Orphaned Land – Unsung Prophets & Dead Messiahs

Après avoir fêté son quart de siècle, Orphaned Land revient avec le même but : établir la paix entre les peuples et les religions. Pour ça, trois outils : le metal oriental, le bon gros growl et des guests de qualité, Hansi Kürsch de Blind Guardian, Steve Hackett et Tomas Lindberg d’At The Gates. Unsung Prophets & Dead Messiahs est le sixième album du groupe israélien (septième si l’on compte Kna’an) et explore des hymnes plus progressifs que les précédents. Et à la question, est-ce que le groupe s’en sort sans Yossi Sassi ? Les treize titres de l’album apportent une réponse claire : OUI.  

Pour ce nouvel album, Kobi Farhi s’est inspiré du concept philosophique de la caverne de Platon afin d’illustrer une humanité qui « accepte son statut d’esclave et refuse de voir la lumière« . De « The Cave », première chanson directement inspirée du mythe, jusqu’à l’épilogue, le groupe raconte ainsi le destin des « messies morts« . Kobi cite ainsi Gandhi, Martin Luther King ou Jésus Christ, des « révolutionnaires » condamnés ou tués par ignorance. De l’autre côté, le groupe évoque les « Unsung Prophets« , des hommes dont la parole est visionnaire, « Edward Snowden, Aldous Huxley, George Orwell avec 1984… ». L’album finit sur le texte « Songs of bravery, will always be new songs, forever »,  les paroles d’une chanson de Victor Jara, un chanteur chilien tué par le gouvernement en 1973.
 

Kreator en special guest


Niveau revendication, Orphaned Land est donc sans surprise à son meilleur niveau. Musicalement, Unsung Prophets & Dead Messiahs est le premier album composé sans Yossi Sassi, le guitariste fondateur. On pouvait donc se demander à quoi allaient ressembler ces nouvelles compositions, et ce qu’allait apporter Chen Balbus, guitariste depuis 2012. Après plusieurs écoutes, Unsung Prophets se révèle en fait bien plus complexe qu’All Is One. Le groupe explore des rythmes plus progressifs, en y mêlant toujours des rythmes orientaux. L’album alterne ainsi entre des compositions assez classiques, comme « Like Orpheus », avec d’autres plus subtiles. « Chains Fall to Gravity », en plein milieu de l’album, est une montée en puissance progressive de neuf minutes. Ce morceau propose parmi les plus belles mélodies de l’album, jusqu’à un magnifique solo de Steve Hackett, composé en échange de la participation de Kobi sur son opus The Night Siren.
 

Les ingrédients de la paix dans le monde : une pyramide en 3D et un ciel mal incrusté


L’album ne se prive pas non plus niveau chœurs. Ils sont partout, pour renforcer le côté épique, comme sur « The Cave », ou mélancolique, sur « The Manifest ». À noter aussi un bon nombre de détails, phrases narrées, bruitages, qui se découvrent au fil des écoutes.

L’album signe aussi le grand retour du growl, après une présence très discrète sur All Is One. Unsung Prophets est entrecoupé de compositions agressives, dont les excellents « We Do Not Resist » et « Only The Dead Have Seen The End Of Ward », avec Tomas Lindgren (At The Gates). On sent un Kobi plus amer, énervé, et les morceaux réveillent bien l’album après plusieurs pistes sur des rythmes calmes.
 


Orphaned Land ouvre donc très bien l’année 2018. Là où All Is One se voulait clair et concis, Unsung Prophets & Dead Messiahs se montre plus complexe. Le message comme les compositions sont moins évidentes, plus travaillées, et se réécoutent de nombreuses fois pour en découvrir tous les détails.

Sortie le 26 janvier 2018, tournée en février et mars à Paris, Nantes, Montpellier et Pagney.

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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