Papa Roach (+Waxx) à  Paris – L’Olympia (13/10/2017)

Veryshow a vraiment frappé fort en ce 13 octobre, jour qui a une saveur toute particulière. En plein milieu de leur tournée européenne de Crooked Teeth, leur dernier opus qui a marqué de façon magistrale les esprits de tous, Papa Roach ne passera qu’une seule et unique fois dans l’hexagone. La salle parisienne mythique de l’Olympia a été choisie par les Californiens, une toute première pour eux. Le projet solo de Benjamin Waxx avait pour lourde tache d’ouvrir pour ce grand nom de la scène néo metal dont le show restera à jamais gravé dans toutes les têtes de ceux présents ce soir là.

Waxx

Les portes s’ouvrent vraiment tôt ce soir. On peut pleinement profiter de cette heure et demie qui reste devant nous avant le début des hostilités pour profiter de l’acceuil très chaleureux de la part de toute l’organisation de Veryshow, faire un petit tour du côté du merch de Papa Roach dont l’étendue du marketing est impressionante et de très belle facture mais surtout profiter du cadre. L’Olympia, salle mythique française située à deux pas des plus beaux monuments de la capitale qui a subi un bon coup de jeune à la fin des années 90 dégage une atmosphère music-hall toute particulière. Une fois passé le porche dont les noms des artistes du soir sont fièrement affichés en rouge pétant, nous pénétrons dans une fosse bien garnie en ce début de soirée. La première partie va être une franche découverte. Quand il n’est pas derrière les platines de studios  pour produire avec brio des artistes tel que Georgio ou encore Ben L’Oncle Soul, Waxx prend sa plus belle Gibson et lance son projet solo.
 

Waxx 1

En pleine préparation de son premier album solo dont le premier single « Turn Up » est d’ores et déjà disponible en streamming / téléchargement, Waxx arrive sur scène en compagnie de DJ Mike Rock, le DJ officiel du Hellfest, Junior Rodriguez derrière les fûts et au bout du troisième morceaux MC Beat Assaillant au micro. Chacun vient apporter sa pierre à l’édifice mais surtout sa touche personnelle rendant ce set exceptionnel. De Mike Rock mixant depuis près de dix ans les samples électro au bon son metal/rock que l’on affectionne, à l’Américain Beat Assaillant et son flow à tomber à la renverse en passant par Junior Rodriguez et ses martellements clairs, nets et puissants, pour finir avec Waxx et ses riffs chaloupés faisant dévisser les têtes de n’importe quel metalhead, tous se lancent à corps perdu dans leurs univers respectif. Le resultat respire l’homogénéité mais surtout l’efficacité vue l’animation de la fosse dès les premières notes jouées.

Waxx 2


Le metal est clairement affiché. Mike Rock arbore la casquette tant connue de Suicidal Tendencies ainsi qu’une veste à patch bien fournie, comme celle de Waxx qui couvre légèrement son t-shirt Metallica. Les références aux grands de la scène metal/rock se retrouvent aussi dans les sept compos que nous présentent le quatuor : Metallica marquant l’arrivée sur scène de Beat Assaillant, Red Hot Chili Peppers ou encore RATM. Le flow soutenu mais posé inscrit le set dans le thème neo metal de la soirée tout comme les gros samples de Mike Rock, qui n’hésite pas de temps en temps à quitter ses platines pour chauffer le public. Waxx nous montre toute l’étendue de son talent, gratte à la main et Junior Rodriguez délivre de très bonnes salves de blast en position inhabituellement basse par rapport à ses toms, en venant même à briser une de ses baguettes sur le morceau cloturant ce set qui, aura duré en tout et pour tout un petit peu moins d’une demi-heure. Les jumps et pogos se sont enchaînés, la fosse est à présent prête à acceuillir les stars de la soirée.

Line Up:

Benjamin Waxx Hekimian: Guitare
DJ Mike Rock: Platines
Junior Rodriguez: Batterie
MC Beat Assaillant: Chant

Papa Roach

Le passage de Waxx aura réussi à faire oublier l’absence de Frank Carter & The Rattlesnakes  initialement prévu à la suite des Parisiens. Dès le départ de Benjamin et toute sa bande, les roadies s’activent pour préparer la scène. C’est un immense rideau représentant la bouche de l’enfant de la pochette du dernier album de Papa Roach qui est tendu, couvrant la totalité du devant de la scène. Petite touche spéciale pour le live, une de ses incisives est en or. En jetant un bref coup d’oeil derrière cet énorme drappé, on peut apercevoir le fond de scène qui porte cinq Papa Roach barrés reprenant une fois de plus l’artwork de l’album. Le cafard sur le dos, logo emblématique du combo depuis Infest a une place de choix sur la grosse caisse de Tony. C’est avec cinq petites minutes de retard sur le running order que la salle est plongée dans le noir. L’hystérie gagne le public quand on commence à voir tour à tour les cinq Américains apparaître en ombre chinoise sur une bande son samplée à la voix féminine nous faisant une annonce de sécurité.

Papa Roach 1

Dès les premières notes de « Crooked Teeth » qui ouvre ce set, le rideau tombe d’un coup nous révélant les stars de la soirée. Nous pouvons que constater toute l’efficacité de ce premier morceau qui, on n’en doutait pas une seconde, est vraiment taillé pour le live. Jacoby donne tout d’entrée avec son énorme présence scénique qu’on lui reconnait tant. De bons mouvements de bras animent la fosse durant le break rappé avant que les premiers slams ne viennent s’abattre sur l’énorme premier solo de la soirée de Jerry. On a pas le temps de s’en remettre que c’est au tour de « Getting Away With Murder » de claquer dans les airs. L’enchaînement est tout simplement énorme, Jacoby lance le titre avec une séance de beatbox maison, la fosse bascule dans la folie avec les premiers pogos vifs qui viennent en réponse. La copie est conforme avec « Between Angels And Insects », l’un des classiques du combo fait hurler l’assemblée sur le refrain en écho avec Jacoby.
 

Papa Roach 2


Le charismatique frontman est un mort de faim, il saute frénétiquement sur place et se lâche complètement sur scène pour « Face Everything And Rise ». Anthony alterne ses accords harmoniques au clavier avec ses riffs en soutien de ceux de Jerry à la gratte, et pendant ce temps, c’est le dawa dans la fosse. Les pogos sont de plus en plus violents, de gros jumps s’enchaînent sur les refrains avant qu’un énorme scream de Jacoby ne vienne clôturer le morceau. Il fait une de ces chaleurs dans la salle, les agents de sécurité auront le réflexe d’arroser abondement les metalheads les plus animés du premier rang. Faisant lever le balcon pour le reste de leur prestation, Jacoby galvanise ses troupes: « You’re not at a tv show, you’re at a fuckin’ rock show! ». C’est donc devant une salle totalement debout et acquise à sa cause qu’il lance « Born For The Greatness », Jacoby finit en nage devant une fosse qui aura sauté allègrement sur les refrains faisant vibrer le sol flottant de l’Olympia.

Papa Roach 3


La lumière est rougeoyante, quand l’annonce de « She Loves Me Not » est faite, la fosse devient complètement folle. C’est l’occasion pour Jacoby de naviguer tout le long de la scène tapant même des check aux plus chanceux qui n’en manquent pas une miette. Enfin un petit moment de répit dans ce live de fou avec l’enchaînement de « Scars », « Periscope » et « Gravity ». Pas l’ombre de Skylar Grey ou Maria Brink à l’horizon, mais qu’à cela ne tienne, Jacoby se charge de la partie de la première pour « Periscope » tandis que Jerry mais surtout une salle entière se charge de donner la répartie sur « Gravity » à la place de Maria. La fosse s’époumone littéralement sur le refrain de « Scars » avant de finir a capella devant un Jacoby avec des étoiles dans les yeux. Après avoir pris le temps de souffler, on a le droit à une belle surprise avec la reprise de « Song2 » de Blur. L’énergie furieuse est de retour la fosse jump allégrement avant que le titre ne se coupe brutalement après un saut de Jacoby du haut de la plateforme de Tony.

Papa Roach 4

Dans la continuité de cette folie c’est « Traumatic » qui est directement enchainée. Un énorme wall of death est lancé sous les riffs puissants et saturés de Jerry qui fait le show en tournant sur lui même. Anthony passe aux toms du haut de sa plateforme en appui des blasts de Tony sur le breakdown. Le gars gère trois instruments parfaitement pendant le même set, c’est impressionnant! Placée au beau milieu de deux pistes calmes que sont « Forever » et « Lifeline » (la première se terminant en final par « In The End » en hommage émouvant à Chester Bennigton et la seconde reprise a tue tête avec Jacoby derrière son pied de micro), « American Dreams » est l’occasion de rendre hommage aux victimes du Bataclan et autres attentats nous ayant touchés récemment. « We celebrate life and rock’n’roll » lance l’emblématique chanteur victime d’un léger problème d’oreillette, ce qui n’entachera pas sa prestation vocale impeccable.

Papa Roach 5


Les deux prochaines pistes qui suivent seront les dernières issue de Crooked Teeth. L’excellent « Help » fait jumper toute la fosse sur les gros slaps marqués et lourds de Tobin à la basse. On note une grosse présence d’Anthony derrière le clavier qui alterne avec sa guitare et ses toms au sein du même morceau ! « None Of The Above » marque le retour de Papa Roach sur scène pour un rappel qui s’annonce dantesque. Jacoby nous revient avec un maillot de l’équipe de France de football sous les acclamations de la salle. Debout sur son retour il lance d’énormes scream surpuissants pendant que Tony savate ses pauvres caisses claires, cymbales et toms. C’est du bon neo comme on les aime. Un énième circle pit vient marquer « Blood Brothers » avec les « kill, kill, kill, kill! » repris en écho de ceux de Jacoby par Jerry. La communion avec le public est totale surtout avec « Dead Cell » qui vient être mixé en outro avec « Thrown Away ». La puissance en est décuplée, Jacoby en jette son micro violement au sol à la fin.

Papa Roach 6

Quoi de mieux pour finir en beauté que d’enchaîner le mythique « Last Resort » et l’incontournable « … To Be Loved ». La première replonge les fans de la première heure, dans les années 2000 ce que Jerry a l’air d’apprécier vu les nombreux regards complices qu’il nous lance tout comme Jacoby qui finit dans les crashs pour tous nous faire reprendre en choeur les paroles. La dernière quant à elle vient finir en beauté ce set d’une heure et demie, les circle pit, pogos et jumps s’enchaînant à vitesse grand V. La fin a capella de nouveau par la fosse s’interrompt par le gigantesque jump de Jacoby depuis son retour. Le traditionnel selfie de fin de concert est fait, les médiators et baguettes sont lancées dans la foule. Jacoby est le dernier à partir en face d’un mur de horns et surtout des acclamations de la totalité de l’Olympia. Un concert mythique, d’un groupe mythique dans une salle mythique, rien de plus à ajouter!

Line up:

Jacoby Dakota Shaddix: Chant
Jerry Horton: Guitare, Choeurs
Anthony Esperance: Guitare, Clavier, Percussions
Tobin Esperance: Basse
Tony Palermo: Batterie

Tracklist:

1 – Crooked Teeth
2 – Getting Away With Murder
3 – Between Angels And Insects
4 – Face Everything And Rise
5 – Born For Greatness
6 – She Loves Me Not
7 – Scars
8 – Periscope
9 – Gravity
10 – Song 2
11 – Traumatic
12 – Forever
13 – American Dreams
14 – Lifeline
15 – Help
16 – None Of The Above
17 – Blood Brothers
18 – Dead Cell
19 – Last Resort
20 – … To Be Loved

Crédit Photos: Rodolphe Goupil.
Toute reproduction interdite sans l’accord écrit du photographe.



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