Cernunnos Pagan Fest 2019 jour 2 – dimanche 24.02.2019

Nous revoilà pour une deuxième journée de festival et la suite de “La Fabuleuse Histoire du Slip de Thomas” que vous attendez tous avec impatience (ou non …).

Il est midi et le Cernunnos Pagan Fest nous ouvre à nouveau ses portes. Victime de son succès, le merchandising du festival n’a plus de T-shirts hommes ni de hoodies depuis 18h00 la veille. Nous croisons quelques déçus venus se précipiter sur le stand dès l’ouverture pour acquérir le T-shirt tant convoité. Pas de réapprovisionnement prévu, quelques frustrations côté festivaliers mais une bonne nouvelle pour le festival.

Cette onzième édition aura fait des heureux du côté des artisans et des services de restauration. Le Soleil de Brocéliande s’est vu contraint de fermer son stand de pâtisseries et autres douceurs médiévales très tôt dimanche après-midi ayant été totalement dévalisé. Dans la soirée, il ne restait plus grand chose pour garnir les galettes et le succès de La Muse et des Brods fût tel que les affamés de fin de festival ont dû se rabattre sur des galettes jambon, ou jambon (oui, oui, il ne restait plus que ça!). Il faut dire que lorsque le festivalier est aussi bien nourri, il en redemande et se goinfre avec grand plaisir.

En ce dimanche 24 février, le soleil est toujours au rendez-vous et les curieux en balade dominicale nombreux. On croisera beaucoup de familles venues profiter des différentes animations, et même des personnes âgées amusées par les looks peu communs des festivaliers.

Artistes et festivaliers se mêlent et partagent l’apéritif en attendant les premiers concerts. Nous croisons les membres de Finntroll qui profitent gaiement des rayons de soleil et de cette seconde journée de festival. Ce qui nous amène à la suite de “La Fabuleuse Histoire du Slip de Thomas”. Petit récapitulatif ! La veille nous avions interviewé Routa et Vreth qui étaient en quête de choses stupides à faire pendant le festival. Dans la soirée, notre photographe et ami, Thomas, se rendait compte qu’il avait oublié ses sous-vêtements alors qu’il partait en voyage en Finlande le lundi. En nous rendant au festival, nous nous étions déjà arrêtés au supermarché en face de la Ferme du Buisson pour lui acheter d’horribles slips kangourous (comme quoi, cette nouvelle localisation n’a vraiment que des bons côtés !). Je remercie d’ailleurs JP, Justine, et Sylvain pour leur goût très sûr en matière de sous-vêtement. Bref … Finntroll … slips kangourous … vous voyez un peu le lien inévitable qui s’est fait dans nos esprits tordus ! La suite, dans un instant, car il est temps pour nous de profiter des concerts.


Eloïse Morisse

 

Ethmebb
L’Abreuvoir – 13h00

C’est donc de bonne humeur et la tête pleine de bêtises que nous nous rendons à l’Abreuvoir pour assister au concert de Ethmebb dont les frasques sur scène étaient en accord parfait avec notre état d’esprit du moment.

Le concert n’a pas encore commencé que nous voyons un Hobbit un peu perdu entrer sur scène avant de repartir. Puis c’est au tour de Gandalf de faire son apparition sur un enregistrement épique. Celui-ci nous fera un strip tease pour finir vêtu d’un caleçon long à petits coeurs fait maison, tunique et charentaises histoire d’être bien à l’aise pour jouer de la basse. Le Hobbit est de retour avec la guitare qu’il avait visiblement oublié. Le batteur entre en scène avec de grandes oreilles, ainsi qu’un mignon petit elfe tout débraillé qui en étonnera plus d’un avec sa voix caverneuse.

Commence alors leur set totalement absurde mêlant différents styles musicaux oscillant entre black metal, grind, disco et funk avec virtuosité. Le public avait déjà bien accroché dès les premiers sourires provoqués par l’apparition des musiciens, mais il sera également très vite conquis par leur musique à la fois joyeuse et percutante.

Rémi Molette sera également un très bon chauffeur de salle avec ses innombrables blagues entre les morceaux. On sent que le groupe prend son pied sur scène et on ne peut que partager leur bonne humeur.

Ethmebb ouvre donc cette deuxième journée de festival en nous mettant un belle claque et en nous promettant de belles surprises à venir.

Eloïse Morisse

Furor Gallico
La Halle – 13h45

Après une entrée en matière de Ethmebb plus qu’agitée sur la scène de l’Abreuvoir, c’est aux Italiens de Furor Gallico que revient la charge de réveiller la Halle. Celle-ci est un peu remplie, mais c’est encore loin d’être la forte affluence.Une musique enregistrée à base de guitare et de violon retentit tandis que le groupe monte sur scène. D’abord à cinq, la fréquentation sur scène augmente jusqu’à six puis sept musiciens pour le premier morceau.

Le groupe attaque alors un pagan metal extrêmement maîtrisé qui combine les meilleurs éléments du genre. La musique du groupe, épique au possible, n’est pas sans rappeler Eluveitie de par son alliance entre black / death mélodique et des mélodies et instruments traditionnels. Quintette en studio, le groupe s’étoffe sur scène pour ne rien perdre de sa puissance, et le nombre se stabilise à huit lors du deuxième morceau lorsque la chanteuse live Valentina Pucci fait son apparition.

Les deux guitaristes, dont Gabriel Consiglio, membre permanent, assurent un son massif à l’ensemble et gratifient le public de plusieurs soli bien agressifs. Côté instruments folk, le groupe s’offre les services en live d’un flûtiste également joueur de bouzouki et parfois de cornemuse, Massimo Volontè, et, chose un peu plus rare en pagan metal, d’une harpiste, membre permanente du groupe, Becky Rossi.

Chose encore plus étonnante, le son, globalement très bon sur l’ensemble du festival, est particulièrement soigné pour les flûtes et surtout la harpe qui est particulièrement audible au milieu de ce maelström de guitares, alors qu’elle est souvent noyée chez les groupes de pagan qui en utilisent. Dommage qu’elle soit placée à ce point sur le côté de la scène et qu’il faille se tordre les cervicales pour la voir. Un violon se fait aussi entendre sur quelques morceaux.

L’ensemble est particulièrement accrocheur, le groupe dose parfaitement les moments vraiment rapides, violents et agressifs, et les passages beaucoup plus mélodieux. C’est notamment le cas sur les voix. Si la chanteuse Valentina Pucci est souvent en retrait, aussi bien vocalement que physiquement, alors que sa voix est pourtant agréable, le chanteur Davide Cicalese s’en donne à cœur joie. Il chante principalement en growl et en scream puissants mais offre aussi du chant clair tout aussi maîtrisé, presque lyrique par moments.

On pourrait lui reprocher ses attitudes de poseur, mais il a des arguments pour le faire, et il communique suffisamment avec le public pour ne pas virer antipathique. S’il s’exprime en anglais auprès des spectateurs, son accent traduit sans doute possible la provenance transalpine de la formation, et celle-ci met ses origines à profit puisque certaines chansons sont en anglais et d’autres en italien. Et clairement, le pagan metal en italien, c’est validé et il faudrait en entendre plus souvent, tant le résultat est pertinent en chant clair comme en growl.

C’est le second passage de Furor Gallico au Cernunnos, il a entretemps laissé tomber son accoutrement de guerriers celtes pour un look total dark plus sobre. Il maîtrise en tous cas son show de bout en bout, et le public lui réserve un très bon accueil. Les slammeurs font tranquillement leur vie, notamment un photographe qui réussit l’exploit de prendre des photos depuis les airs, et un wall of death très consistent aura même lieu sur le dernier morceau. Le groupe aurait clairement mérité plus de trois quarts d’heure de jeu, mais si quelques-uns ont trouvé que la prestation manquait d’authenticité, le temps était suffisant pour conquérir la majeure partie du public.

Setlist
Intro : Passage to a New Life
The Phoenix
Nebbia della mia terra
Venti di Imbolc
Waterstrings
The Song of the Earth
Dusk of the Ages
The Gates of Annwn

Aude D

Acus Vacuum
L’Abreuvoir – 14h35

Changement de registre en retournant vers la salle de l’Abreuvoir, mais après tout, ce n’est ni le premier, ni le dernier du week-end. Cette fois, c’est un groupe belge qui vient proposer une musique nettement plus folk que metal. Le quintette d’Acum Vacuum, composé de deux sonneurs de cornemuse, deux percussionnistes et une danseuse / chargée de rituels divers, propose une musique instrumentale folk médiévale propre à mettre en joie les festivaliers. Ceux-ci sont très réactifs, d’autant que les musiciens communiquent beaucoup entre les morceaux sur un ton humoristique. « Ceux qui bougent le plus recevront de l’hydromel fait maison » annoncent-ils pour inciter les festivaliers à se déchaîner.

La simplicité de l’instrumentation permet à la musique d’aller droit au but et de faire danser les foules. Malheureusement, le groupe va essuyer plusieurs problèmes techniques, mais Acum Vacuum n’en perd pas son aplomb et continue ses échanges avec le public, en lui demandant de se compter, avant que des petits malins ne réclament l’hydromel promis… Mais visiblement, il est encore trop tôt.

Le concert reprend, les slammeurs lancent l’assaut dès le troisième morceau, un pogo s’installe. Au bout d’un moment, le frontman demande : « Vous avez chaud ? Vous avez soif ? Vous êtes fatigués ? » A cette dernière, la foule répond, un brin outrée, « Non ! ». « Mauvaise réponse ! Il fallait dire ‘oui’, on veut s’asseoir ! ». Et c’est donc assise que la foule écoutera un morceau plus calme d’Acum Vacuum, avant de repartir de plus belle. On aperçoit des couples danser, et un groupe de jeunes hommes improviser une danse en cercle. Sur scène, la danseuse Eyma enchaîne les chorégraphies et les distributions d’épées et de haches en plastique. Curieux mélange des genres, mais le public semble apprécier. Au final, cela résume bien la performance qu’a livré Acum Vacuum : des airs traditionnels pour une ambiance décomplexée et ultra joyeuse.

Setlist
Viribus Naturae
Cernunnos
Bransle de dornn
Sol Invictus
Berserkir
Epona
Darakar
GOT
Trolldans
Dulcissima
Dryadalis
Rota Infernalis
Artos Bario
In Remembrance

Aude D

Nytt Land – conférence sur le chant sibérien
Le Caravansérail – 14h35

Alors qu’Acus Vacuum est en train de déchaîner la foule à l’Abreuvoir, c’est dans une atmosphère plus calme que nous retrouvons les membres de Nytt Land au Caravansérail pour une conférence et démonstration de chant guttural sibérien.

Beaucoup de curieux s’amassent devant la scène, certains assis, d’autres debouts pour boire les paroles d’Anatoly Pahalenko. En effet, leur performance de la veille en aura marqué plus d’un!

C’est avec le sourire et dans un anglais approximatif mais très compréhensible qu’Anatoly nous parlera des années de travail et de pratique que lui et Natasha ont traversé avant d’atteindre le niveau qu’ils ont aujourd’hui. Il nous expliquera également les différences entre le chant guttural tibétain et le chant guttural sibérien en faisant monter quelqu’un du public sur la scène.

Nous assistons à un très beau moment de partage entre artistes heureux d’enseigner une partie de leur art et public intéressé.

Les membres de Nytt Land clôtureront leur mini conférence par une petit concert qui permettra aux gens les ayant vu la veille de se replonger dans leur univers avec plaisir, et aux curieux qui n’étaient pas là le jour précédent de découvrir leur musique envoutante.

Eloïse Morisse

Skiltron
La Halle – 15h25

Retour à La Halle pour le concert des Argentins de Skiltron. On est loin du black metal ou du pagan metal ici. Skiltron tient plus du power metal à cornemuse et à pipeau, un mélange de style intéressant pour une prestation ultra punchy.

Martin McManus a de l’énergie à revendre. Il parcourt la scène à grandes enjambées ce qui ne l’empêche pas d’atteindre des notes suraiguës voire ultra stridentes. Elles ne feront pas plaisir à toutes les oreilles. Mais il faut le reconnaître, le frontman a un sacré coffre et sait comment occuper la scène. De son côté, Pereg Ar Bagol fait également son show en arborant des pauses très viriles en soufflant dans sa cornemuse.

La musique est super énergique, on se laisse très vite contaminer par la bonne humeur des membres du groupes. Le groupe partagera même “Mearrsadh Air” pour la première fois en live avec nous.

La musique nous communique tellement d’enthousiasme qu’on ne voit pas le temps passer. Le groupe finira son set par “Skiltron” chanson éponyme, avant de nous laisser nous diriger vers l’univers très différent d’Himinbjorg.

Setlist
Lion Rampant
Hate of My Life
The Brave’s Revenge
Highland Blood
The Bonfire Alliance
Mearrsadh Air (Live premiere)
Bagpipes of War
The Taste of Victory
Skiltron

Eloïse Morisse

Himinbjorg
L’Abreuvoir – 16h10

C’est dans une atmosphère totalement différente que nous plonge Himinbjorg. L’Abreuvoir est plongé dans la pénombre. Nous entendons quelques bruissements de vent le temps que les musiciens s’installent sur scène, de dos. La tension monte légèrement. Autant les membres de Skilltron nous ont communiqué leur énergie en se déchaînant sur la scène, autant les membres d’Himinbjorg nous clouent sur place avec leur charisme. Pas besoin de bouger, la musique parle d’elle-même. Zahaah dégage un magnétisme immense et leur musique nous donne vite la chair de poule.

La salle est pleine à craquer. Beaucoup de gens se sont déplacés pour voir les Français qui reviennent au Cernunnos Pagan Fest pour une seconde fois. On sent d’emblée que leur public est là. D’ailleurs le groupe jouera beaucoup de ses anciens morceaux comme “In the Haze of the Summer Solstice’s Fires”, “Rising” ou encore “The Death of a King”. Ce dernier, précédé d’un discours engagé de Zahaah sur la liberté d’expression bafouée par notre système actuel.

Le concert sera entaché par quelques petits problèmes techniques au début du set, mais les musiciens resteront imperturbables et nous offriront un show percutant, comme à leur habitude.

Setlist
Intro : Entrance
In the Forest of the Demons From Within
Les Strates
In the Haze of the Summer Solstice’s Fires
Death of a King
The Alienated
Rising
The Horny and the Horned (Impaled Nazarene cover)

Eloïse Morisse

La Maisnie Hellequin
Caravansérail, 16h15

Pendant que les groupes plus bruyants les uns que les autres alternent sur les deux scènes principales, le Caravansérail, libre d’accès, propose aussi quelques concerts plus axés sur du folk médiéval traditionnel. Il s’y produit entre autres le groupe La Maisnie Hellequin, qui a joué le samedi et rejoue le dimanche pour remplacer au pied levé une formation dont la violoniste a eu un accident.

Le groupe français  officie dans le plus pur style folk médiéval, avec cinq musiciens jouant des percussions, de la cornemuse, de la vielle à roue et de la nyckelharpa (instrument de la même famille que la vielle, ressemblant à un violon). Les sonorités médiévales sont à la fois festives et reposantes entre deux concerts plus violents, et le groupe, a priori habitué des bals trads, invite plusieurs fois le public à danser. Celui-ci semble un peu timide, mais deux intervenantes réussissent à motiver un petit nombre de spectateurs pour improviser des chorégraphies.

Aude D

Alors qu’Aude se dirige vers la Halle pour assister au concert d’Obscurity, il est temps pour moi et mes complices de retrouver les membres de Finntroll lors de leur signing session pour le point culminant de “La Fabuleuse Histoire du Slip de Thomas”. Le matin même, nous avions proposé à Vreth et Routa de signer l’affreux slip kangourou de Thomas pour qu’il puisse partir en voyage en Finlande avec au moins un slip de rechange … mais qu’il n’oserait pas mettre. L’idée débile leur ayant plu, le groupe nous attendait de pied ferme et nous a offert une sublime “oeuvre d’art” qui visiblement a beaucoup plus à Thomas (preuve en image).

Mais le plus beau dans cette histoire, c’est que nous n’étions pas les seuls à avoir acheté des slips à notre bien-aimé photographe ! Ayant raconté son histoire de sous-vêtements à qui voulait bien l’entendre, Thomas s’est vu offrir des slips tout au long de cette deuxième journée de festival ! (D’ailleurs, merci à Florence, du stand des Brods, d’avoir offert à Thomas les seuls boxers qu’il aura pu porter lors de son voyage !)

Eloïse Morisse

Obscurity
La Halle – 17h05

Retour au brutal dans la Halle, avec les Allemands d’Obscurity. Le quintette joue un black metal très efficace tout juste teinté de sonorités pagan et d’un peu de death mélodique – selon le site du Cernunnos Pagan Fest, ces messieurs s’inspirent des Tenctères, peuple germanique contemporain de Jules César.

Le chanteur alterne différents types de growl et de chant crié très réussis. Il faut dire que l’allemand est une langue qui se prête très bien au black metal. Musicalement, le groupe enchaîne les changements de rythmes, évitant la monotonie.

La salle est plutôt remplie et suit plutôt bien les directives du frontman Agalaz, dont le discours et l’attitude enjoués tranchent avec le son martial d’Obscurity. L’un des deux guitaristes fera même scander « joyeux anniversaire » à la salle en l’honneur du chanteur.

Les musiciens sont tous en place techniquement, et pourtant, le chanteur révèle que leur batteur est parti il y a un mois, et a donc été remplacé par un batteur de session qui devait aussi faire les concerts. Mais deux jours avant, il a dû également annuler sa participation. Le groupe se retrouve donc avec un batteur qui n’a répété qu’un jour avant le concert ! S’il ne se fait pas remarquer par sa virtuosité, il tient tout à fait la route, ce qui est à saluer avec si peu de répétitions.

Les headbangs vont bon train, de nombreux spectateurs sautillent dans leur coin, mais il faut attendre l’avant-dernier morceau pour voir un véritable pogo. Le groupe conclut son concert avec un très long morceau, qui lui donne l’occasion de faire monter une douzaine de personnes sur scène, pour partager avec elles ses vibrations guerrières.

Setlist
Schicksal der Götter
Naglfar
Streitmacht bergisch Land
Blut und Feuer
So endet meine Zeit
793
Vintar
Nach Asgard wir reiten
Was uns Bleibt
Bergischer Hammer

Aude D

Brennkelt
L’Abreuvoir – 18h10

Avant-dernier concert de la salle de l’Abreuvoir, avec les Français de Brennkelt, originaires de Montargis, qui jouent un mélange de black et de death et retracent dans leurs chansons les grandes batailles gauloises et celtiques. Le nom du groupe désigne d’ailleurs un chef de guerre gaulois.

Et la guerre est très présente dans les discours du chanteur, qui demande en début de concert au public s’il est prêt à mourir pour ses idées, et l’exhorte à défendre les valeurs de bravoure et de vaillance que défendaient déjà les Gaulois. Le groupe a clairement le mérite de la cohérence entre les thèmes de ses chansons et son attitude sur scène.

Musicalement, les compositions sont clairement conçues pour briser des nuques, et sans conteste, elles défouraillent à tout va, mais à la longue, elles peuvent s’avérer fatigantes et sans grand relief.

Le public n’est pas extrêmement massif, et cela se voit notamment lors du wall of death demandé par le chanteur, qui révèle un grand espace vide. Mais les présents semblent convaincus et participent énergiquement à la mêlée.

Pour le dernier morceau, le chanteur annonce que l’assemblée va « sacrifier des prisonniers au dieu Taranis ». Lequel sera probablement vexé, puisqu’évidemment, personne n’est sacrifié.

Setlist
intro : Senones
Gaulois
L’Hymne aux guerriers
Alesia
Gallia
Le Supplice d’Acco
Funérailles au Nemeton
Sacrifice pour Taranis

Aude D

Bucovina
La Halle – 19h00

Antépénultième groupe du festival et avant-dernier à bénéficier de la grande salle, Bucovinia n’est jamais passé en France jusqu’à présent en dépit de ses bientôt vingt ans d’existence. Le quartette roumain va donc être une découverte pour la plupart des festivaliers, et ils sont nombreux pour ce concert.

Et la surprise est de l’avis général très bonne. Le groupe joue une musique mélodique et sombre, avec un line-up de groupe de metal classique qui semble presque étonnant après tous les instruments improbables du week-end : un batteur (Bogdan « Vifor » Mihu), un bassiste (Jorge Augusto Coan), deux guitaristes, Florin „Crivăț” Èšibu et Bogdan Luparu qui se partagent le chant, l’un essentiellement au chant clair, l’autre plus sur du scream, et dans la majeure partie des cas, sur des chansons en roumain.

Beaucoup de morceaux attaquent comme des ballades avant de monter en puissance et de gagner en intensité et en brutalité, notamment grâce au recours au scream et à des chœurs qui rappelleraient presque ceux de l’Armée Rouge. La formule est peut-être un poil systématique, mais elle fonctionne, et la présence scénique du groupe suffit amplement à la rendre vivante. Les deux voix, en particulier, sont très prenantes et puissantes, rocailleuses et épiques, on a l’impression qu’ils nous narrent d’anciennes et glorieuses batailles – ce qui serait, il est vrai, tout à fait dans le ton du festival. Selon le vocaliste, leur plus vieux morceau joué ce soir date d’ailleurs de la fin du XIIe siècle. Le groupe maîtrise les variations, du plus mélodieux, presque folk, au plus brutal, presque death.

Le groupe est content d’être là, même si le frontman explique avoir été un peu perplexe quand on leur a dit qu’ils allaient jouer à La Ferme Du Buisson, mais il est visiblement rassuré de ne pas se produire devant des poules et des chèvres. Loin de ses préoccupations agricoles pré-concert, le chanteur cite – en anglais, parce que « le français c’est une langue compliquée » – un extrait de Shakespeare pour résumer une des chansons : « Mieux vaut avoir aimé et perdu que ne jamais avoir aimé du tout ». Il arrivera tout de même à proférer dans la langue de Molière un « nom de Dieu » retentissant quelques chansons plus tard.

Le public est assez statique mais hurle entre chaque morceau. Les commentaires dans la foule et même après le concert laissent entendre que beaucoup se sont pris une claque. Un pogo nait dans la seconde moitié du concert et prend beaucoup d’ampleur, tandis que quelques slammeurs se promènent au-dessus de la fosse. Le groupe interagit beaucoup avec les spectateurs que le chanteur fait crier, pour ensuite se déclarer « officiellement sourd » face au trop grand succès de sa demande.

L’heure de fin de concert approche, le groupe annonce qu’il n’a pas le temps de jouer ses trois derniers morceaux… Ce qui ne l’empêche nullement de les jouer quand même, en demandant en plus un wall of death sur l’un d’entre eux, qu’il fait languir de plusieurs « ne bouge pas ! » en français dans le texte avant d’autoriser la collision tant attendue. Dommage pour Helsott, qui commence du coup à chanter dans la salle de l’Abreuvoir alors que de nombreux spectateurs sont toujours dans la salle d’à côté, mais ceux présents dans la Halle se réjouissent largement de ces prolongations inattendues et de cette découverte mémorable.

Setlist
Intro : Către țara de sus
Stele călăuză
Carari In Suflet
Septentrion
Ultima Iarna
Duh
Luna Preste Varfuri
AŠŸteaptă-mă dincolo (de moarte)
Din Negru
Straja
Sunt munți și păduri
Vinterdøden (Helheim cover)
Noaptea nimănui
Sub Piatra Doamnei
Spune tu, Vânt
Mestecanis

Aude D

Helsott
L’Abreuvoir – 20h05

Il est 20h. Cette deuxième journée de festival touche bientôt à sa fin. On voit que la fatigue s’est installée. Beaucoup de gens sont assis au fond de l’Abreuvoir et sur les côtés et on sent qu’il est difficile pour certains de se lever pour apprécier le concert de Helsott.

Les Californiens peinent à ameuter la foule. La salle est presque vide. Il faut dire que beaucoup de gens sont déjà agglutinés à la scène de la Halle en attendant l’arrivée de Finntroll. D’autres tentent désespérément de trouver de la nourriture et de boire une dernière bière avant que les fûts ne soient vides.

Cela n’empêche pas Helsott de nous offrir un très bon concert. Eric Dow communique beaucoup avec le public et réussit à lancer un bon pogo. Les présents s’éclatent. Il faut dire que les Californiens sont heureux d’être là et nous le font bien ressentir. Leur pagan death metal nous met une belle claque.Et nous aura remonté à bloc pour le dernier concert de cette onzième édition.

Eloïse Morisse

Finntroll
La Halle – 21h00

La Halle est déjà presque comble alors que les balances ne sont pas encore terminées. Les gens se pressent vers le devant de la scène pour ne pas perdre une miette de ce dernier concert qui risque d’être mémorable, connaissant la bonne humeur des membres de Finntroll.

Le bal de techniciens sur scène n’en finit plus. On a le temps d’admirer la magnifique tenue vestimentaire de l’un d’eux qui en fera jalouser plus d’un avec son t-shirt mettant en scène un chaton et une part de pizza et son short parsemé de licornes, donuts et arcs-en-ciel. (Je ne sais pas vous, mais moi je veux les mêmes!) L’atmosphère se fait lourde. Le public s’impatiente légèrement et on peut lire l’agacement sur le visage des techniciens qui n’en finissent plus avec les réglages de dernières minutes. Il faut dire que les prestataires travaillant pour le Cernunnos Pagan Fest ne sont pas au bout de leur peine quand on sait que les techniciens venus avec Finntroll sont en fait des potes qui n’y connaissent strictement rien (si, si, véridique, un des potes / techniciens est venu demander à Routa quel était le bouton du volume sur sa guitare quelques heures avant le concert alors que j’étais en train de discuter avec lui. Et il m’a avoué que le mec en question était juste un copain qui voulait donner un coup de main mais qu’ils n’avaient pas vraiment d’équipe de techniciens instruments avec eux).

Le concert commence vingt minutes en retard par rapport à l’heure prévue. Il y a quelques larsens et on peine à entendre la voix de Vreth sur le premier morceau mais tout sera vite réglé, et ces petits problèmes techniques passeront quasi inaperçus grâce à la présence scénique des musiciens.

Le groupe alterne les morceaux plus ou moins récents. On aura droit à plusieurs morceaux de leur dernier album Blodsvept, dont le titre éponyme en ouverture, ou encore “Mordminnen” et “Skogsdotter”. On aura droit aussi à des titres de leurs débuts comme “Svartberg” ou encore “Slaget vid blodsälv”.

Vreth sautille d’un bout à l’autre de la scène en chantant et en faisant des mimiques trollesques au public. Les musiciens sont déchaînés et nous offrent un super show. Je suis également admirative de la qualité de la colle servant à fixer les oreilles de nos chers trolls. Aucune perte d’oreilles pointues ne sera à déplorer lors de ce set!. Le courant avec le public passe bien. Il est même tellement électrisé par l’ambiance qu’un raz-de-marée de slams débute dès le deuxième morceau du set et n’en finira plus. Les gens montent sur scène, se jettent dans la foule, les slammeurs se croisent portés d’un bout à l’autre de la salle, le tout dans la bonne humeur.

Au premier rang, Thomas brandit fièrement au groupe son slip kangourou dédicacé entre deux ou trois clichés. Le pote / technicien viendra même sur scène pour le filmer ainsi que la foule en délire. Autant Finntroll nous laisse un beau souvenir de sa prestation, autant le public le lui rend bien !

Nous avons même droit à trois morceaux lors de leur rappel. Leur morceau phare “Trollhammaren” déchaîne la foule !

Finntroll nous aura offert un set énergique et drôle, parfait comme dernière claque avant de retourner vers nos pénates.

Set List
Blodsvept
Ett norrskensdåd
Slaget vid blodsälv
Nattfödd
Eliytres
Solsagan
När Jättar Marschera
Mordminnen
Svartberg
Nedgång
Midvinterdraken
Ursvamp
Skogsdotter
Häxbrygd
Encore:
Jaktens tid
Trollhammaren
Under Bergets Rot

 

Il est temps pour nous de remballer nos calepins, nos appareils photos, Thomas et son slip, et de quitter la Ferme du Buisson à contrecoeur.

Cette onzième édition aura été pleine de surprises et de temps forts. Seuls points négatifs, qui n’en sont pas vraiment, le merch et les stands de nourriture dévalisés. Cernunnos Pagan Fest, tu auras été victimes de ton succès et nous souhaitons de tout notre coeur que celui-ci perdure !

Eloïse Morisse

Photo : Thomas Orlanth et Lionel/Born666. Toute reproduction interdite sans autorisation des photographes.



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