Testament – Dark Roots of Earth

Testament goûte au thrash majestueux

 

Le groupe de metal californien signe avec Dark Roots Of Earth son deuxième album depuis sa reformation. Après un Formation Of Damnation qui avait remis Eric Peterson et sa bande sur les rails, ce disque se montre encore plus ambitieux en montrant un groupe qui a effectué un travail certain sur l’écriture des morceaux et sur les mélodies. Dans une volonté de se surpasser, les thrashers ont fait appel au légendaire batteur Gene Hoglan, qui a pris goût à sa deuxième collaboration avec le groupe.

Cela faisait quatre ans que Testament n’avait pas sorti d’album, le dernier étant le bien apprécié Formation Of Damnation. Pendant ce temps, le groupe a tourné sans relâche, en accompagnant récemment Anthrax aux Etats-Unis ou en suivant Judas Priest et Megadeth dans leur tournée européenne de 2009. En cours de route, les thrashers ont eu le temps de perdre un de leurs membres, le batteur Paul Bostaph.

Pour le remplacer, le groupe a décidé de frapper encore plus fort sur ses toms en invitant Gene Hoglan (Death, Dark Angel, Strapping Young Lad…) 15 ans après sa participation à l’enregistrement de l’album Demonic. Sa frappe violente et précise constitue un atout non négligeable sur les titres directs et bourrins comme "Native Blood" et "True American Hate".

Cependant la batterie de Gene Hoglan n’est pas l’instrument le plus mis à l’honneur dans Dark Roots Of Earth. En effet, l’album bénéficie d’un travail non négligeable sur les guitares. Ainsi, le duo de choc avec le virtuose Alex Skolnick et le leader Eric Peterson se taille la part du lion sur l’ensemble des neuf titres de l’album. Le premier, maîtrisant un son propre et précis, joue l’écrasante majorité des solos en se montrant technique avec des sweepings sur "Throne Of Thorns", rapide et mélodique sur l’ensemble des titres, se permettant même de citer "Alexander The Great" d'Iron Maiden sur "True American Hate". Le second, qui montre aussi une bonne maîtrise de son instrument pendant les solos, dispose d’un son moins policé et plus agressif. Cela lui permet de servir des riffs assassins sur "Man Kills Mankind" par exemple.

Côté chansons, Dark Roots Of Earth laisse une bonne place à la mélodie. Le disque présente même une power-ballad, "Cold Embrace", morceau qui mêle sonorités acoustiques et électriques, le tout avec des mélodies travaillées et accrocheuses. L’écriture de la plupart des titres a bénéficié d’un soin particulier, en présentant des transitions pertinentes entre les différentes parties. Le duo de guitaristes, auteur de l’ensemble des morceaux, affiche clairement une ambition soigner son travail de pousser son thrash metal le plus loin possible. Seule ombre au tableau, le dernier titre de l’album, "Last Stand For Independance", qui, avec son manque de finition, prend des allures de filler.

Testament

Loin d’être mis à l’écart, Chuck Billy s’est aussi surpassé. Si ses possibilités vocales n’ont pas l’étendue de certaines icônes du metal, le frontman sait sortir les crocs ("Rise Up"), se faire doux comme un agneau ("Cold Embrace") ou encore s’afficher en conquérant ("Throne Of Thorns"). Avec son timbre unique et son expérience acquise au sein du groupe, le chanteur déclame des paroles sombres sur le destin du monde et de l’humanité. Steve Souza (ex-Exodus) et Del James (proche de Guns N’Roses) l'ont aidé dans cette tâche.

 Avec des membres au top, il fallait un son exemplaire. Pour cela, le producteur britannique Andy Sneap (Sabbat, Hell) s’est occupé de faire sonner chaque instrument de la meilleure manière possible. Le son dispose ainsi d’un son massif et imposant sans ne jamais tomber dans le piège de la saturation. Comme la plupart des productions modernes, le son est massif du début à la fin, ne permettant pas à l'auditeur de respirer.

Après un retour en fanfare, Testament revient encore plus fort en 2012, avec un album travaillé pour lequel le groupe a eu l’intelligence de ralentir les tempos par moments et se montrer mélodique. Avec une pochette grandiose représentant Cernunnos, dieu de la nature selon la mythologie celte, des musiciens au top et un song-writing aux petits oignons, les thrashers californiens fêtent dignement leur 25ème anniversaire.

 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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