Toter Fisch – Yemaya

Nous avions découvert Toter Fisch lors du Cernunnos Pagan Fest en février dernier. Les jeunes pirates de Tours nous avaient agréablement surpris en ouvrant les hostilités avec une énergie débordante et un pirate metal sombre et agressif loin des chansons à boire et des accordéons festifs qui sont trop souvent légion dans le style musical.

Le crew de Tours Tuga a continué à naviguer dans les eaux troubles du metal et nous a offert une part de son butin en sortant son premier album, Yemaya, au mois de mars. Pour un premier album, on peut dire que le travail sur le packaging est plutôt réussi. Les artworks de Clément Nobileau et Liith sont très réussis. L’illustration de Mami Wata dans le bayou sur la pochette de l’album représente bien l’univers sombre de l’album, et les photos de Lucie Arnaud mettent en valeur chaque membre de l’équipage. Nous disons chaque membre de l’équipage et non musicien car les membres de Toter Fisch campent chacun un personnage, un pirate avec sa propre histoire, que vous pourrez lire avec intérêt à l’intérieur du livret de l’album.
 


Tout au long de l’album, vous pourrez écouter l’histoire de l’équipage du Toter Fisch.  Ce qui est sûr, c’est que les membres du groupe ont fait un vrai travail de recherche sur la piraterie et les légendes créoles, allant même jusqu’à écrire quelques paroles en créole sur ‘’Mami Wata’’. Chaque chanson, écrite dans un anglais élaboré vous contera leurs aventures à la recherche de l’immortalité qui les mèneront jusque dans les marécages de la Nouvelle Orléans.

 


Le bruit des vagues venant lécher le sable du ‘’Prologue’’ ont presque un effet relaxant mais ce n’est que le calme avant la tempête de ‘’Rise the Black Flag’’. Ce premier morceau à la gloire de la piraterie vous fera tout de suite entrer dans le monde impitoyable que nous propose Toter Fisch. Ensuite, ‘’Back to Nassau’’ nous dépeint un capitaine et son équipage épuisés après une bataille en mer venant se ressourcer en faisant le plein de rhum et de femmes sur la petite île des Caraïbes. Cette chanson n’a rien d’une chanson à boire. Le côté sombre prend le pas sur le côté festif avec des riffs de guitare agressifs soutenus par un accordéon et un clavier qui apportent un côté lugubre digne du théâtre du désespoir. Les paroles du Capitaine qui recherche l’ivresse et le sang jusque dans ses rapports avec les filles de joie posent un décor encore plus noir. Les membres de l’équipage du Toter Fisch n’ont rien de petits rigolos.

La chanson ‘’Waiting for the End’’ nous entraîne dans l’univers encore plus sombre des geôles du XVIIIème siècle où un pirate attend sa dernière heure en criant sa haine des peuples de moutons aveuglés par des croyances futiles et sa fierté de mourir en homme libre. Le septième morceau ‘’The Legend’’ nous introduit la légende de Yemaya, la déesse des mers. Le Capitaine en colère ne veut plus de perte dans son équipage et entend la légende d’une déesse de la Nouvelle Orléans qui pourrait les rendre immortels et entraîne ses marins dans cette folle quête. La chanson suivante intitulée ‘’Mami Wata’’ nous amène dans la tanière de la déesse. Les paroles font se dessiner devant nos yeux le décor d’une cabane de sorcière vaudou. Sur ce morceau, on peut entendre la voix de Jen Nyx de Volker qui incarne à merveille cette divinité occulte avec un ricanement à vous glacer le sang. La dixième chanson ‘’Undead Crew’’ nous raconte la malédiction de l’équipage du Toter Fisch, condamné à errer sur les flots en morts-vivants faisant ripaille de la chair des marins ayant la malchance de croiser leur chemin. L’album s’achève avec un long morceau aux envolées lyriques qui relatent les turpitudes du Capitaine qui se sent vide après ces étranges aventures qui les ont menés lui et son équipage à une existence maudite et infinie entre la vie et la mort.
 


Toter Fisch nous offre un très beau premier album qui nous raconte le début de leur histoire qui, nous l’espérons sera longue.

Le jeune crew de Tours a participé au tremplin du Motocultor Festival et a été sélectionné pour pouvoir jouer sur la scène du festival. Si vous n’aviez pas eu l’occasion de les voir au Cernunnos Pagan Fest, c’est l’occasion d’aller les voir mettre le feu aux planches.

 

Chronique : Eloïse Morisse
Photos : © 2017 Thomas Orlanth  – galeries complètes sur le site internet: www.thomasorlanth.com / facebook

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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