Ultra Vomit (+ Tagada Jones + Black Bomb A + Les 3 Fromages) – Le Transbordeur, Villeurbanne (01/12/2018)

En ce 1er décembre, c’est dans un contexte social tendu –  l’acte 3 du mouvement des Gilets Jaunes – que 1800 metalleux se sont donné rendez-vous au Transbordeur de Villeurbanne pour passer du bon temps avec les trublions des 3 Fromages et d’Ultra Vomit et concentrer toute leur rage en compagnie de Black Bomb A et Tagada Jones. S’évader l’espace d’une soirée, mission réussie pour Access Live.

Les 3 Fromages

C’est encore une fois de bonne heure que s’ouvre l’accès à l’espace Club du Transbordeur, puis, trois quarts d’heure plus tard, à la salle proprement dite, où le public peut découvrir la scène dédiée au premier combo de la soirée:  Les 3 Fromages. Elle reste somme toute assez simple avec un drapé en fond de scène et la grosse caisse de Willy, tous deux floqués au nom du groupe breton.

Les 3 Fromages 1

Les lumières s’éteignent et c’est « The kids aren’t alright » d’Offspring qui résonne pour le plus grand plaisir de toute la salle qui reprend les refrains à tue tête. Les quatre Bretons rentrent enfin dans l’hilarité générale après qu’une voix off a annoncé « Ils ont raté leur album, ils vont rater leur concert ! ». Dès les premières notes de « L’amour de la musique », les canons à fumée sont de sortie et le remuant Eric à la guitare tourne sur lui même et saute de partout tout en délivrant de bonnes salves de riffs. Sur le break, la fosse hurle « Oseille… Pognon », Thibault à la basse et Eric s’échangent leurs instruments et c’est « La galère d’un pirate » qui est tout de suite enchaînée.

Les 3 Fromages 2

Sur cette seconde piste du set nous ressentons pleinement les bonnes influences armoricaines samplées par Kévin qui viennent se mêler à la perfection au rock pêchu et humoristique de ses trois compagnons de galère. Cet aspect de leur son se retrouve un peu plus tard avec « Bienvenue à bord » qui clôturera leur passage. Après un roulement de grande classe de Willy à la caisse claire sur le break de « Sombre héros », tout le public réclame  un solo et c’est finalement dans un beat box qui s’avère être en play-back que le batteur lance « Ça nous saoule ». Le rap est ici mis à l’honneur, prouvant que Les 3 Fromages ont plusieurs cordes à leur arc.

Les 3 Fromages 3

Le moment le plus marquant de leur passage est sans nul doute la reprise de « Ça plane pour moi » de Plastic Bertrand pendant laquelle la fosse se secoue dans une ambiance plutôt festive avant d’être séparée pour le premier wall of death de la soirée. Tout ce joli petit monde s’est « cassé la gueule bien cordialement » comme demandé auparavant par Thibault. Bilan du passage des compatriotes d’Ultra Vomit et Tagada Jones : de bonnes barres de rire et surtout une salle chauffée à blanc pour la suite qui arrive. Mission accomplie messieurs !

Tracklist:

1 – L’amour de la musique
2 – La galère d’un pirate
3 – Ma botte au cul
4 – Lettre à Michèle
5 – Sombre héros
6 – Ça nous saoule
7 – Ça plane pour moi
8 – Escuela me amor
9 – Generation 90’s
10 – Bienvenue à bord

Line Up:

Thibault Mayer : Guitare, Chant
Eric Brison : Basse, Chant
Willy Gachet : Batterie, Chant
Kévin Rousseau: Clavier, Chant

Black Bomb A

La batterie précédemment utilisée par Les 3 Fromages est maintenant évacuée, les roadies enlèvent la bâche noire de celle de derrière sur laquelle figure le logo crâne/grenade de ce Riot Tour et l’artwork de la pochette du dernier opus de Black Bomb A, qui se retrouve sur l’immense drapé couvrant la totalité de l’arrière de la scène. Des amplis sont floqués du dernier logo du combo et de « RIOT », simple mais efficace. RV en T-shirt Loudblast bleu / blanc / rouge sur le dos vient se poser derrière ses toms, rapidement suivi par Snake et Jacou pour des balances qui déménagent. Les lumières s’éteignent : la guerre peut commencer !

Black Bomb A 1

Comme le veut maintenant la tradition, « Double » et « Born to die » s’enchaînent en ouverture,  à l’instar  de leur passage à la dernière édition du Hellfest. Et la valse dans le pit se fait. Quelle violence dans les coups et quelle intensité ! Elles font écho aux riffs, aux blasts surpuissants, aux growls d’Arno et aux screams de Poun. On ne pouvait pas mieux commencer ! Annonçant une chanson pour les femmes c’est « My mind is a pussy » qui prend le relais avec le premier circle pit de la soirée.

Black Bomb A 2

Le dernier exceptionnel album studio est clairement mis à l’honneur avec la réalisation de « My last resort », « Kill yourself », « Greed », « Bulletproof » et enfin « Wake Up ». C’est l’occasion sur« Kill yourself » de voir l’infatigable et remuant Poun partir en stage diving dans la fosse et beugler comme un veau avec le premier rang. Punaise que c’est bon de voir un groupe aussi respecté de la scène metal être aussi proche de son public. Voyant que les spectateurs en demandent encore, l’ami Poun est de retour devant le premier rang sur les crash barrières pour chanter avec la foule sur « Make your choice » qui cloture de manière brutale mais on ne peut plus appropriée leur passage.

Black Bomb A 3

Intégrés de façon homogène à la setlist, les morceaux issus de la dernière galette sont largement de taille à rivaliser avec les titres mythiques du combo, que ce soit « Police stop da way » ou surtout « Mary ». Sur ce dernier, les lignes puissantes et posées de Jacou en introduction ont fait chavirer le pit dans une folie furieuse où les coups appuyés n’ont fait que pleuvoir. Ne laissant que des lambeaux de chairs dans la fosse, Arno, portant pour l’occasion les couleurs de ses frérots de Benighted, invite à le « retrouver au merch pour boire des bières et faire l’amour ! » avant de quitter les planche après le traditionnel selfie. Un peu moins d’une heure de violence pure et simple, le public est sur les rotules mais en redemande !

Black Bomb A 4

Tracklist:

1 – Double
2 – Born to die
3 – My mind is a pussy
4 – My last resort
5 – Kill yourself
6 – Greed
7 – Human circus
8 – Police stop da way
9 – Bullet proof
10 – The point of no return
11 – Wake up
12 – You can’t save me
13 – Mary
14 – Make your choice

Line Up:

Arno: Chant
Poun: Chant
Snake: Guitare
Jacou: Basse
RV: Batterie

Tagada Jones

 

La totalité du matos de Black Bomb A est évacuée des planches du Transbordeur avant que les roadies de Tagada Jones ne partent de zéro pour monter la scène de leurs protégés. Steph met la main à la pâte pour que tout soit prêt en temps et en heure. La batterie de Job fait son entrée sur une plateforme roulante. A l’instar de l’immense drapé qui couvre l’arrière scène, la grosse caisse porte fièrement les couleurs de l’artwork de La Peste et le Choléra, dernier album studio en date. Waner, Job et Niko font leur entrée pour les balances durant lesquelles le son des basses et des percussions font vibrer les murs de la salle.

Tagada Jones

Plongés dans la pénombre, il est difficile de distinguer les Tagada au milieu des jeux de lumière qui se déploient sur la bande son reprenant quelques discours politiques dont un d’Emmanuel Macron lors de la dernière campagne présidentielle. Comme lors de leur dernier passage en terre lyonnaise l’année précédente, c’est avec « Envers et contre tous » la première piste de La Peste et le Choléra que les musiciens lancent les hostilités dans le chaos le plus total du pit. Niko passe le bonjour à tout le Transbordeur sous les ovations entre « Zero de conduite » et « La Peste et le Choléra » durant laquelle les pogos sont aussi intenses que les blasts de Job.

Tagada Jones 2

Alors que Tagada Jones demande à la salle si elle est prête à chanter avec le groupe ce soir, la majeure partie de la fosse entonne les « Lalalala » de « Mort aux cons ». Et c’est sur la même base de chant que Niko et ses compères font hurler et surtout remuer la fosse sur l’énergique et très engagée « Karim et Juliette » durant laquelle Waner vient voir son poto Flockos sur le côté gauche de la scène. Dans un contexte social difficile, mis en exergue par la dureté de la manifestation des Gilets Jaunes autour de l’Arc de Triomphe, Niko tient à rendre hommage à « ceux qui luttent en ce moment » avec « Pas de futur » pendant laquelle un gilet jaune passe symboliquement de main en main et vole dans les airs au beau milieu des pogos de plus en plus violents.

Tagada Jones 3

Après que l’inusable frontman a quitté le haut, dévoilant son torse totalement tatoué avec un énorme skull avant « Vandetta », Tagada souhaite rendre hommage à ceux tombés lors des attentats du 13 novembre ainsi que celui de Charlie Hebdo avec « Vendredi 13 » et « Je suis démocratie ». Avec leur rage habituelle, l’émotion et l’indignation prennent le relais à la perfection. Il est temps maintenant de quitter les quatre Bretons, et quoi de mieux qu’un bon « Mort au cons» avec son énorme wall of death et « le plus gros pogo de l’année au Transbo » selon les dires de Niko. Avec un set bien ficelé d’une redoutable efficacité, les Tagada Jones s’éclipsent après une heure d’investissement le plus total, bien rendu par leur public.

Tagada Jones 4

Tracklist:

Intro (discours politique)
1 – Envers et contre tous
2 – Zéro de conduite
3 – La peste et le choléra
4 – Le monde tourne à l’envers
5 – Yec’hed mad
6 – Instinct sauvage
7 – Karim & Juliette
8 – Tout va bien
9 – Pas de futur
10 – Pertes et fracas
11 – Vendetta
12 – Vendredi 13
13 – Je suis démocratie
14 – Mort aux cons

Line Up:

Niko: Chant, Guitare
Steph: Guitare, Chœur
Waner: Basse, Chœur
Job: Batterie, Chœur

Ultra Vomit
 

Les dates de la tournée Panzer Surprise s’enchaînent à un rythme effréné depuis la sortie de la galette le  27 avril 2017, les sold-out aussi. C’est devant une salle pleine à craquer que les quatre Nantais s’apprêtent à réaliser l’un de leurs derniers shows de cette année 2018 plus que bien remplie. La scène des quatre trublions a su évoluer au fil des concerts, exit l’écran circulaire sur lequel était diffusé les visuels de chacune des chansons jouées, remplacée par un énorme drapé reprenant le logo à la Warner Bros d’Ultra Vomit. La grosse caisse de Manard arbore le personnage cartoon de ce dernier, ainsi que deux amplis bâchés par ceux de Fetus et Flockos. Mais toujours rien pour Mathieu. C’est un scandale Messieurs ! En espérant que cela change en 2019 pour notre bassiste préféré !

Ultra Vomit 1

Toujours dans le même ton d’humour qui l’anime, le quatuor arrive sur scène « incognito » sweat floqué « roadie » sur le dos, lunettes de soleil et casquette vissée sur la tête pour certains, avant de lancer des balances qui se terminent par une énorme session de groupe clôturée par un « tout semble fonctionner, on va bien s’amuser » de Fetus dans l’hilarité générale. Le début de set reste fidèle à la tournée Panzer Surpise, les génériques « Looney tunes » et « Fort Boyard » s’enchaînent et marquent l’entrée de l’ensemble du combo. Mais ne vous y trompez pas, Ultra Vomit est bien loin de tomber dans la facilité et de jouer la même setlist depuis le début de cette tournée. Exit la séance d’hypnose de maître Fetus et la montée sur scène d’un membre de la fosse pour « Pauv’ Connard » qui au même titre que « Super Sexe », « Hyper Sexe », « Anthracte »ou encore « I like to vomit » laisse sa place.

Ultra Vomit 2

Le public a le plaisir de retrouver « Une sourie verte » issue de leur premier opus du début du siècle M. Patate, l’ « Outro » du mythique Objectif : Thunes et ses « c’était pas mal là […] c’était mieux là !!!! » mais surtout « Pink Pantera » durant laquelle l’ami Mathieu passe avec brio au chant tandis que Jacou, un des nombreux bassistes ayant œuvré pour Ultra Vomit, prend place à la hache à quatre cordes. Faisant suite à la désormais incontournable « Keken » de Manard qui voit Flockos passer derrière les fûts, le public constate l’étendue des talent que possède chacun des membres. Un autre invité de marque gratifie le Transbo de sa présence sur scène aux côtés des Nantais, et ce n’est autre que Niko faisant une courte apparition au chant de concert avec Fetus sur la reprise d’ « Un chien géant » des Tagada Jones.

Ultra Vomit 4

Le pit est en totale communion, une chenille géante est faite pour « La  ch’nille» version grindcore mais le clou du spectacle reste le gigantesque « wall of chiasse » de « Pipi vs Caca ». La team Pipi de Mathieu affronte la Caca de Flockos, certains « sceptiques de la fosse » (dixit Manard) ne prenant pas partie pour l’une ou l’autre se font gentiment casser la tronche lors de ce dernier wall of death de la soirée. La folie s’empare du pit lors de la venue d’Andreas (d’Andréas & Nicolas, autre projet de Fetus) accoutré de façon plus que fantaisiste pour « Je collectionnes des canards (vivants) ». Enfin, en guise de rappel, Villeurbanne a le privilège d’écouter « Kammthaar », « Quand j’étais petit » et le désormais mythique « Evier metal ». Du grand classique pour la tournée Panzer Surprise mais d’une redoutable efficacité.

Ultra Vomit 3

Après ces 1h15 de haute intensité dans le pit, nous ne pouvons que remercier Ultra Vomit pour ce bon moment passé en sa compagnie ainsi que tous les autres combos de la soirée « contre » qui la formation a joué, qui ont chacun permis au public de s’évader un peu au milieu de ce contexte social plus que compliqué.

Ultra Vomit Selfie

Tracklist:

Looney tunes theme
Fort boyard theme
1 – Darry Cowl Chamber
2 – Les bonnes manières
3 – Un chien géant (feat Niko Jones)
4 – E-tron (digital caca)
5 – Mechanical Chiwawa
6 – Je ne t’es jamais autant aimé
7 – Mountains of maths
8 – Calojira
9 – Takoyaki
10 – Boulangerie patisserie
11 – Une sourie verte
12 – La ch’nille
13 – La bouillie IV
14 – Keken
15 – Pink Pantera (feat  Jacou)
16 – Pipi vs Caca
17 – Outro
18 – Je collectionnes des canards (vivants)

Rappel :

19 – Kammthaar
20 – Quand j’étais petit
21 – Evier metal

Line Up:

Fetus : Chant, Guitare
Flockos : Guitare, Chœur
Mathieu : Basse, Chœur
Manard : Batterie, Chœur

Photographies : © Lukas Guidet
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe



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