Violation Wound – With Man in Charge


Violation Wound n’est pas le groupe le plus connu au sein duquel a officié Chris Reifert. Avec ce projet, le légendaire batteur d’Autopsy et de Death s’offre une récréation bien méritée après une telle carrière, en se faisant plaisir avec un punk rock crossover, teinté de thrash. Direct et rapide, ce With Man in Charge sonne comme du Discharge ou du GBH sous amphet’, de quoi vous faire pogotter tout seul dans votre salon !

Vingt titres pour trente-quatre minutes de musique et la messe est dite ! C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure confiture et Chris Reifert le sait bien. Le bougre s’est donc inspiré des groupes de punk de la fin des années 80, quand le genre flirtait presque ouvertement avec le thrash, tout en restant à bonne distance des voisins chevelus. De son expérience avec Autopsy, le batteur légendaire (qui ici officie à la guitare et au chant) a ramené son goût pour les tempi élevés, à faire tachycarder Doc Gyneco (« Kick Out Tonight », « Ruining Everything That’s on the Way », « Smoke and Flame »…quasiment tous les titres en fait). Pour autant, le trio cherche parfois à varier légèrement le propos, avec un « Don’t Believe it » très rock n’ roll, ou un « Stockin the Fires of Chaos » à l’intro doomy avant que le groupe ne lâche les chevaux. Quelques soli de guitare rappellent toutefois les influences thrash du combo (« Smoke and Flame », « Stalemate Suicide », « Don’t Believe it ») et s’éloignent du punk pur et dur.

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La production reste brute de décoffrage (et rebutera les métalleux pur jus, habitués à des productions modernes), rappelant l’ambiance garage punk, tout en étant de qualité. On apprécie pouvoir distinguer la basse de Joe Orterry, grasse mais bien présente (« Unhinged World »). Côté voix, on retrouve un Chris Reifert qui officie dans un registre différent par rapport à ce qu’il pratique avec Autopsy, moins guttural, mais avec une gorge en feu et un timbre de voix éraillé, reconnaissable entre mille. 

Les lyrics sont également dans la plus pure tradition du style, énervés, vindicatifs, alertant sur l’état du monde (« Humanity Burning », « Stalemate Suicide », « Unhinged World ») ou servant simplement de catharsis à leur auteur (« Ruining Everything That’s on the Way »). Les titres les plus courts (certains ne dépassant pas la minute) sont envoyés comme un direct de Mike Tyson et ne laissent aucun répit à l’auditeur.

Pourtant, si les compos sont efficaces et sont faites pour faire mosher en live, l’ensemble manque parfois de variation, malgré les tentatives évoquées précédemment sur « Don’t Believe it » ou « Stockin in the Fires of Chaos ». Violation Wound parvient à rendre hommage aux combos punk hardcore des 80’s qui ont influencé le trio, mais en ne balançant que des titres en up-tempo à la vitesse de l’éclair, l’ensemble paraît parfois redondant. Reste que le but initial de Violation Wound (prendre du plaisir à jouer ce style et à lui rendre hommage) est parfaitement réussi et que si le groupe daignait donner plus de concerts, l’ambiance dans les pits serait apocalyptique !

Déjà sorti chez Peaceville records
Crédits photos : DR

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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