Malevolent Creation – The 13th Beast

Depuis la sortie de Dead Man’s Path quatre ans plus tôt, les choses ont bien changé chez Malevolent Creation. L’an passé, son emblématique vocaliste, Bret Hoffmann, est décédé des suites d’un cancer et du line-up du dernier opus, ne subsiste désormais que Phil Fasciana, aujourd’hui entouré d’une armée de seconds couteaux. En effet, Jason Blachowicz (basse), qui avait marqué l’histoire du groupe en apparaissant sur plusieurs albums essentiels du combo, semble avoir définitivement quitté le navire avec ses comparses Justin DiPinto (batterie) et Gio Geraca (guitare). Pourtant (et en dépit d’un artwork douteux), ce The 13th Beast est un album de death metal solide, puissant et dans la droite lignée de son prédécesseur.

Alors certes, Lee Wollenschlaeger (chant) n’est pas Bret Hoffmann et son timbre de voix est plus grave (certains diront plus classique) que celui du défunt chanteur. Mais le nouveau venu s’en tire pourtant bien dès « End the Torture » qui ouvre l’album, totu comme sur les titres suivants. Les riffs sont globalement inspirés, comportant toujours cette légère touche thrashisante (« Mandatory Butchery », « Born of Pain ») qui fait le charme du groupe depuis ses débuts. Sans surprise, les gros riffs et les baffes se succèdent (« Agony for the Chosen », « The Beast Awakened »), et mettent à rude épreuve Phil Cancilla, nouveau venu derrière les fûts (« Knife at Hand », « Trapped Inside »).

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Le mix et le mastering de Dan Swanö sont comme souvent irréprochables (écoutez cette basse bien claquante sur  la partie centrale de « The Beast Awakened ») avec un son massif sans pour autant être écrasant, qui respecte les racines old school du combo. Le principal point de regret concerne toutefois le manque de variation rythmiques de l’ensemble des titres. En effet, Malevolent Creation balance onze brûlots death metal directs et sans concession, accusant toutefois un ventre mou à la moitié de l’album (« Decimated » et « Bleed Us Free » sont en deçà du reste). Il faudra attendre le dernier titre « Release the Soul » pour voir le groupe ralentir le tempo et développer une ambiance plus malsaine mais toutefois très accrocheuse. Dommage que Fascina n’ai pas développé plus de titres dans cet esprit, qui auraient diversifié un peu plus le propos, l’ensemble restant parfois trop classique. De même, les soli de Fasciana sonnent parfois de façon brouillonne, même si cela reste la marque de fabrique du guitariste. 

Quoi qu’il en soit, ces onze titres restent très bien écrits et bien soutenus par un Lee Wollenschlaeger qui ne se laisse pas écraser par le poid de l’héritage qu’il porte sur ses épaules. On peut toujours reprocher au chanteur d’offrir peu de variations et de rester dans des tessitures graves, mais ses placements rythmiques et son growl restent difficilement attaquables.

Alors certes, Hoffmann est décédé et le line-up actuel ne possède plus qu’un seul membre historique. Certes, cet album n’a que peu de choses à voir avec The Ten Commandments ou Stillborn.  Pourtant, si l’on occulte le fait que cet opus soit estampillé Malevolent Creation, The 13th Beast n’est rien d’autre qu’un bon album de death metal, le treizième d’une entité qui a toujours brillé par ses changements de line-up, et qui renait aujourd’hui. Ne reste plus qu’à souhaiter un retour rapide sur les planches, le combo ne s’étant pas produit depuis presque trois ans. Nul doute que sur scène, les titres de la treizième bête n’auront rien à envier aux classiques de la formation.

Sortie prévue le 18 janvier 2019 chez Century Media
Photographie : © Century Media, droit réservé.

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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