Orden Ogan – Gunmen

Jolie découverte faite avec de nombreuses dates en France en première partie de Powerwolf ou d'Hammerfall, Orden Ogan se place en second couteau agréable. En concert comme sur album, une floppée de riffs et d'ambiances dignes des meilleurs hymnes heavy sortent vraiment du lot (le célèbre ''Things We Believe In'' pour ne citer que lui), même si la moyenne de titres parfaits sur le dernier album, Ravenhead, tendait à décroître. Changement d'ambiance avec une arrivée dans le Far-West, et un nouvel album présenté en grande pompes en Allemagne avec des dates exclusives. Et pour le contenu ? Vous voulez être surpris ? Raté, mais c'est toujours bien fait, heureusement.

Lors d'une de nos interviews (voir ici), le compositeur et leader Sebastian Levermann dit avoir en tête le retour du public : une envie de refrains catchys et de gros riff en résumé. En regardant l'ensemble de la discographie d'Orden Ogan, on ne peut qu'ajouter (et c'est le même constat en live) : ça marche, indéniablement. Ce constat posé, il faut pourtant voir le fond, et de ce côté, on bloque toujours un peu.

Encore et encore des refrains noyés de chœurs ultra chargés (pour CHAQUE titre), des rythmiques ternaires quasi-permanentes, ou encore une double pédale en roue libre. Les codes traditionnels du heavy mélodique classique sont respectés à la lettre et il est difficile d'adhérer si les idées des précédents albums ont déjà déplu. En détail, les passages faciles de ''Fields of Sorrow'' et son refrain bien trop simple étonnent, l'opener très artificiel et sans vie par rapport à ce qui a pu être proposé auparavant avec des rythmiques identiques d'un album à l'autre (''Forlorn And Forsaken'' intro et couplet par exemple)... On voyait l'énième et ennuyeuse redite arriver à des kilomètres.

Mais passé ce constat, il faut avouer qu'il y a toujours du bon à sauver chez Orden Ogan. Et ces bons points arrivent au bout de quelques écoutes, et surtout en allant plus loin dans l'album, car avec des rythmes plus lents et des mélodies plus efficaces, la seconde moitié de l'album se démarque réellement. ''Vampire In Ghost Town'' pour le thème très réussi, ''Down Here (Wanted Dead or Alive)'' pour la profondeur du refrain et là aussi, une ambiance très poussée, ou l'excellent ''The Face Of Silence'', hymne puissant, profond, et varié par excellence et ''Ashen Rain'' pour sa rythmique ralentie et groovy. C'est efficace, agréable et original... Il était temps !

Pas de pure ballade cette fois-ci, mais ''Come With Me To The Other Side'' est là pour calmer un peu le jeu. L'idée d'une power ballade au refrain teinté d'émotion mais posé sur une double pédale folle est originale et fonctionne vraiment bien ! Avec une invitée de choix puisque c'est Liv Kristine qui apporte une touche féminine bienvenue pour un morceau varié et efficace. Dans l'ensemble, les compositions sont globalement plus développées et plus longues (la moitié des morceaux dépassent les six minutes), avec une petite heure d'écoute au final.

On est passé tout près de la catastrophe. Les premières écoutes mitigées laissent place à une impression de profondeur bien plus marquée que les albums précédents. Des mélodies plus travaillées, des morceaux plus développés, mais toujours noyés de chœurs patauds ou de rythmiques  déjà entendues... Il y a du mieux sans encore toucher le summum, mais la ''patte'' Orden Ogan se retrouve sans soucis. A apprécier tout de même lors de la première date en tête d'affiche à Paris cet hiver, l'épreuve du live devrait être franchie sans aucun doute.

 

close

Ne perdez pas un instant

Soyez le premier à être au courant des actus de La Grosse Radio

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements