Septicflesh au Hellfest 2018

Dimanche 24 Juin – 20h25 – Temple 

Septicflesh

Septicflesh nous emporte irrésistiblement dans son monde dark et lugubre !
 

Les festivaliers s’entassent sous la Temple et en attendant l’arrivée des Grecs, on peut admirer le backdrop illustrant deux têtes à demi humanoïdes, sorties tout droit du monde de Giger. La couleur est annoncée : on est dans le dark et le ténébreux.

Soudain la musique démarre ; les lumières s’allument et s’éteignent au rythme des orchestrations. Pendant cette introduction aux sonorités dramatiques, Septicflesh se met en place et salue son public. Après ce prélude orchestral et sombre caractéristique du groupe, ce dernier attaque avec « Portrait of a Headless Man ». Dès le début on est transporté avec cet excellent titre grâce à un jeu de lumière aux tons bleutés du plus bel effet ainsi qu’aux jets de fumée. On est dans un monde cyber dark entre deux dimensions. La voix guttural de Spiros Antoniou (alias Spiros ou Seth) apporte une perspective pesante à l’atmosphère ambiante. On en vient même à se demander si les Grecs ne sont pas en réalité des êtres surnaturels venus nous raconter une histoire post-apocalyptique ?

Suite à une petite pause marquant la fin du premier morceau, on repart avec un autre titre et des notes semblant émaner d’un violon résonnent sous la Temple. Spiros attire tous les regards, ce frontman ayant une aura particulière. Après une courte présentation du groupe, il explique qu’ils sont venus tout déchirer en France et on enchaîne avec « The Vampire from Nazareth ». Le rythme s’accélère, les orchestrations restent saisissantes et dramatiques. Christos Antoniou, guitariste et frère du chanteur, en impose avec ses longues dreads, et les autres musiciens ne sont pas en reste : chacun est habité par son personnage. Bien qu’ils soient relativement inertes au niveau de l’espace scénique, la profondeur de leur jeu suffit largement à donner toute l’ampleur nécessaire à leur prestation.

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Comme à son habitude, Spiros s’adresse souvent aux festivaliers à coup de « Destroy !!! » et du classique « Come on, motherfuckers !!« . Les apostrophes répétées au public pour l’encourager ont beau être les mêmes depuis la nuits des temps, ça fonctionne toujours. Ca bouge, ça pogote et ça headbang sévère sous la Temple.

L’ambiance sera quelque peu plombée par des problèmes techniques nécessitant l’intervention du staff sur les sangles de guitares, ou le micro pour n’en citer qu’une partie. Mais il en faut plus pour endiguer Septicflesh qui continue le show comme si de rien n’était.

On gagne en puissance et en brutalité avec les morceaux suivants : riffs pachydermiques et sonorités qui nous plaquent au sol de toute leur lourdeur. Ca nous met une claque et les orchestrations qui se font de plus en plus angoissantes nous tétanisent presque. On est sonné mais c’est un choc qu’on se prend volontiers en pleine face. Le batteur Kerim Lechner (alias Krimh) effectue une prestation magistrale avec sa double pédale. Du blast, du blast et encore du blast ! Seth continue d’invectiver les festivaliers et respire la classe avec son armure de cuir. Tout dans ce concert a de quoi nous écraser tant ça en impose : qu’il s’agisse du jeu de scène prenant des musiciens, des éclairages cyber-dark, des chansons puissantes aux riffs lourds contrebalancés par les samples symphoniques. Tout est réuni dans un parfait équilibre entre la rage que le groupe dégage et la maîtrise parfaite toute en finesse de leur technique.

C’est énervé mais ça reste carré et propre. Pourtant les morceaux sont loin d’être subtils entre blasts effrénés, riffs assassins, riffs mastocs et orchestrations épiques à outrance. Qu’importe, on reste dans la discipline et le contrôle, pas de fausse note ou de loupé. La musique du groupe est énervée tout en étant domptée et c’est qui rend leur son si efficace. Et pour cause, on se prend les titres en pleine face comme un skud qui nous percute de plein fouet !

Les lumières alternent entre les couleurs bleues, jaunes, s’éclairant comme si on était au sein d’un vaisseau spatial. Brusquement, le silence se fait et on perçoit comme le début d’un orage lointain… Si le néant produisait un son c’est sans aucun doute ce bruit qu’il ferait ! Le chanteur annonce au Hellfest le titre suivant : « Enemy of Truth ». Les violons se font entendre puis les guitares saturées démarrent en trombe. Les musiciens handbanguent en même temps que les festivaliers, et semblent porter sur leurs épaules toute la lourdeur de leur musique ! Horns et poings levés sont brandis unanimement. Caché derrière son rideau de cheveux noirs, Seth appelle le public. La chanson se termine avec des chœurs d’opéra façon « Carmina Burana ». On sort du lyrique pour rebasculer dans le brutal et le violent. Les voix féminines que l’on perçoit en fond accentuent ce côté dramatique contrecarrant par-là même l’agressivité du morceau. Ces chœurs apportent aussi un aspect apocalyptico-religieux. Pour une chanson intitulée « Communion », ça tombe plutôt bien.

Le set continue pour brutalement s’arrêter net ! Les musiciens quittent la scène à l’exception du batteur. Subitement, la voix de Seth se fait entendre au loin, comme sortie de nulle part, et annonce « Persepolis ». On entre alors dans le domaine sombre des légendes égyptiennes. Les orchestrations affichent des nuances orientales et la musique se fait transcendante. Les Grecs reviennent sur les planches pour nous emmener aux temps de l’Egypte ancienne. Au vu des notes saisissantes empreintes de gravité on pourrait presque visualiser les sept plaies s’abattant sur Persépolis. Le frontman invite les festivaliers à exécuter un wall of death, les auditeurs obéissant sans peine. La folie déictique s’empare de la Temple. Les musiciens quittent à nouveau la scène pour revenir et jouer sous l’approbation générale « Anubis », titre devenu incontournable dans la discographie du groupe.

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Pour ceux qui ne connaîtraient pas les paroles, instinctivement on se met à psalmodier des « oooooooh » comme si les prêtres de l’Egypte antique avaient pris possession de notre esprit. Les musiciens disparaissent une nouvelle fois. Seth refait surface le premier, commençant un petit discours dans lequel il remercie personnellement le public pour son soutien. Il affirme être fier de ses soldats et fait connaître la dernière chanson : « Dark Art ». Les festivaliers sont déchainés ! Ils savent que c’est la chanson qui va clôturer le show, et vivent à fond cette prestation. Les dernières notes retentissent et c’est un tonnerre d’applaudissement pour Septicflesh. Avec son death metal progressif symphonique, le groupe nous a littéralement transporté ! A coup d’orchestrations grandioses, de riffs lourds et pesants, de blasts en pagaille dans une atmosphère dark à souhait, Septicflesh nous a offert un show foudroyant ! Les commentaires fusent déjà à la sortie de la Temple : « concert monstrueux (..) exceptionnel (…) quelle claque !(…) ». Le set donné par le groupe ne varie pas de ses précédents shows, mais on ne s’en lasse pas. Et puis pourquoi changer une équipe qui gagne ?

CREDITS PHOTOS : (c) Lionel Born 666 – 2018 – Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe
Site internet : http://born666.blogspot.com/

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Setlist :
1. Portrait of a Headless Man
2. The Vampire from Nazareth
3. Martyr
4. Prototype
5. Pyramid God
6. Enemy of Truth
7. Communion
8. Persepolis
9. Anubis
10. Dark Art

Photographies : © Lionel / Born 666
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe



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