10 Grosses questions à  Greg de Bare Teeth

Le combo lillois de punk rock, ou bien de thrash pop (comme ils le disent eux-même), Bare Teeth, s'apprête à sortir son nouvel EP le 19 mai 2017. A l'occasion de la sortie de ce disque intitulé First the Town, Then the World, Greg (guitare et chant) a accepté de répondre aux questions de La Grosse Radio.

 

Salut Greg ! Comment convaincre quelqu’un d’écouter ta musique de la manière la plus rapide possible, à l’image des 140 signes de Twitter ?

Greg : On fait du thrash/pop : du gros son rapide, nerveux, mais néanmoins mélodique. Faut pas croire, il y a un peu de finesse et de tendresse là-dessous. Sinon, punk/rock ou skatepunk, ça nous va aussi. Les étiquettes, c'est un peu naze et trop de monde finit par faire plus attention à ça qu'à la musique. Ouais, je sais ... j'ai dépassé les 140 caractères.

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Comment fonctionne le groupe lors des sessions de compositions, qui donne les idées principales, qui fait office de médiateur ?

Greg : Avec l'arrivée de Tom à la basse en septembre 2016, on se retrouve être trois à composer. Généralement, l'un d'entre nous arrive avec des morceaux assez aboutis, et on discute des arrangements ou d'éventuels changements de structure. On n'a pas vraiment besoin de médiateur car on s'entend suffisamment bien pour ne pas avoir besoin de quelqu'un qui impose sa direction artistique aux autres.

L’album complet doit-être une grande fierté pour toi, mais dans quel morceau t'identifies-tu le plus et pourquoi ?

Greg : Ah, question piège ! Au niveau des textes, le titre éponyme "First the town, then the world" est assez significatif de notre état d'esprit : on sait d'où on vient, on sait qu'on démarre petit, on sait qui on est mais on a envie de conquérir le monde, de jouer partout et de diffuser notre musique un maximum. Dans un registre un peu plus joyeux, "Tomorrow starts today" parle aussi de ça. La clé du truc, c'est de se sortir les doigts et ne pas attendre qu'on vienne nous prendre par la main. On a donc acheté un camion, booké nos premières tournées et déjà fait quelques concerts dans différents pays... et on cherche à en faire toujours plus !

Y a-t-il un vers ou une phrase dans les paroles d’une chanson qui te tiennent particulièrement à coeur ? Si oui, pourquoi ?

Greg : C'est p'tet parce que je suis le plus vieux du groupe et que je viens d'être papa, que grandir me fait peur, mais le deuxième couplet de "Parted ways" me parle particulièrement : "Entering my thirties, my good ol' wooden toys still lay in my room while yours are forever struck in the attic. Many excuses for a single problem, we're growing old, but growing different".
Au final, je me dis que je ne m'en sors pas trop mal : malgré un passage évident à l'âge adulte, je ne me suis pas senti obligé de renier mes passions adolescentes. J'ai un groupe, je fais des concerts, je sors des disques, je fais encore régulièrement des conneries même si ça fait des années que je ne suis pas monté sur une planche de skate. Entre ça et les mondanités de l'âge adulte, j'ai clairement choisi.

Quelles sont vos principales influences lorsque vous composez vos morceaux ?

Greg : On est tous de grands fans de A Wilhelm Scream et on a eu l'immense honneur de bosser avec Trevor Reilly, leur guitariste, qui a mixé notre disque. C'est un mec super accessible et extrêmement sympathique, que j'avais déjà pu rencontrer à de nombreuses reprises, donc ça s'est fait assez naturellement. Pour le reste, on a pas mal d'influences dans le punk/rock, notamment des groupes comme Propagandhi ou NOFX, mais on écoute aussi pas mal de trucs plus pop. A côté de ça, on cultive aussi un certain goût pour le thrash à la Municipal Waste, Iron Regan ou Suicidal Tendencies et du metal assez groovy à la Pantera.

Est-ce que d’autres sujets hors musique vous inspirent dans vos chansons ?

Greg : Bien sûr ! "Behind the wall" parle de la vie de tournée, mais surtout du fait d'être reconnaissant et humble quand des gens te font jouer à des centaines de bornes de chez toi et se plient en quatre pour que tu puisses assouvir ta passion dans de bonnes conditions. C'est d'autant plus vrai quand ça arrive dans un pays étranger où le niveau de vie n'est clairement pas le même que chez nous. "Parted ways" parle d'amitié, ou plutôt d'amitié qui fout le camp à partir du moment où certains renient leurs passions en accordant trop d'importance à leurs vies d'adultes. C'est une chanson qui me tient assez à coeur, car elle parle de mon vécu et d'un pote en particulier que j'ai vu changer. On aborde aussi le sujet des armes à feu, et surtout notre hostilité face à ça, dans "These towns need guns". Le titre est ironique, tu l'auras deviné, et la situation aux Etats Unis est assez symptomatique. Finalement, les pays ayant le taux de crimes violents les plus bas sont ceux où les armes sont les plus difficiles à obtenir. CQFD ! "Always rain" et "Down" sont nettement plus sombres. Elles abordent le sujet de la dépression et du suicide, qui ne sont pas des sujets évidents à aborder sans être caricatural. J'espère que ça n'est pas le cas pour ces titres ! 

Si vous deviez écrire et composer un concept album aujourd’hui, quel thème choisiriez-vous ?
Quelles influences ?

Greg : Je pense que le contexte politique actuel va fortement influencer notre prochain album. On rentre de nouveau dans un âge d'obscurantisme politique et religieux, donc il va falloir se relever les manches pour combattre ça, et surtout éduquer des cohortes d'imbéciles prêts à gober n'importe quoi ! Les influences seraient peut-être un peu plus brutales, lorgnant plus sur le hardcore, mais aussi plus "ambiantes" ou post-rock. D'ailleurs, c'est pas pour faire du teasing, mais on a déjà quelques compos prêtes dans ce sens ! 

Te rappelles-tu quel artiste t'as fait entrer dans le monde du metal / de la musique? ta première idole en somme.

Greg : Avant de m'intéresser au punk/rock, j'étais un grand fan d'Aerosmith et je le suis toujours. Pas mal de mes potes étaient plus dans Guns 'n Roses ou Iron Maiden pour leur côté plus dur, mais j'aimais bien le côté groovy de la bande à Tyler et Perry. Comme beaucoup de gosses ayant grandi dans les années 90, je me suis pris Dookie de Green Day et Smash de The Offspring dans les dents. Ca a été la révélation, mais c'est surtout Bad Religion et les textes de Greg Graffin qui ont eu de l'écho, même si le mec utilise des termes tellement alambiqués que je ne pigeais pas tout à l'époque !

Avec quels groupes / artistes rêverais-tu de tourner ou bien composer un album en commun ?

Greg : Quitte à tourner avec des groupes, autant tourner avec ceux dont on aime la musique : A Wilhelm Scream, Propagandhi, No Trigger, Teenage Bottlerocket. Je te citerais bien de plus gros groupes, comme NOFX ou Bad Religion, mais j'ai peur d'être assez déçu et de ne pas réussir à tisser de réels liens avec eux. J'ai d'ailleurs eu une expérience assez déplaisante avecc Fat Mike de NOFX. Sans même parler d'artistes connus, on serait même assez partant de faire un truc avec des artistes de hip-hop et venir mettre des grosses rythmiques dans tout ça.

Quel est le premier album que tu as acheté avec ton propre argent ? Le dernier ?

Greg : Je crois que le premier CD que j'ai acheté, c'était la bande originale du film Last Action Hero. Elle était complètement dingue : AC/DC, Alice In Chains, Cypress Hill, Fishbone, Anthrax, Megadeth, Def Leppard, ...
Le premier album à proprement parler, ça devait être 1039/Smoothed out slappy hours ou Kerplunk de Green Day. J'avais taxé Dookie à un pote et j'avais pas trop l'intention de le rendre, alors autant acheter un autre album pour débuter ma collection. Mon dernier achat, c'est l'album de PMX, un putain de groupe de punk/rock écossais avec qui on a joué à Anvers. Putain, ces mecs sont ultra bons, en plus d'être super sympas !

Merci à Greg d'avoir répondu à nos questions !



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