Orphaned Land (+ In Vain + Subterranean Masquerade + Aevum) – Petit Bain (27.02.2018)


En cette journée particulièrement hivernale, il fallait du courage aux spectateurs pour se déplacer vers les quais de la Seine, direction Petit Bain, pour assister au concert d’Orphaned Land. Pourtant, le concert est complet et c’est l’occasion pour les Israéliens d’apporter un peu de soleil dans la capitale, en présentant les nouveaux titres issus du récent Unsung Prophets and Dead Messiahs. Mais la soirée est particulièrement longue, puisque ce ne sont pas moins de trois groupes qui ouvrent pour Kobi Farhi et sa bande.

 

Aevum


Au moment où nous pénétrons dans la salle, Aevum vient tout juste de débuter son set. Ce qui frappe immédiatement le spectateur, avant même d’écouter la musique du combo, c’est de voir le soin particulier apporté à l’aspect visuel. En effet, une toile est tendue en fond sur laquelle le logo du groupe évolue. De même, on ne peut que remarquer les tenues des musiciens, notamment de Richard (clavier) et son masque de catcheur, et celle du guitariste Danilo Molatieri, arborant fièrement un haut de forme à la Christofer Johnsson (Therion) et un costume presque steampunk.

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Musicalement, les Italiens se rapprochent d’ailleurs fortement de Therion, proposant un metal symphonique teinté d’extrême, où s’entrelacent les voix lyriques de Lucille Nightsade et de Denis Tucci (qui par ailleurs growl ponctuellement de façon maladroite). Pourtant, on ne peut s’empêcher de songer que l’aspect théâtral est beaucoup trop poussé, apportant une dimension à la limite du kitsch, tandis que la voix d’opéra de Lucille finit par agacer fortement. Ajoutons à cela des conditions sonores peu valorisantes pour le combo, qui semble beaucoup trop à l’étroit sur la scène, et l’on comprend aisément pourquoi le public ne réserve que des applaudissements polis aux Italiens.

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Il est finalement certain que la musique d’Aevum n’est pas taillée pour le live et est probablement plus adaptée au format CD de par son aspect narratif poussé.
 

Subterranean Masquerade

Après une courte pause, durant laquelle on constate que la salle se remplit de plus en plus, c’est au tour de Subterranean Masquerade d’entrer en scène. Si le nom du combo n’est toutefois pas des plus connus dans nos contrées, on retrouve le visage familier de Matan Shmuely (Orphaned Land) derrière les fûts. Le Norvégien Kjetil Nordhus (Green Carnation, Tristania), initialement chanteur du groupe en studio, est ici remplacé par le jeune Davidavi Dolev. Ce dernier s’en sort particulièrement bien derrière le micro, bien que son chant soit régulièrement sous-mixé et qu’il présente une trop grande proximité avec Kobi Farhi d’Orphaned Land en terme de gestuelle et de timbre de voix. Le vocaliste est secondé par Eliran Weizman qui, de son côté, s’occupe des growls parsemant les compositions du combo.

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Pendant quarante-cinq minute, le combo propose un metal progressif aux relents de musique orientale, et évoque bien évidemment le groupe pour lequel il ouvre ce soir. Toutefois, et malgré une réelle envie de la part des musiciens de Subterranean Masquerade, rien ne ressort particulièrement et le set reste sympathique sans pour autant soulever les foules. Techniquement, tout est très bien exécuté, les titres sont bien joués, mais Davidavi Dolev a beau exhorter le public à taper dans les mains, rares sont les spectateurs que l’on sent réellement enthousiastes à l’issue du show.

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Finalement trop proche de la tête d’affiche du soir en terme d’ambiances, Subterranean Masquerade manque encore un peu d’originalité pour totalement se démarquer en live.

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In Vain

Composé à 95% de membres live de Solefald, In Vain est le troisième groupe à prendre place sur la scène. Et il semblerait qu’une bonne partie de l’audience soit venue pour le combo norvégien lorsque l’on voit à quel point la fosse est compacte, malgré la défection d’Andreas Frigstad (chant) sur cette tournée. Pourtant, le death mélodique et progressif pratiqué par le combo n’arrive clairement pas à convaincre en live. Il est clair que certains titres sont plutôt bien écrits, que Sindre Nedland (chant) est un très bon frontman et que les parties de guitare lead de Johnar Haland sont assez efficaces, mais il manque une petite étincelle qui permettrait au combo de vraiment sortir du lot et de se différencier un peu plus de ses concurrents.

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La fosse compacte réserve tout de même un bon accueil au combo en tentant quelques pogos bon enfants sur les parties les plus directes, mais on sent l’intérêt et la forme des spectateurs faiblir au fur et à mesure que les titres s’égrènent. Seule la partie progressive et le refrain de « Blood we Shed », tiré de Currents le dernier album d’In Vain, semble redonner un peu d’entrain au public qui se laisse aller à chanter avec le combo.

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Même si la musique d’In Vain est loin d’être désagréable en studio, la prestation fournie ce soir par a manqué de mordant et de diversité pour pleinement séduire. Cela est d’autant plus dommage que le combo reste rare en live et que les musiciens avaient une belle carte à jouer.

Setlist In Vain

Against the Grain
Origin
Seekers of the Truth
October’s Monody
Captivating Solitude
Blood we Shed
Image of Time

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Orphaned Land

Venus défendre Unsung Prophets and Dead Messiahs, son dernier opus, Orphaned Land attaque logiquement le set du soir par « The Cave », le long titre d’ouverture de son sixième album. Mais dès l’entame du concert, le son semble mal équilibré et il est parfois difficile d’entendre distinctement les parties chantées par Kobi Farhi. De plus, une partie de l’audience ne semble pas avoir encore découvert ce dernier opus, si bien que le choix de démarrer ce set de cette manière n’est pas des plus engageant pour la suite.

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Heureusement, les Israéliens corrigent vite le tir en dégainant des titres déjà bien connus du public, comme « All is One » et surtout « The Kiss of Babylon », l’un des classiques de Mabool, que de nombreux fans décrivent comme le meilleur album du combo. C’est d’ailleurs sur le final de ce titre que le public semble réellement faire preuve d’investissement, en chantant en choeur avec Farhi. Pourtant, l’heure n’est pas à la nostalgie et à la célébration du passé comme en atteste le chanteur du groupe qui précise « ne plus avoir besoin de s’habiller comme Jésus ». En effet, Kobi Farhi a troqué son éternelle djellaba contre une tenue plus classique, et semble plein de colère lors de l’interprétation des morceaux. En effet, on retrouve le chanteur en grande forme lors des quelques passages growlés (« Birth of the Three ») qui amènent un peu de dynamiques aux titres.

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Toutefois, une fois passés les premiers titres, on retrouve une certaine froideur chez le quintet, qui ne montre que peu d’envie, à l’exception peut-être d’Uri Zelcha, l’indéboulonnable bassiste qui tente d’aller au devant du public. Ce dernier est d’ailleurs clairement venu pour entendre les titres qu’il connait, à l’image de ce spectateur particulièrement lourd qui à chaque interlude réclame le titre « Sapari ». Et finalement, le seul moment où l’audience donne réellement de la voix, c’est sur le final de « Kiss of Babylon »

Manque d’envie sur scène, son brouillon, public peu investi, nombreux sont les facteurs qui gâchent petit à petit la soirée, d’autant plus que nous avons déjà connu le combo en meilleure forme (et ce même après le départ de Yossi Sassi). Orphaned Land se produit régulièrement à Paris et il ne nous reste plus qu’à espérer que le groupe revienne rapidement pour corriger le tir.

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Setlist Orphaned Land

The Cave
All is One
The Kiss of Babylon (The Sins)
Ocean Land (The Revelation)
We do not Resist
Let the Truce be Known
Like Orpheus
Birth of the Three (The Unification)
Olat Ha’tamid
Yedidi
In Propaganda
All Knowning Eye
Sapari
In thy Never Ending Way (Epilogue)

The Beloved’s Cry
Norra el Norra (Entering the Ark)
Ornaments of Gold (outro)

Photographies : © Arnaud Dionisio / Ananta 2018
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe
Merci à Access Live de nous avoir permis d’assister à cette soirée.



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