Fabio, Hoby (guitares) et Milton (batterie) du groupe As They Burn au Motocultor 2012

Interview avec Milton Bakech (Batterie),
Fabio Meschini (Guitares)
et Hoby Arinosi (Guitares)
du groupe As they Burn
au Motocultor Festival 2012

 

Interview réalisée par Katarz et Thomas Orlanth le 19 Août 2012

As They Burn nous ont littéralement scotché au Motocultor Festival et nous sommes allés les retrouver en backstages pour bavarder et les connaître un peu mieux. Avec Milton (batterie), Fabio (guitares) et Hoby (guitares), nous avons découvert trois jeunes gens très sympathiques qui nous ont parlé, entre autres choses, de leur album en préparation.

Thomas Orlanth : Alors vous venez de jouer à l’instant sur la scène du Motocultor, en plein après-midi et en pleine canicule. Qu’en avez-vous pensé de ce concert, du point de vue de vos émotions ?

Hoby : C’était une bonne surprise dans la mesure où il y a beaucoup de groupes qui sont plus extrêmes que nous sur ce festival, des groupes qui sont beaucoup plus vieux, et donc d’avoir une telle ambiance dans le public c’est génial. Je ne m’attendais pas à ça personnellement et donc je suis très agréablement surpris de ce partage avec le public. Très satisfait.

Fabio : Moi mon opinion est également axée sur le public, puisque ça bouge, ça saute, ça réagit pas mal. C’était un super concert. On a joué dans des conditions un peu similaires il y a 15 jours en Allemagne et sur un festival de taille similaire. Et d’un point de vue ambiance c’était très similaire. C’est très amusant de pouvoir comparer les réactions du public assez similaires dans deux pays différents puisqu’en Allemagne nous étions programmés sur le Festival mais nous y sommes moins connus alors qu’en France nous n’étions pas programmés et les gens ne s’attendaient pas à nous voir. Alors ces réactions similaires on en est très satisfaits.

Hoby : C’est vrai ce qu’il dit là. Il y a deux jours nous n’étions pas encore programmés alors de voir des vrais fans, des gens qui sont là pour nous, qui connaissent les morceaux, c’est génial de les voir réunis, de voir qu’ils répondent à l’appel parce qu’ils nous connaissent.

Thomas Orlanth : C’est le début de la célébrité.

Hoby : Non, non, c’est notre deuxième festival français d’été. On était au Hellfest cette année.

 

Thomas Orlanth : Vous avez un gros avantage aussi, c’est que vous avez une moyenne d’âge de 20 ans?

Fabio : C’est ça, on a tous entre 20 et 25 ans.

Katarz : En plus d’être de bons musiciens vous arrivez, en même temps à gérer un public et donner vraiment l’impression que vous prenez votre pied sur scène. C’est quoi votre recette ?

Fabio : On est un groupe qui a fait énormément de concerts déjà depuis notre création. On a toujours voulu jouer énormément sur scène. Du coup on a une aisance sur scène. Et aussi, on m’a posé cette question au Hellfest avant de monter sur scène, « Est-ce que t’es stressé? ». Et j’ai dit « Non, non, non, j’ai envie d’y aller ». Je sentais qu’on était prêts. Pareil aujourd’hui. Ce n’est pas qu’on est stressés, on a l’adrénaline qui monte et on a envie de monter sur scène. Tu y vas et tu donnes tout et tu te demandes si le public va bien réagir mais tu ne montes pas avec un stress en te disant « Tiens là je sens que ça va bugger, je suis pas confiant ». Cette confiance en nous on l’a acquise sur la route.

Katarz : Et vous travaillez comme des acharnés aussi ? Comment vous répétez exactement, à quelle fréquence ?

Milton : On loue un studio au mois comme la plupart des groupes et on répète plusieurs fois par semaine. On a cette chance de se connaître bien puisque cela fait 5 ans que nous avons le même line-up. Du coup non seulement on a des automatismes mais de plus, on est les meilleurs amis. On n’est pas ensemble que pour répéter, on est ensemble 24H/24 quoi qu’il arrive. Donc on a des automatismes et on est moins embêtés que certains groupes qui doivent composer avec leurs emplois du temps. Nous on a la chance d’avoir des boulots et des « à côté » qui nous permettent d’être ensemble quasiment tout le temps et de pouvoir bosser à fond sur la musique. On est super contents d’avoir pu en arriver là en 5 années.

Thomas Orlanth : Vous avez déjà sorti des albums ?

Milton : Oui alors on a commencé en 2005 avec ce line-up là, les cinq ensemble, et on a commencé à avoir quelques morceaux, le but étant de sortir un EP déjà. Donc en 2009 nous avons sorti un EP, A New Area for Our Plagues, sur un label Belge, Ultimhhate Records. Et l’an dernier on a sorti notre premier album chez  Siege of Amida Records, un label Anglais, intitulé Aeons War. Et là, nous venons d’enregistrer un deuxième album ! On est encore dedans, on en a encore pour un bon mois et demi, et il y a plein de choses qui vont se passer, plein de très belles choses qui vont s’annoncer prochainement. On espère que les gens vont suivre. Et par avance à tout ce qui va se passer, on aimerait remercier tous les gens qui ont travaillé avec nous, qui ont permis à As They Burn d’être ce qu’il est aujourd’hui. Dire qu’on a déjà sorti un EP et un album.. quand j’avais 12 ans je ne pensais pas pouvoir un jour faire  ça.

Hoby : Si notre album sort l’année prochaine, on arrivera à une cadence de pratiquement un album par an ! Et c’est une nouvelle époque qui s’annonce. C’est le rythme que l’on pensait et que l’on souhaitait atteindre.

Fabio : La musique a changé profondément et quand on s’intéresse à des groupes Anglais, qui ont notre âge et qui tournent énormément, et qui arrivent à avoir cette aisance, leur cadence c’est 1 an et demi. La moyenne c’est un par an… les groupes qui sortent un album tous les 2 ans, c’est qu’ils peuvent se le permettre et ont déjà l’habitude; ils vont réclamer un peu d’absence. A notre âge on ne peut pas créer cette absence. Des groupes comme Tool peuvent se le permettre, avec 10,000 days sorti il y a 3 ans. Leur prochain album sortira en mars 2013 !

Katarz : Quels sont vos horizons musicaux ? Avec quelles musiques avez-vous grandi ?

Fabio : En fait il y a plusieurs strates, dont la première a été Korn, Deftones…à donf. Puis la seconde vague ça a été Gojira, Lamb of God. Et la dernière vague ce sont des groupes avec lesquels on a joué d’ailleurs comme Emmure, Behemoth, des groupes qui ont explosé ces dernières années. Donc on a plusieurs strates avec ces pointures, groupes de référence qui nous ont initié au monde du Metal.

Hoby : Après on a pas commencé forcément avec le metal et si moi j’ai commencé le metal à 17 ans, lui ça a été plus tôt. Moi, avant de rentrer dans le metal, j’ai grandi avec Prince, James Brown, vraiment la Soul et le Funk. On a aussi quelques amateurs de Rap ou de musiques électroniques dans le groupe. Pour mon premier concert, par exemple, quand je suis arrivé en France en 2003, c’était Eminem à Bercy.

Fabio : Moi aussi j’écoutais énormément de rap et mon professeur stagiaire d’Anglais au Collège me passait des cassettes de Rap Américain en douce, enregistrées dans des caves..et il me passait des Mix tapes sur cassettes. Mais aujourd’hui c’est du Metal que je veux faire.. J’ai vu Korn à Bercy et j’ai fait : « Arghh! ». Le concert était super, il y avait un écran géant… tout pour faire un fan ! Et après j’ai jamais arrêté avec le Metal.

Katarz : Et toi en tant que batteur, ce sont également ces mêmes musiques qui t’ont influencé ?

Milton : Non, moi ce sont mes parents qui ont absolument voulu que je joue d’un instrument de musique et je les remercie par ailleurs. Et c’était quelque chose qui me motivait d’ailleurs aussi. J’ai reçu une formation de batterie assez classique, avec un prof, puis dès l’âge de 13-14 ans, avec des potes de classe, j’i commencé à faire un peu de rock, du Nirvana, Oasis… des conneries comme ça. Et je me suis rendu compte que si tu veux faire de la batterie il faut que ça bouge un minimum, il faut que tu t’éclates un minimum. Je n’ai jamais été attiré par le jazz au niveau batterie, ce que j’aime c’est taper, rentrer dedans. (Rires). C’est un sport, un exécutoir. Quand j’étais plus jeune je n’avais pas d’inspirations particulières, je jouais pour apprendre. J’ai commencé la batterie à 8 ans.
 

Thomas Orlanth : Votre musique est assez difficile à définir. Pourriez-vous la définir en un mot ?

Hoby : Zougoulou. (Rires) Longtemps on se définissait comme Zougoulou à cause du fait qu’on est plusieurs blacks à faire du Metal. (Rires) Donc on avait choisi Zougoulou Dance Metal. En un mot ça reste du Metal, avec certes des influences différentes, mais cela reste du metal. Si un mec nous dit qu’on fait du Deathcore, du Hardcore, c’est qu’il a rien compris à la musique. On a de riches influences et on fait du metal, voilà tout.

Fabio : Et bien moi je dirais que même si quelqu’un écoute notre musique et fait l’amalgame, ben très bien tant qu’il aime ce qu’il écoute. Nous on se dit Metal parce qu’on a des influences tellement différentes que c’est finalement dans le Metal que l’on se retrouve.

Thomas Orlanth : Est-ce que vous êtes tous en harmonie, ensemble, vous donnez cette impression de tous vouloir avancer dans le même sens...

Fabio : Et bien oui puisque l’on se connaît depuis des années, moi je n’étais même pas majeur. On jouait avec mon frère dans un groupe de Pop à la base, avec mon frère au chant. On se connaît par coeur.

Hoby :  Si demain le groupe venait à disparaître, on resterait amis coûte que coûte. On est une grande famille, nous dans le groupe et les amis et familles autour de nous. On ne se voit pas tellement en tant que groupe, quand je le vois débarquer je ne vois pas forcément le guitariste ou le bassiste qui vient, mais mon ami. On passe du bon temps ensemble, on s’éclate, on vit tous dans le Val de Marne vers Créteil. On vit tous à dix minutes les uns des autres.

Katarz : Et vous pensez que vous allez toujours être aussi disponibles pour faire votre musique, de manière à vraiment pouvoir percer ?

(Oui collectif)

Fabio : Notre priorité ça a toujours été le groupe. Tous ceux qui sont là le savent, savent à quoi s’attendre. C’est intrinsèque.On est tous amis et on sait qu’il faut se donner à fond donc quad on se dit « tiens là il y a une date », il n’y en a aucun dans le groupe qui va dire « tiens, j’ai autre chose de prévu ». Tant que la pente sera ascendante pour nous, on continuera ensemble, à fond.

Katarz : Et comment allez vous vous exporter afin de franchir les étapes de l’International, le Wacken par exemple ?
 


Hoby : Alors déjà cette année on a eu une chance incroyable, on a joué au Hellfest, on l’a fait. Par rapport à notre actualité on pensait plutôt que le festival ferait appel à nous l’année prochaine, en 2013, et la surprise c’est que c’est le Hellfest qui nous a contactés. On est vraiment très agréablement surpris, heureux, ça a été une récompense pour nous, pour notre travail. Que le festival comme le Hellfest nous donne une chance c’était formidable. Et on a eu de super bons échos de ce concert.

On profite aussi des occasions comme le Motocultor et ce Festival en Allemagne, le Traffic Jam Open Air et cette année on en est déjà à une trentaine de dates, ce qui pour un groupe Américain est peu, mais pour un groupe qui débute avec un EP et un album et qui n’est pas signé sur un label ultra actif ou une major, on est super satisfaits. Le meilleur est à venir avec beaucoup de grandes qui vont être annoncées prochainement. C’est avec ce genre d’étapes que l’on avance progressivement et petit à petit on réalise notre rêve. En tout cas on est tous à 200% dans le groupe et le reste c’est sacrifice sur sacrifice.

Katarz : Un petit message à ceux qui vous aiment ?

Milton : Il faut toujours faire ce que vous avez envie de faire. Allez jusqu’au bout de vos projets.

Fabio : Et ayez de la patience.

Hoby : Soyez patients, vivez vos rêves, donnez vous les moyens.. En trois mots : Passion, patience…

Fabio : Rhinocéros.

Hoby : Passion, Patience, Partage.

Thomas Orlanth : Merci beaucoup à vous les gars, bonne chance pour l’album et la suite !

Groupe : Merci à vous.

 
 



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