Klone (+Tolstoï & Dive into the Sea) à  La Machine (31.03.17)

Plutôt habituée aux soirées mouvementées, La Machine accueille ce soir un show tout en accoustique avec en tête d’affiche Klone, venu présenter son dernier opus en date : Unplugged. Deux formations locales viendront compléter la soirée : Dive into the Sea et Tolstoï. La Machine, c’est une péniche-bar, amarrée dans le port de Nancy depuis 2013. Lieu atypique et intimiste, elle est parfaite pour accueillir ce genre de soirée.

Il est 21h quand Dive into the Sea commence sa prestation, avec un public parsemé devant la scène, encore occupé à commander des boissons. On découvre un musicien seul, assis derrière un micro et sa guitare sèche, nous proposant une musique très légère et mélancolique. On sent le stress dans sa voix et sa posture : il est très concentré sur son jeu et sa voix, et ne regarde que peu son audience. On imagine que c’est un de ses premiers concerts, pas évident de se jeter dans la fosse au lion de cette manière.

Dive into the Sea porte bien son nom, l’univers est très léger, la voix très aérienne. Les morceaux sont quelque peu similaires, mais on sent une volonté de la part du musicien de nous offrir ce genre de compositions. Le set sera très court, puisque le musicien n’a que cinq titres à nous proposer, tous présents sur l’EP fraichement enregistré : Deep in Water. Il y aura quelques loupés et quelques fragilités, et il aura été difficile de sortir du statut de musique de fond, mais Dive into the Sea aura sûrement su touché quelques âmes.

Au tour de Tolstoï d’entrer sur scène, avec une entrée quelque peu décalée : pantalon de costume – polo et petit pull noué sur les épaules, les Nancéiens entament leur set en scandant « En Marche ! ».  Pour cette soirée, le trio de punk hardcore engagé a du se tester à l’exercice de la réinterprétation. Plutôt habitués aux guitares électriques et aux voix saturées, Tolstoï se prète au jeu de l’acoustique.

Pari plutôt réussi pour ce soir, le set est bien adapté, et les pointes d’humour et de second degré sont toujours présentes à leurs concerts sont d’autant plus marquantes sans la fureur de leur musique. Un wall of death sera même demandé (sans grande réussite) entre les mélanchonistes et les abolitionnistes, avec les macronistes au centre. Tolstoï fait monter la température au fil du set, retrouvant leur vieux démons du punk. Plus le set avance, plus les musiciens sont effrénés et s’acharnent sur leur guitare. Difficile de rester calme derrière sont instrument avec des morceaux comme « French Connection » ou « Bloosport ». Même en acoustique, ces morceaux ont une puissance impossible à éviter.

Le groupe mélange les genres et les thématiques, et nous offre des ambiances fortes. On passe d’un titre drôle à un autre engagé, en passant par des morceaux décalés et plus ambiants. Une belle découverte et un exercice réussi dans un style pas facile à maitriser. Avec un excellent EP Broken, Tolstoï a encore de beaux jours devant lui.

Voilà le tour de Klone, qui se prépare sans pression à jouer devant une Machine blindée.
Avec une formation réduite du groupe, Yann Ligner, Guillaume Bernard et Aldrick Guadagnino  sont accompagnés ce soir par la belle et talentueuse accordéoniste Armelle Dousset. Et durant trois quarts d’heure les poitevin(e)s vont nous faire voyager dans leurs superbes relectures acoustiques.

Dès les premiers moments, Klone réussit a embarquer la grande majorité du bateau. Guillaume se lâche seulement sur la fin heavy de « Grim Dance » en harranguant une Machine qui finit par suivre les percussions d’Armelle. Gros succès pour cet extrait de Here Comes The Sun qui lance définitivement le show. La setlist reprend comme sur l’album une majorité des titres revus de Here Come the Sun, mais on ne boude pas notre plaisir. On se rend compte assez rapidement que la performance s’apprécie aussi bien les yeux clôs mais les esgourdes grandes ouvertes. Celle-ci est d’une simplicité et d’une beauté à pleurer. Parfaitement en place, les quatre n’en mettent pas une à côté et les parties d’accordéon d’Armelle trouve leur place naturellement dans le mix.

Mais celui qui met à genoux est encore et toujours Yann. Sa voix ne souffre d’aucun défaut et sublime chaque note. « Nebulous » est dédiée à Chris Edrich, lui qui s’est occupé d’une grosse partie de la production d’Unplugged et est une « star » du metal nancéien (fondateur de X-Vision, ingénieur son pour Mnemic, Myrath, The Ocean, Shining, Intronaut).

La demande est unanime pour un rappel et c’est le tube de The Dreamer’s Hideaway, le spatial « Rocket Smoke », qui conclut la soirée de la plus belle des manières. Les quatremusiciens quittent les planches après une poignée de main contrairement aux traditionnels accolades.

Setlist  :

Immersion
Fog
Grim Dance
People Are People (Depeche Mode Cover)
Silent Field Of Slaves
Gone Up In Flames
Come Undone
Summertime (George Gershwin Cover)
Nebulous
Rappel:
Rocket Smoke

Un moment pur, plein de grâce, rare dont on aimerait profiter une nouvelle fois. La meilleure date depuis le début de cette aventure sans distorsion, selon les dires du groupe lui-même. Vous l’aurez compris nous vous conseillons lourdement de vous rendre à la prochaine date de Klone près de chez vous.

Cette halte nancéienne aura rencontré un succès mérité, tant pour les formations que pour la Machine à Vapeur et Metal Ride

Merci a Metal Ride pour l’accréditation

Crédits photo: Des Photos au Poil



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements