Wacken 2012 : Jour 3 (04.08.2012)

Wacken Open Air 2012 : jour 3

Le samedi 4 août marque la clôture du Wacken Open Air 2012. Après deux jours hauts en couleurs et en humidité, les metalleux sont prêts à donner tout ce qui leur reste pour rendre ce festival mémorable. Les groupes Amon Amarth et Testament verront un public qui réagit au quart de tour. En ce dernier jour, le festival accueille aussi Scorpions pour leur dernière prestation en plein air en Allemagne. La messe n’est pas encore dite et les festivaliers peuvent encore user de leurs cervicales.

Gamma Ray
 

Après l’averse qu’ont subi les spectateurs de Delain, le soleil décide de se montrer pour le concert des Hambourgeois de Gamma Ray. Le groupe débute son concert avec le début de l’album No World Order!, entammé par la paire « Induction »/ »Dethrone Tyranny ». S’en suivra un set inhabituel de la part des quatre musiciens, avec un « Heaven Can Wait » inattendu mais bien accueilli et un medley « Rebellion in Dreamland » / « I Want Out » qui ravira l’assistance. Les désormais classiques « Fight » et « Send Me A Sign » ne sont pas oubliés.

Le groupe affiche un sourire constant et une attitude décontractée. Le frontman Kai Hansen se montre à l’aise avec le public et jongle avec allemand et l’anglais pour s’adresser à lui. Son acolyte bassiste Dirk Schlächter prendra aussi le micro pour s’adresser en allemand à la foule. Ce concert est aussi l’occasion pour le groupe de jouer avec son nouveau batteur, Michael Ehré, qui fera le boulot tout en restant discret (le départ de Dan Zimmermann n’avait pas encore été annoncé).

Gamma Ray

Côté public, la prestation des allemands bénéficie d’un accueil riche en acclamations et en applaudissements. Les fans chantent, dansent et se défoule sans porter la moindre attention à la boue dans laquelle ils pataugent. Une ambiance festive et délectable qui présage d’excellents moments lors du Hellish Rock Tour que Gamma Ray fera avec Helloween en 2013.

Setlist :

Induction
Dethrone Tyranny
Heaven Can Wait
Fight
Empathy
Ride the Sky (reprise d’Helloween)
To the Metal
Rebellion in Dreamland / I Want Out (reprise d’Helloween)
Send Me a Sign

Paradise Lost
 

Il est temps maintenant de se diriger vers la Party Stage pour assister au premier passage de Paradise Lost au Wacken Open Air. Si le nom de la scène ne correspond pas à la musique triste et larmoyante du groupe, cela n’empêchera pas les anglais de donner un concert de haute qualité, avec, de surcroit, un excellent son.

Dans le temps qui lui est imparti, le groupe jouera un set relativement similaire dans sa composition à ceux des concert de la tournée de Tragic Idol, dont celui de Paris. On retrouve ainsi les nouveautés comme « Honesty In Death » et « Tragic Idol », ainsi que les classiques comme « Erased », « One Second » ou encore « Say Just Words ». Un set sans risque qui fera mouche auprès du public qui se prendra au jeu du groupe, avec l’aide du retour du ciel gris et du crachin, qui donnent au Wacken un cachet très anglais.

Paradise Lost

Côté groupe, les membres sont statiques mais impliqués, avec un Aaron Aedy toujours aussi envahi par sa musique et un Greg Mackintosh headbanguant en beau diable lorsque la musique s’y prête. Nick Holmes, d’humeur badine, se montrera en voix tout le long des 45 minutes imparties aux anglais.

Setlist :

The Enemy
Honesty in Death
Erased
As I Die
Tragic Idol
Forever Failure
One Second
Fear of Impending Hell
Faith Divides Us – Death Unites Us
Say Just Words

Testament

C’est au beau milieu d’une après-midi ensoleillée que Testament entre en scène pour donner un concert très attendu par les thrashers, puisqu’il s’agit de l’un des premiers à suivre la sortie de leur dernier album en date, Dark Roots Of Earth. Les cinq américains présentent donc les quatre premières chansons de la tracklist du petit dernier, dont le sulfureux « True American Hate » et le mid-tempo « Dark Roots Of Earth ». Ces titres se placent au milieu de classiques fort appréciés, comme le nerveux « The Preacher », l’indispensable « Over The Wall » ou encore « Practice What You Preach », chanson préféré du chanteur Chuck Billy.

Ce dernier ne cachera d’ailleurs pas sa joie de jouer devant les spectateurs du Wacken Open Air, venus en masse pour assister à la prestation des californiens. Bien en voix, le frontman se montre à l’aise avec le public et se targuera d’avoir fait partir la pluie. S’en suivra un « Fuck the rain ! » (nique la pluie) bien senti. Les autres membres ne sont pas en reste, avec une paire de guitaristes Peterson/Skolnick qui parcourt la largeur de la scène avec le bassiste Greg Christian, pendant que le talentueux Gene Hoglan martèle sa batterie avec vitesse et précision.

Côté son, l’ensemble est massif est puissant, la voix de Chuck est tout à fait audible et les riffs ressortent bien. Un gros problème persistera pendant tout le concert : Alex Skolnick est complètement avalé par Eric Peterson, ce qui rendra l’ensemble des solos du virtuose inaudibles. Si le leader Peterson s’est amélioré dans ce domaine, il n’atteint pas le niveau de son acolyte.

Ce souci n’empêchera pas aux headbangueurs de secouer leurs chevelures sur les rythmiques supersoniques des thrashers, ainsi que de les acclamer entre les morceaux, particulièrement avant « D.N.R. (Do Not Resuscitate) », qui sera dédiée à Randy Blythe, chanteur de Lamb Of God, qui était encore détenu à Prague. Des banderolles sur lesquelles était inscrit « Free Randy » (libérez Randy) étaient disposées de part et d’autre de la scène.

Chuck Billy Testament

Testament a donné un concert thrash dans les règles de l’art : puissant, efficace et précis, le tout dans une ambiance fort agréable. Une bonne mise en jambes pour la tournée européenne à venir du groupe, qui ne comprend toujours pas de date française.

Setlist :

Rise Up
The New Order
The Preacher
Native Blood
True American Hate
More Than Meets the Eye
Dark Roots of Earth
Into the Pit
Practice What You Preach
Over the Wall
D.N.R. (Do Not Resuscitate)
3 Days in Darkness

Dark Funeral
 

Direction la Party Stage pour assister au concert de Dark Funeral, du black metal qui tache. Bourrins au possible, les suédois peinturlurés envoient la purée sous la rythmique effrénée du batteur Dominator. Les musiciens se montrent mobiles et impliqués dans leur jeu de scène, preuve que le line-up reconstitué depuis à peine un an fonctionne. Le nouveau chanteur, Nachtgram, est à sa place et arrive à chauffer le public.

Les spectateurs se montrent impliqués, à grand renforts d’acclamations et de headbangs. On pourra remarquer que le soleil radieux qui tape sur les têtes chevelues et chauves de la Party Stage ne contribue pas du tout à l’ambiance sombre de la musique de Dark Funeral. Entre les morceaux du groupe est audible la musique de Cradle Of Filth, qui joue sur une scène voisine. Sachant cela, Nachtgram demandera au public de crier plus fort que les fans des blackeux britanniques.

Dark Funeral

Avec un couple basse/batterie trop en avant, les guitares ont du mal à se faire entendre. Ainsi, on pourra regretter que le son n’aide pas à apprécier pleinement le set présenté. Le groupe mise sur l’équilibre entre ses albums, avec deux chansons de chaque, excepté Diabolis Interium, qui s’en tire avec trois titres. Les deux titres joués du dernier album album en date, Angelus Exuro Pro Eternus, « Stigmata » et « My Funeral » servent d’ouverture et de conclusion à ce concert qui présente un line-up fraichement refait heureux d’être présent au Wacken.

Setlist :

Stigmata
The Secrets of the Black Arts
Atrum Regina
The Arrival of Satan’s Empire
Vobiscum Satanas
An Apprentice of Satan
Open the Gates
Slava Satan
Hail Murder
The Dawn No More Rises
My Funeral

Amon Amarth
 

Après le black metal suédois, place au death mélodique suédois des désormais incontournables vikings d’Amon Amarth, qui arrivent à réunir une quantité impressionnante de spectateurs. Avec un décor aux couleurs de Surtur Rising, dernier album du groupe, les cinq metalleux enchaînent les titres efficaces et mélodiques qui font à chaque fois mouche auprès des festivaliers.

L’ambiance au milieu de la gadoue est festive, avec un public réactif qui n’a pas besoin des ordres du frontman Johann Hegg pour former des circle pits et autres walls of death. Avec une attitude fraternelle et une banane constamment affichée, les chevelus ne cachent pas leur joie de voir le groupe de la ville Tumba aussi bien placé sur l’affiche.

Voyant cela, les membres redoublent d’énergie pour balancer riffs implacables et solos efficaces, accompagnant ainsi la voix d’outre-tombe d’un Johann Hegg décidément très en forme. Ce dernier ne manquera pas de féliciter la foule, et la mettra à contribution du début à la fin du set. Ainsi, les chœurs guerriers sur des titres comme « Live For The Kill » ou « Pursuit Of Vikings » résonnent sur l’ensemble du site du Wacken.

Johann Hegg Amon Amarth

Les deux derniers albums Surtur Rising et Twilight Of The Thunder God dominent la setlist en occupant à eux seuls la moitié. Les indispensables live sont donc presents, comme l’entêtant “For Victory or Death” ou “Twilight Of The Thunder God”, au cours duquel le chanteur manie un Mjolnir (marteau de Thor) géant. Les classiques tels que « Death In Fire » et « Victorious March » sont évidemment de la partie, pour une ambiance sulfureuse et guerrière.

Amon Amarth n’a plus à prouver son talent en tant que groupe de scène et montre que sa conquête du cœur des metalleux avance bien. Ayant réuni un bon nombre de spectateurs, les cinq vikings peuvent quitter la scène la tête haute et le poing levé.

Setlist :

War of the Gods
Runes to My Memory
Destroyer of the Universe
Death in Fire
Live for the Kill
Cry of the Black Birds
The Fate of Norns
The Pursuit of Vikings
For Victory or Death
Victorious March

Rappel :

Twilight of the Thunder God
Guardians of Asgaard

SCORPIONS

Il est maintenant temps pour le légendaire groupe allemand de se produire pour la dernière fois au Wacken Open Air. Placés entre Amon Amarth et Machine Head sur l’affiche, les rockeurs allemands se sont retrouvés désavantagés face à ces groupes à la musique plus énervée. Ce décalage se ressentira d’autant plus que la bande de Rudolf Schenker semble accuser le coup à la fin d’une tournée d’adieux qui s’étire en longueur depuis 2009.

Le concert commence déjà avec des problèmes sonores, avec certains amplis qui ne fonctionnent pas. La pluie pourrait en être la cause. Si ce problème a pu être réglé en cours de concert, le son était néanmoins imparfait, avec quelques imprécisions sur le rendu des guitares. Mattias Jabbs et Rudolf Schenker étaient parfois difficiles à distinguer.

En plus de ces imperfections, les musiciens se sont montrés particulièrement mous. Peu de mouvement sur scène malgré une complicité affichée entre chacun des membres. Cela se ressent dans la musique, avec une version ralentie de l’instrumentale « Coast To Coast » qui perd ainsi tout son mordant. Une interprétation totalement inadaptée à un festival à la forte identité metal comme le Wacken.

La setlist s’est aussi montré assez banale et a donné l’impression que ce concert aurait pu être donné n’importe où. Si les tubes rock n’roll comme “Rock You Like a Hurricane” ou « Dynamite » étaient de la partie, on peut s’interroger sur l’intérêt de garder des titres comme « Is There Anybody There? » ou « Loving You Sunday Morning », qui manquaient de mordant. Heureusement, le groupe commencera son rappel avec un « Coming Home » du feu de Dieu, avec une statue à l’effigie des membres installée sur scène.

Klaus Meine Scorpions

Côté interprétation, si les musiciens talentueux du groupe font leur boulot de manière remarquable, on pourra regretter un aspect démonstratif trop présent en fin de set, avec un solo de batterie (inchangé depuis le début de la tournée) de James Kottak et un solo de guitare de Mattias Jabbs espacés seulement d’une chanson. Le chanteur Klaus Meine se montre complètement à la rue au début du concert, particulièrement sur « Loving You Sunday Morning » massacrée, si bien qu’on se demande si l’averse qui s’est déclarée pendant le concert n’est pas du à sa performance.

Si Scorpions est un groupe qui a prouvé à de maintes reprises qu’il était capable de faire des merveilles sur scène, il était en trop petite forme pour faire un adieu au public du Wacken digne de ce nom. Avec un show imparfait dans sa construction comme dans son exécution, Scorpions laisse apparaître les effets négatifs de l’âge.

Setlist :

Sting in the Tail
Make It Real
Is There Anybody There?
The Zoo
Coast to Coast
Loving You Sunday Morning
Rhythm of Love
Raised on Rock
Tease Me Please Me
Hit Between the Eyes
Dynamite
Kottak Attack (solo de batterie)
Blackout
Six String Sting (solo de guitare)
Big City Nights

Rappel :

Coming Home
Still Loving You
Rock You Like a Hurricane

Watain

Les black metalleux satanistes qui avaient créé la controverse au Hellfest 2010 se retrouvent à donner le dernier concert de la Party Stage de cette édition du Wacken. Avant que les musiciens n’arrivent sur scène, le décor est planté avec un autel, des crânes d’animaux suspendus qui empestent, des tridents enflammés qui rappellent le logo du groupe et des croix renversées. De quoi mettre l’ambiance avant l’arrivée des suédois.

Les membres entrent en scène après une intro inquiétante sur « Malfeitor », titre issu de Lawless Darkness, dernier album en date du groupe, qui occupe la majeure partie du set avec quatre titres. L’album précédent, Sworn To The Dark, est aussi bien représenté, avec un titre éponyme d’une rare énergie. Seul le premier album, Rabid Death’s Curse, n’est pas inclus dans le set. On remarquera en conclusion une reprise d’un autre groupe suédois, Dissection, issu du premier album : The Somberlain.

L’ensemble de ces titres forme un show très énergique, avec des rythmiques d’une rare agressivité. Les riffs malsains accrochent et la voix puissante et écorchée du chanteur Erik Danielsson prend aux tripes. Le frontman, avec ses yeux exorbités qui ressortent d’autant plus à cause de son corpse paint, affiche une tête de possédé. Il s’adonne à des chorégraphies étranges lors de ses chansons et se tient par moments devant l’autel, tournant le dos à la foule.

Watain

Le show est étudié, avec des musiciens aux tenues travaillées, avec sur le visage un corpse paint peu ragoutant, qui affichent tous des expressions agressives, si bien que le bassiste Alvaro Lillo affiche une attitude comparable à celle de Gene Simmons de Kiss. La mise en scène est aussi bien construite, avec des jets de flammes et d’étincelles, et des effets visuels que le chanteur utilise particulièrement bien en fin de concert, en se plaçant sous un projecteur et devant un générateur de fumée qui tourne à plein régime, donnant ainsi l’impression qu’il brûle.

Un concert malsain au possible, mais très prenant, qui convaincra notamment le public qui semble hypnotisé pendant l’heure qui est donnée au groupe.

Setlist :

Malfeitor
Sworn to the Dark
Total Funeral
The Serpent’s Chalice
Devil’s Blood
Reaping Death
Stellarvore
Hymn to Qayin
The Somberlain (reprise de Dissection)

 



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