Si le groupe n’a pas perdu de son sens du refrain et des mélodies épiques, on sent néanmoins une certaine répétition par rapport aux disques précédents. Sabaton serait-il en peine pour avancer ?

Les militaires suédois sont de retour. Si les troupes ont changé, les deux généraux Joakim Bròden et Pär Sundström sont toujours à la tête de l’escadron. Avant que la troupe n’implose, le groupe a enregistré son dernier album avec son line-up classique, intitulé Carolus Rex. Ce second concept album de Sabaton raconte en 45 minutes le règne du roi Karl XII, à la tête du royaume de Suède de 1697 à 1718.

Si les paroles ont bénéficié d’une réalisation différente, en étant écrites en deux versions (suédoise et anglaise) et que le groupe a fait appel à un historien suédois pour les rédiger, le canevas musical du groupe reste inchangé. Le gros son de Peter Tägtgren, qui chante également sur « Got Mit Uns » et toujours présent, tout comme les mélodies épiques et les refrains accrocheurs soutenus par des chœurs virils et guerriers.

La recette reste donc inchangée depuis les débuts du groupe, et sur l’album s’alternent grosses cavalcades typiquement heavy metal (« Killing Ground », « Poltava ») et mid tempos épiques (« Carolus Rex », « Long Live The King »). Si le groupe maîtrise parfaitement son style propre et sait imposer sa patte, il donne malheureusement l’impression de tourner en rond, et certains titres trouvent un pendant sur les précédents albums, comme la chanson d’ouverture « The Lion From The North », qui n’est pas sans rappeler « Coat Of Arms » sur l’album du même nom.

Le groupe a beau camper sur ses positions, on remarque néanmoins quelques traces de rouilles sur cet nouvelle sortie. Ainsi, certains titres faiblards, comme la pataude « power » ballade « A Lifetime Of War » ou le plat et quelconque « 1648 » viennent assombrir le tableau. Placés à la suite et au milieu du disque, ces morceaux cassent le rythme de l’album, qui se retrouve ainsi bancal.

L’interprétation des musiciens reste solide. Ils ne sont toujours pas des musiciens exceptionnels, mais ils arrivent à servir les compos en jouant de manière crédible, avec des solos propres de Rikard Sundén et Oskar Montelius. Le clavier de Daniel Mÿhr prend légèrement plus d’importance que d’habitude, et renforce ainsi l’ambiance solenelle qui traverse le disque. Le chanteur Joakim Bròden n’évolue pas, et s’il possède toujours une tessiture limitée, son timbre marque toujours l’identité de Sabaton.

Sabaton Carolus Rex

Carolus Rex s’inscrit dans la continuité de ce que fait le groupe. Puissant et épique, cet album fonctionnera sans problème sur les fans du groupe et les amateurs d’heavy metal épique. Cependant, l’impression que le groupe se répète est de plus en plus présente. De plus, les faiblesses de cet album peuvent laisser l’auditeur sur sa faim. Sabaton devra redoubler de prudence lors de sa prochaine campagne, qui pourrait se solder par une défaite.

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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