Bring Me The Horizon – Amo


Si le changement de style opéré par Bring Me The Horizon entre Sempiternal et That’s The Spirit vous a perdu, ou si pour vous il n’y a que Suicide Season qui compte dans la discographie des britanniques alors vous pouvez déjà passer votre chemin. Sixième album du combo, amo propose encore un nouveau virage qui va encore plus loin que les premières expérimentations de son prédécesseur. Décortiquons plus en détails cette nouvelle offrande des musiciens de Sheffield. 

Difficile de trouver à l’heure actuelle un groupe qui divise autant que Bring Me The Horizon, et pourtant le succès commercial du groupe n’en finit plus d’atteindre des sommets même dans notre pays. Après un Bataclan pour la tournée de Sempiternal, ce sont deux Zénith en dix-huit mois que le groupe aura réussit à faire pour That’s The Spirit. C’est dans cette atmosphère que débarque donc amo pour un groupe qui est à un moment charnière de sa carrière car il faut faire un choix, rester dans la mouvance That’s The Spirit et continuer à évoluer comme à chaque fois ou rester dans rock alternatif qui sait s’énerver par moment comme s’adoucir. Vous vous en doutez bien si vous suivez le groupe, ils ne sortent jamais deux albums consécutifs qui sonnent identique et c’est donc encore un beau virage à 180° qui nous est mis à disposition.
 

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Propulsé par deux singles, « Mantra » puis « Wonderful Life », qui avaient pour but de ne pas trop effrayer la fanbase, amo s’ouvre pourtant sur un titre que l’on reconnait comme le morceau d’introdution de la dernière tournée en date. « I Apologise If You Feel Something » est une petite douceur d’un peu plus de deux minutes portée par une voix modifiée (difficile de dire si c’est Oli Sykes, Jordan Fish ou quelqu’un d’autre) qui sert de montée en régime pour annoncer « Mantra ».

Si « Mantra », « Wonderful Life » et même « Medicine » sont de choix de singles assez évident c’est bien parce que le reste de l’album n’a absolument rien à voir avec ces trois titres. C’est bien simple, amo ressemble parfois à un album de Twenty One Pilots dans la capacité à changer allégrement d’ambiance d’un titre à un autre. Entre les influences trop évidentes (« Nihilist Blues » et « Why You Gotta Kick Me When I’m Down ») ou des morceaux pop que NRJ pourrait très facilement passer à l’antenne (« In The Dark » ou « Sugar Honey Ice & Tea »), cet opus est une surprise titres après titres, écoutes après écoutes.

 


Il en devient impossible de coller une étiquette metal à Bring Me The Horizon alors que That’s The Spirit avec des morceaux comme « Happy Song » ou « Throne » savaient encore nous offrir quelques envolées vocales d’Oli Sykes ou tout simplement des mélodies puissantes. A part sur le titre « Heavy Metal » où le frontman lance un cri très sale sur les dernières secondes, celui-ci passe l’entièreté de l’album à chanter en clair pour un résultat qui ne restera pas dans les annales de la musique.

On parlait un peu plus haut du parallèle possible avec twenty one pilots, on pourrait aussi rapprocher ce nouveau virage du quintette de celui opéré par Fall Out Boy récemment avec un tire comme « Sugar Honey Ice & Tea », c’est-à-dire des morceaux pop et/ou électro qui savent s’énerver par moment grâce à la mise en avant de la batterie ou un riff de guitare rock comme il faut.
 

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Si Bring Me The Horizon nous surprend avec les morceaux de cet album, il en est de même pour les invités. Au nombre de trois, ils sont tous aussi différents les uns que les autres et ajoutent chacun une véritable touche au morceau sur lequel ils sont présents. Entre la présence de Grimes sur « Nihilist Blues », un des meilleurs titres de l’opus, celle de Dani Filth sur l’excellent « Wonderful Life » et enfin Rahzel sur « Heavy Metal », le groupe a réussit à mettre en avant les particularités de chacun pour servir le morceau. Très souvent on se retrouve excité par des interventions pour au final être très déçu du résultat final, ce n’est absolument pas le cas sur amo.
 

Encore plus que That’s The Spirit, amo démontre bien que le groupe tourne autour du duo Oli SykesJordan Fish reléguant les trois autres musiciens bien loin derrière. Ce n’est pas encore le niveau Linkin Park de One More Light mais on s’y rapproche, avec un bien meilleur niveau rassurons-nous.

Si vous avez la capacité de mettre vos préjugés et vos a priori de côté, cet album est une petite pépite. Enregistré à Los Angeles mais produit intégralement par le duo SykesFish, amo est un tourbillon de nouvelles idées d’un groupe qui s’en fout complètement de laisser les fans de la première heure sur la touche – il suffit de se pencher sur les paroles de « Heavy Metal » pour cela – tant que sa musique continue d’évoluer vers un chemin qui semble avoir été prédéfinit il y a de nombreuses années déjà. Bring Me The Horizon a toujours un train d’avance sur la concurrence, à tort ou à raison, et nous ne pouvons que nous réjouir.

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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