Ihsahn au Hellfest 2012

Dimanche 17 juin, 20h25 – Temple

Pas si solo que ça…

Tout le monde se rappelle bien évidemment de Emperor, ce groupe culte de black metal norvégien qui a su surprendre son monde et sa propre scène locale avec des albums à la fois complexes, symphoniques et majestueux. Depuis, la formation n’est plus, Ihsahn et consort ayant décidé de suivre des routes différentes malgré un retour Live triomphant au Wacken 2006. Ihsahn, puisqu’on en parle, s’est lancé en solo où sa patte plus destructurée progressive apparait au grand jour, elle qui s’était déjà affirmée sur Prometheus – le tout dernier opus du groupe avant son split. Trois albums depuis 6 ans, un quatrième qui sortait le lendemain de sa prestation Hellfest... seul ou presque, car le monsieur a su s’entourer de musiciens talentueux ou divers guests pour assurer ses disques et surtout ses prestations Live.

Deux ans après un premier passage réussi, le maître norvégien revient sur les terres clissonnaises entouré d’une bonne partie des gars de Leprous – tous aussi déjantés que lui comme nous avions pu le constater en première partie d’Amorphis en 2011. Première constatation : le rendu visuel s’avère diaboliquement énergique malgré le côté plutôt statique des musiciens. Sauf que chacun s’agite sur place de façon épileptique, Einar Solberg en tête avec ses tresses folles. Le claviériste/habituel frontman de son jeune combo aura ici une part importante, à base de sons synthétiques intenses et de voix claires envoûtantes parfaitement exécutées.

Ihsahn / Einar - Hellfest 2012 Temple - La Grosse Radio

Pour le reste, Ihsahn bouge relativement peu derrière sa guitare et son micro, mais il en jette grâce à un charisme et une puissance vocale de tous les dieux. Les regards parviennent à se fixer longuement sur lui malgré l’agitation périphérique. Doté d’un bon son, ce qui ne fut pas forcément une constante sous les tentes noires ce weekend, Vegard Sverre Tveitan (de son vrai nom, comme quoi ceux qui se plaignaient que son pseudo était compliqué à prononcer…) et sa troupe enfoncent le clou en faisant monter la pression à chaque morceau, jusqu’à un « The Barren Lands » remarquable de musicalité. Allez, je n’y peux rien, s’agissant là de mon morceau préféré du bonhomme…

Au final une setlist bien équilibrée entre ses trois précédentes sorties (même si la première ne sera représentée que par la seule mais agréable « Called by the Fire ») faisant tout de même une part belle au dernier né After, et qui présente la particularité d’être ponctuée par une chanson du nouveau né (ou à naître) Eremita en grand dessert. Autant dire que personne ou presque ne connaissait ce « The Grave » avant de la déguster, yeux ébahis et oreilles étonnées, en cette fin de festival. Un moment hypnotique, saccadé et envoûtant qui parachève de convaincre une assistance déjà emballée. Et dire qu’il s’agit peut-être là du morceau le plus complexe et le plus sombre du nouvel opus ! Le bougre voulait nous faire imploser les neurones et cela a réussi…

Ihsahn / Hellfest 2012 / La Grosse Radio Metal

C’est bouche bée que nous ressortons de ce Temple des rêves, songes obscurs et détraqués que nous a imposés en tête le norvégien. Doit-on le remercier ? Il le faut oui, avant d’enchainer avec Suffocation ou The Obsessed. Tout un programme !

Setlist (50 minutes) :

– Arrival
– Called by the Fire
– Frozen Lakes on Mars
– Unhealer
– Scarab
– The Barren Lands
– A Grave Inversed
– The Grave

 



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