Kreator (+ Vader + Dagoba) au 106 à  Rouen (13.01.2018)

Un an après avoir présenté les nouveaux titres de Gods of Violence à Paris, c’est au tour de la province de pouvoir prendre sa ration de Kreator en live. Et pour cette tournée, les Allemands ont gâté les spectateurs des cinq dates françaises prévues, puisque Vader et Dagoba se sont joints à la fête. Nous étions présents à l’étape rouennaise de la tournée pour témoigner de l’arme de destruction massive que constituent ces trois groupes sur scène.

Dagoba

 

Le 106 est à peine rempli de moitié lorsque résonnent les premières notes de « The Beginning », tiré de la bande originale de Bram Stoker’s Dracula. Introduction annonçant l’arrivée du groupe français sur la scène aux couleurs de son dernier album, Black Nova. Mais c’est bien « I Reptile » qui ouvre le court set après les quatre coups de charley de Nicolas Bastos, titre en provenance de l’excellent Post Mortem Nihil Est.

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Les musiciens sont en place et on se doute que pas mal d’yeux sont tournés vers Richard De Mello, fraîchement arrivé dans le groupe suite au départ de JL il y a quelques semaines. Celui qui n’a plus rien à prouver, c’est bien Shawter et cette capacité à se mettre son public dans la poche en un temps record. Le chanteur se fend d’un sobre « ROUEN » avant d’entamer les paroles de « I Reptile ». Le son est massif mais manque d’un peu d’équilibre, notamment au niveau de la basse de Werther. Un constat qui n’a pas l’air de déranger ce dernier qui montre un plaisir plus qu’évident et gambade partout sur la scène du 106.

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Réputé pour ces punchlines efficaces, Shawter balance « Je vois que y a des baraqués dans la fosse, foutez-moi le bordel », un appel au pogo et au circle-pit qui n’est malheureusement pas suivi, mais l’on sent une certaine montée en puissance de la part de l’assemblée. Effet probablement provoqué par la construction du morceau « The Man You’re not ». Alors que vaut ce nouveau guitariste à l’air plutôt juvénile ? Eh bien il n’y a pas grand-chose à dire aussi bien sur le jeu que l’attitude de Richard, ce dernier faisant preuve d’une attitude et d’une concentration exemplaires. Sans dire qu’il a toujours fait partie de Dagoba, on peut sans problème affirmer que le jeune homme a plus que gagné sa place auprès du public qu’auprès de ses compères, Werther venant régulièrement jouer et rire à ses côtés.

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Le concert finit par exploser sur « Inner Sun », le circle pit tant attendu se met en place et c’est une excellente ambiance qui accompagne le (court) set de Dagoba. La petite fan base reprenant de bon cœur les paroles des six titres joués ce soir et les autres spectateurs jouant le jeu et encourageant la formation tricolore. « Heureux d’être Français et de se sentir français en France », Shawter remercie la foule et les autres groupes de l’affiche. Face à l’assemblée plutôt modeste présente au début du set, on est tenté de se dire que Dagoba s’est contenté de voir le verre à moitié plein, mais que nenni. C’est une immense pinte que le combo a rempli, grâce à une setlist percutante, un plaisir palpable et une certaine humilité. Merci pour cette belle mise en bouche, messieurs !

Karnogal 
 

Setlist Dagoba: 

I, Reptile
The Man You’re not
Inner Sun
When Winter…
The Sunset Curse
The White Guy  

Vader

 

Vingt-cinq ans de violence scénique, et pas une année de moins pour Vader ! En effet, lors de cette tournée, les Polonais menés de main de maître par Piotr « Peter » Wiwczarek fêtent la sortie de The Ultimate Incantation, leur premier opus. Et c’est l’intégralité de l’album (réédité spécialement pour l’occasion sous le nom Dark Age) qui va être interprété au cours de la soirée. Un beau cadeau aux fans de la première heure, en somme ! Mais c’est un public de connaisseur qui va manifester son enthousiasme devant les classiques que sont « Crucified Ones », « Dark Age » ou encore « Vicious Circle ». En effet, la majeure partie du public ne semble pas connaître ces hymnes du death metal et réserve un accueil chaleureux mais pas démesuré au groupe.

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Pourtant, les compositions sont efficaces en live, et sur scène Spider (guitare) se démène pour aller à la rencontre des premiers rangs, tandis que Piotr communique entre les titres, en faisant usage de quelques termes en français. Techniquement, le line-up actuel de Vader est irréprochable et la musique du groupe suinte la haine et la violence par tous les pores. Les riffs sont acérés, la batterie de James Stewart martèle tout sur son passage, et le chant de Piotr est parfaitement maîtrisé, profond et puissant.

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Ce n’est que vers la fin du set que le public se réveille enfin, en se lançant dans quelques circle pits pourtant réclamés maintes fois par Spider.  Avec une setlist taillée pour le live, un son propre comme on en a rarement eu au 106, et surtout le charisme de son leader, Vader a célébré de la plus belle des façons l’anniversaire de son premier méfait, pour notre plus grand plaisir.

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Setlist Vader :

Dark Age
Vicious Circle
The Crucified Ones
The Final Massacre
Testimony
Chaos
One Step to Salvation
Demon’s Wind
Decapitated Saints
Breath of Centuries

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Kreator
 

Avec ses deux derniers opus studios, la bande à Mille Petrozza a placé la barre très haut. En effet, si Gods of Violence est un petit bijou (étonnamment sorti après une carrière bien remplie), Phantom Antichrist, son prédecesseur, n’en est pas moins un opus de grande qualité. Et cela fait plaisir de voir que les Allemands continuent d’en être fier, en choisissant d’interpréter le titre éponyme en ouverture de ce concert au 106. Dès les premières notes, « Phantom Antichrist » met tout le monde d’accord, et surtout la fosse sans dessus-dessous. A croire que pendant Vader, l’audience s’économisait pour réserver un accueil parfait à Mille Petrozza et ses acolytes.

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Tout comme pour Vader auparavant, le son est d’une propreté rare, et permet d’entendre chacun des musiciens dans le mix. Et quelle joie, tant les soli de Sami Yli-Sirniö complètent parfaitement les rythmiques affutées de Mille Petrozza ! D’ailleurs, en dépit d’une scène plus petite que lors du passage parisien de Kreator l’an dernier (exit la rampe d’accès qui surmontait la batterie de Ventor, seuls les quatre écrans ont été conservés), Sami et Christian Giesler (basse) occupent bien l’espace et échangent régulièrement leur place pour aller taquiner les premiers rangs.

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Comme l’on pouvait s’y attendre, le combo met en avant ses deux derniers albums, enchaînant les brûlots qui recueillent un chaleureux accueil dans le pit. On s’aperçoit d’ailleurs rapidement que ces nouveaux titres font figure de classiques et sont repris en choeur par les spectateurs : « Satan is Real » est scandé par le public du 106, tout comme le refrain de « Hail to the Hordes ». De même, « Civilization Collapse » recueille un beau succès à l’applaudimètre. Le public joue clairement son rôle de cinquième homme, ne faiblissant à aucun moment et enchaînant les slams, circle pits et wall of death parfois sans répit. A ce sujet, on ne peut passer sous silence le moment gênant de la soirée : sur « From Flood into Fire », l’un des rares titres mid-tempo joué ce soir, les spectateurs se séparent en deux pour préparer un wall of death, les deux parties se faisant face pendant bien trois (très) longues minutes, hésitant à démarrer leur charge, avant de finalement se lancer au moment du solo…Epique !

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Petrozza a d’ailleurs bien compris que l’audience est en forme, et joue le jeu de « qui hurlera le plus fort entre le fond de la salle et le premier rang » avant de se lancer dans un « Flag of Hate » dantesque. « Total Death », également issu d’Endless Pain, le premier opus de Kreator, permet au groupe de se lancer dans une cavalcade endiablée avec un up-tempo sur lequel Ventor peut montrer toute l’étendue de son talent. Dans le pit, les slams s’enchaînent, toutefois gâchés par un service de sécurité débordé et incompétent, qui au lieu de réceptionner les slammers, les repoussent violemment dans le public !

La fin du set approche et Kreator nous surprend avec « Totalitarian Terror », issu de Gods of Violence, qui n’avait pas été joué lors du premier leg du groupe, et qui fait figure d’inédit sur cette tournée. Rapide, thrash, épique mais toujours mélodique, ce titre est l’un des meilleurs du dernier opus et semble parfait pour conclure le set.

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Les musiciens s’éclipsent quelques minutes avant de revenir pour achever le public, en nage étant donné la chaleur écrasante et l’ambiance dans le pit. Pour cela, rien de mieux que le classique « Pleasure to Kill » qui déchaîne une fois de plus les foules. « Fallen Brother » est ensuite l’occasion de rendre hommage aux musiciens qui nous ont quittés. Petrozza nomme d’ailleurs Lemmy, mais également Fast Eddie Clarke, guitariste de Motörhead, décédé deux jours auparavant. Sur ce titre, les quatre écrans diffusent des images de Phil Lynot, Lemmy, Cliff Burton ou encore Jeff Hanneman et Amy Winehouse.

Après deux heures de concerts, et un « Betrayer » en guise d’au-revoir, le set s’achève enfin. Kreator a été généreux ce soir, les musiciens ne s’étant pas économisés, face à un public plus que déterminé à mettre une bonne ambiance. Si 2018 ne fait que commencer, nous tenons peut-être déjà là le concert de l’année !

Setlist Kreator :

Phantom Antichrist
Hail to the Hordes
Enemy of God
Satan Is Real
Civilization Collapse
People of the Lie
Flag of Hate
Phobia
Gods of Violence
Total Death
From Flood into Fire
Hordes of Chaos
Violent Revolution
Totalitarian Terror

Pleasure to Kill
Fallen Brother
Betrayer

Merci à Valérie Reux de Nuclear Blast qui nous a permis de relater cette belle soirée
Merci à Karnogal, auteur du report de Dagoba.
Photographies : © Nidhal Marzouk 2018
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe.



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