Kreator (+Sepultura + Soilwork + Aborted) à  la BAM (01.02.17)

Le rendez-vous est pris pour la première date de cette tournée événement qui regroupe Kreator, Sepultura, Soilwork et Aborted. Une affiche autant réjouissante que surprenante, tant chacun des groupe mériterait d'être en tête d'affiche. Un plateau bien sympathique qui a pu ravir tous les fans de metal, quel que soit leur style de prédilection.

Aborted

L'ouverture des portes se fait à 17h30 et c'est à 18h qu'Aborted débute son show, avec un pit encore assez clairsemé. Forcément, un jour de semaine, il est difficile de se rendre à un concert à une heure aussi avancée, mais la file d'attente et la foule grossissent au fur et à mesure que le set avance.

Aborted déploie son set avec l’énergie et la force caractéristique du style. Les Flamands ne font pas dans la dentelle et envoient avec entrain leur brutal death dans les dents du premier rang. Le show est réglé au milimètre, on ne peut pas reprocher leur technicité aux musiciens, qui enchaînent les riffs ultra carrés et les breaks bien lourds. Sven est un peu moins présent au chant au début du set, et malgré son dynamisme grandissant, il n’arrivera pas à motiver les foules, qui peinent à accèder aux nombreuses requètes de circle pit.

Niveau setlist, les Flamands ont choisi bien sûr de mettre en avant leur dernier album Retrogore qui fête sa première année en mars. Mais malgré le style, ils ont su jouer avec l’alternance des morceaux pour créer un peu de dynamisme, indispensable lorsque l’on joue trente minutes et que l’on a un public à conquérir. Malgré tout, on ne peut qu’apprécier la performance d’Aborted, qui sait nous faire adhérer à son style légèrement décalé par rapport au reste de la programmation de ce soir. Avec vingt ans de carrière, on sent qu’ils savent s’y prendre avec le public récalcitrant en proposant une vraie performance musicale.

Soilwork

Difficile de louper Soilwork sur les planches ces derniers temps, tant ils écument les salles et les festivals depuis la sortie du dernier album en date de 2015. Difficile également de jouer à cinq sur une scène rendue étroite par le matériel de Kreator. Le set ne démarre pas sur les chapeaux de roue, étant donné que la salle est encore clairsemée et que les conditions sonores ne sont pas au rendez-vous.

En effet, on a du mal à comprendre ce qu’il passe tant le chant est sous mixé et Strid doit tirer sur sa voix tout au long du set. Scéniquement, les musiciens se donnent à fond pour porter le show, mais rien n’y fait, Strid force tellement qu’il n’est ni juste, ni convaincant, et même si le nouveau batteur succédant à Dirk Verbeuren s’en sort plutôt très bien, le clavier est inexistant, et à l’inverse les guitares bien trop présentes.

Les conditions s’améliorent au fil du set, mais les déçus et les sceptiques ont déjà quitté la fosse pour aller se désaltérer. Difficile dans ces conditions de réellement faire vivre le concert, même si les fans de Soilwork étaient quand même nombreux à avoir répondu présent.


Sepultura

Changement d’ambiance avec Sepultura. On décèle dans le pit bon nombre de curieux, fans des premières heures, et impatient de voir sur scène une version qui n’a plus rien à voir avec les origines, surtout avec les éloges faites sur les deux derniers albums en date.

La salle s’est remplie et accueille chaleureusement le groupe. Il n’en faudra pas moins à Derrick Green pour déployer ses talents et sa prestance. Quel charisme ! Il emporte à lui tout seul l’adhésion des derniers sceptiques, soutenu par la prestation des musiciens, qui rayonnent eux aussi par la précision et la force de leur jeu.

Le combo nous présente une setlist équilibrée et intelligente, qui fera monter la pression en commençant du plus récent en terminant en apothéose avec des morceaux emblématiques tels que "Refuse/Resist" ou encore "Arise" et "Roots bloody roots". On prend plaisir a découvrir les « nouveaux » morceaux et a redécouvrir les anciens, par une interprétation et une précision à toute épreuve.

Le groupe aura su contenter toute la salle, qui n’hésitera pas à en redemander. On apprécie sûrement que le combo ait su garder l’essence de Sepultura, et la sublimer par des compositions et des interprétations minutieusement travaillées.

Kreator

La salle est pleine à craquer lorsque c’est au tour des Allemands de Kreator de livrer leur performance. Ils entrent sur scène acclamés par la foule, qui se soulève comme un seul homme dès les première note de « Hordes of Chaos ». S’en suivent lancers de confettis et de ruban de papier : une entrée en matière somme toute modeste.

Le groupe est particulièrement en forme et en joie ce matin, on sent tout le plaisir qu’ils ont à repartir en tournée. Mille Petrozza, malgré un sous mixage de la voix en début de set, assure chant et guitare avec une facilité déconcertante. Ses comparses guitariste et bassiste ne sont pas en reste : ils maîtrisent à la fois leur instrument et l’énergie scénique. Kreator mise beaucoup sur le côté spectaculaire de leurs shows depuis quelques années : confettis, écran, canon à fumée, lumières et plateformes surélevées. Ce jeu de scène donne de l’importance et de la prestance à chaque membre du groupe, même Jürgen Reil à la batterie est mis en avant puisque les trois autres membres du groupes ne cessent de communiquer et tourner autour de lui grâce aux plateformes.

Le plus charismatique ce soir est quand même Mille Petrozza, qui communique longuement avec le public, n’hésitant pas à les solliciter (sans grands efforts) sur les refrains de titres emblématiques comme « Satan is Real », « Gods of violence » ou encore « Phantom Antichrist ». Sami Yli-Sirniö et Christian Giesler se feront plus discrets mais pour autant pas moins souriants et communicatifs avec leur public, dont l’énergie ne cessera de croitre.

Avec un « Fallen Brother » plus que puissant et émouvant, où les photos des musiciens décédés récemment défileront sur les écrans, Kreator aura définitvement conquis sont public, de plus en plus compact et remuant.

Avec un "Pleasure to Kill" en guise de final, Kreator parvient à mettre son public sur les rotules. Epuisés mais heureux, ce sont sous de longues acclamations que le public dira au revoir à ces rois du thrash.

Cette soirée, déjà prometteuse sur affiche, est une belle réussite, une superbe entrée en matière pour une tournée qui promet d’être gravée dans les annales.

Merci a Damage Done Prod pour l’accréditation
Crédits photo : Des photos au Poil

close

Ne perdez pas un instant

Soyez le premier à être au courant des actus de La Grosse Radio

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements