Johnny Hedlund, bassiste/chanteur d’Unleashed

Presque trente ans de carrière et les musiciens d’Unleashed sont toujours des guerriers avec un line-up qui n’a pas vraiment bougé depuis toutes ces années. C’est le rude gaillard viking Johnny Hedlund (basse/chant) qui se prête aux questions et qui nous parle de mythologie nordique au travers du dernier album The Hunt For White Christ, ainsi que des valeurs chères au groupe.

Lionel / Born 666 : Peux-tu nous présenter ton nouvel album The Hunt For White Christ, le treizième album du groupe? Il y a un thème principal?

Johnny Hedlund : Odalheim (onzième album d’Unleashed NDLR) racontait l'histoire des guerriers de Midgard et de leur combat contre le principal ennemi, le « Christ Blanc ». Le dernier album Dawn of the Nine se terminait par la chanson où les guerriers Midgard menés par le fils de Thor sont de retour sur les côtes du Folkland après une tentative fructueuse de reprendre Svithiod et la région nordique, où régnait la terreur des Christs Blanc.

Maintenant, quelques armées dispersées du Christ Blanc qui ont survécu, saisissent l’occasion pour attaquer des villages du Sud. Ces villages étaient naturellement habités principalement par des femmes non armées, des enfants et des personnes âgées. Inutile de dire qu'ils ont été massacrés, démembrés, violés et finalement brûlés. Quand les guerriers Midgard arrivent au village, il n'est que trop tard. Ce moment correspond exactement à ce que vous voyez sur la couverture de l’album. Les guerriers de Midgard se rendent compte qu'il faut agir rapidement. Si le Christ Blanc peut faire cela… que se passera-t-il par la suite? Ils élèvent la lettre runique G au-dessus du village pour Blót (sacrifice en suédois NDLR) aux morts et pour la victoire à venir dans cette future guerre. Et, en tant que symbole ultime de l'acte humain, « donner sans rien attendre en retour ». Les guerriers de Midgard sont prêts à donner leur vie pour leurs familles et leurs proches. Et ainsi commence la chasse, La Chasse au Christ Blanc.

Unleashed


Lionel : Sur l’album on retrouve deux titres avec le mot «Christ» : « Terror Christ» et « The Hunt For White Christ ». Êtes-vous en guerre avec le Christ?

Johnny : La réponse serait à la fois oui et non pour être franc. Mais cet album et les trois précédents sont, comme indiqué ci-dessus, écrits comme une vision post-apocalyptique. Bon, c’est vrai. Il y aurait des éléments du dogme judéo-chrétien d'aujourd'hui avec lesquels je ne suis pas en guerre, selon son degré de conservatisme. Mais bon, c’est peut-être une histoire pour une discussion plus large.

Lionel : En presque trente ans de carrière, la façon de travailler a sûrement dû changer au sein d’Unleashed?

Johnny : Je dirais qu’Internet et la possibilité d’échanger des fichiers ont changé beaucoup de choses. Et bien sûr, les techniques en studio se sont considérablement améliorées avec tous ces nouveaux programmes et logiciels, etc.

Lionel : The Hunt of White Christ est une usine à riffs et une explosion en ce qui concerne la rythmique. Tu commences avec les riffs plutôt que les paroles?

Johnny : Cela se passe en même temps. Dans le scénario et la construction de cet album, je me suis souvent beaucoup contenté de la musique. Mais je dois avoir une chanson dans la tête pour que le contenu soit en adéquation. Alors, à ce moment là, il est temps d’adapter cela aux meilleurs des lignes mélodiques-vocales. Cela prend un certain temps pour arriver à un tel résultat.

Lionel : Où trouvez-vous l'inspiration pour créer vos chansons après tant d'années de musique? Avez-vous changé votre façon de travailler sur cet album au sein du groupe?

Johnny : Nous procédons à peu près de la même manière depuis 15 ans. Maintenant, je dirais que l’inspiration nous vient de la vie en elle-même. Nous sommes ce que nous jouons et je suis ce que je créé en termes de contenu concernant les paroles. La tradition et les valeurs vikings sont toujours présentes dans ma vie. Alors je fais ce qui est naturel pour moi, je ne cache rien comme je le fais en interview pour promouvoir l’album. Donc, je suppose que cela signifie pour moi qu’il n’est pas très difficile de trouver l’inspiration. Le travail consiste simplement à intégrer tout cela dans des chansons.

Unleashed


Lionel : Est-ce difficile pour Fredrik Folkare d'être guitariste et producteur à la fois depuis tant d’année?

Johnny : Il dit que ce n’est pas le cas. Et il le fait depuis de nombreuses années maintenant, alors ce n’est pas étonnant que cela continue encore aujourd’hui.

Lionel : Avec Unleashed, vous êtes les Parrains d’un style musical, comment vois-tu la scène metal viking et quels groupes aimes-tu?

Johnny : Je pense que c'est une scène assez saine aujourd'hui. Elle peut encore grossir. J'aime beaucoup des groupes comme Grand Magus par exemple.

Lionel : Es-tu toujours proche de la scène locale?

Johnny : Autant que mon emploi du temps me le permet.

Lionel : L’année prochaine, c’est le trentième anniversaire d’Unleashed. Qu'allez-vous faire ? Quelque chose de très spécial?

Johnny : Nous allons à coup sûr vous réservez quelques surprises. Cela ne passera pas inaperçu. Mais nous verrons, certaines choses doivent être décidées entre nous, les enregistrements, les labels, etc. Vous devez attendre avant que je puisse vous donner plus de détails.

Unleashed


Lionel : On a hâte ! Il y a trente ans, qu’aurais-tu aimé savoir avant de te lancer dans cette aventure?

Johnny : Oh l'Enfer ! J’imagine qu’Internet qui allait sortir dix ans plus tard nous aurait été plus utile. Pour être précis, j'aurais bien aimé avoir la plupart des connaissances commerciales que j'ai aujourd'hui. Malheureusement sans cela, tu meurs. Rien ne fonctionne aujourd’hui si tu n’arrives pas à être financé.

Lionel : Penses-tu que la scène suédoise fonctionne bien en termes de créativité ou penses-tu qu'il n'y a eu aucun progrès depuis des années?

Johnny : Je pense qu’il y a des progrès mais je ne peux pas répondre pour tous les groupes. Seuls ceux que je connais et avec lesquels je prends du plaisir à écouter la musique.

Lionel : Parles-moi de tes idoles, des musiciens, ceux qui t’ont inspiré à faire de la musique.

Johnny : Au début, dans les années 80, je me passionnais pour Manowar, Venom (j'aimais la façon dont Cronos gérait la foule et sa performance), Motörhead et AC/DC. Ils avaient un impact énorme sur moi. Ils ne se sont jamais planté. Tellement stable tout le temps, pour chaque album, etc. Rob Halford et Judas Priest, etc. Ensuite, l’univers des Vikings m'a beaucoup inspiré pour les paroles.

Lionel : Te souviens-tu de ton dernier rêve?

Johnny : Oui bien sûr. Mais je ne vous dirai pas ce que c’était...ahaha.

Lionel :As-tu des regrets dans ta vie?

Johnny : Bon sang, qui n’en a pas? Je ne suis pas sans défauts. Je pense qu’il y a vraiment très peu de choses que je regrette aujourd’hui. Et de toute façon, ça ne signifie probablement pas grand chose pour les autres personnes.

Lionel : Merci pour tes réponses!

Johnny : Merci pour l'interview! Hail Odin !!

Photos : © 2018 Lionel / Born 666 & Thomas Orlanth
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.



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