Entretien avec Matt Heafy et Paolo Gregoletto de Trivium !

Nous sommes au début du mois de septembre dans les locaux de la Warner France pour rencontrer Matt Heafy (chant/guitare) et Paolo Gregoletto (basse) du combo Trivium. C’est dans le cadre de la tournée promotionelle de leur nouvel album, The Sin And The Sentence, que les deux compères font un détour par Paris afin de discuter avec nous. 

 

Bonjour à vous Matt et Paolo, bienvenue à Paris. Vous venez de passer une partie de l’été à jouer avec Obituary et Bury Tomorrow et on se souvient que ce sont Sikth et SHVPES qui avaient ouvert pour vous à Paris. Vous semblez avoir pour habitude d’avoir comme premières parties des groupes très différents de vous !

Paolo : Je pense que lors de la saison des festival, il est beaucoup plus facile de faire une affiche très différente lors des concerts en salle de la semaine. Tout dépend bien entendu des disponibilités des groupes et aussi pour nous de rencontrer des nouvelles personnes. Obituary est un groupe avec lequel on a grandi étant donné qu’ils viennent de Floride et Bury Tommorow est un groupe que l’on adore surtout en concert. Je pense d’ailleurs qu’il est plus facile de faire ce genre de concert en Europe qu’aux USA où tu dois pouvoir respecter une certaine « conformité ». Cela vient du fait que vous êtes beaucoup habitués à la diversité que nous. Regardes le Hellfest par exemple, tu peux voir Aerosmith sur la Mainstage et un groupe qui sacrifie des chèvres sous les tentes.

Matt : Je rejoins Paolo sur ce point, il est impossible d’imaginer aux USA un groupe comme Emperor jouant en headliner du plus gros festival du continent et c’est pourtant ce qui est arrivé au Wacken.

Juste après la sortie de The Sin And The Sentence, vous partez en tournée aux USA avec Arch Enemy dans le cadre d’un co-headliner plus While She Sleeps and Fit For An Autopsy. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette tournée ?

Paolo : Nous faisons trente dates et on partage en deux avec Arch Enemy qui joue en headline la moitié du temps, chacun ayant choisi ses villes de références. Nous voulions jouer en dernier pour la première date car c’est à Orlando à la maison et Arch Enemy voulait jouer en dernier à Montréal car c’est la ville de leur chanteuse (ndlr, Alissa White-Gluz).

Matt : Je suis très heureux pour ma part de partir en tournée avec While She Sleeps que nous avons vu pour la première fois cet été. J’ai d’ailleurs appris que leur deux derniers albums ont été enregistrés sur nos guitares signatures ! On aime pouvoir donner une plateforme d’expression à ces groupes plus jeune que nous car nous sommes des fans de musique avant tout.
 


Vous êtes un des rares groupes que je connaisse qui fasse ça, vous parlez souvent de vos découvertes sur Twitter notamment. Très souvent quand j’interviewe des groupes, personne ne parle des nouveaux groupes émergents.

Matt : Je déteste ça.

Paolo : On nous demande souvent comme on fait pour rester à notre niveau et trouver l’inspiration. Maintenant elle ne vient quasiment plus des groupes que l’on aimait à notre adolescence mais des nouveaux groupes que l’on découvre. J’ai ce besoin constant de découvrir des nouveautés, des groupes avec seulement un EP ou un album et qui font plaisir au fan que je suis. Je n’ai pas peu peur des nouveaux groupes, je ne vois pas ça comme de la compétition tu vois.

Matt : Il y a deux choses qui m’énervent quand je lis des interviews de groupes. Premièrement ceux qui n’écoutent plus leur album après l’avoir enregistré et deuxièmement ceux qui disent ne pas s’intéresser au nouveaux groupes.

Vous êtes de retour dans quelques semaines avec un nouvel album, The Sin And The Sentence, quel était votre état d’esprit à l’entame de l’écriture et l’enregistrement ?

Paolo : J’ai commencé à écrire pour cet album dès la fin de l’enregistrement de Silence In The Snow, on a commencé à discuter ensemble du son que l’on voulait et avec qui nous voulions enregistrer. Un des gros facteurs a aussi été la possibilité pour Matt de crier à nouveau sur scène, cela nous ouvre de nouvelles perspectives. Généralement être en tournée ou revenir de tournée est un facteur important de ce que nous allons faire. Par exemple pour The Sin And The Sentence, nous sommes allés en studio juste après la tournée européenne et Alex (ndlr, Hernandez-Bent) nous a impressionné tout du long nous donnant une confiance supplémentaire.

D’ailleurs, elle se construit comment une chanson de Trivium ?

Matt : Il n’y a pas vraiment de formule j’ai envie de te dire. Une chose intéressante à noter sur cet album, c’est que Paolo a écrit les mélodies vocales et quasiment tous les textes. C’est la première fois que nous travaillons ainsi, peu importe qui apportait l’idée elle allait être écoutée et entendue. On s’est enfermé tous les quatre dans notre local sans label, producteur ou manager afin de tout connaître par coeur, d’en être fier avant de mettre un pied en studio.

Est-ce que vous vous mettez des barrières par moment ? Notamment dans l’écriture en vous disant peut-être « non ça c’est trop différent », etc ?

Paolo : Totalement. Parfois on peut jouer un riff qui nous plaît beaucoup ou une mélodie mais au final cela ne marche pas avec le reste du morceau. Avec le temps, on sait aussi ce qui marche et ne marche pas pour nous. Je pense que c’est normal de se mettre des barrières sans cela il est difficile d’avoir une véritable cohérence. Avec The Sin And The Sentence, nous avons dû expliquer ces barrières à Alex car c’est la première fois qu’il mettait un pied en studio avec nous et il a tout compris très rapidement.
 

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The Sin And The Sentence est un album très différent de Silence In The Snow et Vengeance Falls. Parfois à l’écoute des certains morceaux on se demande même si c’est bien du Trivium qu’on écoute, est-ce un effet voulu sur le public ?

Matt : On voulait faire un album qui puisse permettre à quelqu’un de faire découvrir notre groupe et dire « tiens c’est Trivium, voici le meilleur moyen de te plonger dedans ». Même si on adore Silence In The Snow, Vengeance Falls ou encore The Crusade, ce sont des albums qui sont assez unilatéraux. Avec The Sin And The Sentence, on essayer de couvrir un spectre large de ce qui nous définit un peu comme avec In Waves et Ascendancy.

Paolo : Cet album nous représente aussi maintenant à l’âge que nous avons. A chaque fois qu’un groupe dit que cet album est un retour aux sources, tu sais pertinnement que c’est faux, car comment écrire la même musique qu’en 2005 alors que nous avons douze ans de plus.

Quels sont les titres que vous préférez sur cet opus ?

Matt : Aujourd’hui je vais te répondre « Betrayer » suivi par « Sever The Hand » et « Beauty In The Sorrow ».

Paolo : C’est très difficile de choisir mais je dirai « The Sin And The Sentence » en ce moment.

« The Sin And The Sentence » est à mon sens le meilleur choix possible en tant que single bien que ce ne soit pas le meilleur titre de l’album, comment avez-vous choisit ce titre ?

Paolo : Pour nous le single doit être un titre marquant même si ce n’est pas le meilleur de l’opus en effet.

Matt : Regarde Iron Maiden sur son dernier album, « Speed of Light » est le single parfait pourtant ce n’est pas du tout le meilleur titre. Je pense, comme disait Paolo, qu’il faut avoir un single marquant pour donner envie aux gens d’écouter l’album par la suite.

« The Heart From Your Hate » est un choix de single un peu plus surprenant, est-ce délibéré ?

Matt : On a voulu montrer une autre facette de cet album mais aussi un peu tromper notre public. C’est le titre le plus mélodique et accessible de l’album, c’est marrant de regarder les commentaires sur Facebook ou YouTube à ce propos d’ailleurs.

Paolo : On a toujours écrit ce genre de chanson dans l’histoire de Trivium et sans ces titres, nous ne serions pas aussi gros que nous le sommes maintenant pour être honnête.

Matt : Je trouve d’ailleurs que « The Heart From Your Hate » est la version adulte de « Dying In Your Arms ». C’est le même type de morceau en plus mélodique et plus technique en fait.

Paolo : Tout le monde veut entendre « Dying In Your Arms » à nos concerts comme tout le monde veut entendre « Fade To Black » à un concert de Metallica donc je pars du principe que nous avons besoin et envie d’écrire des titres comme celui-ci.

Il faut aussi prendre en compte le message qui va avec la musique et la mélodie, non ?

Paolo : Tout à fait ! Les paroles de « The Heart From Your Hate » sur la musique de « Beyond Oblivion », ça ne marche pas et inversement.

Matt : Imagines les paroles de Cannibal Corpse sur notre musique, ça serait super bizarre.
 


Si vous pouviez jouer dans un autre groupe que Trivium ?

Matt : Iron Maiden. Voyager dans son propre avion, ça c’est la classe. Et aussi avoir une bière à son nom, bordel.

Paolo : Je choisirai un groupe dans un autre genre ou alors quelqu’un comme Bruno Mars.

Quel est le premier groupe que vous avez-vu étant enfant ?

Paolo : The Rock Never Stops Tour avec Ted Nugent, Nightranger, Slaughter et Quiet Riot.

Matt : Real Big Fish pour ma part.

Quel est le dernier album que vous ayez acheté / streamé ?

Matt : Anticult par Decapitated, Zaz par Zaz et 24K Magic de Bruno Mars.

Paolo : Michael Jackson, notre dernier album et Painkiller de Judas Priest.

Pour terminer cet interview, combien de groupes français vous connaissez ?

Paolo : Je vais laisser Matt étaler sa culture à ce propos mais pour ma part bien sûr je vais te dire Gojira.

Matt : Tu connais mon amour pour le black metal français que je considère comme une scène pionnière absolument incroyable. Mes préférences vont vers Deathspell Omega, Blut Aus Nord, Alcest, Svart Crown et la pépite Anorexia Nervosa. J’ai pu traîner et boire des coups avec R.M.S. Hreidmarr, il m’a fait découvrir des groupes obscurs et ses nouveaux projets. Non vraiment la scène française mérite d’être beaucoup plus connu.



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