Wacken 2012 : Jour 2 (03.08.2012)

Wacken Open Air 2012 : jour 2
 

Après une mise en jambes de haute qualité le premier jour, il est temps maintenant de passer aux choses sérieuses avec une journée remplie de concerts qui contient l’un des concerts les plus attendus du festival : Dimmu Borgir avec un orchestre. Malheureusement pour les festivaliers, le temps sera traitre et passera d’une matinée ensoleillée à une après-midi très pluvieuse. Mais la gadoue créée n’empêche pas les metalleux de tous horizons de se déchainer à tout va.

Sacred Reich
 

C’est sous un soleil radieux qu’entrent en scène les quatre thrashers d’Arizona. Aidés par un gros son et un public réactif, les musiciens ont su envoyer la purée avec des titres directs et puissants. Ainsi, c’est avec un plaisir non dissimulé que les spectateurs peuvent headbanguer sur « The American Way » ou encore « Surf Nicaragua ». Parmi les douze morceaux présentés se glisse une reprise du classique de Black Sabbath, « War Pigs », fort bien interprétée.

Les musiciens sont heureux d’être là, en témoignent le sourire et la bonhommie du frontman Phil Rind. Envoyant la purée comme personne pendant les morceaux, le musicien se permet quelques traits d’humour quand il s’adresse au public, comme une critique du wall of death, auquel il préfère le circle pit, appelé « circle of life ». Le lien avec Walt Disney est tout trouvé. Le chanteur trouvera des festivaliers pour lui obéir sur « I Don’t Know », qui fera l’objet d’un mosh conséquent.

Si Sacred Reich, formé depuis 25 ans, n’a pas sorti d’album studio depuis 1996, il montre qu’il n’a pas perdu son amour de la scène et qu’il sait toujours y faire avec le public. Une prestation thrash qui ne manque pas de mordant.

Sacred Reich Phil Rind

Setlist :

Death Squad
Love…Hate
Administrative Decisions
I Don’t Know
One Nation
Ignorance
The American Way
Crimes Against Humanity
Who’s to Blame
Independent
War Pigs (reprise de Black Sabbath)
Surf Nicaragua

Sanctuary
 

Après le thrash de Phoenix (Arizona) vient le heavy de Seattle. Warrell Dane et son groupe Sanctuary viennent jouer une heure au Wacken pour montrer que, malgré les années de séparation, le groupe a bien repris du poil de la bête.

Première constatation : Warrell arrive à assurer ses parties vocales sans grandes difficultés. Ses cris suraigus inspirés de King Diamond sont bien interprétés pour des morceaux heavy sulfureux comme « Die For My Sins », issu de l’album Refuge Denied. Concernant les musiciens, ils font le boulot comme il faut, en servant riffs hypnotiques, comme sur « Future Tense », et solos typiquement heavy sur l’ensemble des morceaux.

Si Sanctuary fait preuve d’une grande aisance sur scène, il montre également qu’il est sérieusement revenu aux affaires. Il présente ainsi deux nouvelles chansons qui devraient figurer sur le prochain album : « I Am Low » et « The World Is Wired ». Ces morceaux, placés en fin de set, se fondent parfaitement avec le reste des titres présentés, montrant ainsi que le groupe n’a pas changé la recette de son heavy metal.

Véritable star sur scène, le frontman Warrell Dane se montre assez proche du public, arrive à le chauffer sans problème et se permettra quelques traits d’humour bien sentis, lui permettant de rattraper son léger cafouillage dans la setlist avant que le groupe n’exécute « Sanctuary ». Il aura droit à sa propre ovation en fin de concert, avec son nom crié par les fans du premier rang.

Sanctuary

Malgré l’avenir incertain de Nevermore, groupe de thrash dans lequel il joue avec le bassiste Jim Shepard, Warrell Dane montre qu’il sait s’occuper avec Sanctuary, plus remonté que jamais.

Setlist :

Eden Lies Obscured
Die for My Sins
Taste Revenge
Future Tense
The Mirror Black
White Rabbit
Sanctuary
I Am Low
The World is Wired
Battle Angels

Kamelot
 

Après un concert dont la rareté faisait figure d’évènement arrive Kamelot, qui présente au public allemand son nouveau chanteur permanent : Tommy Karevik. Vocaliste suédois qui est aussi membre de Seventh Wonder, le petit nouveau montre de belles capacités au chant. Ses similitudes vocales avec Roy Khan, ancien chanteur de Kamelot, permettent au public de ne pas se sentir perdu lors l’interprétation de l’ensemble des titres présentés.

Si le chanteur présente des qualités vocales indéniables, on peut néanmoins lui reprocher un léger manque de confiance en lui sur scène lorsqu’il s’adresse à la foule, ce qui peut être lié à son intégration récente au sein du groupe américain. Malgré cela, la volonté de se rapprocher du public était présente, particulièrement lorsqu’il viendra chanter sous la pluie battante en fin de concert.

La setlist présente un équilibre entre classiques et nouveautés, avec les indispensables « Forever » et « March Of Mephisto » et les titres plus récents comme « The Great Pandemonium » ou « The Human Stain ». Un titre de Silverthorn, prochain disque du groupe, est présenté au Wacken : « Sacrimony (Angel of Afterlife) », en compagnie d’Elize Ryd, chanteuse d’Amaranthe.

kamelot Thomas Youngblood

Ouvert avec des jets de flammes et conclu par une averse qui transformera le sol du site en marécage, le concert de Kamelot a malgré tout pu convaincre le public après les errements de line-up suite au départ du charismatique Roy Khan. Le groupe est redevenu stable et assure en concert.

Setlist :

Rule the World
Ghost Opera
Center of the Universe
The Human Stain
The Great Pandemonium
When the Lights are Down
Sacrimony (Angel of Afterlife)
Forever
Karma
March of Mephisto

Opeth
 

« Nous aimons bien jouer sous la pluie, cela correspond mieux à notre musique » a déclaré Mickael Akerfeldt, frontman d’Opeth en plein milieu de son concert au Wacken Open Air. Le gros du set du groupe s’est en effet déroulé sous les intempéries, hormis le dernier titre, « Deliverance », qui bénéficiera d’un soleil radieux.

Bien des doutes étaient permis sur la performance live d’Opeth. En effet, le groupe a abandonné le death metal sur son dernier album en date, Heritage, ainsi que sur la tournée européenne qui a suivi sa sortie. Ni vu ni connu, le groupe fait machine arrière et inclut dans son set de sept titres quatre morceaux sufureux qui montrent que le chanteur a gardé sa rage dans ses growls, en témoigne le classique « Demon of The Fall ». Le set est ainsi divisé en deux parties : la première avec trois nouveaux morceaux et la seconde fait aux fans de l’ancienne période du groupe.

Si Mickael Akerfeldt n’a pas perdu sa voix, il n’a pas non plus perdu son sens de l’humour. Le chanteur s’est permis une plaisanterie sur Scorpions, en disant qu’Opeth allait rendre hommage à « Wind Of Change » en sifflant pendant 25 minutes. Plus tard dans le concert, il s’amusera, après avoir présenté ses acolytes, à dire que son nom est Julio Iglesias.

Opeth

Que les fans se rassurent, Opeth maîtrise toujours la scène, en exécutant avec brio l’ensemble des titres, toutes époques confondues. Reste à savoir quelle direction le groupe compte prendre en studio.

Setlist :

The Devil’s Orchard
I Feel the Dark
The Lines in My Hand
Heir Apparent
Demon of the Fall
The Grand Conjuration
Deliverance

Hammerfall

C’est un concert spécial que donne Hammerfall au Wacken. Le groupe, qui fête ses 15 ans d’activité, se prépare à faire une pause d’un an après le frais « Infected », représenté par deux titres lors de ce concert d’une heure : « Patient Zero » et « B.Y.H. ». Le reste du set offre un panorama équilibré de l’ensemble de la carrière, avec essentiellement des classiques, comme « Let The Hammer Fall » ou encore « Last Man Standing ».

Dans le public, l’ambiance est à la fête. Le soleil est revenu avec les suédois et les headbangs, les sourires et les acclamations se multiplient. Parfaitement à sa place au Wacken, le groupe joue devant un public conquis d’avance sans pour autant se reposer sur ses lauriers, car il y a un show à assurer. Sensible à cela, le chanteur Joakim Cans ne manque pas de remercier le public et de le chauffer, qualifiant Hammerfall de « groupe allemand venu de Suède ».

Propre et carré, Hammerfall ne démérite pas en live et continue d’assurer l’ensemble des titres dans l’heure qui lui est impartie. La paire de guitaristes Oskar Dronjak et Pontus Norgren assure toujours autant riffs et solos pendant qu’Anders Johansson et Fredrik Lifeson assurent la rythmique efficace et entrainante des morceaux.

Hammerfall

Vendu comme un concert spécial, ce spectacle d’Hammerfall n’avait pas grand-chose d’inhabituel, hormis le fait que ce soit l’un des derniers avant la pause d’un an du groupe, que l’on espère voir revenir encore plus fort.

Setlist :

Patient Zero
Heeding the Call
Any Means Necessary
B.Y.H.
Blood Bound
Steel Meets Steel
Last Man Standing
Renegade
The Dragon Lies Bleeding
Let The Hammer Fall
One More Time
Hearts On Fire

DIMMU BORGIR
 

Après le passage des suédois et de leur heavy metal efficace, c’est au tour des norvégiens de Dimmu Borgir de présenter leur black metal racé et grandiloquent sur scène. Pour ajouter du cachet à cet aspect de leur musique, le groupe a dépêché l’orchestre national symphonique de la République Tchèque, faisant de ce concert l’un des plus attendus du festival.

Ainsi, la foule se presse pour voir Dimmu Borgir, qui aura rarement réuni autant de monde. Le groupe donne un concert d’une heure et demie, dans un set dominé par son dernier album, Abrahadabra, qui en occupe la moitié, avec notamment le majestueux « Dimmu Borgir », amené par une longue intro orchestrale, ou encore « Gateways », morceau auquel participe Agnete Kjølsrud de Djerv. Certains indispensables ne sont pas oubliés, comme « Progenies of the Great Apocalypse » ou encore « Mourning Palace ».

Côté son, tout est superbement mixé et donc parfaitement audible. L’orchestre se marie bien avec les grosses guitares d’Erkekjetter Silenoz et de Galder, qui assurent le show proprement. Le frontman Shagrath offre une prestation vocale tout à fait en accord avec la musique de Dimmu Borgir en apportant une interprétation soignée.

Dimmu Borgir Shagrath

Non content d’offrir un concert accompagné d’un orchestre, le groupe offre un grandiose, avec des tenues de scène détaillées et travaillées, à grands renforts de pics et de plaques et déploient quelques effets visuels du plus bel effet, comme des pluies d’étincelles pendant certains titres. Effet garanti au coucher du soleil !

Devant un tel concert, le public jubile, applaudit à tout rompre et acclame les norvégiens qui offrent un concert exceptionnel. Shagrath ne manquera pas de chauffer et de remercier la foule. Il précise également qu’il s’agit du cinquième passage du groupe au Wacken Open Air et que, pour l’occasion, il fallait faire quelque chose de spécial.

Pari réussi pour Dimmu Borgir, qui aura réussi à amener un maximum de monde devant la Black Stage pour un concert grandiloquent et fort bien exécuté.

Setlist :

Xibir
Born Treacherous
Gateways
Dimmu Borgir
Chess With the Abyss
Ritualist
A Jewel Traced Through Coal
Eradication Instincts Defined
Vredesbyrd
Progenies of the Great Apocalypse
The Serpentine Offering
Fear and Wonder
Kings of the Carnival Creation
Puritania
Mourning Palace
Perfection or Vanity
 
 



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