Epica (+Vuur & Myrath) au Stereolux – Nantes – le 17.11.17

Le metal symphonique a cette particularité de rassembler ou de diviser. Certains y voient un sous-genre du metal, tandis que d'autres y perçoivent une évolution. Qu'à cela ne tienne, la salle Maxi du Stereolux de Nantes est bien remplie pour accueillir le combo hollandais Epica. Mais avant que ne commencent les hostilités, des invités de marque sont venus se présenter à la foule... ou fêter leur retrouvailles.

 

Myrath

 

Des retrouvailles, oui. Pour Myrath, cette région ne leur est pas inconnue, puisque le groupe tunisien avait fait une prestation de qualité au dernier Hellfest de Clisson. Mélangeant avec ingéniosité des sonorités orientales à des riffs metal, la bande menée par le chanteur Zaher Zorgati, fait son apparition sur scène après une introduction effectuée sur une danse folklorique, créant une ambiance de soleil et d'onirisme sur le fond sonore de "Jasmin", titre issu de leur dernier opus Legacy.

 


Le groupe assure le show, avec seulement cinq morceaux ! L'incontournable "Believer" enchante les spectateurs, tandis qu'il s'amuse à jouer avec le public en fin de concert, faisant participer la fosse à un échauffement des cordes vocales pour accueillir les prochains intervenants.



La fosse, oui, car cette salle nantaise dans laquelle de nombreux artistes metal viennent se produire, et même enregistrer leur live (Sabaton ici) propose une configuration qui plaira à tout le monde : une fosse aérée et spacieuse, un balcon en forme de U pour admirer le concert debout, mais avec une vue dégagée sur la scène, et des gradins pour s'asseoir confortablement et admirer le spectacle.
 


Cette parenthèse étant fermée, il est temps de laisser Myrath, qui assure à la foule de Nantes qu'ils reviendront. Ce sera en mars 2018 au Ferrailleur. En attendant, la danseuse orientale vient faire tomber le rideau, une rose se reflétant sur le backdrop, avant que le nouveau groupe de Anneke Van Giersbergen ne viennent mettre le "Vuur" ("feu" en néerlandais, NDLR).
 


Setlist :

    1. Intro : Jasmin
    2. Believer
    3. Get Your Freedom Back
    4. Storm of Lies
    5. Merciless Times
    6. Beyond the Stars

VUUR


Anneke Van Giersbergen... Si vous ne connaissez pas ce nom, nous avons son CV : chanteuse pour le groupe de rock The Gathering dont elle écrit la plupart des textes et collaborant avec Napalm Death ou encore Moonspell, elle quitte son groupe en 2007 pour se consacrer à son projet solo Agua De Annique. Après plusieurs apparitions dans divers groupes, elle fonde avec Arjen Lucassen : The Gentle Strom en 2014. Ce n'est que fin 2016 que la chanteuse annonce la création de Vuur, avec un line-up prêt à l'emploi : le batteur Ed Warby (Gorefest, Ayreon, Hail of Bullets), les guitaristes Jord Otto (Propane, ReVamp) et Ferry Duijsens ainsi que le bassiste Johan Van Stratum (Stream of Passion).
 


La bande vient donc présenter leur premier opus, In This Moment, We Are Free – Cities. Cet album se concentre sur les villes visitées par Anneke et leur pouvoir sur elle. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce dernier sera très bien représenté ce soir. Plus vif, plus lourd, l'entrée en scène du combo réveille la salle du Stereolux, les sourires se lisant sur le visage de chaque musicien...et de leur frontwoman, Anneke Van Giersbergen.
 


Les morceaux s'enchaînent dans un style puriste, reflétant les qualités techniques de ces musiciens maintenant en recherche d'identité. Il semblerait que cela soit trouvé. Le voyage se fait au travers de cinq villes ce soir : Santiago, Berlin, Istanbul, Londres et Helsinki. Malgré un backdrop ne laissant paraître que peu de sentiment, les lumières chaudes et unies permettent une immersion totale dans cette expérience visuelle et sonore inédite.
 


On regrettera même les deux incursions de "The Storm" (cover de The Gentle Storm) et "Strange Machine" (cover de The Gathering) qui concluront ce set puissant et nerveux.

Sans être transcendant, Vuur a montré des qualités indéniables, et c'est avec plaisir que l'on reviendra les voir...en décembre, sur Paris, en tête d'affiche cette fois.

Setlist :

    1. Sail Away - Santiago
    2. My Champion - Berlin
    3. The Storm (The Gentle Storm cover)
    4. Save Me - Istanbul
    5. Days Go By - London
    6. Your Glorious Light Will Shine - Helsinki
    7. Strange Machines (The Gathering cover)
 

EPICA
 

Les lumières s'éteignent tandis que les premières notes de "Eidola" se font entendre. Epica est en forme ce soir, et cela va se voir ! Après un concert dans un Zénith de Paris plein à craquer en février dernier, les Néerlandais remettent le couvert en France avec une petite nouveauté : l'arrivée de The Solace System leur nouvel EP sorti en septembre 2017.
 


Les plaignants du concert de Paris seront ravis, car Simone Simons est en voix, donnant de sa personne et gardant cet ADN qui fait de Epica un groupe de metal symphonique bien à part. Le claviériste Coen Jansen est intenable, jouant tout en grimaçant aux premiers rangs sous couvert d'humour et de partage avec eux. Son clavier est maintenu sur un plateau roulant, lui permettant de faire des allers-retours sur les deux côtés de la scène. On peut difficilement mieux occuper l'espace d'une scène !
 


Pourtant, ce dernier fera encore mieux avec un clavier portable lors de l'exécution de "Dancing in a Hurricane", offrant aux spectateurs accrochés à la crash barrière un duo avec Simone de toute beauté et d'une grande émotion.

Pendant que ce dernier ne soufflera pas une minute pendant le set, Mark Jansen assurera ses parties vocales avec brio, ses growls s'harmonisant toujours parfaitement avec la voix épique de Simone. Le son est par ailleurs excellent, sans être surélevé (on notera une moyenne à 95 Db, ce qui peut paraître faible pour un concert...et pourtant, personne ne s'en est aperçu). Au-delà de sa voix, Mark secondera à la perfection Isaac Delahaye, dont les solos se feront bien rares, mais sa bonne humeur et son contact avec la foule combleront bien assez ce détail.



Les deux derniers opus (The Holographic Principle et l'Ep The Solace System) seront bien représentés, sans effacer les titres iconiques de la bande : "Cry For The Moon" ou "Consign To Oblivion" ne pouvant être réduits à un simple souvenir.

Alliant avec réussite ces mélanges d'époques, l'exercice permet, outre le plaisir de ré-entendre ces morceaux cultes, le constat de l'évolution musicale des Néerlandais. Le côté épique ne les quittera certainement pas, et grand bien leur fasse. Mais cette nouvelle part d'ombre leur va aussi à ravir, sublimant les concerts par des éclairages plus naturels et directs, même si l'on ne peut se passer d'effets stroboscopiques ou encore de jets de fumées, devenus un atout facile pour les groupes, la plupart des salles de spectacles acceptant ce type d'artifices (à défaut des jets de flammes, qui sont entourés d'une toute autre législation).
 


Au final, on appréciera la sincérité et l'énergie délivrée par Epica. Les premières parties étaient agréables, et les nouveaux titres de la tête d'affiche passent très bien en concert. L'idée de faire ce tour de province est à féliciter, en espérant que de nombreux groupes tireront exemple de cet attachement à leurs fans.

Setlist :
 

  1. Eidola
  2. Edge of the Blade
  3. Sensorium
  4. Wheel of Destiny
  5. The Essence of Silence
  6. Universal Death Squad
  7. Ascension - Dream State Armageddon
  8. Dancing in a Hurricane
  9. Victims of Contingency
  10. Unchain Utopia
  11. Cry for the Moon
  12. Sancta Terra
  13. Beyond the Matrix
  14. Consign to Oblivion
 

 
Merci à Veryshow pour les accréditations.
Merci à la salle du Stereolux pour son accueil.

Photos by ©JeremBzh. Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
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