Primus au Hellfest 2017

Samedi – 21h50 – Valley

Dans le registre « c’est pas du metal mais on kiffe quand même », Primus est probablement l’un des noms les plus attendus de ce Hellfest 2017. Une fois n’est pas coutume, c’est sur la Valley que Les Claypool et ses deux acolytes se produisent en cette chaude soirée. Il fallait arriver en avance pour profiter du show à venir dans les meilleurs conditions, car la tente est au bord de l’implosion quand le trio débarque sur scène. Mais en même temps, qui aurait voulu louper une prestation pareille ?

Primus… Pour les amateurs de basse, ce nom c’est un peu la quintessence de ce que cet instrument offre en termes de possibilités musicales. Outre les amateurs de quatre cordes, ce sont aussi des amateurs de musique, d’univers psychédéliques et de shows qui sortent de l’ordinaire qui se sont massés sous la Valley. Car en ce début de soirée il n’est plus question de profiter de la tente pour s’abriter du cagnard qui est en train de se coucher. Entre fan base solide et gros curieux désirant voir la légende sur scène, impossible d’espérer assister à la prestation dans des conditions descentes sans s’y être pris un minimum à l’avance.

Primus

Le concert débute avec un sample qui donne bien le ton : « Clown Dream » du compositeur Danny Elfman (éternel collaborateur de Tim Burton, pour les débarqués). Rapidement, Tim Alexander et Larry Lalonde arrivent sobrement sur scène, le premier s’installe derrière ses fûts et le second enfile sa Fender. Les fans reconnaissent d’entrée les premières notes de « Those Damned Blue-Collar Tweekers ». Puis, tels les pas d’un éléphant, résonne la basse du roi qui, tout doucement, s’avance sur la scène. On note à ce moment là que Les Claypool a pris un petit coup de vieux et que sa barbichette est désormais totalement blanche. Mais pour le reste, le bonhomme affiche toujours une certaine classe avec son look de vieux dandy au chapeau melon.

Mais cela n’enlève rien à la classe du frontman qui provoque l’euphorie générale dès qu’il entame ses premières lignes de chants, toujours aussi particulières. En arrière plan, des petits dessins animés vont s’enchaîner pendant une heure. Des petites histoires rigolotes et complètement barrées comme ce qui pourrait être une version très personnelle des trois petits cochons. Et c’est évidemment en musique que ce délire se déroule : « Wynona’s Big Brown Beaver », « Too Many Puppies » ou encore « Pudding Time » sont jouées et s’enchaînent à merveille, souvent entrecoupées de quelques remarquables improvisations dont Claypool a le secret.

Primus

Pas forcément bavards, c’est surtout instrumentalement parlant que les musiciens s’expriment : Larry Lalonde saute comme un cabri dès que l’occasion se présente, Tim Alexander bat la mesure, imperturbable derrière un kit plus modestement configuré que par le passé. Quant à Les Claypool, il finit tout de même par prendre la parole après quarante minutes de show. « Croyez moi je suis heureux d’être là et je vous aime, mais vous êtes une belle bande de bâtards poussiéreux », l’homme serait-il lui aussi fatigué par toute cette chaleur ?

Le concert touche à sa fin et c’est sans surprise que l’on se dit qu’il s’agissait là d’une des plus belles prestations de la Valley voire même du festival. On peut évidemment regretter un show d’une seule petite heure quand on connaît tout le potentiel scénique de Primus. Mais on dira que c’est un très bon concentré de ce que le combo offre de mieux auquel on a assisté ce soir.

Primus

Photographies : © Thomas Orlanth 2017
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe.



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