Klone – Unplugged

Après la sortie en 2015 de l’album Here Comes the Sun, Klone a l’opportunité, en mai 2016, de se lancer en terre inconnue en ouvrant pour deux dates en acoustique pour Anneke Van Giersbegen (The Gathering, Devin Townsend Project). Passer de l’électrique à l’acoustique n’est jamais chose aisée, il s’agit de ne pas tomber ni dans la surinterprétation, ni dans la banalité. Suite à ces deux dates, le public est unanime : le pari est réussi et, fort de cette expérience, les Poitevins décident d’enregistrer le set, et de l’appeler sobrement Unplugged.

Les détracteurs et les mécontents pourraient voir en Unpplugged un exercice facile, afin de rester sur les devants de la scène sans nouvelles compositions. Pourtant, Klone a minutieusement réfléchi et « composé » cet album, en restant dans la lignée de ce qu’avait inspiré Here Comes the Sun, un album déjà beaucoup plus posé et fait d’arrangements. En effet, les morceaux proposés ont été entièrement pensés pour l’acoustique, puisque la section rythmique a été entièrement revue. Seuls trois membres du groupe prennent part musicalement à la production de cet opus : Yann Lignier au chant,  Guillaume Bernard et Aldrick Guadagnino aux guitares. Pour envelopper l’ensemble, l’accordéoniste Armelle Doucet se joindra au groupe, pour apporter douceur et féminité à ce set. Tout cela semble minimaliste mais fonctionne à la perfection, Klone nous offre un album de qualité, subtil mais poignant où l’on prend plaisir à redécouvrir leurs titres.

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Rien d’étonnant dans le choix des morceaux de voir six titres (« Immersion« , « Grim Dance« , « Nebulous« , « Gone up in Flames« , « Fog » et « Come Undone« ) sur les onze tirés du dernier album en date des Poitevins, Here Come the Sun, puisque la richesse des mélodies et des arrangements collent parfaitement au style acoustique. Cependant, il ne s’agit pas ici de reproduire les titres à l’identique, et on découvre une nouvelle interprétation de ces morceaux déjà fabuleux. L’accordéon apporte un coté planant et apaisant, et apporte son petit lot d’harmonies, rajoutant une charge authentique à Unplugged.

Deux morceaux tirés de The Dreamer’s Hideway (« Into the Void«  et « Rocket Smoke« ), montrent également toute la réflexion autour des arrangements, puisqu’ici ce sont des morceaux très puissants et électriques, très bien adaptés en acoustique. On notera également deux reprises : « Summertime« ,  et « People are People » (Depeche Mode). Autant on peut s’interroger sur la présence de la reprise de « Summertime« , déjà présent sur le dernier album et sans réel intérêt acoustique, autant la reprise de Depeche Mode est une surprise et un enchantement, tant elle colle à l’originale tout comme au style de Klone. Le groupe nous fait cadeau d’une composition originale avec « The Silent Field of Slave«  très réussie et très en phase avec le reste de l’album.

Parlons de l’authenticité d’un album à nu tel que celui-ci : non seulement Klone a pris le pari risqué de passer en acoustique, mais a également décidé, comme on pourrait le faire pour un MTV Unplugged, d’enregistrer l’album en condition de live, dans le somptueux Théatre de le Coupe d’Or à Paris. Le choix de ce lieu est habile, on sent à l’écoute toute la qualité phonique, ajoutant de la profondeur et de la prestance à l’enregistrement. On découvre alors toutes les qualités vocales de Yann Lignier dans cet exercice périlleux, qu’il arrive à surmonter avec brio et splendeur, d’autant plus qu’aucun choeur ne vient rehausser sa voix. Une performance vraiment à souligner, pour ce chanteur à la fois précis et dans l’émotion. On est conquis dès les premières notes et les premières vocalises de l’album.

Avec cet album, Klone nous offre une façon épurée et sans prétention de découvrir ou redécouvrir leur musique. L’album ne décevra sans doute pas les fans, et pourrait contenter également un public beaucoup plus large. Le groupe y a mis les moyens, la maturité et les sentiments adéquats pour nous faire adhérer à ce petit bijou.
 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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