Bad Tripes – Les Contes de la Tripe


Depuis 2009, Hikiko Mori et ses comparses de Marseille continuent à construire leur univers fantastique, délicieusement pervers, sanguinolent sans être gore, mi-Punk, mi-Métal, et élégamment décadent. Le troisième album de Bad Tripes s’intitule les Contes de la Tripe. Tout un programme, non?

Il est des albums qui marquent. Incontestablement, Bad Tripes vient de commettre un délit d’album majeur. Les Contes de la Tripe, c’est plus qu’une succession de morceaux. C’est un voyage dans un monde parallèle, un univers fantastique, série B, mélange de film d’horreur et de sexe au parfum  teinté d’hémoglobine. Un voyage dans des mondes parallèles, de fantasmes à l’arrière-goût acide, intelligemment distillés tout au long de ces 12 titres.

Troisième album pour Bad Tripes. 4 ans après « Splendeur et Viscères », Hikiko Mori, Seth, Siger et Kami ont eu le temps de réfléchir, de travailler, et de nous livrer un objet bien fini. Mélodies musclées, entre punk et metal, et textes mitonnés aux petits oignons, c’est un opéra en 12 morceaux. En 12 pièces plutôt. De boucher, bien saignantes, gourmandes. Plongées dans une luxure débridée, fantasmes sanglants, sur fond de contes pour grands enfants.

Prenons un morceau au hasard, « la Bouchère de Hannovre ». Un morceau de choix. Un véritable court-métrage à lui tout seul. Une production mijotée à souhait, des paroles à vif, à déguster encore frémissant. Clique, prend ta claque, on en reparle après.

L’univers de Bad Tripes est visuel. Cinématographique. Du sang, du sexe, parfois glauque (« Baby Porn »), parfois plein de fantasmes hémoglobineux (« F*ck me Freddy »), les Bad Tripes aiment chatouiller les bas-instincts, sans pour autant traverser la limite qui les aurait fait passer du coté gore. L’album instaure une atmosphère étrange, on est dans le meurtre joyeusement sanguin, dans le crime plein hémoglobine par nécessité, dans les affres de l’érotisme et des perversions pas toujours avouables.

Et malgré tous ces thèmes pouvant apparaître comme pesants, l’album n’est pas plombant. Bien au contraire, tu peux rentrer chez toi en sifflotant les mélodies, c’est du solide. Pas d’artifice inutile, la double-pédale n’est utilisée qu’avec parcimonie, bon escient et tous leurs copains, pour entamer un monstrueux « Nous Sommes Nombreux » par exemple. Guitare survitaminée, très gros son, efficace, sans fioriture inutile. Basse bien ronde. Et voix qui fait tous les registres, de la plus innocente à la saturation métalleuse, ingénue ou perverse. Avec une grande application à l’intelligibilité, et c’est tant mieux: il eut été dommage de passer à côté des textes, mis en valeurs par une production équilibrée.

Tu aimes, tu veux un deuxième extrait? Chance, Bad Tripes propose un deuxième clip à ton oeil affuté. Ou comment revisiter « Hansel et Gretel », un conte allemand, en le plongeant dans une atmosphère singulière… Regarde la fin de l’histoire, tu verras qu’il ne faut pas abandonner ses enfants, sinon ils ne seront pas contents, mais alors pas du tout !

 

Les Bad Tripes ont une page Facebook, et un site web.

Bad Tripes, Les contes de la tripe,
Sortie le 31/10/2017, auto-production.
Pour acheter, c’est ici.
 

 

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements