BetiZfest à  Cambrai – Jour 1 – 12.04.19

Ambiance bon enfant chez les ch’tis… une file d’attente paisible, au milieu d’un parc urbain à deux pas du centre ville de Cambrai. Le Palais des Grottes accueille la seixième édition du BetiZfest, festival des « musiques alternatives », et réunit cette année une pléiade d’artistes de renom et de groupes émergents pour un mélange surprenant et séduisant. S’il est bien connu que dans le Nord, on sait recevoir, la preuve en est qu’on sait s’amuser aussi. Retour sur le festival où tu peux manger un cornet de frites au premier rang, où le camion du barbier est garé à côté de la baraque à frites, où petits et grands peuvent participer à des concours de jeux de société géants, où toutes les bêtises sont permises, sur scène ou dans la fosse !

 

Première journée éclectique avec The Lumberjack Feedback, Hangman’s Chair, Rise Of The Northstar, Paradise Lost et Sick Of It All. 

 

 

Ambiance festival…


betizfest, cambrai, 2019

Dans la file on croise autant de punks que d’énergiques coreux tout excités, des jeunes et des moins jeunes, et déjà commence à arriver ce parfum de bonne humeur et de frite fraîche… 

betizfest, 2019, cambrai

betizfest, 2019

betizfest, cambrai, 2019

Le Palais des Grottes n’a rien d’une caverne préhistorique, c’est au contraire l’immense salle d’un palais des sports qui nous accueille, suffisamment grande pour que les festivaliers puissent se placer devant la scène dans la large fosse, ou profiter des animations sur le côté ou au fond de la salle avec des tables de merch, des stands de jeux grandeur nature et autres échoppes de travail du cuir, expositions d’artistes, illustrateurs ou peintres, ou enfin l’emblématique autotamponneuse, sur laquelle les volontaires peuvent prendre la pose pour reproduire l’affiche du festival.

betizfest, cambrai, 2019

Un site agréable, couvert, et à taille humaine, pour une organisation efficace et rôdée (il s’agit de la seizième édition du Betizfest) où tout est fait pour simplifier la vie du festivalier, jusqu’au temps d’attente quasi inexistant au bar, chose extrêmement importante à signaler !

betizfest, 2019, cambrai

Il faut tout de même saluer le superbe travail de tous les bénévoles du fest, que ce soit sur les stands, à l’organisation, à la technique ou à la sécu. Toutes les personnes que nous avons pu rencontrer nous démontrent par leur efficacité et leur sympathie qu’il se passe quelque chose de particulier ici… ça, c’est le Nord !

betizfest, cambrai, 2019

 

The Lumberjack Feedback


betizfest, 2019, the lumberjack feedback

Formation locale, The Lumberjack Feedback ouvre le bal, alors que la salle s’emplit doucement. Même s’il est encore tôt, le set instrumental du quintette lillois frappe fort d’emblée, et les festivaliers d’être pris dans une expérience sensorielle particulière. On en prend plein la vue et plein les oreilles : le sludge lourd et surpuissant du groupe réussit à bourdonner et à prendre aux tripes, que ce soit par les riffs énormes ou les shreds ingénieux des guitares, ou la destruction des fûts par le formidable duo de batteurs.

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Cette particularité, qui est aussi une force, est également l’atout visuel du set puisque les mouvements synchronisés des deux hommes en deviennent hypnotiques, mis en valeurs par un jeu de lumière qui contribue à l’atmosphère solennelle, pesante, comme magique de ce premier concert.

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The Lumberjack Feedback vient de faire forte impression, d’autant plus que le set qu’ils viennent de présenter au public de Cambrai est tout nouveau, avec des titres issus de leur second opus, Mere Mortals, qui est sorti quelques jours après le festival, le 26 avril 2019. 

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Hangman’s Chair


betizfest, 2019, hangman's chair

Forts d’une aura qui ne cesse de grandir, surtout depuis la sortie l’an dernier du splendide Banlieue Triste, les quatre membres de Hangman’s Chair ne cessent d’aller à la rencontre de leur public, de date en date, pour un moment de partage, d’émotion brute et de mélancolie. Le set qu’ils offrent ce soir ne déroge pas à la règle : les guitares lourdes et les riffs ravageurs, la batterie impitoyable, et cette voix unique, déchirante, emmènent le public du Betizfest dans une sorte de transe sombre : les têtes s’agitent, les refrains sont repris, l’écoute est à son comble.

betizfest, 2019, hangman's chair

Pendant 45 minutesJulien, Mehdi, Clément et Cédric montrent avec efficacité et conviction toute la qualité de leurs compositions, de l’entêtant « Naïve » en ouverture au non moins prenant « Dripping Low », en passant par la noirceur du titre fleuve « Touch The Razor ».

betizfest, 2019, hangman's chair

Des thématiques glaçantes sur ces titres, un pessimisme omniprésent dans les paroles, mais surtout une expérience viscérale et brute, toujours singulière, que nous offre Hangman’s Chair en live, et on en redemande ! 

Ils assureront la première partie de Samael sur la tournée européenne en mai 2019, et passeront par Dunkerque, Strasbourg, Paris et Lyon. 

betizfest, 2019, hangman's chair

Setlist Hangman’s Chair :
Intro
Naïve
Sleep Juice
04/09/16
Touch The Razor
Cut Up Kids
Dripping Low

 

Rise Of The Northstar
 

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Les Français de Rise Of The Northstar, masqués et vêtus de tenues japonisantes comme à leur habitude, entrent sur scène sur l’efficace « This Is Crossover », titre phare de leur dernier album Legacy Of Shi. Le show qu’ils proposent est rodé, énergique, et très pro malgré leur jeune carrière. C’est qu’ils visent haut, et leur crossover très hip-hop metal, nu metal, séduit clairement de nombreux festivaliers qui arborent des tshirts ou casquettes à leur effigie.

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Le phrasé très rap de Vithia et ses nombreuses invectives au public créent une sorte de fièvre qui plonge le Palais des Grottes de Cambrai dans la première vraie grosse vague de chaos de ce vendredi jusque là plutôt sage et contemplatif. Slams, pogos et hurlements accompagnent le groupe qui impose son metalcore rythmé et groovy en alternance avec des passages mélodiques voire même une introduction traditionnelle japonaise. Sur le classique « Here Comes The Boom » ou le récent « The Legacy Of Shi », les musiciens qui se donnent vraiment sur scène sont acclamés par des hurlements du public qui danse et saute, à l’instar des guitaristes ou du vocaliste, pourtant blessé au genou… on espère juste que son médecin n’est pas dans la salle ! 

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Malgré un certain manque d’originalité entre les morceaux et une énergie qu’on peut trouver exagérée voire feinte, on ne peut nier que Rise Of The Northstar a su s’imposer auprès de beaucoup de fans ce soir. Un set punchy et carré, qui a su réveiller les amateurs de moshpit présents.
Rise Of The Northstar joue cinq dates en France en mai, avec notamment un Trianon à Paris le 18 mai 2019. 

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Setlist Rise Of The Northstar :

This is Crossover
– Welcame (Furyo State of Mind)
– Here Comes The Boom
– Furyo’s Day
– What the Fuck
– Bosozoku
– Sound of Wolves
– Dressed All in Black
– Nekketsu
– The Legacy of Shi
– Again and Again

 

Paradise Lost


Un grand écart entre les styles musicaux et les générations qui s’opère sur scène, mais aussi dans le public, où une sorte d’effet de vases communicants se met en route dans la bonne humeur : ceux qui étaient allés se restaurer pendant le set survolté de ROTN s’approchent de la scène pour Paradise Lost tandis que les jeunes  aficionados de nu metal s’éloignent  histoire de se réhydrater. 

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Avec une carrière longue de trois décennies et un statut de figure emblématique du doom metal britannique, Paradise Lost n’a pourtant jamais cessé de se réinventer et défend cette année son dernier album en date, Medusa, sombre retour aux sources death. Le backdrop et les jeux de lumière créent immédiatement une ambiance dark et onirique, accentuée par la fumée omniprésente.

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Atmosphère parfaite pour le doom entêtant et mélodique qu’offrent les musiciens, par les riffs lourds de Greg Mackintosh et Aaron Aedy, la batterie puissante de Waltteri Väyrynen (le seul membre du groupe arrivé récemment, en 2016) et surtout la voix magique et puissante de Nick Holmes, au chant clair pour le premier titre « Enchantment », et au growl bas et profond pour le morceau suivant, « From The Gallows ».

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La setlist, variée, donne au frontman l’occasion d’échanger quelques mots plein d’esprit avec le public, lorsqu’il présente des titres qu’ils jouent depuis 28 ans maintenant, ou pour évoquer furtivement le Brexit en introduction de « No Hope in Sight ». Nick, qui officie également dans Bloodbath, fait preuve d’une maîtrise vocale impressionnante, en alternant chant clair sur des titres plus aériens voire dansants (« Erased ») et le borborygme d’outre-tombe (« Blood & Chaos »).

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Le son est très bon, les musiciens solides et souriants, malgré la noirceur des thématiques abordées dans les chansons, et en une petite heure Paradise Lost a fait vivre un voyage temporel et atmosphérique à l’auditoire, en balayant sa discographie (selon Nick Holmes, de la pop à du bon gros death qu’il appelle « some angry teenage old school death metal ») et en démontrant avec humilité et talent que leur univers si singulier et reconnaissable fait mouche comme au premier jour. 

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Setlist Paradise Lost :

Enchantment
From The Gallows
One Second
The Enemy
Hallowed Land
As I Die
Blood & Chaos
True Belief
Eternal
Faith Divides Us
Erased
No Hope In Sight
The Last Time

 

Sick Of It All

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Tête d’affiche de la soirée, Sick Of It All prend la scène à minuit, heure tardive, sans qu’aucun signe de fatigue ne se fasse sentir dans la fosse, compacte et impatiente… encore un groupe avec trente ans de carrière, mais dans un tout autre style. Les géants du hardcore new-yorkais vont investir la scène et réussir à retourner complètement le Palais des Grottes grâce à un set ultra rythmé, fiévreux et puissant.

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Dès les premières notes de « Take The Night Off », on assiste à une explosion d’énergie à la fois sur scène et dans le pit : Pete Koller bondit comme sur un ressort, ça tape très fort et très vite du côté d’Armand Majidi à la batterie et de Craig Setari à la basse, et le vocaliste Lou Koller envoie du très lourd au niveau vocal avec des hurlements hallucinants et un phrasé exceptionnel.

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Les titres percutants et rageurs sont bien servis par un son parfait, et le public va profiter d’une heure de retour sur trois décennies de la carrière du quatuor du Queens, balayant la discographie complète  de Sick Of It All, depuis l’album éponyme en 1987 jusqu’au récent Wake The Sleeping Dragon (2018). Dans le public, c’est la bagarre qui est lancée, sans montrer de signe de fatigue. Sur le récent single « That Crazy White Boy Shit », Lou demande d’ailleurs un circle pit, alors que celui-ci existait déjà spontanément depuis quelques titres !

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Le morceau « Sanctuary » est dédié au public, aux fidèles de la première heure comme aux nouveaux. Le frontman est assez bavard, sa bonne humeur communicative, et la simplicité du groupe ne peut qu’emporter l’adhésion. Les walls of death et autres slams s’enchaînent à un rythme effréné, sur des titres que l’auditoire reprend en choeur en s’époumonnant, et qui n’ont pas pris une ride, même si Lou les décrit comme du « angry teenage old school hardcore » [Clin d’oeil au groupe précédent, NDLR].

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Une fan monte sur scène pour entonner « Busted » avec le groupe, puis des dizaines de fêtards envahissent la scène pour un final endiablé ; c’est la folie furieuse avec le classique « Step Down » en clôture de ce set excellent de Sick Of It All, et on ne pouvait rêver d’une meilleure façon de terminer cette première journée de BetiZfest. Grands et petits quittent le site éreintés mais visiblement ravis de la qualité du spectacle.  

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Setlist Sick Of It All

Take the Night Off
Inner Vision
Clobberin’ Time
Us vs. Them
Injustice System
Machete
Road Less Traveled
Friends Like You
Black Venom
That Crazy White Boy Shit
Sanctuary
Wake The Sleeping Dragon
My Life
The Snake
Good Lookin’ Out
Death Or Jail
Self Important Shithead
Uprising Nation
Bull’s Anthem
Busted
Scratch The Surface
Step Down

Crédits photos: © David Poulain 2019. Toute reproduction interdite sans l’accord du photographe. 



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