Taake au Hellfest 2012

Taake au Hellfest 2012

Vendredi, The Temple, 18:30-19:20

Ahhh ! Taake ! Y’a-t-il encore besoin de vous présenter ce groupe de Black Metal originaire de Bergen en Norvège, dont la réputation tumultueuse le précède ?

En tout cas, au contraire de l’avis de certains esprits réfractaires qui n’arrivent à parler qu’au travers de « collectifs » ou autres groupuscules, et qui s’arrêtent à certaines paroles prises hors de leur contexte et à l’imagerie du groupe, dont ils ne sont capables de retenir que le sens premier ; les organisateurs du Hellfest ne se sont pas laissés influencer et ont invité, avec plaisir, le groupe dans cette édition du Hellfest 2012.

 

Tout d’abord, parce que Taake est l’un des groupes de Black Metal les plus professionnels qui soit et qui, malgré un changement d’horaire de dernière minute se sont arrangés pour être à l’heure au Festival. Ensuite, parce que non fiers d’être là pour les fans venus du monde entier, les prestations live de Taake sont chaque fois tout bonnement monumentales. Enfin, parce que ce sont des hommes et des musiciens en or qui se cachent derrière les masques.

 

Alors donnons à nos chers perturbateurs, qui nous « enquiquinent» chaque année à protester contre la présence de certains groupes au Hellfest, contre le Metal, contre les Metalleux, contre la bière et contre la foutue LIBERTE, donnons leur de quoi se réjouir dans ce live report rédigé par votre humble esclave.

 

Hoest apparaît sur scène comme un suppôt de Satan, les yeux vides, les rides d’expression contractées au maximum, prêt à se ruer sur nous dans un nouveau concert d’envergure. Ce n’est pas la première fois que le groupe se produit sur la scène de Clisson, puisqu’en 2009 Taake a déjà culbuté nos séants sur ces planches. 

 


Le public, venu, bien entendu pour célébrer Satan dans toutes ses formes, sera là… sans être là et je trouve l’atmosphère moins forte qu’à l’accoutumée, moins intense qu’en club. Hoest, lui, le ressent et fait ressortir sa colère d’autant plus, cherche son public, tend l’oreille.

 

Fort heureusement, la prestation de Taake sera remarquable, puisque le groupe nous balance un son monumental, où chaque instrument est parfaitement audible. Peut être une batterie légèrement « sourde », mais cela est dû au son de la double tente Temple. 

Alors quand Taake nous balance la sauce avec le très efficace « Ummeneske », la foule est tout de même en délire et ça bouge dans tous les sens. Le solo de guitare sur ce morceau est très rapide et sera très bien exécuté par Aindiachaí, comme à l’accoutumée. Le titre, aux riffs survoltés et rock n’ roll, tout le monde le connaît.

 

Mais le challenge de Taake semblait être tout autre, capter la réaction du public face au dernier chef d’oeuvre, Noregs Vaapen, puisque le groupe ne jouera pas moins de trois morceaux de ce dernier opus : « Nordbundet », « Du Ville Ville Vestland » et « Dei Vil Alltid Klaga Og Kyta ».

La réaction du public ne se fait pas attendre, mais on ne peut pas pour autant dire que l’enthousiasme soit à son paroxysme. Pourtant, « Nordbundet » est célèbre et a été adapté en vidéo. Il s’inscrit dans la plus pure tradition du groupe, avec de subtils changements de rythme et riffs entraînants.

Pas assez rapide ? Arracheur de tête ? Alors Taake nous propose un « Doedskvad Part 1 » qui met tout le monde d’accord. Très apprécié du public, qui le scande à répétitions. Enfin, des poings sont levés, des cornes du Malin se dressent au dessus des têtes. Hoest est satisfait et approuve d’un mouvement de tête.


Mais qu’à cela ne tienne, Taake réenchérit avec « Du Ville Ville Vestland », qui est une pure merveille…mais, qui, en dehors de quelques applaudissements, et scandements ne reçoit pas la réaction méritée sous le chapiteau. La prestation de Hoest est pourtant remarquable : fier de ses racines, c’est une fois de plus enveloppé de son drapeau qu’il officiera. Pas de folies, pas de spasmes, pas d’automutilation, c’est juste un Hoest plus posé qui nous apparaît ce jour là.

 

Sur le surblasté « Dei Vil Alltid Klaga Og Kyta », une fois de plus tiré du dernier album Noregs Vaapen, Hoest s’époumone et cherche les réactions, appelle son public à officier avec lui, tandis que le bassiste crée des effets surprenants avec un archet de violon. Le titre a, en effet, des aspects très mystiques et planants, ce qui laisse le public relativement feutré.

Pour ne pas nous laisser sur notre faim, Taake nous a réservé une surprise avec une reprise du très provocateur GG Allin avec le très bourrin « Die when you Die », qui est une de ses influences majeures. Hoest se fait plaisir tout en rendant hommage à l’artiste punk et fera du coup, arracher de nombreuses têtes à Clisson. Le punk est à l’honneur, une façon de dire ouvertement « merde » à tous ses adversaires.

Quant à vous, il ne vous reste qu’une ultime erreur à réparer, acheter Noregs Vaapen qui est juste un chef d’oeuvre et vous laisser submerger par les excellents souvenirs de ce concert.

 

Katarz

 



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