Rotting Christ – The Heretics

Toujours présents après plus de 30 ans de salles de concert à travers le monde (on a pu les apprécier en ouverture de Watain en cette fin d’année 2018), les Grecs de Rotting Christ sont de retour avec une régularité à faire pâlir un coucou suisse. Après Aealo en2010, Κατά τον δαίμονα εαυτοÏ en 2013, Rituals en 2016 voici venu le treizième album The Heretics (chez Season of Mist) avec ce son et cette ambiance si particulière que l’on retrouve depuis 10 ans.

Le style du groupe a su évoluer par période vaguant du death au dark en passant par le heavy avec cette légère touche de black metal sans oublier cette puissance caractéristique spartiate particulière à leurs origines.

Rotting Christ


« In the name of God » commence par une intro parlée (si vous en n’êtes pas friand vous allez déguster car le disque en est rempli de citations) pour rentrer ensuite dans le vif du sujet ; avec toujours cette manière d’appuyer chaque mot, donnant un impact aux propos. Les riffs sont lourds, tronçonnés sur des structures ambiantes taillées pour la scène. La jolie ligne death limite mélodique de « Vetry Zlye (ВЕТРЫ ЗЛЫЕ) » s’approche du lyrique avec les chœurs féminins et très entrainants d’Irina Zybina de Grai (Грай), dont on était tombé sous le charme au Ragnard Rock Fest) et les mélodies orientalo-slave comme celles que l’on peut rentrouver sur l’album Aealo.

Avec « Heaven & Hell & Fire », c’est du Rotting Christ reconnaissable entre 300 (comme le film) et non 1000  avec grosse voix (Dayal Patterson), riffs épais et mélodies survolant le tout dans un équilibre qu’ils maîtrisent depuis maintenant quelques années. Il en sera de même avec « The Raven » qui clôt l’album : cordes bloquées, médiator 1mm, dur comme de la pierre pour envoyer du gros riff ou encore plus lourd (2mm) avec le grandiloquent « Hallowed be thy name ».
 

Rotting Christ


Quand à « I believe (ΠΙΣΤΕΥΩ) », il s’agit du titre le plus rapide de l’album (mais pas franchement exceptionnel) sur lequel ils appliquent leur recette infaillible avec toujours une voix parlée plus grave sur « The Voice of the Universe » avec celle d’ Ashmedi de Melechesh.  « Dies Irae » est un morceau prenant, intense, avec ce savoir-faire concernant la « mise en scène » en mettant les passages genre de break en attente avant que cela ne reparte de plus belle. On retrouve le même traitement sur « Fire God and Fear » qui propose à nouveau une voix parlée en intro suivie de riffs hypnotisants sur un mid-tempo appuyé, doté d’un solo lumineux.
 

Rotting Christ


L’art de répéter inlassablement un mot comme « Messiah » tout au long de « The New Messiah » n’est pas donné à tout le monde… c’est majestueux, épuré et beau comme l’antique ! Assurément Rotting Christ abuse un peu trop d’une recette qu’ils maîtrisent à la perfection, mais n’est-ce pas ce qu’on attend d’eux non plus ?
 

Photo live : © 2019 Lionel / Born 666
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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