Testament (+Annihilator + Death Angel) au Bataclan (08.12.2017)


Près de dix mois auparavant, le thrash était déjà à l'honneur dans cette salle du Bataclan avec la venue de Kreator et Sepultura. En ce début décembre, c'est le thrash venu d'Amérique du Nord qui débarque avec les trois piliers du style que sont Testament, Annihilator et Death Angel. De quoi passer une soirée énorme en compagnie de monstres sacrés du genre, qui sont clairement venus botter les fesses du public qui s'est déplacé en nombre pour l'occasion.

 

Death Angel

Une partie de l'audience du soir n'a pas encore pénétré dans la salle lorsque le gang de San Francisco débarque sur les planches. La batterie de Gene Hoglan (Testament) est déjà montée sur l'estrade qui surplombe la salle, ce qui fait que la scène paraît sacrément réduite pour les membres de Death Angel. Mais cela ne semble pas déranger outre-mesure Mark Osegueda (chant) et ses compagnons, qui investissent bien l'espace, tout comme le spectre sonore.
 

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Le son est en effet puissant, parfois un peu écrasé sous les coups de butoir de Will Caroll (batterie), qui ne fait pas dans la finesse mais qui semble prendre un pied monstre à asséner ses rythmiques thrashy. Rob Cavestany (guitare) est également hilare sur scène, notamment lorsqu'il tente en vain d'envoyer l'un de ses médiators à un fan situé au balcon.

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Sur scène, l'énergie est bel et bien là, tout comme dans la fosse. Sans même réclamer quoi que ce soit, Osegueda obtient des circle-pits qui s'intensifient au fur et à mesure que la salle se remplit. Ça pogotte joyeusement dans la salle, bien aidé par la setlist qui alterne les titres récents issus de The Dream Calls for Blood ou de The Evil Divide, avec les classiques de la première heure ("Mistress of Pain") ou datant de la reformation du combo ("Thrown to the Wolves").
 

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Au final, Death Angel est une première partie de luxe pour ce concert et il n'en fallait pas beaucoup pour que le public parisien réserve un accueil très chaleureux aux Californiens, bien mérité au vu de la qualité de leur set.

Setlist Death Angel

Father of Lies
The Dream Calls for Blood
Claws in so Deep
Thrown to the Wolves
Mistress of Pain
The Moth

Annihilator

Décidément, depuis que Jeff Waters a repris le chant au sein d'Annihilator, le musicien à la crête est sur tous les fronts, pour le plus grand plaisir des fans du combo. En effet, tout juste après avoir sorti Suicide Society, puis le live Triple Threat, voici les Canadiens de retour avec For the Demented, un nouvel album à défendre sur les planches. Et c'est ce que Jeff et ses acolytes vont s'empresser de faire ce soir, dès le premier titre, "One to Kill". Dès les premières secondes, on sent un Waters très en jambe, qui dévale en courant la scène du Bataclan, mais également très en voix.
 

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Avec ce set, il est clair que le leader d'Annihilator a pris de plus en plus d'assurance derrière le micro, assurant un concert quasi-parfait d'un point de vue vocal. Les classiques d'Annihilator sont de sortie pour le grand plaisir des fans, comme ce "King of the Kill" sur lequel le public du Bataclan hurle le refrain.

Le sémillant guitariste est une vraie pile électrique ce soir, éclipsant comme souvent ses musiciens, pourtant très bons, à l'image d'Aaron Homma (guitare), qui laisse toutefois beaucoup de soli à Jeff Waters.

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Le set du soir se veut festif, le combo n'ayant que trois-quart d'heure pour convaincre, il délaisse les titres les moins efficaces de son répertoire, pour se focaliser sur du très bon. Jugez-en vous même : "Alison Hell", "Phantasmagoria" ou encore "Set the World on Fire", avec ces titres, l'ambiance dans la fosse est assurément là. La fosse pogotte avec le sourire, quand elle ne chante pas avec Waters (le refrain d' "Alison Hell" est d'ailleurs laissé à la foule qui s'exécute). Parmi cette setlist de classiques, les titres les plus récents ("Twisted Lobotomy" issu du dernier opus ou "No Way Out", tiré de Feast) ne détonnent pas non plus, et le set file tellement vite, que la surprise se lit sur les visages de l'assistance lorsque le leader charismatique annonce le dernier titre de la soirée.
 

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"Phantasmagoria" donne donc l'occasion de faire la fête avec le quatuor une ultime fois avant que les Canadiens ne laissent la place à la tête d'affiche de la soirée. Si certains en doutaient encore, le set de ce soir vient de démontrer une nouvelle fois qu'Annihilator est un grand nom du thrash nord-américain, malgré les incessants changements de line-up qui ont jalonné son histoire.

Setlist Annihilator

One to Kill
King of the Kill
No Way Out
Set the World on Fire
W.T.Y.D.
Twisted Lobotomy
Alison Hell
Phantasmagoria

Testament

 

Le dernier album de Testament ne nous a pas laissé de marbre et il nous tardait d'assister à la première prestation parisienne du combo en tête d'affiche depuis la sortie de Brotherhood of the Snake. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le quintet a mis les petits plats dans les grands, en témoigne l'imposante scénographie qui nous fait face, avec la batterie de Gene Hoglan qui domine l'ensemble de la scène sur une estrade particulièrement haute.
 

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Sans surprise, c'est "Brotherhood of the Snake" qui ouvre le bal, avec sa rythmique rapide et ponctuée par le chant presque growlé de Chuck Billy. Que d'énergie sur scène ! Steve DiGiorgio semble intenable, n'hésitant pas à monter sur l'estrade auprès de son ex-acolyte dans Death. A ce propos, il est indéniable qu'avec une telle section rythmique, Testament tient là le line-up le plus flamboyant de son histoire. Eric Peterson semble plus en retrait que ses compagnons, mais Alex Skolnick fait le show pour deux, montant sur les petites estrades d'avant-scène, pour le plus grand bonheur des photographes. Enfin, Chuck Billy, toujours très en voix ne peut s'empêcher de faire du air-guitar avec son pied de micro (qui ressemble par instant à un sabre laser lorsque celui-ci s'illumine). Et lorsqu'il chante, le vocaliste inonde toute le monde par sa classe et son charisme.
 

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Avec "Rise Up", tiré du très bon Dark Root of the Earth, Testament enfonce le clou, ne laissant aucun répit à la fosse qui enchaîne circle-pit sur mosh. Et ce n'est "The Pale King", second extrait de Brotherhood Of the Snake, qui va faire redescendre la pression. C'est d'ailleurs l'occasion de voir que cet opus est décidément taillé pour la scène, et que ces titres ne font pas tâche à côtés de "Practice What You Preach", "Over the Wall", "More than Meets the Eye" ou "Into the Pit". Ce dernier est d'ailleurs précédé d'un solo de Skolnick, un peu long à notre goût, mais qui fait toujours son effet en live, ne serait-ce qu'en raison des poses adoptées par le guitariste à la mèche blanche.
 

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Lorsque la poudre parle à nouveau, c'est avec toute la puissance dont Testament est capable, notamment impulsée par les kicks de grosse caisse de l'imposant Gene Hoglan, décidément maître en la matière. Avec une telle débauche d'énergie, on ne voit pas le temps passer et malgré les deux groupes précédents qui ont déjà bien mis le public sur les rotules, la fosse ne faiblit à aucun instant. Si bien que l'on est surpris lorsqu'à l'issue de "The New Order", le quintet s'éclipse un court instant, avant de revenir pour le rappel.
 

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Certes, ce dernier est composé d' "Over the Wall" et de "Disciples of the Watch", mais nous regrettons que d'autres titres de Brotherhood of the Snake, ou même de son prédécesseur n'aient pas été interprétés. En effet, au bout de seulement une heure vingt, les lumières se rallument dans le Bataclan. Testament a délivré, comme à son habitude, une très grande prestation, en étant irréprochable techniquement, scéniquement ou encore dans la communication avec ses fans. Ajoutons à cela un jeu de lumière qui nous a clairement bluffé (chose relativement rare pour être ici soulignée), et il est certain que c'est un public heureux qui ressort de la salle. Cette soirée nous a permis de passer une excellent moment avec la fine fleur du thrash nord-américain, chacun de ces groupes n'ayant décidément rien à envier aux groupes constituant le Big Four du style.
 

Setlist Testament

Brotherhood of the Snake
Rise Up
The Pale King
More Than Meets the Eye
Alex Skolnick Solo
Electric Crown
Into the Pit
Souls of Black
Low
Stronghold
Practice what you Preach
The New Order
Over the Wall
Disciples of the Watch

Nous adressons un grand merci à Valérie Reux de Nuclear Blast qui nous a permis de relater cette très belle soirée.

Crédits photos : © Tiphaine Zanutto 2017.
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe



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