Groezrock 2017 : jour 2


La nuit de samedi à dimanche aura été un peu plus clémente sur le plan météorologique et c’est tant mieux tant c’est une journée chargée qui nous attend. En effet, cette deuxième journée de festival nous offre la prestation tant attendue de Parkway Drive pour clore cette vingt-cinquième édition du Groezrock ! Il fait un grand soleil sur Meerhout quand nous nous éveillons, prêts à nous rendre sur le festival. Retour en mots et en images sur la journée du dimanche.

Comme hier, notre journée commence sous la Back To Basics Stage avec cette fois-ci un combo en provenance de l’autre côté de la Manche : Arcane Roots. Trio en provenance de la banlieue de Londres, Arcane Roots évolue dans une sphère un peu éloignée (encore une fois) du reste de l’affiche avec son rock qui nous rappelle parfois Biffy Clyro dans l’attitude ainsi que l’écriture. Formé autour de Andrew Groves (guitare/chant) et Adam Burton (basse) présent depuis le début, Arcane Roots nous offre une prestation en toute simplicité – conscient de leur décalage avec les autres groupes – mais pleine de sincérité et tout simplement de bonne musique. Impossible pour le trio de cacher son appartenance à la scène anglaise tant c’est flagrant, comme on sait reconnaître un groupe punk américain et un groupe metalcore en provenance d’Australie dès les premières secondes. Concernant sa setlist, Arcane Roots nous fait découvrir un large éventail de sa carrière tout en terminant son set sur son titre le plus connu : “If Nothing Breaks, Nothing Move”.


On reste sur la même scène pour accueillir un nouveau groupe local, Brutus. Ce trio a la particularité d’avoir le même musicien au chant et à la batterie ainsi qu’une disposition scénique inédite. En effet, Stefanie (chant/batterie) est à droite de la scène avec son kit de batterie dirigé vers ses compères et non pas vers le public comme dans 99.98% des cas. En provenance de Louvain, dans la partie néerlandophone du pays, Brutus vient de sortir son tout premier album en début d’année 2017. Intitulé Burst, cet opus est un véritable vent de fraîcheur et de nouveauté tant il est difficile de le rapprocher d’autres sorties et d’autres groupes. C’est donc avec impatience et excitation que nous assistons au set du trio devant son public, un set énergique et une vraie révélation pour nous. Que ce soit single “All Along” ou les autres titres de l’album, le résultat est le même, on se prend au jeu. Stefanie est impressionnante de dextérité à cumuler chant et batterie d’autant plus que l’instrument est au coeur des compositions ! 


Pour les deux concerts suivants, on change un peu de registre puisque Call It Off, comme Counterfeit, évolue dans un registre plus rock. Originaire des Pays-Bas, Call It Off se classe dans la frange pop punk, un style popularisé aux USA et au Royaume-Uni notamment. Présent sur la Watch Out Stage, le quartet va nous proposer un set carré et sérieux avec ce qu’il faut de fun pour faire chavirer le public. Le quartet va nous proposer en majorité des titres de son dernier opus en date, Abandoned, tout en balayant aussi son premier album de 2015, Lovers & Liars. Call It Off se situe dans la frange dansante et fun du pop punk, et l’on pourra rapprocher leur musique à celle d’un All Time Low des débuts ou d’un State Champs/Neck Deep de maintenant dans l’approche scénique notamment.


Après le pop punk de Call It Off, c’est vers le rock anglais de Counterfeit que l’on se dirige. Pour ceux qui ne sont pas au courant, le groupe a été crée et est mené par Jamie Campbell Bower que vous avez peut-être déjà vu au cinéma. En effet le frontman est aussi un acteur qui a joué dans Sweeney Todd (Anthony), Harry Potter (Grindewald jeune), Twilight (Caïus Volturi) et plus récemment dans The Mortal Instruments ! Être acteur est un atout pour ce dernier tant il incarne un personnage sur scène, un personnage qui vit sa musique comme peu d’artistes arpentant la scène de gauche à droite, descendant dans la fosse avec sa guitare et son micro pour jouer avec le public. On verra même le frontman demander  un wall of death et se mettre au milieu de celui-ci pour attendre le public, un grand moment de ce festival. Vous l’aurez compris, Jamie Campbell Bower fait le show mais n’oublions pas de mentionner que le groupe tient plus que la route musicalement avec des tubes imparables et un futur qui s’annonce brillant.


On continue notre journée dans un style bien différent avec les New-Yorkais de Incendiary qui viennent nous présenter des titres de leur nouvel album à paraître quelques jours plus tard : Thousand Mile Stare. Avec Incendiary, le décor est vite planté dès les premières secondes. Le quartet nous délivre un hardcore dans la plus pure tradition de la scène new-yorkaise mais avec ce qu’il faut de personnalité pour ne pas être un ersatz de dix milles autres groupes. Le set commence avec plusieurs titres de Cost Of Living notamment “Zeitgeist” ou la tuerie “The Power Process” avec des paroles révélatrices. C’est la folie dans la fosse, la poussière s’élève devant la Watch Out Stage et l’air devient assez vite irrespirable mais qu’importe tant le groupe nous met une immense claque dans les chicots. Brendan (chant) est impressionnant de maîtrise et il mène le public comme peu de frontmen sans pour autant en faire trop. Il parle beaucoup entre les titres mais cela ne nuit pas au set et c’est même important pour le style. Il remerciera d’ailleurs le public du Groezrock de se démener autant, regrettant que l’ambiance dans les salles américaines deviennent de plus en plus aseptisée au fur et à mesure des années.


Juste avant le clou du spectacle et le groupe que tout le Groezrock attend, on se presse devant la Watch Out Stage pour assister à la prestation d’un groupe qui n’en finit plus de monter ces derniers mois : Blood Youth. Avec la sortie de leur premier album, Beyond Repair, le trio anglais est en train de prendre une autre dimension et ce n’est pas la prestation à laquelle nous allons assister qui nous fera dire le contraire. On avait déjà adoré Blood Youth en première partie de While She Sleeps à l’automne dernier grâce à deux EP remplis de tubes et ce soir c’est avec un mix des titres des EPs et de l’album que nous allons voyager dans la discographie des Anglais. De “Dead Space” à “Savanna” en passant par “Reason To Stay” et “Closure”, le public qui ne connait pas ou peu le trio comprend très vite pourquoi la hype grandit de jour en jour. On tient devant nous un futur très grand du style grâce à des refrains imparables, des riffs incisifs et des breakdowns qui donnent envie de casser de la mâchoire par dix.


Parkway Drive. Ce seul nom donne le sourire à n’importe quel fan de metalcore au monde tant en quelques années le groupe est devenu un mastodonte de la scène et maintenant titille même la porte des gros slots dans des festivals metal (cf. le Brutal Assault en 2016 par exemple) ou plus généraliste (cf. Eurockéennes en 2015 ou le Sziget en 2016). Le Groezrock est la dernière date de la tournée printanière des Australiens intitulé Unbreakable Tour qui aura eu un passage français au Bataclan et c’est donc dans un esprit de fête que Winston McCall et ses compères débarquent sur la Mainstage du festival. Pas de surprise sur la setlist qui est la même qu’à Paris mais on peut cependant profiter de l’entièreté de la production scénographique avec donc pyrotechnies, lumières, plateformes montantes pour les musiciens et bien sûr la batterie qui tournera en l’air de Ben Gordon.


Il n’y a pas à dire, Parkway Drive a pris du gallon et c’est encore plus appréciable d’assister à un véritable show en plus de la musique, sans que cela n’enlève la moindre chose à la prestation du groupe, toujours aussi carré au demeurant. Que ce soit les titres de IRE comme ceux plus anciens – notamment un “Boneyards” qui aura transformé la tente en un véritable défouloir – la fête est la même et le plaisir de revoir à nouveau le quintet est présent. Petite surprise du soir, la maman de Winston McCall est présente pour la première fois à un concert du groupe en dehors de l’Australie et voir quinze mille personnes entonnés un “Ma-man, ma-man, ma-man” fait chaud au coeur. Le solo de batterie de Ben Gordon est encore plus impressionnant dans la configuration festival sur une scène immense et le public n’en finira pas d’applaudir la prouesse du batteur, pas mal pour un mec qui préfère surfer que de jouer de la batterie dès qu’il rentre à la maison !


C’est sur “Crushed” et “Bottom Feeder” que Parkway Drive termine son set et clot par la même occasion cette vingt-cinquième édition du Groezrock. Une seule hâte pour nous, être en avril 2018 et pouvoir refouler le sol de la Belgique et de son festival.



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