Brutal Assault XVII (8-11 Août 2012, République Tchèque) – 2ème partie

Live Report du Brutal Assault 2012
Vendredi 10 Août 2012
Jaromer – République Tchèque

 


Texte   :  Katarz & Thomas Orlanth
Photos :  Thomas Orlanth

 

La journée du vendredi a commencé à 15 heures. 🙂

KAMPFAR
 

Le Black Metal traditonnel de Kampfar vient semer des flocons de neige au beau milieu de tout festival. Groupe posé, qui évolue à son rythme, opérant dans un style affirmé, mais toujours flirtant avec la musique Folk traditionnelle. Dolk se concentre sur son chant et apparaît en très bonne forme puisqu’il bouge pas mal sur scène et rentre progressivement lui-même dans ce show aux horaires pas évidents du tout.

 

 

Kampfar puise dans toute sa discographie et nous sert, entre autres, un « Troll, Dod Og Trolldom » sur lequel Dolk se recourbe comme une crevette. Normal, ce titre est son préféré. Magnétique, envoûtant, les parties de chant sont particulièrement intenses.

 

Le public réagit pas trop mal au dernier album, Mare, sorti en 2011. Kampfar nous interprétera le très catchy « Huldreland » qui aura droit à de bonnes acclamations du public.

 

« Vettekult » sera très bien accueilli également et prouve une fois de plus la capacité de Kampfar à nous mettre dans des états seconds et à nous isoler du monde le temps d’une chanson…
 

VALLENFYRE


Précédemment chroniqué dans nos pages, le set de Vallenfyre j’en attendais beaucoup. Ce superband composé de musiciens de Paradise Lost, avec Gregor Mackintosh aux commandes, qu’accompagnent sur scène Hamish Glencross de My Dying Bride et Adrian Erlandsson,  d’At The Gates aux fûts, a choisi le Brutal Assault pour la promotion de leur unique album, A fragile King.

 

Un groupe qui a misé sur la lourdeur, autant dans la musique que sur le poids des sentiments véhiculés… tristesse (l’album a été composé après le décès du papa de Gregor), noirceur, désespoir.

Du coup sur scène, on s’attend à un son très puissant, d’un calibre presque surnaturel… mais finalement on assistera à un show d’une puissance toute relative, et on aura du mal à rentrer dedans…tout comme les musiciens.

 


Le Doom de Vallenfyre ne me fait pas décoller plus que ça, malgré les belles envolées de guitares et les très beaux changements de rythme. Un ennui s’installe auprès des spectateurs, mais on sent tout de même un grand respect aux musiciens présents sur scène.

 

 

MORGOTH


Morgoth entretient la flamme de son Death old-school en se produisant à droite à gauche. Rares sont ceux qui n’ont pas eu l’occasion de les admirer sur scène cette année. Alors nous avons remis ça au Brutal Assault et le moins que l’on puisse dire c’est que le groupe a été, une fois de plus à la hauteur.

 

Le son souffre, comme lors du show précédent d’un manque de puissance, largement rattrapé par la batterie de Marc Reign. Le groupe envoie une bonne énergie sur scène et le public semble conquis. On peut apercevoir un énorme pogo au milieu de la foule.

 

Setlist :
Bodycount
Unreal Imagination
Suffer Life
Sold Baptism
White Gallery
Burnt Identity
Pits of Utumno
Isolated

 

NAPALM DEATH


Les pays de l’Est sont la destination préférée de Barney. Et ça se voit. Dès que le groupe se produit dans l’ex-bloc communiste, sa musique prend une dimension très particulière. Le frontman nous le fait savoir et démarre en vitesse avec un « When all is said and done » très bien exécuté.

Il nous apprend par ailleurs que le groupe entamera bientôt une nouvelle tournée à travers la Tchéquie.

 

Comme à l’accoutumée, Barney est en mode épileptique, visiblement très heureux de jouer pour le public du Brutal Assault. Car le Brutal Assault c’est aussi ça : une bande de fous furieux qui n’ont pas besoin de consignes pour partir en guerre. Le pogo est très brutal, ça réagit à tous les changements de titres qui s’enchaînent à une vitesse fulgurante, trop rapide pour être consignée par écrit.

J’ai à peine eu le temps de noter des titres comme « Quarantined », « Nazis Punks Fuck Off », « Scum », tous exécutés à la perfection.

La présence de Shane à la basse est toujours aussi réconfortante et agréable. Malheureusement au Motocultor Festival, ce dernier a du être emmené aux urgences et a été remplacé à la dernière minute. On lui souhaite un prompt rétablissement !

 


 

AMON AMARTH


L’ambiance apportée par la lumière bleue diffusant dans la brume pendant que le morceau d’introduction résonne dans la nuit vous plonge immédiatement dans le grand nord, là où la guerre des dieux s’annonce.

D’ailleurs, le concert débute en fracas avec « War of The Gods ». Ne cherchez pas l’originalité : les grands classiques sont tous là.

 

Comment peut-on d’ailleurs imaginer un concert d’Amon Amarth sans l’ultra-classique « Pursuit of Vikings » et sa gymnastique obligatoire de la nuque ?

Certains diront que les concerts des guerriers du nord sont toujours un peu pareils. C’est sans doute vrai, mais personnellement, je pourrais les voir encore cinquante fois avant de me lasser en hurlant avec la foule « Odin ! Guide our ships, our axes, spears and swords… ».

Les effets lumineux amplifient le plaisir du spectacle, les spots forment, pour ne citer que cet exemple, de véritables éclairs dans la brume pendant « Twillight of the Thunder God » alors qu’au loin, les murs de la forteresse de Josefov s’illuminent des différents logos du Brutal Assault.

Bref, si je compare à d’autres concerts que j’ai pu voir d’eux ces derniers temps, je ne peux qu’encenser la régularité et l’efficacité de leur show. La musique entrainante d’Amon Amarth créé systématiquement l’enthousiasme des foules, où qu’elles soient !

Vivement la prochaine fois…

Thomas Orlanth
 

Setlist:
War of the Gods
Runes to My Memory
Destroyer of the Universe
Death in Fire
Cry of the Black Birds
The Fate of Norns
The Pursuit of Vikings
For Victory or Death
Victorious March
Twilight of the Thunder God
Guardians of Asgaard 

SEBKHA-CHOTT


Okay.. alors accrochez-vous parce que là je vais vous parler d’un OVNI, mon meilleur souvenir du Brutal Assault. Les Français de Sebkha-Chott ont donné un show tout simplement gigantesque sur la petite scène du Brutal Assault (qui offre malheureusement très peu de visibilité pour les spectateurs). Trois extra-terrestres qui se présentent d’entrée de jeu, avec Wladimir Ohrelianov II à la basse, Souv’ Ponk au saxophone et à la programmation et Yüla Slipovitch à la batterie, venus d’un autre monde, Ohreland et respectivement rappelant (et je dis bien faisant penser à) un balai à chiottes Sado-maso, un homme lézard et Marie Antoinette en version Thrash. Un quatrième membre mystère, l’Assassin, vient régulièrement empaler le batteur sur un double gode devant l’hilarité générale.

En outre leur aspect très théâtral dont j’ai été particulièrement fan, la musique de Sebkha-Chott a transporté une partie du public ouvert aux nouvelles expériences (un nombre incalculable de personnes quittent la salle assez vite) dans un monde déstructuré, avant-garde, indescriptible, avec un mélange de Jazz-Fusion-Metal magnifié par des musiciens de génie. Tous les instruments sont audibles et ils sont nombreux, puisque les membres de Sebkha-Chott jonglent avec les instruments classiques propres au metal et les samples divers et variés. On ne sait jamais où un morceau va commencer, ni où il va nous emmener, c’est tout simplement surréaliste.

Il n’y a pas d’autres moyens de décrire la musique de Sebkha-Chott qu’en vidéo, surtout que le frontman s’adresse à la foule en la critiquant sans arrêt, le groupe garde une distance hautaine avec le public, mais c’est toujours fait avec sympathie et humour. Une petite partie du public est conquise, morte de rire lorsque Wladimir nous dit : « Fermez-la ! On ne veut pas de vos cris », ou encore « Alors vous allez courir voir Machine Head bande d’ignares ? » ; « Vous allez tout être à terre dans 15 minutes ».

Un spectacle grandiose, musicalement génial, entraînant que je conseille à tous ceux suffisamment ouverts d’esprit pour l’apprécier.

 

MACHINE HEAD


Un concert avec une set list et un déroulement incompréhensible mais tout de même grandiose, à cela se résumerait mon opinion du show donné par l’une des plus grosses têtes d’affiche du Brutal Assault.

 

En effet, le show dans sa globalité manque de dynamisme, grosse bavure qui s’explique par des pauses interminables entre les chansons. Le frontman s’adresse souvent à la foule et casse le rythme du spectacle. Soudainement, aux trois quarts du concert, le show s’arrête et Rob s’adresse très longuement au public pour annoncer son amour pour Prague et un prochain clip qui sera tourné là-bas. Puis, après une disparition de scène il revient de plus belle pour interpréter trois titres attendus depuis le début, « Block », Halo » et « Davidian » qui s’enchaînent à merveille et nous font enfin rentrer dedans !

Le show de Machine Head sera tout de même un moment incroyablement fort de cette édition du Brutal Assault.

 

Setlist :
I am Hell
Old
Impreium
Locust
Aesthetics of Hate
Darkness Within
Block
Halo
Davidian

Katarz

 

PARADISE LOST


Je suis mal placé pour parler de ce groupe. J’aimais beaucoup leurs premiers albums, mais je n’ai pas vraiment accroché après leur évolution musicale post-Draconian Times. Quoiqu’il en soit, si on aime le côté planant de leur œuvre, il n’en reste pas moins que c’est certainement une musique qui s’apprécie davantage dans un canapé confortable avec un équipement audio digne d’un mélomane que dans un concert en plein air. Le son est très travaillé, mais il est difficile de le restituer de manière optimale partout sur un site complexe comme celui de Josefov, avec des hauteurs et des murs irréguliers.

Je vais donc m’aider d’une phrase prononcée par le chanteur Nick Holmes, à l’enchaînement du morceau « One Second » avec « As I Die », qui résume bien le concert: « If you know it, sing it. If you don’t, just stare at me.” (si vous la connaissez, chantez-la, sinon, contentez vous de me regarder).
Bon, j’avoue, j’ai quand même chanté, au moins sur ce que je pense être le meilleur titre du groupe.

 

Laissons aux fans l’appréciation du concert, pour ma part, l’ennui d’un spectacle somme toute très convenu s’est superposé à la fatigue de la journée.

Pour ne pas rester sur une note négative, on ne peut qu’apprécier la richesse des la setlist. Oui, Paradise Lost a produit de grandes chansons dans sa longue carrière et cela fait toujours plaisir de les ré-entendre…

Setlist:
Widow
Honesty in Death
Erased
Forever Failure
Tragic Idol
One Second
As I Die
Fear of Impending Hell
The Enemy
Faith Divides Us – Death Unites Us
Say Just Words 

Thomas Orlanth

Photos : © 2012 Thomas Orlanth

Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
 



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements