Entretien avec Ultra Vomit au Download 2018

C’est au lendemain de leur prestation sous la tente Warbird du Download que l’on retrouve la section rythmique d’Ultra Vomit, le batteur Emmanuel « Manard » Colombier et le bassiste Matthieu Bausson pour aborder des thèmes graves et importants à la manière des grandes émissions comme Apostrophes, Bouillon de Culture ou Le Grand Echiquier... Ou pas.

Lionel / Born 666 : Alors ? Heureux après votre prestation au Téléchargement 2018 ?

Emmanuel « Manard » Colombier : Notre gala au téléchargement ? On ne va pas se mentir c’était plutôt cool. Il y avait du monde à Bâle en Suisse mais aussi ici. Le gala s’est bien passé. Les gens étaient bien chauds et nous encourageaient dès le line check.

Matthieu Bausson : C’était fou…

Lionel : D’ailleurs en arrivant vers la tente je croyais que ça avait déjà commencé.

Matthieu Bausson : Ça fait carrément parti du spectacle maintenant.

Lionel : Vous avez quand même volé du public à Avatar ?

Emmanuel : En même temps tout le monde l’a vu, il est passé sur TF1 le film… (rire général) C’est le jeu en festival, il y a toujours un groupe qui joue en même temps.

Matthieu : Ça a bien divisé les gens.

Emmanuel : J’ai une bonne amie à moi qui vient de mettre fin à plus de 20 ans d’amitié en préférant aller voir Avatar.
 

Ultra Vomit


Lionel : Sentez-vous une différence au travers des publics que vous croisez sur les différents festivals ?

Emmanuel : Ça dépend de la teneur du festival. Les festivals metal c’est relativement similaire, c’est le public metal. Après on commence à faire des festivals plus éclectique et là tu peux ressentir de la curiosité de leur part et qui ne connaisse pas le metal.

Matthieu : D’ailleurs on va faire Les Nuits de l’Erdre...

Emmanuel : Non c’est « La », La nuit de L’Erdre (bonne réponse vérifiée par nos soins NDLR).

Matthieu : non c’est « Les »...

Emmanuel : ...« La »...

Matthieu : ...« Les » il y a plusieurs nuits...

Emmanuel : ...« La »… (15 minutes plus tard)

Matthieu: Allez je parie 15 balles !

Lionel : bref comme vous le disiez hier c’est un festo peche.

Matthieu : ça remplace la ville peche quand on joue dans des villes, mais on fait La Nuit de l’Erdre où on joue entre Catherine Ringer et The Hives qui jouent d’ailleurs ce soir au Download.

Matthieu :  Le lendemain c’est Orelsan.
 

Ultra Vomit


Lionel : Combien avez-vous payé Niko de Tagada Jones pour qu’il monte sur scène avec vous ?

Matthieu : C’est Tagada Jones qui nous paye car c’est notre tourneur.

Lionel : Mais oui c’est vrai que vous êtes Bretons...

Les deux: Non ! Nous sommes Nantais.

Lionel : Quel est le style musical le plus difficile à interpréter sur scène ? Black metal, thrash, Évier Métal ?

Matthieu :  Dès que l’on fais du blast, je me dis mais où est le premier temps ?

Emmanuel : Moi c’est la rapidité, je n’ai pas une super technique de blast, j’en chie...

Matthieu :  ah c’est pour cela que je ne repère jamais le premier temps.

Emmanuel : Car on n’est jamais au même endroit (rires). C’est là où j’ai le plus de mal. En ce qui concerne le heavy metal, là c’est plus mon style de jeu et c’est donc plus naturel. Le groove ce n’est pas trop mon truc non plus. Donc les trucs où je suis le moins à l’aise sont les deux extrêmes : les trucs super calmes et les autres plus brutaux. En revanche à l’aise dans le metal old school.

Lionel : Quel style n’avez vous pas encore fait ? Reggae ?

Matthieu :  Ah si ! On a fait "Reggae Warrior"avec les canards en 2015 !

Emmanuel : Par contre on avait fait il y a très longtemps une parodie de Manowar en reggae. (rire général) mais on ne l’a jamais sorti sur disque. Des fois on en reparle avec Nico (Nicolas « Fetus » Patra ) en se disant qu’il y aura peut-être un jour quelque chose à faire avec ce morceau. Pour rebondir la dessus on ne va pas forcément faire du reggae, on en écoute pas.

Matthieu :  Si on reprenait du reggae ça ferait « foutage de gueule »

Emmanuel : Pas comme le reste... (rire général). On est plus dans l’hommage...
 

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Lionel : Est ce que Rammstein connaît le titre « Kammthaar ».

Oui ils sont au courant. On sait de source sûre qu’ils ont vu le clip de « Kammthaar ». Apparemment ça les a fait rire. En revanche on a eu des retours de Gojira, Tagada Jones

Matthieu :  Pas de Calogero, je suis dégouté. J’attends plus un retour de lui...

Emmanuel : ...Ce sera plus de la part de son avocat je crois (rires)... et on vient de découvrir d’où venait la phrase « Un chien géant ». c’est un truc de malade. Fetus l’avait vu écrit su MySpace et s’était demandé ce que c’était que cette phrase. Il avait cherché d’où ça venait et puis n’avait rien trouvé. Aujourd’hui il y a un gars qui nous a envoyé une chanson de Philippe Katerine où la phrase se trouve dans les paroles. Ça vient de là et on ne le savait pas. Si Philippe Katerine écoute La Grosse Radio « Sache que l’on n’a pas fait exprès de t’avoir piqué une phrase !! ». Et puis c’est cool, on aime bien le personnage.

Lionel : Ecrivez-vous sous l’emprise des stupéfiants ?

Non, non, non ! On est très peu stupéfiants. Des petites binouses.

Lionel : Alors ça pète et ça démarre…

Matthieu :  Il y a de nombreux textes qui ont été écrit sous l’emprise de l’alcool. On est en soirée et puis ça sort comme ça.

Emmanuel : Pour moi j’en ai pas besoin, on est assez lucides quand on écrit nos conneries...

Lionel : C’est donc assez grave ! (rire) Est ce que vos parents sont encore fiers de vous ?

Emmanuel : Euh oui ça va. Disons que…

Matthieu : Ils ont mis du temps à comprendre les liens. Ils viennent aux concerts de temps en temps. Ils sont contents mais ce n’est pas leur came non plus.

Lionel : Si vous avez des frères et sœurs êtes vous toujours les préférés de vos parents ?

Emmanuel : (rire) ça va, ça va… c’est quand même assez obscur pour eux ce qu’on fait.
 

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Lionel : Quels ont été vos derniers rêves ?

Matthieu : J’ai rêvé que j’engueulais Nico pendant une interview car il n’arrêtait pas de parler aux gens autour...

Emmanuel : Mais non ça c’était tout à l’heure (rire général). Moi je fais plein de cauchemars. Il n’y a pas longtemps j’ai rêvé de Albert Fish.

Lionel : Qui ?

Le fameux tueur. Je suis féru de serial killer. Je lis de nombreux livres sur le sujet. J’ai dû lire sa biographie et j’en ai fait un cauchemar. Le mec n’était pas très cool. (rire)

Lionel : Comment Ultra Vomit peut s’exporter ?

Matthieu : C’est aussi à notre tourneur de décider.

Emmanuel : On nous a proposé des fois de faire des versions anglaises, mais on n’est pas très motivé pour le faire. Si on doit s’exporter ce sera tel quel.

Matthieu : Les speechs seront en anglais.

Emmanuel : Une fois on avait joué en Suisse allemande. On avait un morceau qui marchait bien du premier album qui s’appelle « Poil pubien » et on avait demandé comment cela se traduisait en allemand. Et c’était Pubis Haar. (rire général). On avait donc fait une adaptation pour le public allemand.

Matthieu: Ça va parce qu’il n’y a pas beaucoup de texte finalement. « Poipoipoipoipoipoipoil pubien... »… « Pupupupubis Haar »… (rire général)

Lionel : Donc après ça c’est le Wacken. ?

Emmanuel : Avant on se disait que cela ne servait à rien de jouer devant des gens qui ne parlaient pas français. On en est revenu et on se dit pourquoi pas. Tu peux quand même saisir l’esprit de ce que l’on fait. On n’a pas encore de projet la dessus.
 

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Lionel : L’album Panzer Surprise ! est sorti l’année dernière. Vous aviez enchaîné avec le Hellfest sur la Mainstage 2…

Matthieu : ...je me souviens qu’il y avait des étrangers assez dubitatifs. Ils se demandait pourquoi il y avait autant de monde devant la scène.

Emmanuel : Moi j’imaginais même les autres groupes, genre des plus gros. Juste après nous il y avait Phil Campbell & The Bastards Sons qui se préparaient. Il a dû halluciner en se disant « mais c’est quoi ce groupe qui est en train de jouer là ? » (rire général). De plus il n’y avait pas autant de monde pour lui juste après.

Lionel : Pas de stress avant de monter sur scène ?

Matthieu : Hype stressant !

Emmanuel : Le pic de stresse ultime. c’était une marré humaine sans sol… Hyper fédérateur comme moment. C’était « ouf » ! Heureusement que l’on a vécu cela car ça nous a endurci. Par exemple pour le concert d’hier au Download il y avait beaucoup de personne.

Lionel : La tente débordait de partout…

Emmanuel : Il y avait 5000 personnes, je ne sais pas… Peut-être même plus… Mais ça nous a endurci car si on avait fait le concert d’hier l’année dernière on se serait bien chier dessus aussi. Hier on était bien, comme dans une salle normale, on n’a pas multiplié les tempos par deux.

Lionel : Comment faites vous pour travailler ? Vous accumuler les idées au fur et à mesure ou à un moment vous vous dites allez on y va on travaille maintenant ?

Emmanuel : C’est un peu des deux. Pour Panzer Surpise!, il y a des titres qui datent de plusieurs années, « Un Chien Géant ». « Super Sexe » a été composé en 2009. Du coup on a ce petit vivier de titre qui s’accumulent au fil du temps. Et au bout d’un moment quand on se dit qu’on s’y met, on y va d’une façon intensive et même certaines idées surgissent d’un coup. D’ailleurs sur le dernier album on a écrit au tout dernier moment « Évier Métal », « Takoyaki » et « Kammthaar ». Les gros titres ont été écrits vers la fin. Le titre « Kammthaar » est un titre que l’on avait depuis très longtemps. On savait seulement qu’on ferait un jour une chanson dessus, mais on avait rien d’autre. « Takoyaki » est sorti en dernier. Fetus est allé au Japon et il s’est dit qu’il fallait absolument qu’il en fasse une chanson. (rire)

Lionel : Et l’actu pour Ultra Vomit ?

Le clip « Evier Métal » sort en ce moment...

Lionel : Un clip sérieux…

Matthieu : ...évidement. Comme d’habitude !

Emmanuel : Comme disait le rappeur Morsay « Click salope, click ! » (rire général)... sans oublier l’Olympia (13 Octobre). Ne tardez pas si vous voulez venir car ça se remplit rapidement.

Matthieu : Il est bon en marketing.

Emmanuel : Non c’est vraiment ça.

Regis Peylet : Lionel, tu ne poses pas la vrai dernière question ? Celle que l’on avait posé à Steel Panther « Avec ou sans le dents » ?

Matthieu : Bah sans les dents !

Emmanuel : Bah pour moi ça dépend, mais pour un bon burger je préfère quand même avec les dents...

Photos : © 2018 Régis Peylet
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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