Hard Rock Session à  la Foire aux Vins de Colmar (05.08.2012)

La foire aux vins de Colmar, lieu de convivialité, de détente et où l’on peut déguster de délicieux plats alsaciens et du … vin, fête sa 65ème année. Et pour cet anniversaire si particulier, quoi de mieux qu’une Hard Rock Session où sont invités des ténors du metal à chant féminin, ainsi que deux grands groupes français du heavy metal ? C’est donc dans cette ambiance chaleureuse et festive qu’Unna et moi-même nous sommes rendus sur place.

Hard Rock Session 2012

LONEWOLF

Pour ouvrir cette foire aux vins, ce sont les grenoblois de Lonewolf qui s’y collent. Après une récente signature sur le prestigieux label Napalm Records, et la sortie d’Army of the Damned chroniqué dans nos pages, ils viennent pour défendre ce brûlot, et aussi nous montrer que la France en a aussi dans le ventre en metal.

Pourtant, ça démarrait mal. Car les balances ne jouaient pas en la faveur de la formation et de son heavy metal pêchu, la voix étant noyée dans le mixage et les guitares placées bien trop en avant.
Ces problèmes de son auraient pu s’avérer gênants. Non, finalement, ce ne sera pas le cas, on détaillera plus bas. On regrettera peut-être aussi un manque de mobilité de la part de Jens Börner, le chanteur / guitariste, qui se rattrape sur d’autres points.

Premièrement, ils sont souriants et communicatifs, et ça fait plaisir de voir qu’en dépit d’un son parfois merdique (et c’est peu dire), ils gardent la bonne humeur, le sourire et un côté très accessible envers un public qui n’est pas acquis à leur cause (leur heavy pêchu tranche beaucoup avec le metal symphonique d’Epica ou Nightwish, mais bordel que ça fout la pêche). La fosse, elle, réagit ainsi très bien, en répondant présente aux appels du combo. Et force est de constater que le professionnalisme, ils l’ont, et que les moyens sont là pour gagner en notoriété.

Lonewolf

Si les ficelles musicales, ainsi que le chant, restent parfois un tantinet linéaires, on saluera des hymnes taillés pour la scène, qui emportent l’adhésion immédiatement. De l’excellente « Viktoria » tirée de The Dark Crusade à « Army of the Damned », tout passe comme une lettre à la poste, et nous permet d’apprécier des refrains accrocheurs, que l’on scandera avec eux, sans bouder le plaisir
ressenti, bien évidemment.

Quant au chanteur, il compense le manque de modulation par une puissance imparable et un timbre assez agréable, qui sied totalement au genre. Grave, ravageur, il ne perd pas sa bonne humeur, tout comme le reste du groupe d’ailleurs. Un point à souligner, d’autant plus que l’ensemble du set fut de très bonne tenue, montrant un groupe uni, soudé, et qui maîtrise à merveille son domaine. A noter également la présence d’un batteur de session, du groupe Syr Daria, qui s’en est très bien sorti !

Lonewolf démarre ce festival sur les chapeaux de roue avec une excellente prestation. Si les problèmes de son ne jouent pas toujours en faveur des français, la qualité de titres taillés pour la scène rattrapera largement le tout. A revoir, bien sûr !

Setlist :

Lonewolf
Warrior Priest
Hellbent For Metal
Army Of The Damned
Viktoria
S.P.Q.R
Made In Hell

Lonewolf

(L’avis de Unna) :
Les grenoblois de Lonewolf et leur heavy metal rapide et pêchu ont eu la lourde tâche de débuter cette soirée. Malgré une bonne prestation des français (particulièrement du batteur alsacien Christophe BRUNNER du groupe Syr Daria, remplaçant le batteur original) et une musique dynamique, la balance sera le gros défaut de ce premier concert. On ne pourra donc pas pleinement profiter de ce concert, malheureusement.

NIGHTMARE

Nightmare, second groupe français de la soirée, prend la relève après Lonewolf qui a malheureusement dû jouer avec une balance particulièrement mauvaise. Heureusement, bien que pas exceptionnelle, elle sera tout de même bien meilleure maintenant. Le désormais vieux et légendaire groupe de heavy metal, né tout à la fin des années 70, nous a proposé une musique plus contrastée que le groupe précédent, alliant des chansons plus mid-tempo à des samples de claviers par-ci par-là plutôt convaincants.

Nightmare

Nightmare, un show décoiffant

Mais le plus impressionnant sera le chanteur, encourageant le public à tout va, et chantant parfaitement bien. C’est lui qui fera la plus gros du show, et le rendu final est particulièrement intéressant vu des gradins. Malheureusement, les chansons s’enchaînent et se ressemblent un peu. Cet air de déjà-vu est principalement dû aux riffs de guitare simples et à une section rythmique assez en retrait, absente. Au contraire, les mélodies vocales étaient elles intéressantes, travaillées et efficaces. Nightmare nous a donc proposé une prestation de qualité mais un peu linéaire.

Nightmare

(le mot de Sanguine_Sky sur Nightmare) : Un chant absolument excellent, mais des titres qui parfois ont du mal à passer le cap de la scène, la faute à quelques redondances. Enfin, globalement, ça reste tout à fait sympa, et j’ai passé un bon moment.

Setlist :

The Preacher
Sunrise in Hell
Eternal Winter
Children of the Nation
The Gospel of Judas
Crimson Empire

EPICA

Epica sera le premier groupe à entamer la seconde partie, symphonique, de la soirée. Le public commence à s’agglutiner dans la fosse quand l’introduction de Requiem For The Indifferent retentit, suivie par « Monopoly On Truth ». On retrouvera tout au long de la prestation d’une bonne heure des titres de tous leurs albums, autant du dernier et de l’excellent Design Your Universe, que d’albums plus anciens (The Phantom Agony, Consign To Obivion, The Divine Conspiracy).

Epica

Avant que les détracteurs ne s’attaque directement à Simone, il est important de préciser que sa prestation (autant vocale que scénique), était plutôt bonne. D’ailleurs, la prestation générale du groupe était sympa : la communication avec le public était permanente, notamment grâce à Mark, guitariste et growleur du groupe, et Coen, le claviériste, toujours prêt à venir au devant de la scène pour encourager le public. Simone n’était pas en reste, participant activement au show en headbanguant régulièrement.

Le groupe a su s’approprier la scène, et la prestation technique était plutôt pro, bien que Simone ait eu des problèmes vocaux. Évidemment, la frontwoman n’a plus la même voix qu’à l’époque des premiers albums du groupes. Ceci dit, sa performance vocale était loin d’être mauvaise, malgré des difficultés à gérer son souffle. Certaines fin de phrases passaient parfois à la trappe. De même, bien que la présence de « Cry For The Moon » dans la setlist était appréciable, Simone eu un peu de mal sur les sections vocales les plus hautes.

La diversité de la setlist et le choix des chansons étaient judicieux, allant de titres plutôt calmes à d’autres plus énervés (« Martyr Of The Free World »), d’autres plus anciens et plus folkloriques (« Sancta Terra »), enfin d’autres plus progressifs (« Consign To Oblivion »). Bref, une prestation bonne, ni exceptionnelle, ni désastreuse : un plaisir de les revoir pour les plus connaisseurs.

Epica

(le mot de Sanguine_Sky sur Epica) : Le moins bon groupe me concernant, mais une prestation restant honnête. Simone en galère sur les quatre premiers titres, mais remontant à peu près le niveau par la suite. Mais bon, l’attitude « regardez-moi » de la demoiselle ne m’a pas plu des masses. Heureusement, pas mal d’anciens titres, un groupe apparemment heureux d’être là, bien que dans les gradins, ça ne semblait pas être la joie. Un regret : pas de « The Obsessive Devotion ».

Setlist :

Karma
Monopoly on Truth
Storm the Sorrow
Unleashed
Martyr of the Free Word
Serenade of Self Destruction
Cry for the Moon
Sancta Terra
Consign to Oblivion

WITHIN TEMPTATION

« Within Temptation, c’est de la pop, ça n’a rien à faire dans un concert metal ».

Réaction Ô combien commune actuellement, comme si leur cracher dessus était devenu une mode. Pourtant, ce soir là, Within Temptation a bien prouvé, du début à la fin, qu’ils assuraient leur show comme des bêtes et mettent un bon coup de pied dans le popotin des détracteurs.

Parce que Within Temptation en live, ça dépote. Oui, certes, ils gardent le côté plus « rock » de leur dernier album, ce qui n’empêche en rien aux néerlandais de prouver qu’ils en ont encore en réserve, et de se faire bien plus heavy s’il le faut, c’est à dire plutôt régulièrement, en fait. En live, Within Temptation envoie bien plus que sur CD, et apportent énormément d’énergie, bien plus de puissance, et surtout, un enthousiasme incroyable.

Within Temptation

Car la formation est heureuse d’être là, et ça elle vous le fait bien savoir ! Sharon est particulièrement communicative, invite le public à chanter et jouer avec elle, tend la main régulièrement, reste souriante, et plus motivée que jamais. Que ce soit par des petits sauts, des headbangs, son côté chaleureux qui irradie littéralement le combo, tout y est fait pour que l’on entre dans l’univers de Within Temptation. Force est de constater que non seulement, on se laisse prendre au jeu très facilement, mais que la réaction du public est plus que positive, tant les applaudissements et les hurlements de joie se multiplient.

Sharon est une bête de scène, tant dans son attitude que dans son chant, qu’elle réussit finalement à merveille. Pour ceux qui ont des craintes de ne pas la voir assurer sur scène, oubliez cela très vite, bien au contraire : sa justesse et son charisme sont deux atouts absolument énormes chez cette chanteuse. Si elle ne se risque pas toujours aux choeurs et à certaines parties très hautes, elle fait le reste avec beaucoup de maîtrise. Elle tient la scène de main de maître, bougeant énormément et montant aussi sur le décor, rejoindre son ami batteur. Un bémol ? Peut-être sa tenue … non même pas en fait, ça lui donnait un petit côté fée, très mignon.

Même si les compositions du groupe ne sont pas forcément les plus intelligentes qu’il existe, sur scène, elles deviennent des tubes en puissance. Bon, on passera sous silence la toujours aussi immonde « Sinéad ». De même, « What Have You Done » reste un choix plutôt dispensable car c’est bien mignon d’avoir Keith Kaputo qui chante sur des écrans (vive les samples quoi), mais bon, c’est pas très utile non plus. Mais des titres plus banals comme « Angels » ou « Stand My Ground » prennent une atmosphère autre en live. Ils deviennent des bombes, purement et simplement. Et que dire d’un « Iron » à la puissance dévastatrice, de la magnifique « Ice Queen » et, surtout, de « Mother Earth » en guise de parfaite conclusion. Même « Neverending Story », ballade touchante, trouvera sa place.
Oh et n’oublions pas de mentionner l’écran géant diffusant des clips et autres imagines filmiques de The Unforgiving. Et une longue introduction au début.

Ce soir là, le show de la soirée, c’est bien Within Temptation. J’avais adoré Lonewolf, mais les néerlandais viennent de me coller une claque, et l’enthousiasme et la motivation du public ne mentent pas quant à la performance du groupe : la meilleure de la soirée, et de loin. Les concurrents ont encore du chemin à faire, car Within Temptation est un vrai rouleau compresseur.

Within Temptation

L’avis de Unna :
Malgré le contraste avec Epica ayant joué juste avant et proposant la musique la plus violente des trois têtes d’affiches, Within Temptation a su conquérir le public avec son metal symphonique finalement très rock : le plus gros show de la soirée sans aucun doute, même si la musique est particulièrement simple et sans grande inventivité. Au final, que l’on aime ou pas leur musique très accessible, ce soir on ne peut pas critiquer leur très bonne prestation.

Setlist :

Shot in the Dark
In the Middle of the Night
Faster
Fire and Ice
Ice Queen
Our Solemn Hour
Stand My Ground
Sinéad
What Have You Done
Iron
Angels
Jillian (I’d Give My Heart)
Neverending Story
Mother Earth


NIGHTWISH

Nightwish vient conclure cette soirée avec son metal symphonique. Le groupe est également là pour défendre Imaginaerum, sorti l’hiver dernier. Souvenez vous, en Avril, la surprise était de taille tant leur prestation au Luxembourg était excellente.

Mais si le show y était ici globalement convaincant, la déception reste néanmoins présente par rapport à leur précédent concert, mais pas que.
Ce que l’on peut, en premier lieu, regretter, c’est le manque de communication de la part des finlandais. Donnant l’impression d’une attitude légèrement froide ou hautaine (selon les dires des uns ou des autres), seule Anette tente, en vain, d’être un peu démonstrative. Reproche également à adresser à la suédoise, qui semblait cette fois-ci être un peu gênée sur scène, ne sachant pas toujours trouver sa place et savoir où se mettre. La complicité du Luxembourg n’a pas été retrouvée ici à Colmar.

Nightwish

Squeaaaaaaling Pigs !

De même, pas de gros show à proprement parler. Pyros limitées, quelques paillettes, confettis et feux d’artifices à la fin, et puis c’est tout. Bon, ça, à la limite, ce n’est pas trop grave car ne se basant que sur du visuel, mais il manquait quand même cette petite aura Nightwish. Fort dommage quand on sait ce dont ils sont capables. Discutable aussi, la tenue scénique d’Anette Olzon, dans une robe à fleur qui ne sied pas au goût de moult festivaliers. Mais c’est bien connu, le talent se démontre à l’apparence physique, indubitablement.

Oui pour le moment, ça critique beaucoup mais pourtant, le concert était bon. Ben ouais. Et voilà pourquoi :

Parce que Nightwish, déjà, c’est de bonnes compositions. Et qu’elles réussissent à transmettre une bonne énergie sur scène, qu’elles proviennent d’Imaginaerum ou de plus anciens albums. Si l’on efface bien sûr les plus dispensables « Amaranth » ou « Nemo », on retrouvera avec plaisir des « Scaretale », « Last Ride of the Day », « Come Cover Me » ou encore « Planet Hell », qui rendent aussi très bien question scénique. Et puis, Troy est encore là, et ses petits instruments donnent une pause folklorique divertissante pendant « Last of the Wilds ». On pourra peut-être regretter l’absence de pistes d’Oceanborn, mais ce choix est parfaitement logique afin de donner plus d’aisance au chant d’Anette.

On notera aussi des lignes de chant globalement retravaillées pour correspondre à la teinte de voix de la frontwoman, bien sûr éloignée de Tarja, qui a laissé son empreinte. Difficile de passer après et, pourtant, Anette a fait un très bon boulot. Son timbre un peu nasal ne plaira pas à tous, mais sa technique est bien travaillée (remarquons de gros progrès sur « Planet Hell » !), et elle parvient à s’approprier une grande majorité des anciens titres, même si elle semble moins à l’aise sur « Nemo » que sur « Wish I Had an Angel » ou « Come Cover Me ». Elle n’a plus qu’à s’imposer scéniquement au niveau de sa gestuelle, en plus de le faire vocalement, pour une osmose parfaite. A part cela, il faut donc reconnaître un grand mérite à cette femme, qui donne tout ce qu’elle a dans son chant. Et si la critique est trop aisée sur les rares faussetés de celle-ci, ceux qui se permettent de tant la descendre devraient regarder un peu mieux chez certains autres groupes …

Sentiment mitigé donc sur Nightwish. Un bon concert, oui, mais de la part d’un si gros nom du metal, pourrait-on en demander davantage ? Je pense que la réponse à cette question sera positive, et que l’on espère des finlandais un peu plus de présence pour la prochaine fois. Mais globalement, la réaction du public a été très positive, bien que l’on notera quelques déçus (cété mieu avc Tarja lol mdr no comment).Ils ne voleront ainsi pas la vedette aux néerlandais de Within Temptation, ce qui ne leur empêchera pas de livrer un set carré et plaisant.

Nightwish

L’avis de Unna :
La vraie tête d’affiche de ce soir n’en sera qu’à moitié une. Nightwish était particulièrement attendu à Colmar, notamment après les dires de ceux qui ont pu les voir ces derniers mois. La qualité du chant de Anette ne sera pas ici remis en cause. Par contre, tout le reste (ou presque) fût particulièrement décevant. Et pourtant, le groupe avait toutes les cartes en mains, mais un manque flagrant de communication couplé à un show bien pauvre (malgré le feu d’artifice final) rendent la prestation de Nightwish bien peu intéressante. On ne retrouvera jamais la folie de Imaginaerum, sauf lors de rares moments, telle que l’interlude de « Scaretale » où Anette laisse place à un Marco enfin libre. Son charisme et celui de Jukka ne réussiront pas à rattraper la performance. L’impression que Anette prend toute la place est un peu gênante pour ma part. Bref, une prestation dont j’attendais beaucoup et dont je ressors très déçu.

Setlist :

Storytime
Wish I Had An Angel
Amaranth
Scaretale
Ever Dream
I Want My Tears Back
Come Cover Me
Last of the Wilds
Planet Hell
Ghost River
Nemo
Over the Hills And Far Away
Song of Myself
Last Ride of the Day

Foire aux Vins 2012

Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas

Une très bonne édition cette année encore une fois, qui donne envie de revenir l’année prochaine !

Photos : © 2012 Tiffany Edighoffer
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

Photos prises par un appareil numérique normal suite à l’interdiction des reflex aux non accrédités.
 



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