Venom Prison – Samsara


Venom Prison est le nom qui chatouille dans le monde du death depuis la sortie en 2016 de leur premier opus, Animus. Mené par une chanteuse originaire du monde du hardcore, le combo gallois navigue entre plusieurs eaux et c’est bien cela qui fait la force de sa musique. Deux ans et demi après Animus, il est temps pour Venom Prison d’offrir au monde son successeur, Samsara. Retour ensemble sur une grosse pépite de derrière les fagots.

Annoncé seulement un mois avant sa sortie effective avec un premier single, « Uterine Industrialisation », puis un second, « Asura’s Realm », quelques jours avant la date finale, Samsara n’aura pas traîné pour nous attirer l’oreille. Il faut dire que Animus nous avait déjà bien chatouillé les moustaches grâce à des grosses qualités musicales et surtout un thème rarement traité dans le monde assez macho du death. Pas épargné par quelques longeurs et un petit manque de morceaux qui restent en tête, on avait été conquis en revanche par l’épreuve du live lors d’une tournée en ouverture de Trivium notamment.
 


On parlait en intro du background hardcore de la chanteuse du groupe et c’est un point important autant dans la tournure de certains morceaux du groupe mais aussi dans l’importance des textes pour Venom Prison. Larissa Stupar est russe et a été connue au départ pour être la frontwoman du groupe allemand Wolf Down, et quand on regarde les textes qu’elle écrivait déjà à l’époque il n’est pas étonnant de constater que son empreinte est forte sur l’identité de Venom Prison.

Que ce soit pour dénoncer l’utilisation par de riches occidentaux de l’utérus de femme de pays moins fortunés (« Uterine Industrialisation »), de la profonde injustice envers les victimes d’agressions sexuelles (« Implementing The Metaphysics Of Morals ») ou encore de la difficulté pour une personne transgenre de vivre tout simplement (« Megillus & Laena »), Venom Prison va plus loin que la vaste majorité des groupes de death pour adresser des sujets de société mais aussi des sujets beaucoup plus personnels comme c’est le cas pour la frontwoman (on vous laissera vous renseigner sur les raisons de la dissolution de Wolf Down et les déclarations de Larissa Stupar à ce sujet).
 

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Si les textes sont un point fort majoritaire de cet album, ce n’est bien sûr pas le seul. Venom Prison nous propose un death metal qui pioche allègrement chez du Cryptopsy, Nile, Dying Fetus ou encore Aborted tout en y incorporant des touches black metal et des allusions au passé hardcore des membres notamment avec le breakdown dantesque de « Implementing The Metaphysics Of Morals » sans pour autant sombrer dans le deathcore. Le duo Ash GrayBen Thomas aux guitares a énormément progressé depuis Animus pour nous pondre des riffs qui restent dans la tête de manière obsessionnelle. Là où Animus pêchait par un manque de moments marquants, c’est grâce au travail des deux compères que le groupe passe un cap.

Samsara est un album d’une rare violence qui ne laisse aucun instant de répit à son auditoire hormis avec la présence en plein milieu de l’album de « Deva’s Enemy », un interlude ambiant et terriblement angoissant qui amène sur le riff très death mélodique de « Asura’s Realm » et la seconde moitié de l’opus. Pour le reste, Venom Prison nous prend à la gorge pendant neufs morceaux et plus de quarante minutes, cet album est anxiogène au possible et pourtant on en redemande encore et encore. 
 


On a beaucoup parlé des textes, du chant impressionnant de Larissa Stupar ainsi que du gros travail sur les guitares mais ce qu’il faut retenir de cet album c’est que Venom Prison arrive à écrire des chansons utra techniques et d’une rare violence mais n’oublie pas de laisser une empreinte dans l’esprit de l’auditeur. On pense notamment au refrain de « Dukkha » qui reste en tête avec la répitition du mot « Samsara », au breakdown de « Implementing The Physics Of Morals », au riff d’intro de « Asura’s Realm » ou encore au pont magnifique de « Naraka ». 

Venom Prison frappe un grand coup avec cet album qui se positionne déjà avec celui déjà sorti de Ithaca et celui à venir de Employed To Serve comme des prétendants à la couronne en fin d’année.

NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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