Evanescence, Le Grand Rex, Paris (28.03.2018)


A tournée spéciale, salle spéciale. Evanescence est de retour plus de six ans après son dernier passage dans l’hexagone pour une tournée particulière, celle de son dernier album en date Synthesis. Composé de titres de la discographie du combo mais réarrangés avec un orchestre, c’est dans le cadre majestueux du Grand Rex que le quintette américain et un orchestre vont nous proposer une expérience assez hors du commun !

En avance sur le planning prévu à la base, l’orchestre qui accompagne Evanescence ce soir prend place sur la scène pour nous interpréter un registre choisi par le groupe et qui inclut notamment des compositeurs que nous ne présenterons pas : Mozart (« La Chasse » et « Lacrimosa ») et Beethoven (« Moonlight Sonata »). En plus de cela, l’orchestre nous joue « Sally’s Song » de Danny Elfman en provenance de L’Etrange Noël de Monsieur Jack, le thème de Zelda et « Together Again », une b-side d’Evanescence datant de 2010.

Après une petite demi-heure d’entracte, l’orchestre refait son entrée sur la scène suivi par les cinq membres qui composent Evanescence plus Will B. Hunt, producteur de Synthesis. Cette tournée est une tournée très spéciale puisque seules les versions réarrangées des morceaux émaillant la carrière d’Evanescence seront joués, ce qui veut que le trio composé de Jen Majura (guitariste), Tim McCord (basse) et Troy McLawhorn (guitare) n’ont pas grand chose à faire pendant la majorité du set. On verra cependant Jen Majura jouer du thérémine et assurer les choeurs à quelques reprises pour soutenir le chant de Amy Lee.
 


La prestation des Américains s’entame sur l’introduction de l’album, « Overture », un morceau qui voit Amy Lee s’asseoir devant son piano accompagnée par le travail de l’orchestre avant de nous offrir « Never Go Back ». Synthesis, et par extension la setlist, reprend des morceaux des trois albums officiels du groupe des plus grands classiques aux titres les plus méconnus en sublimant une orchestration déjà présente ou tout simplement en amenant une redécouverte presque complète de ce que l’on connait. Si autant en studio l’album est plutôt insipide et qu’on ne s’y attarde pas plus longtemps que deux ou trois écoutes, c’est autre chose en version live.
 


Si Fallen est l’album qui a révélé Evanescence au grand public c’est son successeur The Open Door auquel on octroie la palme du meilleur album du combo. C’est d’ailleurs les titres issus de cet opus qui sont les plus magnifiés par la présence de l’orchestre. « Lacrymosa », « Lithium », « Your Star » et « Good Enough » sont déjà des titres avec une forte présence orchestrale et symphonique en studio, il est donc normal que le fait d’avoir un véritable orchestre pour accompagner le piano et la voix d’Amy Lee soit un plus. Mention très spéciale à « Your Star » qui est définitivement l’un des meilleurs titres de la discographie du groupe de Little Rock, Arkansas.
 


Le public se fait très calme pendant les titres à part quelques salves d’applaudissements et de cris quand un titre mythique commence avant que tout le monde se taise pour apprécier la performance proposée. C’est déjà très rare pour nous d’assister à un concert en étant assis alors en plus dans un silence presque total (hormis le groupe) c’est encore plus mystique. Mais au final c’est une expérience appréciable qui nous permet de voir à quel point la musique d‘Evanescence, qui a beau être cataloguée comme metal alternatif, n’en reste pas moins truffée de passages orchestraux.
 


Chef de bord du cargo, Amy Lee est au centre de toute l’attention que ce soit quand elle est au piano ou alors sur le devant de la scène accrochée à son micro. La chanteuse n’est pas reconnue pour être la plus juste du milieu (à l’inverse d’une Simone Simmons ou d’une Floor Jansen par exemple) mais elle a fait énormément de progrès tout au long des années. Sur cette tournée, impossible pour elle de se cacher derrière un son ultra massif pour masquer certaines déficiences car la musique est portée par sa voix, voire totalement à cappela par moment. Elle s’en sort à merveille et nous offre quelques moments d’émotion durant les quatre-vingts minutes de ce concert. 

Après un très court entracte où seulement les membres du groupe quittent la scène, Amy Lee revient sur scène pour nous jouer un titre entièrement composé par ses soins, « Speak To Me », puis « Good Enough » avant le retour du reste des musiciens pour un « Swimming Home » qui clôt cette soirée.
 


C’est une expérience assez unique de voir le groupe qui il y a quinze ans maintenant, nous a transmis le virus du metal dans un environnement grandiose comme Le Grand Rex et dans une configuration assez inédite. Fan ou pas du groupe, personne ne pourra renier que ce dernier album est un sacré suicide commercial et cette tournée un gros risque pris et au final cela s’avère payant. On espère maintenant un véritable nouvel album pour 2019 et une grosse salve de dates européennes pour retrouver le Evanescence percutant que l’on connait.

Setlist:
Overture
Never Go Back
Lacrymosa
End of the Dream
My Heart Is Broken
Lithium
Bring Me to Life
Unraveling
Imaginary
Secret Door
Hi-Lo
Lost in Paradise
Your Star
My Immortal
The In-Between
Imperfection
Encore:
Speak to Me (Amy Lee song)
Good Enough
Swimming Home

Merci au Grand Rex pour l’accueil, à Sony BMG et Live Nation pour le pass photo, à Replica Promotion pour le pass presse. Toutes les photos sont la propriétés de Nidhal Marzouk, toute reproduction est interdite sans l’accord du photographe.



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