Brutal Assault XVII (8-11 Août 2012, République Tchèque) – 1ère partie

Live Report du Brutal Assault 2012
Jeudi 9 Août 2012
Jaromer – République Tchèque

 

Texte   :  Katarz 

Photos :  Thomas Orlanth

Vos fidèles chroniqueurs globe-trotteurs ont décidé cette année de sonder la République Tchèque à la recherche de sensations fortes et le Brutal Assault, proposant une affiche plus qu’alléchante cette année a été la destination choisie. Les négociations n’ont pas été difficiles : la pinte de bière Budveiser à 1,20 € (mais attention ! je ne parle pas ici de la Volvic Américaine mais bien de la bonne bière tchèque du nom de Budvar), ainsi que la bolée de vodka à 2 € ont été des critères décisifs. De même, le cadre proposé est agréable : situé dans un fort authentique, ancien Ghetto Juif qui forme des couloirs souterrains interminables, le festival propose aussi de suivre les concerts depuis une colline qui donne directement sur les deux scènes.

Parmi les activités ludiques proposées et outre les interminables stands de nourritures du monde entier, on pouvait venir dès le mercredi pour la Before et voir quelques groupes; dont Anaal Nathrakh par exemple, on pouvait approcher les artistes lors de nombreuses séances de dédicaces, on pouvait regarder des films d’horreur et pornos en grand écran ou encore se faire prendre en photo dans un cercueil véritable.

Le cadre est agréable et les festivaliers bien accueillis. Malgré une augmentation de l’effectif cette année, avec on pense, plus de 15,000 festivaliers, le festival conserve toutefois une taille humaine et l’on peut aisément voir tous les concerts sur les deux mainstages ou découvrir de nouveaux groupes sur la troisième scène (couverte) mise en place qui proposait des groupes plus underground, comme Sebkha Chott ou Inquisition.

Même en termes de sécurité les efforts ont été redoublés :  un personnel de sécurité nettement renforcé et présent, donc exit les bagarres d’auberge comme en 2010 sans que personne n’intervienne… Des parkings surveillés sont proposés et j’ai le sentiment que la présence de Roms sur le camping a été moins tolérée cette année…

Les conditions idéales étaient réunies pour tout voir … à condition de ne pas manquer la première journée, ce que nous avons fait. Du coup, pas de report d’Anaal Nathrakh ni de Krisiun ni d’Arkona et un report tronqué de Ministry dont Katarz a du se contenter des deux derniers morceaux.

Nous avons pu toutefois assister à des shows gigantesques, entre Machine Head, Solstafir, Dimmu Borgir et autres découvertes incroyables !

 

MINISTRY


Malgré notre arrivée tardive, nous avons tout de même pu assister aux deux derniers titres joués par le groupe mythique Ministry, à savoir « Just One Fix » et « Thieves ». Sans démontrer une forme olympique, c’est un Al Jourgensen avec des couleurs que nous retrouvons. Il semble en bien meilleure forme qu’au Bataclan, sobre et heureux de jouer devant les festivaliers du Brutal Assault. Le timing du concert lui est favorable également puisque le groupe jouera en plein air au coucher du soleil. Le son est exceptionnel, mais manque un peu de puissance. Le public de l’Est est très sensible à ce groupe avec qui il a grandi et une bonne énergie se dégagera de la foule.

Setlist :
Ghouldiggers
No W
Rio Grande Blood
LiesLiesLies
99 Percenters
Watch Yourself
Life is Good
Waiting
Relapse
The Last Sucker
Psalm 69
N.W.O.
Just One Fix
Thieves

 

DIMMU BORGIR


Après nous avoir donné un show assez grandiose sur la scène du Hellfest, Dimmu Borgir a été relativement décevant au Brutal Assault. Le son ne porte pas assez, Shagrath semble avoir une voix très fatiguée et malgré tous les efforts on a du mal à rentrer dans le show. La foule est très nombreuse et l’on se rend vite compte de l’envergure que le Festival commence à prendre.

Fort heureusement, la setlist proposée par les Norvégiens est tout simplement envoûtante puisque le groupe balaye toute sa discographie, en commençant par les anciens morceaux comme « Spellbound (by the Devil) » suivi de « In Death’s Embrace » tirés de leur album Enthrone Darkness Triumphant qui les a propulsés sur le devant de la scène Black Metal. Un voyage immédiat à destination de 15 ans en arrière !

Les plus fervents Black Metalleux sont devant, avec des corpse paints. Les plus timides se placent vers l’arrière de la foule, mais n’en headbanguent pas moins. Le début de la setlist met tout le monde d’accord et on a l’impression de retrouver un Dimmu Borgir d’antan.

Puis les titres s’enchaînent avec un « Dimmu Borgir » qui a non seulement été composé en manque d’inspiration totale mais qui ne projette pas assez de son pour en apprécier toute la dynamique.
 


Le public se réveille sur « Gateways » qui a été instantanément très apprécié, dès sa sortie, et qui rebooste le public d’une traite. Ca headbangue dans tous les coins aux rythmes sublimes de cette chanson.

Dimmu Borgir enchaîne avec « Ritualist » sur lequel le son a été enfin magnifié, également tiré de l’album Abrahadabra. La sauce prend bien et le choix de la setlist semble vraiment judicieux puisque le public plus jeune, agglutiné devant, semble complètement satisfait. Le chanteur nous fait participer et chanter sur ce titre.

Ca enchaîne avec « Vredesbyrd », « The Serpentine Offering » et « Puritania » sur lequel Shagrath reconnaît que si ce n’est pas leur meilleur morceau, il a au moins le mérite d’être très catchy.

Puis il annonce dans le micro : « ce n’est pas tous les jours que vous voyez Dimmu Borgir au Brutal Assault. Alors donnez tout ce que vous avez » avant de nous envoyer « Progenies of the Great Apocalypse » en pleine tête. Dommage que le titre soit gâché par les parties en voix claire qui, au lieu d’être chantées en live, seront juste reproduites en sample.

Après un rapide rappel, le groupe fait un final grandiose avec « The Mourning Palace ».

Un très beau spectacle, un show qui a, je pense, satisfait plus d’un fan en République Tchèque.

Setlist :
Spellbound (by the Devil)
In Death’s Embrace
Dimmu Borgir
Gateways
Ritualist
Vredesbyrd
The Serpentine Offering
Puritania
Progenies of the Great Apocalypse

Rappel:
The Mourning Palace

 

SICK OF IT ALL
 


En matière de Hardcore, les amateurs de Sick Of It All avaient vraiment une chance d’enfer. Le groupe apparaît sur la grande scène et le Circle Pit démarre dès le premier morceau !

Cela est normal, les frères Koller sont en pleine forme et balancent une sauce monumentale !
 


Il faut dire qu’ils ont de la bouteille puisque le groupe a célébré ses 25 ans l’an dernier avec la sortie d’une compilation, Non Stop, regroupant la plupart de leurs anciens hymnes.

La voix de Lou Koller me scotche au sol, elle est puissante, claire et le chanteur est extrêmement communicatif avec le public, appelant au Wall Of Death ou aux nombreux Circle Pits. Les autres membres du combo n’en sont pas moins dedans et se dandinent autour de leurs instruments comme de vrais fous ! Pour le plus grand plaisir de leurs fans et même des novices.

 

SAMAEL
 


L’ère Samaël s’essouffle quelque peu à mon regret. Le show donné au Brutal Assault en est la preuve formelle. Pas ou peu d’interaction avec le public, le groupe est sur scène mais on ne ressent pas de motivation…

 

La voix de Vorph a du mal à se démarquer de la musique qui est déjà très saturée à la base et encore plus dans l’enceinte du Fort Josefov.

On pourra toutefois mettre en exergue le fait que Samaël a proposé une bonne gamme de vieux titres comme « Shining Kingdom » ou le très entraînant « Baphomets Throne ». Le dernier album, Lux Mundi, n’est pas en reste avec « Of War » et « The Truth is Marching On ».

 

Autant Samaël est encore capable de déchaîner les foules dans une salle de taille moyenne, avec leurs effets de lumière qui permettent à leur musique de s’exprimer davantage, autant sur une grande scène de festival leur présence et la capacité à envoyer un son digne de ce nom est nettement moins assurée.

 

Setlist :
My saviour
Shining Kingdom
Rain
Of War
Slavocracy
Reigh of Light
Soul Invictus
Earth Country
Baphomet’s Throne
The Truth Is Marching On

 

NILE
 


Entre deux groupes aux ambiances intersidérales, Samaël et Arcturus dont on va vous parler tout de suite après, c’est au tour de Nile de se produire sur la scène Jägermeister, partenaire officiel du festival. Les fans sont venus nombreux, mais certains, moins amateurs du Death Technique des Américains, se tiennent un peu en retrait. Il faut également avouer que la sortie de leur dernier opus, At the gates of Sethu, n’a pas fait que des émules, y compris parmi les membres de notre rédaction.

Alors la surprise a été de taille lorsque Nile débarque sur scène pour envoyer un son qui nous décolle littéralement les oreilles à nous, fidèles à la fosse.

 

Après une intro bien flippante, venue du fond des tombes égyptiennes comme il se doit, Nile nous balance un « Kafir! » suivi d’un « Sacrifice Unto Sebek » dans les tronches. Le public part directement au pays des sables chauds sous la pression des instruments et les coups de batterie de George Kolias.

Avant même le début du concert, le public hurle son nom pour le voir apparaître sur scène en pleine forme, avec un grand sourire aux lèvres ! D’ailleurs, aux trois quarts du concert, il casse sa pédale et Karl Sanders se met à rire. Il se fout de lui et dit : « Tiens, Georges a cassé sa pédale ! Mais pourquoi ça ne m’étonne pas ?! » Pendant que les roadies sont en train d’essayer de la changer, Karl nous demande de hurler en choeur avec lui : « Don’t break your drums, George ! »

Et le bon George nous fera un « Sarcophagus » avec une seule jambe, avec un énorme sourire aux lèvres.

Le groupe prend un pied phénoménal sur scène et les échanges entre les musiciens sont une constante.
 
Le son est parfait, la double pédale et les solis de gratte juste jouissifs !!

 

Le public est totalement dedans, la fosse ne désemplit pas, et nos tympans hallucinent devant la capacité de ce groupe technique à nous balancer un son clair comme de l’eau de roche et d’une lourdeur !!!! Ha !!! Que les lourds passages de « Kafir! », « Ithyphallic », « Black Seeds of Vengeance » sont bons !! Plus lourd que tous les groupes de Doom réunis.

Le public est à genoux, la claque monumentale. Si vous avez la chance de voir Nile sur scène prochainement, par exemple avec Kreator et Morbid Angel le 6 novembre prochain à Paris (le 5 à Rennes), courrez-y et recevez la malédiction de Nile en pleine face !!

Setlist :
Kafir!
Sacrifice unto Sebek
Defiling the Gates of Ishtar
Ithyphallic
Supreme Humanism of Megalomania
Permitting the Noble Dead to Descend to the Underworld
Sarcophagus
Black Seeds of Vengeance

 

ARCTURUS


La journée du jeudi devait clore par un show d’Arcturus. Autant vous dire que ce choix a été plus que judicieux et les festivaliers les plus coriaces ont été récompensés. Alors que Samaël n’a point réussi à nous faire décoller, le show d’Arcturus a été tout simplement magique.

 

Le charisme et la sympathie du géant Vortex, ses délires vocaux, la présence du très sympathique Knut et surtout, la précision de Hellhammer à la batterie, ont donné au show une dimension absolument magique. Les images projetées par le groupe sur les écrans du Brutal Assault nous renvoient dans des galaxies lointaines et dans une imagerie chère à Arcturus.

 

 

La prestation de Hellhammer est absolument incroyable : chaque coup, chaque effleurement de cymbales est chirurgical, millimétré, juste parfait. Habitué à jouer des lignes de batterie beaucoup plus complexes et rapides, là, il semble en revanche concentré à l’extrême sur la batterie d’Arcturus. On en est amenés à se concentrer rien que sur la batterie par moments pour mesurer la grandeur de ce qui est en train de se passer.

 

Pendant que Vortex nous fait chanter avec lui sur certains titres, comme par exemple sur « Shipwrecked Frontier Pioneer ». On aura droit à des hymnes, une poésie avant d’attaquer les beuveries de la première belle nuit du Brutal Assault

Setlist :
Evacuation Code Deciphered
Ad Absurdum
Nightmare Heaven
Hibernation Sickness Complete
The Chaos Path
Master of Disguise
Shipwrecked Frontier Pioneer
Raudt Og Svart

Katarz

Photos : © 2012 Thomas Orlanth

Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 



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