Cernunnos Pagan Fest – Jour 1 – Samedi (24.02.2018)


Le Cernunnos Pagan Fest fête ses dix ans !

Nous sommes samedi, il est presque treize heures. Le public fait sagement la queue sous l’air glacial de l’hiver en ce fin février. Quelques personnes boivent des bières, bien fraîches du coup. Quelques musiciens arrivent encore sur le site. Il ne manque plus que des flocons de neige tombant au ralenti pour obtenir un paysage de quiétude pré-cataclysmique. Dans quelques instants, la dixième édition du Cernunnos Pagan Fest va se fêter dignement, avec deux jours de concerts et d’animations !

Pendant que le public rentre rapidemment, les premières notes résonnent déjà. Que la fête commence !
 

ADARYN – 14h/14h40 – l’Abreuvoir


C’est à Adaryn, vainqueur du tremplin Cernunnos 2018, d’ouvrir les hostilités pour ce premier jour de festival. Originaire de Caen le groupe joue un folk melodic death metal accompagné de paroles traitant de la nature et la spiritualité, thème qui colle parfaitement au Cernunnos.

Ouvrir un festival n’est jamais chose facile et même si l’abreuvoir est plein, le public semble avoir du mal à se mettre de le bain et c’est un Matthieu « ClangŠr » (chant) les haranguant à plusieurs reprises qui sera le déclic. Dès lors le public est là, circle pit et wall of death se succèdent sur les morceaux lourds que vient adoucir le violon de Camille « Cydorrh ».
 


Adaryn aura réussi en 40 minutes à réveiller les festivaliers du Cernunnos grâce à des morceaux efficaces et un groupe bien en place qui semblait très heureux d’être là.

Setlist:
On Warpath (Intro)
Gaillard’s Fall
Sun Redeemer
Ode An Die Natur
Val-Es-Dunes
Birds Of Prey
Azincourt
Death Into The Void
On Warpath (Outro)
 


LAPPALAINEN – 14h45/15h25 – La Halle

La Laponie est indirectement représentée à travers les Nordistes de Lappalainen, qui s’offrent le luxe de faire leurs adieux devant le public de la grande scène de la Halle du Cernunnos. S’il est toujours triste de voir une formation splitter, il semblerait que cela n’entâche en rien la bonne humeur qui règne lors de ce dernier concert. Les divers musiciens vont de toute manière repartir sur d’autres projets et nous aurons l’occasion de les revoir.


Musicalement, Lappalainen se cherche entre folk et death metal, ce qui est pour le moins un mélange étonnant. L’originalité de la démarche peine cependant à convaincre, car les morceaux, bien qu’énergiques, ne ressortent pas du lot. Et si l’on apprécie les growls profonds de Florent, on peut facilement saisir que de nombreuses influences affectent les membres du groupe, à l’image des titres joués.


Des morceaux très folks comme par exemple « Cresting the Waves » cotoient allégrement la brutalité des chansons comme « Maelstrom », ce qui demande donc quelques acrobaties de la part du public. Quoiqu’il en soit, le set de ce jour montre toute l’énergie du groupe et permet de conclure avec brio !

Setlist :
Swamplord
Cresting the Waves
Maelstrom
Sludgeborn
Riding on the Load of Hay
Kraken’s Awakening
Before the End of the Day
 

ASENBLUT – 15h30/16h10 – L’Abreuvoir

Ayant permuté les horaires avec Laboratorium Piesni, les vaillants Germains d’Asenblut sont sur scène. A l’image de Thor, le frontman Tetzel nous offre une petite démonstration de ce que peut  produire la pratique régulière de la musculation. Ce ne sont certainement pas les demoiselles présentes, adeptes des beaux vikings, qui diront le contraire ! En ce qui nous concerne, intéressons nous plutôt à la musique.


Au premier abord, on peut facilement remarquer que le groupe rend un hommage appuyé à Amon Amarth de la première époque. D’aucuns diront que c’est certainement la meilleure période pour les Suédois et en conséquence logique, les compositions fortement inspirées d’Asenblut hissent haut le death metal mélodique de qualité. Tout y est, jusqu’aux rotations des cervicales de la part du chanteur et les poses dignes d’un véritable Ase.


Si l’influence est là, le groupe présente des compositions personnelles de qualité et la prestation est irréprochable. L’âme du nord est bien présente, et l’ambiance festive ! Pour un début d’après-midi, il s’agit donc d’un excellent choix de la part des organisateurs.

 

HANTAOMA – 16h15/17h – La Halle

Ce samedi 24 Février 2018 marquait les premiers pas sur scène de Hantaoma, mais pas ceux de Patrick et Patrice membres de Stille Volk et créateurs de ce projet. Ces musiciens venus du sud-ouest de la France étaient là pour présenter en avant première quelques titres de leur nouvel album Malamòrt vendu en avance sur le festival ainsi que des morceaux issus de leur premier opus Malombra sorti en 2005. Le groupe habitué à utiliser des instruments traditionnels sur album dans son folk black metal a décidé de le laisser de côté pour cette prestation : pas de vielle à roue ni bombarde ici, mais quelque chose de plus brut.


Les titres s’enchaînent bien et les nouveaux morceaux font l’unanimité au vu des applaudissements nourris qu’ils recoivent sans oublier des titres comme « Hantaoma » et sa super ligne de basse qui fait toujours autant d’effet. En 45 minutes, Hantaoma a donné une très bonne prestation et un bon apéritif du contenu de leur nouvel album dont on espère entendre d’avantage cet été en festival.

Setlist:
Tres Pèiras
Maluros
Malombra
Marcamal
Lo Reine Del Negre
Frej Eternal
Hantaoma
Las trébas Del Castel
Los Dracons
 

LABORATORIUM PIESNI – 17h05-17h45 – L’Abreuvoir

Le petite salle de l’Abreuvoir est déjà pleine à craquer, alors que nous ne sommes qu’au milieu de l’après-midi. Visiblement la formation féminine polonaise attire du monde. Certes, le style est beaucoup plus délicat et peut donc intéresser la part du public venue davantage pour l’ambiance, et Faun, que pour le pagan metal au sens large.


Les chants polyphoniques ethniques que pratiquent les huit jeunes femmes font vibrer l’âme slave, nordique et chamanique du public. La contemplation est de mise. Il faut dire que Laboratorium Piesni est comme un îlot de calme dans la tempête du Cernunnos. Pendant que le froid se renforce dehors, la chaleur moite remplit une salle de concert pleine à craquer où il est difficile de se mouvoir.

 

 

EREB ALTOR – 17h50/18h40 – La Halle


Les Suédois d’Ereb Altor sont venus au Cernunnos en ce premier jour pour jeter leur viking black metal à la figure des festivaliers. Invoquant la puissance des anciens dieux, Mats le chanteur avouant ne pas faire confiance aux nouveaux, le groupe va lancer au public toute la force de ceux-ci pendant 50 minutes sans la moindre pause.


La bataille fait rage sur scène comme dans la fosse dans une débauche d’énergie, Mikael à la basse et Ragnar (ça ne s’invente pas) à la guitare remplaçant même Mats au chant sur quelques titres. Ne manquaient que les haches.


Ereb Altor a réalisé une prestation pleine d’énergie et a donné une furieuse envie aux festivaliers (pardon, aux guerriers) dans la fosse d’aller se prendre une bonne pinte d’hydromel. La réincarnation de Bathory se porte bien visiblement !

Setlist:
Völuspá
En Synd Svart Som Sot
Nattramn
Av Blod Är Jag Kommen
Nifelheim
Myrding
Ulven
Midsommarblot

WALDGEFLÜSTER – 18h45/19h30 – L’Abreuvoir


Le black metal ambiant et atmosphérique des Allemands de Waldgeflüster n’attire pas grand monde dans l’Abreuvoir.  Il faut dire que l’horaire est davantage propice aux animations extérieures, à la dégustation de bières ou d’hypocras, et évidemment à la restauration avant les gros concerts de la soirée, plutôt qu’aux chants plaintifs. Il faut dire que les groupes se sont enchaînés sans répit depuis l’ouverture du site et rares étaients les temps morts pour se promener réellement à travers les différentes zones éparpillées à la Ferme du Buisson.

Waldgeflüster joue un black que l’on peut qualifier d’atmosphérique. Rien de bien exaltant pour une prestation qui joue plus sur l’émotion que sur le rentre-dedans. Winterherz suspendu à son pied de micro nous fait penser à Aaron Stainthorpe de My Dying Bride portant sur ses épaules tous les malheurs de la Terre. La musique est un équilibre entre Der Weg einer Freiheit et d’autre chose plus planante comme un Wolves In The Throne Room. Bref, on s’ennuie un peu et on essaie de se concentrer sur leur set en admirant les jolis tatouages du chanteur afin de ne pas s’endormir.

 

EINHERJER – 19h35/20h35 – La Halle

En cette fin de première journée c’est au tour des vétérans d’Einherjer de faire leur entrée dans la halle déjà comble et dont l’atmosphère est électrique; le public ne s’y trompe pas, cela fait deux décennies que le groupe n’est pas venu jouer en France et l’attente est donc à son comble. Une heure, une heure qui passera à la vitesse de l’éclair comme le rythme des morceaux que jouera le groupe. Pas de temps mort, le festival du riff, la symphonie du solo, une énergie exceptionnelle sur scène que le public tente d’égaler à grand coups de mosh pit et un Frode Glesnes au chant et à la basse qui grattifie les festivaliers d’un « wouah les gars, je sais pas depuis combien de temps nous ne sommes pas venus mais j’espère qu’on reviendra vite, vous déchirez ! ».


Les morceaux s’enchaînent et Ole Sønstabø, guitariste solo et dernier arrivé dans le groupe, au visage juvénile fait preuve d’une technique redoutable comme sur « Dragons Of The North » et « Far Far North ». Aksel Herløe, le deuxième guitariste n’est pas en reste et démontre toute sa technique et son charisme en interpellant les fans tout au long du concert ce qui fera qu’à aucun moment le rythme et l’intensité dans la salle ne diminuera.


Un fan dira même à la fin du concert: « Une heure c’est beaucoup trop court et pourquoi ce n’est pas eux qui clôturent ? », on lui donne raison et on attend avec impatience leur prochain concert en France en espérant ne pas attendre aussi longtemps.

Setlist:
Dreamstorm
Hedensk Oppstandelse
Conquerer
Berserkergang
Nord Og Ner
Odin Owns Ye All
Nidstong
Dragons Of The North
Far Far North
Ironbound

 

ANGANTYR – 20h40/21h25 – L’Abreuvoir
 

Les Danois d’Angantyr sont le groupe idéal pour porter haut le sombre flambeau du black metal à un festival tel que le Cernunnos. En effet, même s’ils exercent dans un black metal sombre et torturé épuré, toute leur thématique tourne bien davantage autour de la mythologie scandinave qu’autour de Satan. Cela n’empêche pas d’adopter le corpse paint et de jouer une musique possédée !

Les amateurs de black ont donc pu se défouler en fin de soirée, repoussant quelque peu les quelques curieux égarés qui n’avaient pas compris que les coup de coudes allaient pleuvoir.


Vrede semble particulièrement en forme ce soir, et le bassiste se délecte de grimaces et de mouvements amples tout au long du concert. L’intiateur du projet, Ynleborgaz survole le concert, sûr de lui.
 


Du black metal de puriste, qui prouve qu’Angantyr garde fermement le cap vers Hel. Un show brutal et efficace, que demander de plus ?


FAUN – 21h30/23h – La Halle

La tête d’affiche de la première journée a certainement attiré une bonne part du public. Les Allemands de Faun ont le chic pour se retrouver en bonne place à l’affiche des festivals à prédominance metal, comme au feu Ragnard Rock par exemple. Pourtant, l’ambiance est légère, féérique même, raffinée et très éloignée du headbanging sauvage.

Le groupe arrive néanmoins à hypnotiser les amateurs de metal plus dur. Il faut dire que la présence de la très belle Fiona Rüggerberg, digne d’une Galadriel, en plus jolie, et de la non moins ravissante Laura Fella, peut facilement faire oublier les tracas du quotidien. Ces deux elfes, auxquelles il faut évidemment ajouter Oliver Sa Tyr, captent l’attention et envoûtent le public.

Fiona était très en avant sur ce concert, avec un positionnement souvent en devant de la scène. Ce qui n’est certainement pas un choix hasardeux, mais une prise de conscience quant à son charisme.


Le set est très complet, avec près d’une heure et demie de show, ce qui ne manquera pas de ravir les nombreux fans présents. Le rappel permet à Oliver de reprendre le leadership avec deux belles ballades qui clôturent à merveilles cette soirée.


Il est certain que les souvenirs de ce concert vont rester gravés dans la mémoire de nombreux adeptes du néo-folk de Faun.

Setlist:
Andro
Wind und Geige
Alba
Walpurgisnacht
Nacht Des Nordens
Drehleier Intro
Blaue Stunde
Odin
Pearl
Rabenballade
Iduna
Iyansa
Rhiannon
Rappel
Wenn wir uns wiedersehen
Diese kalte Nacht
 

—————————————–
 

Le froid est mordant dehors, et il ne reste plus qu’à se réfugier au chaud, qui dans le RER, qui dans une voiture. Certains feront encore un petit tour aux stands de nourriture, les plus courageux se rendront à l’after show…

Mais après tout, demain, c’est dimanche… Et le deuxième jour du Cernunnos Pagan Fest !

Textes:
Renaud Grongvist (Adaryn, Einherjer, Hantaoma, Ereb Altor)
Lionel / Born 666 et Thomas Orlanth (Waldgeflüster)
Thomas Orlanth (le reste)

Photographies:
Lionel / Born 666 : https://www.instagram.com/born.666/
Thomas Orlanth : https://www.thomasorlanth.com / https://www.facebook.com/Thomas-Orlanth-Live-Photography-499851383425205/

Toute reproduction interdite sans l’accord écrit du photographe.



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements