In This Moment au Hellfest 2018

Dimanche – 14h20 – Main Stage 1

In This Moment

In This Moment ou le sens du spectacle à l’américaine !

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La Main Stage 1 est prête à accueillir la « Rock Goddess » (titre honorifique qui lui a été attribué en 2013), à savoir Maria Brink et son groupe de metalcore In This Moment. La chanteuse est connue pour son sens de la mise en scène et ses tenues extravagantes. Aussi, outre les performances musicales, les festivaliers attendent avec impatience d’en prendre littéralement plein la vue !

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En attendant le show, on peut admirer le backdrop représentant un pentagramme blanc sur fond noir entouré de symboles runiques, et au centre une croix avec un serpent. Les couleurs sont affichées, il ne reste plus qu’à patienter sagement. Soudain les tambours résonnent, une femme portant une cape noire, un masque blanc et une perruque assortie arrive sur scène. Pas le temps de se demander de quoi il retourne, Maria Brink entre en scène vêtue d’une cape noire et d’une coiffe en forme d’auréole à rayons. Telle une Sainte Vierge, elle commence à chanter « Blood » de manière très solennelle en se cachant les yeux.

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Des danseuses (les « Blood Girls ») vêtues du même accoutrement noir avec des masques blancs et tenant des crânes noirs dansent autour d’elle, la faisant ressembler à une grande prêtresse entourée de ses fidèles. Pendant que Maria Brink se penche délicatement vers chacune d’elle, une grande bourrasque surgit faisant tomber du même coup la cape de la chanteuse. On peut aller admirer sa robe blanche immaculée mettant en valeur sa superbe plastique. Si on peut reprocher à sa voix d’être moins puissante que sur ses albums, le visuel rattrape sans conteste ce petit bémol.

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Le deuxième titre s’enchaîne sans transition. La chanteuse se déplace avec élégance et légèreté, comme frappée par la grâce divine. Invitant les festivaliers à taper dans les mains, sa voix gagne en puissance et aucune fausse note n’en sort. Exécutant des grands cercles avec ses bras, la prêtresse se recule avant de disparaître magistralement derrière un rideau.

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On perçoit le souci du moindre détail dans cette mise en scène, cela promet pour la suite. La silhouette blonde revient, arborant une tenue rouge avec des écailles et un masque surmonté d’une couronne à trois branches. Cette drôle de coiffe lui couvre entièrement la partie supérieure du visage, ne laissant entrevoir aucun trou pour les yeux. Commençant à se trémousser de manière orientale, un sosie portant la même coiffure mais avec un costume blanc apparaît soudain sur scène ! Et là l’évidence apparaît aux yeux de tous : nous regardions une fausse Maria ! Les jumelles se mettent à exécuter une danse l’une derrière l’autre, comme si elles ne formaient qu’une seule entité à l’image de la déesse Khali et ses bras multiples.

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Rien à dire, on est séché par le visuel, mais on peut déplorer que seule la voix d’In This Moment soit mise en avant au détriment des autres musiciens qui composent le groupe. Puis l’un des titres phares du groupe démarre. A l’écoute d’ « Adrenalize », on a l’impression d’entendre davantage des paroles récitées plutôt qu’un véritable chant. La qualité des vocalises reste cependant indéniable. Maria incite alors le public à lever les bras, et tombe enfin son masque pour ensuite s’armer d’un bazooka crachant des fumigènes. L’Américaine n’est pas connue pour faire les choses à moitié et ça se voit !

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Disparaissant de la même manière que la fois précédente, une autre silhouette féminine blonde apparaît emmitouflée dans une cape noire. Portant un masque blanc, on sent venir la supercherie ; s’agit-il de Maria ou d’une Blood Girl ? La réponse ne tarde pas à arriver puisqu’une femme habillée de la même tenue mais dont la capuche cache le visage arrive sur scène. Le duo se positionne en face à face pour réaliser une chorégraphie identique mais inversée, comme si un miroir les séparait. La femme à la capuche n’étant autre que Maria se laisse enlancée par sa Blood Girl et nous donne une superbe interprétation de « Roots ». Plus le show avance, plus les performances vocales s’améliorent. Se libérant de l’étreinte de sa Blood Girl concomitamment au refrain, on est percuté de plein fouet par la puissance du chant et l’intensité du sentiment de libération qui s’en dégage. S’adressant de nouveau aux festivaliers, ceux qui la qualifiaient de « diva prétentieuse sans interaction avec son public » n’auront pas gain de cause pour ce concert.

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Disparaissant à nouveau selon le même rituel, une nouvelle femme blonde arrive sur scène vêtue d’une robe blanche en lambeaux et un masque de loup. On devine sans peine que le prochain morceau sera « Big Bad Wolf ». On connaît le stratagème, et s’attendant à voir surgir une autre jumelle, on entend sortir du masque une voix puissante hurler « Hellfest ». On reconnaît le timbre de la chanteuse, il s’agit bien de Maria : pas de sosie pour ce titre. L’Américaine aime nous surprendre. Annonçant qu’on ne peut l’arrêter, elle enchaine avec les premiers couplets. Comme prise dans une transe en disant qu’on ne peut l’arrêter, qu’elle a besoin d’aide, elle déambule sur scène accompagnée d’une Blood Girl. Levant son masque, elle laisse échapper un cri déchirant donnant la chair de poule à plus d’un spectateur.

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Une sirène d’alarme retentit alors. Après avoir disparu selon le procédé habituel, une boîte blanche décorée d’une croix noire surmontée de deux croissants de lune opposés est mise en place. Une femme blonde apparaît avec une cape rouge et un masque blanc. Des sparadraps au niveau des yeux sont rougis par le sang  qui semble en couler comme s’ils avaient été crevés. Une pancarte «Shame» autour du cou vient parfaire ce costume qui donne une idée du prochain titre pour les fans. Soudain de la boîte surgit une Maria coiffée d’un bonnet d’âne sur lequel est inscrit le titre de sa chanson la plus emblématique : « Whore ». Nous gratifiant d’un petit discours où chacun, chacune peut se reconnaître dans les railleries et les moqueries qu’on a pu subir, elle termine en clamant fièrement qu’elle est fière d’être « a little whore ». Des ballons blancs sont lachés au sein du public et la musique démarre. Une véritable cour de récréation ! De sa voix éraillées, mais qui fait son charme, Maria chante comme si elle était derrière un pupitre face à ses petits écoliers. A chaque fois qu’elle arrive au refrain, des fumigènes se propagent. Elle ne cesse de s’adresser aux festivaliers, les invitant notamment à l’accompagner au chant et à lever les bras.

Un véritable show à l’américaine au cours duquel In This Moment a échangé régulièrement avec le public, cassant ce côté spectacle passif sans enlever le côté théâtral. Certains y verront du « too much », d’autres de l’époustouflant. Quoiqu’il en soit le visuel était là. Il faut admettre qu’il s’agit plus d’un show théâtral plutôt qu’un concert, d’autant plus quand les musiciens sont quasi-invisibles face à la charismatique blonde.  En somme, les mêmes points forts et reproches que l’on attribue à chaque concert d’In This Moment, même si on note une nette amélioration au niveau de la relation avec le public.

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Crédits Photos : © 2018 Nidhal Marzouk – Site du photographe ici.
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

Setlist
1. Blood
2. Salvation
3. River of Fire
4. Adrenalize
5. Roots
6. Big Bad Wolf
7. Whore

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