Luca Turilli, compositeur de Luca Turilli’s Rhapsody, en promo au Hellfest 2012

L'ascension spirituelle de Luca Turilli !

Le nouvel album de Rhapsody, le premier sous l'appelation Luca Turilli's Rhapsody, est sorti ce vendredi 22 juin en Europe chez Nuclear Blast et peut se trouver facilement dès demain dans tous les bons discaires français. Nous avions déjà causé de Ascending to Infinity lors du passage de Luca Turilli à Paris, mais comme le guitariste/compositeur italien était également présent en promo dans l'espace presse du Hellfest, nous nous sommes permis de l'interroger une nouvelle fois. Avec plus de détails, d'anecdotes, quelques révélations sur les évènements de sa carrière, bref une mine d'or pour les fans de Rhapsody. Ambiance...

Ju de Melon : Bonjour Luca, te voici donc au Hellfest...

Luca Turilli : Oui, c'est un plaisir d'être ici. Pour l'instant ce n'est que pour la promotion du nouvel album, mais espérons que l'an prochain nous serons sur scène ! Croisons les doigts.

Nous nous sommes déjà entretenus avec toi à Paris, si nous t'interviewons aujourd'hui c'est pour en savoir encore plus sur ton actualité en faisant un retour aux origines, en voyageant à travers le passé et en mentionnant même l'avenir. Tu te sens prêt pour ce périple ?

J'espère, car j'ai 40 ans et mon cerveau ne fonctionne plus aussi bien qu'avant ! (rires)

On sent que ce nouvel opus représente bien ce que t'as au fond du coeur et résume bien ta carrière. Il sort d'ailleurs presque dix ans après ton fabuleux album solo Prophet of the Last Eclipse, un opus exceptionnel où on sent que tu t'es lâché en totale liberté. Quelque part on ressent un peu la même chose sur Ascending to Infinity. Ce nouvel album est-il donc pour toi l'album de la liberté ?

Oui, c'est certain, il s'agit d'un véritable témoignage de liberté... Cela ne veut pas dire qu'avant je n'étais pas libre, mais forcément comme toute la musique et toutes les paroles de Rhapsody of Fire étaient liées à la saga, je ne pouvais proposer à Alex (Staropoli) d'utiliser certains sons ou certaines idées. Toute l'atmosphère se devait de rester liée au thème, à une tonalité "heroic fantasy", je ne pouvais donc pas non plus faire n'importe quoi. Avec ce nouvel album, j'ai enfin la possibilité d'aborder différents sujets et de parler de ce dont j'ai envie, c'est vraiment ce dont j'avais besoin après dix albums avec une seule ligne directrice principale.

Et pourtant ce n'est pas un album solo pour autant, tu as tenu à le sortir sous le nom de Rhapsody. Du coup, qu'est-ce qui fait selon toi la touche Rhapsody sur ce nouveau CD ?

Si on peut dire qu'il s'agit d'un album de Rhapsody, c'est parce que je l'ai composé de la même manière en gros que les précédents albums de Rhapsody. Pour mes albums solo, j'avais une autre approche, c'était plus comme un "complément" qui me permettait d'explorer d'autres horizons et d'être pleinement satisfait en temps que compositeur. Avec ces deux "projets" disons, j'étais comblé en tant qu'artiste. Et maintenant qu'il n'y a plus de saga avec Rhapsody, je peux combiner ce que je faisais avant en deux aspects, il y a donc des éléments qui auraient pu se trouver dans mes albums solo mais je garde cette touche Rhapsody. Le tout avec une totale liberté comme on l'évoquait juste avant, sans limite si ce n'est celle de l'imagination.

Luca Turilli's Rhapsody 2012

Le titre Ascending to Infinity prend ainsi tout son sens. As-tu eu cette idée de nom il y a longtemps ou est-ce venu pendant la composition ?

A chaque fois que je commence à travailler sur un album, j'ai toujours l'idée des titres de chansons en premier, avant même celui de l'album. Pour Rhapsody époque saga, c'était plus facile de trouver le nom de l'album car chacun était relié à un chapitre spécifique. Or ici, ayant une totale liberté, le choix de titre était plus large. J'ai d'ailleurs hésité, le premier titre était Quantum X mais en composant les autres j'ai vite su que Ascending to Infinity serait le nom parfait. D'autant plus que j'ai directement eu les idées thématiques pour les paroles et su que cette chanson serait le pivot d'un mini-concept reliant quatre morceaux de l'album. Ce titre représente la vision que j'ai en tant qu'artiste, une élévation spirituelle, cette ascension perpétuelle vers tout ce qui transcende la réalité et la vie matérielle. Dans l'art tu essayes toujours d'atteindre au moins une part de vérité, c'est une sorte d'exploration afin d'en apprendre plus sur notre propre existance. Voilà ce que représente Ascending to Infinity, et ce que représentait aussi la saga auparavant en un sens.

On en avait justement parlé à Paris, par exemple une chanson comme "Emerald Sword" ne parlait pas que de heroic fantasy...

Oui et je comprends que les gens aient eu du mal à le comprendre, il y avait une double lecture possible dans les paroles : soit au premier degré, soit avec ce côté plus profond et spirituel. Je faisais beaucoup dans la métaphore spirituelle, et même si j'essayais de l'expliquer dans différentes interviews peu de personnes le comprenait à l'époque.

Revenons donc sur le mini-concept de quatre chansons, qui concerne donc "Quantum X", "Ascending to Infinity", "Dark Fate of Atlantis" et "Of Michael the Archanger and Lucifer's Fall". On pourrait presque imaginer une sorte de court métrage non ?

Ce serait bien, mais il faut me donner un gros budget dans ce cas ! (rires)

Il y a déjà un vidéo clip de réalisé sur "Dark Fate of Atlantis" cependant, d'autres sont peut-être prévus sur ces morceaux ?

oui, nous y travaillons, du moins sur quelques surprises visuelles que je ne peux encore révéler pour l'instant mais qui seront proposées en septembre. Nous travaillons avec le même réalisateur pour les mettre en place, notamment en ce qui concerne la tournée afin de rendre les concerts encore plus spéciaux. Nos shows seront très visuels, c'est ce que nous avons toujours voulu avec Rhapsody mais nous n'avions pas toujours cette possibilité. Or cette fois nous avons le soutien du label qui est prêt à nous aider sur cette aventure, nous allons beaucoup investir afin de prouver que malgré le split, malgré les problèmes, malgré la fin d'une ère, Rhapsody est toujours en pleine forme prêt à donner toute son énergie pour les fans. Nous avons donc hâte d'être sur la tournée, notamment en France où on a toujours aimé Rhapsody et ce style de musique, ce sera une nouvelle fois un honneur de jouer trois ou quatre fois dans votre beau pays.

Avant, tu avais un rêve, celui de réaliser la bande son d'un film. As-tu abandonné cette idée depuis ?

Oui et non, disons qu'il y aurait un souci en ce qui me concerne : la liberté d'expression. Quand je compose pour Rhapsody, je suis parfaitement libre, ma maison de disque me fait confiance et me laisse faire ce que je veux. J'imagine mal abandonner ce confort pour une telle aventure qui pourrait être contraignante. Maintenant voilà, si jamais un jour j'ai cette possibilité avec quelqu'un qui me fait confiance et me laisse composer sans interférer, pourquoi pas. J'ai déjà eu ce genre d'offre par le passé, deux fois même, et à chaque fois j'ai du refuser après longue hésitation, presque au dernier moment, à cause de ce problème de liberté. Tu sais, quand de grosses productions te proposent ce genre de chose, il faut toujours confronter la vision du réalisateur ou du scénariste. Je sais que quelques grands compositeurs de cinéma ont souvent eu quelques débats houleux pour imposer leur vision, et je ne voulais vraiment pas m'embarquer dans ce genre d'affaire. Tu sais, si j'avais 20 ans, j'aurais sûrement tenté le coup, mais aujourd'hui je n'ai plus la même énergie, je préfère prendre du plaisir avec Rhapsody. Après évidemment si un jour quelqu'un veut utiliser mes chansons de Rhapsody dans un film ou même dans des jeux vidéos, je ne dirai pas non et je ne serai pas contre composer un ou deux morceaux s'il le faut.

Dans ce cas j'ai une solution : devient toi-même réalisateur et ton propre producteur ! (rires)

Je ne pense pas que je pourrais ! Tu sais, quand tu crées dans une branche artistique spéciale, tu n'es pas obligatoirement compétent sur le reste. J'ai vu des milliers de films, je pourrais certainement devenir un réalisateur amateur si je le voulais, mais ce n'est pas mon but et il faut savoir se concentrer sur certaines choses dans la vie. Je pense que, quand tu as trouvé ta voie, tu dois donner ton maximum afin de faire du mieux possible, 24 heures sur 24 s'il le faut. Je suis totalement dévoué à Rhapsody, et parfois 24 heures dans une seule journée ce n'est pas suffisant. Par exemple, après ce weekend promo, je vais travailler chaque jour pour préparer la tournée qui va démarrer en novembre, j'ai des milliers de choses à planifier et à voir... ça va être chronophage.

Luca Turilli interview Hellfest 2012 La Grosse Radio

Bon, tu vas me trouver lourd mais revenons sur Prophet of the Last Eclipse... (rires)

[Luca fait mine de m'étranger avec un grand sourire]

Il y a quelques éléments de cet album que l'on peut retrouver sur le nouveau, comme ce petit break électro dans "Dark Fate of Atlantis"... la connexion est peut-être lointaine mais elle se ressent malgré tout !

En fait tu n'as pas tort, je vais t'expliquer ! Dans ma trilogie d'albums solo, chacun représentait un axe du temps précis : King of the Nordic Twilight était centré sur le passé (assez proche de Rhapsody en un sens), Prophet of the Last Eclipse parlait plus du futur, tandis que The Infinite Wonders of Creation était basé sur le présent. Et quand on y pense, les quatre chansons concepts du nouvel album parlent de plusieurs thèmes liés au passé, au présent et au futur. Tu peux y trouver des références à la science, à des éléments futuristes, aux univers parallèles, à la la religion, la spiritualité... tout ça est connecté ! Il y a donc forcément une similarité avec Prophet of the Last Eclipse qui ressort de temps en temps.

Quand j'ai présenté Prophet of the Last Eclipse aux fans à l'époque, j'étais inspiré par des films comme Matrix, Resident Evil, Event Horizon... ce genre de films avec des dimensions parallèles, des réalités alternatives, des trous noirs... J'aimais beaucoup à l'époque. Surtout Event Horizon de Paul Anderson. Aujourd'hui je reste lié à ces thèmes, Matrix reste pour moi une excellente trilogie et j'adore vraiment sa bande son, pour moi elle représentait une vision futuriste de la musique tout en gardant un côté traditionnel dans ses compositions. Tu vois un peu ce genre d'orchestre associé à des éléments modernes, quand tu l'écoutes aujourd'hui cela reste en avance sur son temps selon moi.

C'est exactement ce que je ressens en écoutant Prophet of the Last Eclipse aujourd'hui d'ailleurs, comme quoi... on retrouve ça aussi dans le film Le Cinquième Elément un peu. Bon, encore une question compliquée pour toi... Si tu n'avais jamais réalisé cet album il y a dix ans, penses-tu que ton cheminement aurait été le même et qu'on en serait là aujourd'hui avec Ascending to Infinity ?

C'est très dur à dire, vraiment. Cet album est venu à une époque où avec Rhapsody nous avions décidé d'être encore plus metal, comme ce fut le cas avec Dawn of Victory et surtout Power of the Dragonflame. Rhapsody sonnait presque plus "allemand" qu'italien ou français, Symphony of Enchanted Lands a par exemple eu plus de succès chez vous alors que les deux suivants ont été très bien plus vendus en Allemagne. A l'époque, tous les deux-trois ans, nous décidions de changer un peu de direction musicale avec le groupe, tout en gardant la tonalité globale bien sûr. Prophet of the Last Eclipse est venu comme un complément de cette période très "metal" de Rhapsody, le tout associé à ma passion pour la science fiction qui était à son paroxysme avec les films cités à l'instant mais aussi Starship Troopers ou Alien IV. Voilà pourquoi cet album est né, j'ai voulu mettre cette passion de l'époque en musique, sachant de toute façon que je voulais faire un album solo axé sur le futur. Maintenant, de là à dire que c'est grâce à ce disque que Ascending to Infinity existe, je ne sais pas, c'est mon évolution personnelle qui a voulu que j'en arrive là je pense.

Après 2002, il y a eu une certaine "rupture" avec un album totalement différent : Symphony of Enchanted Lands Part II, très symphonique et moins metal...

Une rupture en un sens oui, c'est à cette époque que nous avons commencé à avoir des problèmes judiciaires, forcément ça a joué. A l'époque c'était entre notre première maison de disque (Limb Music) et celle de Joey DeMaio (Magic Circle), cela ne nous affectait pas forcément directement mais il y avait une certaine tension autour de nous. En 2003 il y a eu donc une petite pause, une première dans l'histoire du groupe, et on ne tournait plus vraiment. C'était pas évident à l'époque...

Symphony of Enchanted Lands Part II, un album que tu regrettes un peu ou pas du tout ? Plus orienté Alex Staropoli peut-être ?

Oh non, pas vraiment, j'écrivais toujours les chansons et la saga, ça n'a pas changé sur cet album. Jouer avec un orchestre était un de nos rêves à l'époque, en sachant que nous pouvions le réaliser nous avons donc sauté sur l'occasion. Alex a surtout terminé les derniers arrangements seul mais tout a été décidé ensemble, et c'était le premier album réalisé avec un gros budget. Donc à l'époque nous avons dépensé sans compter pour finaliser cet opus, sans garder de l'argent de côté... Notre côté passionné nous rendait peut-être un peu fou en un sens (rires), mais je ne considère pas cela comme une erreur. On voulait tout donner pour nos fans, avec cet orchestre et la présence de Christopher Lee, et on a eu raison car cet album s'est très bien vendu. 

Et dire que tout a commencé pour Rhapsody en 1995 sous le nom de Thundercross avec un chanteur inconnu du nom de Cristiano Adacher... mais qu'est-il devenu ?

Aucune idée, en fait ce n'était pas notre chanteur, juste une voix de session on peut dire. On ne le connaissait que très peu, il était très sympathique mais après nous avons perdu son contact.

Revenons-en à notre chronologie, en 2006 nous avons eu droit au premier album "of Fire" avec Triumph or Agony. Le début des problèmes ?

Oui et non, pas encore à cette époque en fait, il y a juste eu ce changement de nom que nous n'avions pas anticipé. Un chanteur de rap américain je crois qui avait déposé les droits... Sinon, musicalement, peu de gens le savent mais cet album a été enregistré en même temps que Symphony of Enchanted Lands Part II. Ensuite nous sommes rentrés une seconde fois en studio pour arranger et corriger certaines choses. Cet album est en effet moins speed, plus mid tempo et assez concentré sur la voix de Fabio. Assez différent.

Et ce changement de nom donc, que beaucoup de fans n'ont pas aimé. Qui a décidé de l'ajout du "of Fire" ?

Alex et moi, mais nous n'avions pas trop le choix. Il n'y avait que deux possibilités en fait : Mighty Rhapsody ou Rhapsody of Fire, et c'est sur ce second nom que notre choix s'est porté... je pense quand même encore aujourd'hui que c'est mieux (rires) ! C'était la seule solution pour nous si nous voulions garder le logo, chose très importante pour nous. Evidemment c'était très dur à prendre comme décision, c'est pour cela qu'aujourd'hui je suis très heureux de pouvoir de nouveau appeler le groupe Rhapsody, même si évidemment pour des raisons de droits je dois rajouter mon nom avant. Mais entre nous et le label on l'appelle Rhapsody, après évidemment les journalistes rajoutent mon nom devant mais ça c'est normal.

Quatre ans sans musique entre 2006 et 2010, beaucoup de tristesse à l'époque...

Je songeais même tout arrêter et ne plus faire de musique. Mais avec le groupe l'envie de conclure cette saga était plus fort que tout. On a donc attendu et réuni toute notre énergie pour en arriver là. A l'époque nous commencions déjà à parler du split, ces conditions ont probablement précipité ma décision. Enfin bon, à cette époque, comme je ne pouvais plus écrire de chansons, j'ai donné des leçons de guitare et c'était vital car en quatre années sans musique, tu perds vite l'argent amassé auparavant. Il fallait donc que je puisse continuer à travailler tout en restant dans mon domaine de prédilection.

Et pendant cette période, as-tu connu une sorte de black out niveau composition ?

Non, pas vraiment, car c'est ce que je suis au fond de moi tu sais ! Je ne me considère pas comme un bon guitariste, un bon claviériste ou un bon pianiste, par contre je pense vraiment être un bon compositeur. C'est ma vie. Et jamais je n'ai vraiment cessé cette activité. Pendant cette période j'ai eu quelques idées, forcément je stockais ça dans un coin en espérant en faire quelque chose un jour. Ainsi quelques bases sont nées, et elles auraient dû aboutir normalement à quelques chansons des deux albums et de l'EP à venir.

Y a-t-il encore des chansons que tu as composées à l'époque ou même avant qui restent en attente quelque part et que tu utiliseras un jour ?

Non, car nous avons conclu un pacte avec Alex Staropoli : nous n'utiliserons jamais les morceaux que nous avons travaillé à l'époque et qui ne sont jamais sortis, que ce soit pour la saga ou autre. Nous avons décidé de repartir totalement à zéro avec ce split et ainsi nous avons mis ces idées de chansons à la poubelle.

Quel dommage quand même...

Non, je trouve ça fantastique au contraire ! Nous avions même décidé de nous débarrasser de quelques chansons avant même la composition de l'album The Frozen Tears of Angels. Comme je viens de te dire, j'avais des idées pour la suite pendant les quatre ans de pause, et donc pas mal de compositions de prêtes. Mais là déjà avec Alex nous avions choisi de repartir de zéro et de composer de nouvelles chansons pour le retour du groupe. Nous voulions qu'elles aient une totale fraîcheur.

Luca Turilli interview Hellfest 2012 La Grosse Radio

Penses-tu que quelques "chefs d'oeuvre" resteront à jamais enterrés ?

Oui, mais je ne préfère pas y penser, c'est comme ça. Je n'aime pas utiliser des chansons qui ont plus de deux ou trois ans d'âge dans mes nouveaux projets, c'est comme ça. Il n'y aurait rien de plus terrible pour moi que de voir des fans aimer une de mes chansons alors que je la déteste avec le recul, t'imagines ? C'est comme toi avec Prophet of the Last Eclipse, en fait je le déteste cet album (rires) ! Non, je plaisante bien sûr, je l'adore ! (rires)

(rires) Avant le split, tu as eu une période d'hésitation ne sachant pas trop quoi faire. Tu as même pensé à faire une sorte de metal opera à la Avantasia, non ?

Oui c'est vrai, quand je cherchais des chanteurs à l'époque c'était pour ça, d'ailleurs c'est ainsi que j'ai trouvé Alessandro Conti. Mais je n'étais pas certain de vouloir aller jusque là, j'ai même songé à faire des bandes sons aussi... Mais finalement j'ai eu l'envie de repartir à zéro, j'ai donc travaillé 15 heures par jour pendant des mois sur les morceaux, j'ai sacrifié ma santé pour réaliser cet album mais j'en avais terriblement envie, c'était comme une mission spirituelle pour moi. Ce n'était donc pas une souffrance en soi. Imagine que j'ai commencé le travail de composition en septembre seulement...

Et y a-t-il quelques chansons en plus que tu aurais composé pendant cette période mais qui ne figurent pas sur cet album ?

Un peu comme à l'époque de Rhapsody of Fire oui, parfois tu te sens tellement inspiré que plusieurs idées te viennent, et certaines te semblent tellement intéressantes que tu te dis que "se presser" pour en faire des morceaux ne serait pas une bonne idée. Du coup tu les gardes de côté pour l'avenir et le prochain album. J'ai plein d'idées de ce genre déjà prêtes. Après forcément la composition du deuxième album sera plus simple, car je pourrai démarrer sur ces idées mises de côté et les développer. C'est ce qui s'est passé pour beaucoup d'albums de Rhapsody par le passé.

Bien sûr les fans auront une chanson en plus en septembre avec ce fameux "Fantasia Gotica" qui n'a pu être mixé à temps...

Oui c'est vrai, d'ailleurs ce morceau a une histoire particulière. Il est plus ou moins né en 2006, il faisait partie d'une sorte de démo que j'avais réalisé à l'époque où j'avais la possibilité de travailler sur des bandes sons. On m'avait demandé quelques chansons vite fait comme ça et j'avais donc fait quelques rapides enregistrements, uniquement dans le style soundtrack. "Fantasia Gotica" était donc une chanson assez cinématique et sans parole à la base. C'est un thème que j'aime beaucoup, inspiré par le compositeur Danny Elfman, et du coup j'ai décidé d'en faire une chanson en partant sur les bases de l'époque. Je vais te révéler un autre secret : ce morceau aurait pu, même dû, voir le jour sur l'album From Chaos to Eternity. Mais bon, l'album aurait été trop long, donc nous l'avons laissé de côté. Ainsi il existe une version avec Fabio Lione au chant, mais elle restera secrète (rires) ! C'est donc la seule chanson qui n'est pas née de la session de composition démarrée en septembre. Là encore, elle a été victime du timing, je n'ai pas eu le temps de finir le mix car tout devait être terminé en mars... Mais cette fois j'ai décidé de la sortir ! Ce sera une chanson très orchestrale, qui nécessitait vraiment un travail supplémentaire et sans précipitation. C'est là où on a décidé de mettre "Luna" à la place, un des deux bonus track que nous avions prévu pour l'album. "Fantasia Gotica" verra le jour en septembre, en téléchargement gratuit, et il est probable qu'on la joue en live également. D'ailleurs, elle sortira en tant que single spécial avec une petite surprise supplémentaire, mais je n'en dis pas plus pour l'instant.

On parlait des bonus tracks, "Luna" et "March of Time" de Helloween, as-tu d'autres reprises en tête pour l'avenir ?

Oh oui bien sûr, j'ai déjà une liste de quatre ou cinq chansons que j'ai toujours rêvé d'adapter, on l'a déjà fait par le passé avec "I'm Alive" de Helloween, "Power of Thy Sword" de Manowar, "Flash of the Blade" de Iron Maiden et "Guardians" encore de Helloween. sans oublier la soundtrack de Goblin. Et pour l'avenir on verra...

Allez, je suis sûr que t'auras un jour envie de reprendre une chanson de Crimson Glory, tu adores l'album Transcendance je crois !

Oui, c'est probablement mon album préféré à vie, pour moi quand je l'écoute il apparait d'une modernité déconcertante, encore aujourd'hui. Un disque unique en avance sur son temps avec une production totalement nouvelle à l'époque.

On ne va pas reparler du "friendly split" vu que t'as à peu près tout dit à ce sujet, mais as-tu simplement une idée de à quoi va ressembler Rhapsody of Fire sans toi ? Alex étant un différent compositeur, vous n'avez pas les mêmes goûts...

C'est difficile à dire. C'est vrai que nous sommes très différents, j'ai toujours été proche du speed power à la Helloween ou à la Angra, des groupes plus ou moins découverts par le gars qui s'occupait de Limb Music à l'époque. C'est d'ailleurs pour cette raison que nous lui avons envoyé nos démos et que nous avons pu être signés. Les deux premiers Rhapsody ont de ce fait des lignes vocales très aigues dans le style des Keepers of the Seven Keys par exemple, j'ai toujours aimé composer en ce sens et je reviens un peu dans cette idée avec Alessandro Conti. A l'époque nous avions rencontré Fabio directement dans les studios avant d'enregistrer Legendary Tales, ce n'est donc qu'après avec le temps que nous avons adapté les chansons de Rhapsody à sa voix. Pour en revenir à Alex, il préfère des groupes comme Alter Bridge, son groupe préféré actuellement...

Donc le prochain Rhapsody of Fire va être du metal hard rock alternatif ? (rires)

Non je ne pense pas (rires), ils ne sont pas bêtes ! En fait nous avions tous des goûts différents dans le groupe quand j'y pense. Le batteur Alex Holzwarth préfère Slipknot ou Pantera, Fabio adore les groupes comme Whitesnake ou Van Halen. J'ignore cependant quelle sera leur direction musicale, je leur souhaite le meilleur et je suis sûr qu'ils feront un bon album. Par contre comme nous avons décidé de ne plus parler entre nous de nos projets musicaux respectifs, je ne sais pas du tout ce qu'ils prévoient de faire, nous voulons vraiment oublier les tensions des dernières années à ce niveau. Nous restons amis et ne parlons ensemble que de choses en dehors de nos carrières respectives ! (rires)

Ju de Melon & Luca Turilli au Hellfest 2012

Merci Luca pour cette nouvelle entrevue passionnante, quelques derniers mots ?

Nous avons hâte de vous retrouver sur la tournée, nous avons tellement de belles choses à vous proposer et beaucoup de chansons en tête. Le plus dur sera de faire une sélection, mais il y aura des surprises on vous l'assure. Probablement des extraits de mes albums solo, des premiers Rhapsody qui collent parfaitement à la voix d'Alessandro, et bien sûr des titres du nouvel album. Une setlist très variée. Merci à toi, et à bientôt !

Merci à Stéphan de Mystria pour les photos (voir son site : http://www.e-foto.fr)

 
 

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