Ensiferum (+ Skyclad & Wolfheart) à  La Machine du Moulin Rouge (01.10.2017)

Preuve que l’on est définitivement plongé dans l’automne, la saison des concerts reprend de plus belle en ce début octobre. Les premiers à inaugurer ces trois mois de fin d’année toujours très chargés en belles dates sont les Finlandais d’Ensiferum, de retour sur les routes pour promouvoir leur tout nouvel album Two Paths sorti il y a quelques jours. Dans une Machine du Moulin Rouge bien remplie et ce malgré la fameuse journée sans voiture dans Paris, la bande à Markus Toivonen a une fois de plus ravi son public et affirmé son statut de tête d’affiche du genre.
 

Wolfheart


A La Grosse Radio, on aime bien Wolfheart et c’est donc avec déception que l’on ne peut assister qu’aux trois derniers morceaux de la bande à Tuomas Saukkonen. Le colosse finlandais occupe littéralement toute la lumière (ses trois musiciens n’auront pas droit aux spotlights) et sans surprise, la prestation est menée avec beaucoup de charisme et exécutée au millimètre. « Aeon Of Cold » est un single en puissance, surtout avec un son aussi bien réglé et le death mélodique du groupe est parfaitement à sa place en première partie d’Ensiferum. C’est ce que semble penser le public qui accueille chaleureusement le combo, de quoi faire visiblement plaisir à Tuomas.

La bonne surprise de ce set c’est que le son est réglé au millimètre, permettant d’entendre les mélodies de guitares classiques mais toujours intéressantes du groupe. Certes, le jeu de scène du chanteur guitariste reste minimal mais en vieux briscard de la scène, le combo sait motiver les troupes et tous les membres auront l’occasion de s’exprimer tour à tour entre les chansons pour remercier chaleureusement les Parisiens de leur accueil. Pour finir le set, le groupe enchaine « Zero Gravity » et « Routa » pour finir de convaincre les sceptiques de se pencher sur la discographie de Wolfheart en rentrant à la maison. Et de nous faire regretter de ne pas avoir pu arriver plus tôt.


 

Skyclad


En voilà une bonne surprise que la venue de Skyclad sur cette tournée. Assez rares sur les routes, les Anglais restent une formation à voir au moins une fois dans sa vie pour tout fan de folk metal qui se respecte et leur statut culte n’est plus à prouver. Armé lui aussi d’un nouvel album (le premier depuis huit ans !), le groupe va lui aussi devoir conquérir un public plus jeune et pas forcément connaisseur. Une mission brillamment remplie évidemment.

Deux armes sont à disposition du combo : un son une nouvelle fois parfait et un temps de jeu conséquent d’une heure, qu’il utilisera à bon escient pour naviguer entre ses treize albums. Dès la troisième chanson, Kevin Ridley s’empare de sa guitare acoustique et ne la lâchera plus jusqu’à la fin du set, donnant une dimension acoustique bienvenue à une musique bien moins extrême que les deux autres groupes de la soirée.

Skyclad, Paris, concert, machine du moulin rouge, 2017

Sans se mentir, les titres de Skyclad ont pris un petit coup de vieux et même si la performance des musiciens est toujours optimale, leur folk metal parait un peu passé de mode. Peu importe puisque l’enthousiasme des guitaristes Dave Pugh et Steve Ramsey fait plaisir à voir, de même que l’humour typiquement anglais du frontman qui a vite fait de se mettre le public dans sa poche.

Curieusement, ce dernier ne rentre véritablement dans le concert qu’à la moitié environ mais finira en acclamant le groupe de longues minutes. Au niveau setlist, on a droit à un mélange entre chansons à portée politique (le très bon « Parliament of Fools ») et chansons à boire comme « Anotherdrinkingsong » même si ces dernières sont en minorité, choix étonnant de la part de Skyclad. La performance est haute en couleur, notamment grâce aux interventions de la violoniste Georgina Biddle et à l’apport acoustique de Kevin Ridley et tout le monde pourra s’accorder sur le fait que cet intermède moins metal était parfaitement approprié à la soirée.

Skyclad, Kevin Ridley, 2017, machine du moulin rouge

Ensiferum


Si les albums récents d’Ensiferum manquent sensiblement d’intérêt (le petit dernier Two Paths ne fait pas exception), on est toujours ravi d’avoir l’occasion de voir les Finlandais en live. Depuis l’arrivée de Netta Skog dans le line-up, le groupe s’est hissé au sommet de son art sur scène et cet état de grâce ne semble pas vouloir s’arrêter depuis 2015. Sans surprise, le groupe arrive sur scène en jouant la lente et épique intro du tout nouvel opus, « Ajattomasta Unesta » avant d’enchaîner sur « For Those About to Fight For Metal » qui sur papier sentait quand même l’auto-plagiat à plein nez.

Les Parisiens qui attendaient un concert en tête d’affiche depuis un certain temps ne se font pas prier pour mettre une ambiance de folie dès les premières notes avec un moshpit continu pendant tout le set. Sans surprise, les quatre membres mobiles sont toujours aussi forts pour motiver leurs troupes et se font plaisir en balançant très tôt un « Two Of Spades » aux accents disco que l’on ne se lasse pas de retrouver en live.

Sami Hinkka, bass, ensiferum, 2017, paris

Jusqu’à présent, le point faible du groupe avait toujours été la mise en son mais cette fois, comme pour les premières parties, on peut distinguer absolument toutes les notes et c’est un vrai bonheur tant les musiciens sont talentueux et tant chaque membre est intéressant à voir jouer. Evidemment, il y a Sami Hinkka, l’un des tout meilleurs bassistes de la scène actuelle mais on peut aussi mesurer toute l’importance prise par Netta depuis son entrée dans le groupe il y a trois ans. En plus de jouer quasiment toutes les orchestrations et autres claviers sur son accordéon, la jeune femme a le droit au chant principal sur un titre, « Feast With Valkyries » juste après avoir bénéficié d’un chant d’anniversaire à la demande de Petri Lindroos.

Puisqu’on en parle, impossible de ne pas remarquer l’amaigrissement saisissant de Petri depuis deux ans. Heureusement, le frontman assure toujours à la guitare et au chant, laissant de plus en plus ses camarades Sami et Markus s’exprimer en chant clair et aux chœurs. Les nouveaux morceaux s’intègrent bien à la setlist même si l’ambiance devient électrique sur les classiques que sont « In My Sword I Trust » ou la pépite de dix minutes « Victory Song ».

Ensiferum, paris, 2017, concert

Mais au final ce qui fait un excellent concert, ce sont les petits détails. Malgré ses incessantes tournées, Ensiferum est toujours passionné par ce qu’il fait et attentionné avec ses fans, ça crève les yeux au contraire de bon nombre de groupes possédant le même statut (coucou Arch Enemy). Accueillant avec bienveillance les slammeurs arrivant sur scène ou prenant le temps de faire tourner sa setlist au fil des mois, les Finlandais n’ont strictement rien à se reprocher de ce point de vue. Un fan qui verrait le groupe plusieurs fois par an est assuré de voir un concert et des titres différents à chaque fois et même si cela engendre forcément des déceptions (pas de « Twilight Tavern » ou d’« Iron »), c’est un choix qu’on ne peut que respecter.

Petri Lindroos, Ensiferum, 2017, Paris

Pour son rappel, Ensiferum a gardé deux gros morceaux sous le coude : l’épique « From Afar », bande son parfaite de la bataille en cours dans le pit, et bien sûr « Lai Lai Hei » dont les paroles en finnois sont scandées par les connaisseurs. Le devoir plus qu’accompli, les Finlandais peuvent se retirer en laissant son public en sueur quitter la salle satisfait sachant sûrement qu’ils seront de retour d’ici six mois. Avec très peu de points encore à améliorer, la prestation live force en tout cas le respect et pourrait convaincre même les plus réfractaires à ce style de folk metal festif. Un groupe à aller voir les yeux fermés.

Netta Skog, Ensiferum, Accordion, 2017, Paris

Setlist:
Ajattomasta Unesta
For Those About to Fight for Metal
Two Paths
Two of Spades
King of Storms
Treacherous Gods
In My Sword I Trust
One Man Army
The Longest Journey (Heathen Throne, Part II)
Way of the Warrior
Feast with Valkyries
Tale of Revenge
Victory Song

From Afar
Lai Lai Hei

Photographies : © Nidhal Marzouk 2017
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe



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