Parkway Drive – Reverence

Et si en dehors de AC/DC, le groupe australien le plus imposant de la scène metal était un combo qui officiait dans la sphère du metalcore ? Avec la sortie de IRE en 2015, Parkway Drive a pris une autre dimension en sortant de sa zone de confort pour aller vers une musique plus accessible et qui tend vers le heavy metal.

Aujourd'hui sort Reverence, le sixième du quintette de Byron Bay, un album qui enfonce le clou et démontre que Parkway Drive est un groupe qui n'est pas prêt de disparaître de nos radars.

IRE était un joli pied de nez aux fans de la première heure de Parkway Drive tout en allant chatouiller les oreilles du public qui se revendique plutôt allergique et/ou intolérant au metalcore, en alliant toujours la même puissance avec des rythmiques qui tendent vers le heavy metal. Et bien Reverence va encore plus loin dans ce rapprochement à la scène metal plus traditionnel tout en nous amenant encore plus de nouveaux éléments à se mettre sous la dent, que ce soit musicalement et vocalement pour un résultat qui dépasse toutes nos attentes.
 


Winston McCall (chant) nous l'avait expliqué avant la sortie de IRE et le duo Jeff Ling (guitare) - Ben Gordon (batterie) a enfoncé le clou lors de notre interview, Parkway Drive n'avait plus rien à nous raconter musicalement en restant dans un carcan purement metalcore. Alors à quoi bon continuer à faire la même chose tous les trois ans en promettant un Horizons 2.0 ou un Atlas 2.0 pour au final décevoir le public et s'emmerder en composant ? Le groupe s'est mis en danger sur IRE et le fruit de ce travail paye avec un Reverence qui nous montre un combo qui s'est réinventé, qui tente des choses assez folles (chant clair, rap, spoken-words, violon, etc) et qui a décidé de ne se laisser aucune limite d'écriture. 

Fin février, Parkway Drive met en ligne "Wishing Wells" qui officie comme premier single mais aussi premier clip de l'album. Un plan fixe sur un fond noir du visage de Winston McCall pour un morceau qui commence par du spoken-words et soutenu plus tard par un riff très nu-metal du début de la décennie. Parkway Drive surprend si on compare avec le premier single de IRE, "Vice Grip", tout en nous proposant du classique, "The Void" puis "Prey", en amont de la sortie officielle de l'album.
 

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Avant de s'attarder plus en détails sur tous ces nouveaux éléments de surprises, il est bon de rappeler que Parkway Drive n'est pas pour autant devenu un groupe proposant une musique mielleuse et faîte pour passer à la radio comme certains ont pu l'évoquer. Ainsi, on retrouve de nombreux morceaux qui sont au final assez classiques ou du moins dans la veine des compositions de IRE. "The Void" et son riff de guitare mélodique, "Prey" et son refrain pour lequel on imagine déjà les mouvements de pyrotechnie sur scène ou encore "In Blood" sont très certainement des morceaux qui vont attirer l'oreille des auditeurs.

Pour le reste Parkway Drive est allé très loin pour nous surprendre en proposant des morceaux aux influences multiples. On ne pourra s'empêcher de penser à "Bulls On Parade" de Rage Against The Machine sur "Absolute Power" ainsi que plus surprenant, à Rammstein sur quelques morceaux. L'intonation de Winston McCall sur l'intro de "Wishing Wells", la partie spoken-words sur "Prey" ou encore un énorme relent de l'ère Rosenrot sur "Cemetery Bloom" nous font énormément penser au combo allemand.
 

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Si on prend toujours autant de plaisir à chanter les riffs de guitare de Jeff Ling ("Prey"), si on se surprend à enfin entendre Jia O'Connor (basse) sur un titre grâce à l'introduction de Absolute Power et si Ben Gordon (batterie) est toujours très mis en avant, celui qui nous en met plein la vue est bien Winston McCall. Quels progrès effectués par le frontman en quelques années quand on sait qu'il a passé plus de dix ans à crier dans un micro sans aucune technique. Sur Reverence, il s'essaye à quasiment toutes les techniques de chant existantes et il passe chaque tentative haut la main. 

Reverence marque la première tentative de chant clair en quinze ans de carrière du frontman et c'est réussi, même s'il ne sera jamais le plus grand chanteur de la planète. A voir maintenant ce que cela peut donner en live si "Cemetery Bloom" et "The Colour Of Leaving" sont jouées un jour.

En dehors des singles, deux titres se démarquent fortement des autres : "I Hope You Rot" et "Shadow Boxing". Le premier possède une identité forte et inédite grâce à ce chant en latin, un riff très mélodique et un pont qui va faire remuer les fosses du monde entier tandis que le second est le titre le plus dingue de l'histoire du groupe. On y retrouve tous les éléments les plus improbable de cet album, le chant clair, le rap, le piano et les violons, pour un morceau qui accroche l'oreille tout de suite pour ne plus vous lâcher. Au delà de l'efficacité proposée, ces deux extraits représentent la quintessence du mélange heavy metal et metalcore que propose Parkway Drive avec Reverence.
 


Metallica a sorti le Black Album lui offrant une immense notoriété auprès du grand public, Reverence a tous les outils et les atouts pour offrir la même courbe à Parkway Drive. Cet album est proche de la perfection, il mérite amplement la note que nous lui attribuons.

Sortie le 04/05/2018 chez Epitaph Records.

NOTE DE L'AUTEUR : 10 / 10



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