Luca Turilli, guitariste de Luca Turilli’s Rhapsody

« Je n’ai pas quitté Rhapsody of Fire »
 

A l’occasion de la sortie de son prochain album, Ascending to Infinity, le 25 juin prochain, Luca Turilli a accepter de dévoiler sa génèse à la rédaction. Il est également revenu sur le split avec Rhapsody of Fire,  annoncé en août 2011, afin d’éclaircir les zones d’ombres qui subsistaient. Franc et souriant, le guitariste montre qu’il peut maintenant faire de la musique librement, sans contrainte extérieure.

 

Bonsoir Luca Turilli, parlons de ton prochain album, Ascending to Infinity. Quel est le sens de ce titre ?

Ascending To Infinity résume le message que je veux faire passer avec Rhapsody depuis 20 ans. Il représente l’évolution spirituelle, qui commence au moment où tu te trouves sur cette planète et que tu te dis « pourquoi suis-je ici ? ». Ensuite, plusieurs étapes s’enchainent, au cours desquelles tu cherches des réponses, tu cherches à savoir pourquoi tu vis cette aventure. Ascending To Infinity correspond au but, à l’étape finale de cette quête. Cela avait déjà commencé avec la chanson « The Emerald Sword » (sur l’album Symphony Of Enchanted Lands de Rhapsody, 1998), qui traitait aussi de cette évolution spirituelle. Certains de nos détracteurs prenaient les paroles comme un conte de fée, quelque chose de puéril, et n’ont pas saisi la symbolique qui se cache derrière. Quand j’ai rencontré Alex (Staropoli, clavier de Rhapsody Of Fire) en 1990, nous avions 18 ans, et nous avions déjà ce concept en tête, et le refrain (« For The King, For the Lands, For The Mountains »…) représentait cette quête spirituelle. Maintenant que la saga est finie, je souhaite toujours exprimer le même message, mais en étant plus direct.

Quelles sont les nouvelles images que tu utilises dans ce disque ?

La symbolique avait déjà évolué avec les deux derniers albums de Rhapsody Of Fire. Malgré cela, je cherche toujours à donner plusieurs lectures à mes paroles. C’était parce qu’il y avait une saga à suivre. La difficulté était de faire à la fois une histoire et d’y inclure un message plus profond. Comme je n’ai plus cette contrainte, je suis plus libre, je peux me permettre d’être plus direct. Je peux aborder d’autres thèmes, comme l’astronomie, la relation entre le passé et le présent, des théories scientifiques, la science-fiction, je ne suis plus obligé de m’enfermer dans une seule histoire. Malgré tout, quatre chansons dans cet album sont connectées : « Quantum X », « Ascending To Infinity », « Dark Fate Of Atlantis » et « Of Michael The Archangel And Lucifer’s Fall… ». Plusieurs thèmes s’y retrouvent, mais je tiens à garder un peu de mystère autour, cela fait partie du jeu, il faut laisser à chacun sa propre interprétation.

Luca Turilli

Parlons maintenant d’Alessandro Conti, le nouveau chanteur. Comment ce choix s’est-il opéré ?

Quand on a décidé de splitter avec Rhapsody Of Fire, je n’avais pas vraiment décidé ce que je ferai après. Plusieurs scénarios étaient possibles : j’aurais pu simplement écrire des musiques de films, ou faire une sorte d’opéra metal comme Avantasia, avec plein de chanteurs connus. Alors que je cherchais un chanteur pour ce projet, Fabio Lione (chanteur de Rhapsody of Fire), m’a parlé d’Alessandro, qu’il aimait bien et qui avait un style que j’aime bien, proche de Helloween période Keepers Of The Seven Keys I et II. Si ces albums sont essentiels pour moi, j’aime bien quand un chanteur peut chanter dans plusieurs styles. Je le faisais déjà avec Fabio, qui peut chanter des titres très différents comme « Reign of Terror » et « Lamento Eroico ». C’est dans cette optique que j’ai testé Alessandro Conti, je lui ai envoyé plein de chansons différentes et lui ai demandé de chanter par-dessus. Il y avait plusieurs styles, du metal avec une reprise d’Helloween par exemple, « March Of Time », qu’on a reprise ensemble et qui sera sur l’édition spéciale de l’album, et même de la pop comme Céline Dion. Grace à ça, j’ai vu qu’il savait chanter aigu, mais aussi qu’il avait une belle voix en ténor. Au même moment est arrivé le split, et j’ai vite décidé de le prendre comme chanteur de Luca Turilli’s Rhapsody.

Vu que tout s’est décidé en même temps, tout a du aller très vite avec l’album…

Oui, on n’avait que très peu de temps. On a du s’adapter au planning très serré de Nuclear Blast. J’ai du passer 5 mois pour composer l’album, quatre mois pour l’enregistrement et la production, au cours de laquelle on a du sacrifier quelques nuits de sommeil, pour donner l’album en temps et en heure. C’est pour ça qu’une chanson, « Fantasia Gotica », n’a pas pu se retrouver sur l’album, et a été remplacée au dernier moment par la reprise de « Luna », qui devait être un bonus track à la base. Elle sera mise en ligne gratuitement au moment où nous ferons l’annonce de la tournée.

Pourquoi avez-vous choisi de reprendre la chanson « Luna » ?

J’ai découvert cette chanson à l’époque où je vivais en France, avec la version d’Alessandro Safina. C’est assez étrange d’ailleurs, cette chanson a beaucoup marché en France, et pas tant que ça en Italie. On l’a réarrangée de manière à ce qu’elle sonne plus metal, en mettant une vraie batterie à la place de la boîte à rythmes, en ajoutant de la guitare et des arrangements orchestraux.

Qui assure le chant féminin dans l’album ?

Il s’agit de Bridget Fogle, qui a déjà chanté dans les albums de Rhapsody et mes albums solos.

Luca Turilli 2

Vu que tu n’étais plus avec Alex Staropoli pour écrire les chansons, as-tu changé ta manière de travailler ?

Je n’ai pas vraiment changé ma manière de travailler. Il y avait plus de guitare sur les deux derniers albums, donc je faisais le plus gros du travail. Ce qui est assez paradoxal, parce que je préfère composer les parties de clavier. Vu que sur Ascending To Infinity, je m’occupe aussi des claviers, cela me permet de contrôler vraiment 100 % des chansons. C’est une grande opportunité pour moi en tant qu’artiste de pouvoir tout choisir sans avoir à faire de compromis avec une autre personne. De ce fait, cela rendait la composition plus facile et plus rapide. Après, on était rarement en désaccord avec Alex, car on avait une saga à suivre, et on s’occupait de cela en priorité. Vu qu’on allait dans la même direction, nos attentes étaient similaires. C’est pour cela que le split a été facile également, car la saga était finie. S’il était arrivé avant, cela aurait été catastrophique artistiquement. Maintenant, c’est un nouveau départ pour nos deux groupes.

Tu as dit qu’ « Ascending To Infinity » serait le 11ème album de Rhapsody. N’est-ce pas un peu difficile à comprendre pour les fans, sachant qu’il y a l’autre groupe d’Alex Staropoli ?

En fait, si j’ai dit que cet album était le 11ème, c’est pour que les gens comprennent que ce n’est pas moi qui quitté le groupe. Cela a été mal interprété, car mon groupe n’a pas le nom Rhapsody Of Fire. Alex Staropoli a gardé le nom car il voulait continuer avec Fabio Lione, et comme sa voix est associée avec Rhapsody of Fire, c’était à moi de prendre un autre nom pour éviter les problèmes de droits. Comme notre séparation s’est faite en bons termes, il était important pour nous qu’on commence avec les mêmes possibilités, et donc de ne pas se battre pour un nom de groupe. Personne n’est réellement parti du groupe, mais on voulait aller aller dans la direction qu’on voulait. L’ambiance n’allait plus très bien entre nous, il y avait beaucoup de tensions, et ce n’était plus un plaisir de travailler ensemble depuis un moment déjà, la dernière tournée n’a pas été facile pour nous. En plus de cela, les problèmes judiciaires qu’on a eu ces dernières années n’ont pas aidé, cela nous a couté beaucoup d’argent, Alex et moi avons du mettre de l’argent personnel pour sauver le nom du groupe, le logo.

Qu’en est-il de la tournée ?

On tournera en octobre et en novembre en Europe, et ensuite on partira dans le reste du Monde en janvier et février. Il y aura surement quelques chansons de mes précédents albums solos, des anciennes chansons célèbres de Rhapsody, et évidemment beaucoup de nouvelles chansons. On est encore en train de travailler la setlist, tout n’est pas encore décidé.

Y aura-t-il une tournée commune avec Luca Turilli’s Rhapsody et Rhapsody Of Fire ?

Non, car on ne veut pas recréer les tensions qu’il y avait lors de la précédente tournée. Ce sont de bons amis pour manger une pizza ensemble, mais pas pour une tournée. Je pense qu’Alex répondrait la même chose (rires). De plus, ce serait comme si on revenait en arrière, alors qu’on veut avancer chacun dans notre direction.

Luca Turilli's Rhapsody logo

Quelques mots pour les fans français ?

Luca Turilli’s Rhapsody est un groupe en partie français, pas seulement parce qu’il y a Dominique Leurquin à la guitare rythmique et Patrice Guers à la basse, on a fait nos répétitions à Nancy, les parties de Dominique ont été enregistrées en France, aux studios Hiroshima (Nancy), et nous avons beaucoup d’amis ici. Je me souviens aussi de notre concert à Paris en 2011, cela faisait 10 ans qu’on n’était pas venus, et on ne savait pas à quoi s’attendre, et l’Elysée Montmartre était remplie. Les concerts de Paris et de Lyon étaient les meilleurs de la tournée, grâce au public français. Comme notre musique est en grande partie basée sur l’émotion, avoir un fort retour de la part des fans est très important.

Merci à EloEllie pour les photos
 



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