Gorod – Kiss the Freak (EP)

En quelques années, Gorod a su s'imposer comme l'une des références françaises du death metal technique, en proposant des albums riches et travaillés à l'extrême. Avec Kiss the Freak, les Bordelais proposent une oeuvre bien plus spontanée, puisque cet EP a été pensé, composé et enregistré en moins de trois mois seulement. En effet, en prélude à la tournée européenne du groupe en compagnie d'Havok et Warbringers, Gorod a souhaité écrire des titres thrash spécialement conçus pour cette tournée, rompant avec son style de prédilection, pour un résultat toujours aussi réussi.

Véritable exutoire pour Gorod, le format EP permet à la formation d'explorer de nouveaux styles d'écriture. On pense en effet à Transcendance qui, en 2011, voyait les Bordelais osciller entre progressif et latin jazz, en mêlant habilement le tout avec leur style death technique, sans sacrifier la cohérence des compositions. C'est un peu le même principe avec Kiss The Freak, puisque si la formation se lance ici dans un thrash crossover rappelant Havok ou Municipal Waste, l'originalité de l'écriture de Mathieu Pascal est toujours de mise. Dès l'intro de "Being a Jerk", le style caractéristique de Gorod est bien là, mélangé avec tous les gimmicks de compositions inhérents au thrash : chant scandé, rythmique thrashy, choeurs sur les refrains... les ingrédients nécessaires sont là et donnent un côté fun et second degré à l'EP.

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D'ailleurs, l'humour est présent partout sur "Kiss the Freak", depuis l'artwork dans la plus pure tradition des albums de Municipal Waste, aux paroles totalement déjantées ("Tony P. shot" et son refrain où Julien Deyres hurle "Basket ! Basket ! Basket !"). Il en va de même pour "Anise Power", pour lequel le riff d'introduction aurait toutefois pu avoir sa place sur un opus plus classique des Bordelais.

"Lost in Osaka" s'éloigne également un peu plus des autres titres thrashy, malgré un couplet direct et d'une efficacité redoutable. En effet, ce titre contient également beaucoup de subtilité dans le riff principal aux sonorités orientales et le solo de guitare, sous forme de duo entre Nicolas Alberny et Mathieu Pascal, est comme souvent avec le groupe, parfaitement exécuté.

Malgré le côté déjanté de cet EP, on retrouve tout de même le sérieux de Gorod dans la qualité sonore de Kiss the Freak et le travail abattu par le quintet pour proposer un EP abouti. Certes, l'aspect technique du combo est moins mis en avant que sur ses albums plus classiques. Mais pour terminer la galette, les Bordelais ont la bonne idée de revisiter "Chronicles From the Stone Age", initialement présent sur Leading Visions, le deuxième album de Gorod. Le morceau reste toutefois proche de l'original et voit essentiellement son introduction rallongée et un nouveau mix.

Tout juste peut-on reprocher à cet EP sa durée, puisqu'un titre inédit de plus (voire un extrait live)  n'aurait pas été de trop. Mais au final, le pari tenté par Gorod est réussi : le quintet a composé des titres thrash taillés pour la scène et nul ne peut nier que le potentiel scénique des quatre morceaux est là. Sans toutefois s'éloigner totalement de son style de prédilection, Mathieu Pascal possédant indéniablement une façon d'écrire qui lui est propre, Gorod explore avec succès un autre genre du metal. Une belle façon de faire patienter ses fans avant un prochain opus.

"Are you ready to Kiss the Freak ? So take a deep breathe then..."

Note : 4/5

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NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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